Génération Gris – Génération 4 – Chapitre 54

Ce week-end, c’est notre dernier week-end en tant que personne non mariée. La semaine prochaine, nous nous envolerons vers le lieu de notre mariage, où nous nous dirons « oui » pour le restant de notre existence. 

Normalement, en tant personnes adultes et responsables, nous devrions avoir le nez dans les derniers préparatifs et préparer le voyage qui nous attend. 

Evidemment… Ce n’est pas absolument pas le cas. Toute notre famille a rejoint Oasis Springs pour rejoindre la maison de mon enfance. Tout le monde est là, y compris mon cousin et sa famille. C’est un plaisir de retrouver tout le monde, et j’hallucine de constater comment Rose et Yumi ont grandi toutes les deux. 

-Avoue Alice, tu as fait Rose toute seule ? Plus elle grandit, plus c’est ton portrait craché. Commenté-je, sagement assise sur le canapé avec ma belle-soeur et mon frère, tandis que Will est à table avec Gabriel et Gideon. Les enfants ? Quelque part dans la maison. Sûrement avec leur grand-mère qui est également absente du salon. 

-On pourrait dire la même chose concernant Piper. Réplique mon frère, alors que je hausse les épaules avec désinvolture. Je n’ai aucun problème à admettre que ma cadette me ressemble. Il suffit de la mettre à côté d’une photo de moi au même âge pour s’en rendre compte ! D’un côté, Rose a de la chance. Il vaut mieux qu’elle ressemble à sa mère plutôt qu’à moi ! 

-Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre ! Soupire Alice, qui doit être blasée d’entendre son mari dénigrer son physique. Grégory ne s’est jamais vraiment trouvé beau, du moins, d’aussi loin que je m’en souvienne. Ce n’est pas pour rien que je dis que c’est un abruti parfois. 

-Ton fils te ressemble davantage, ça veut dire qu’il est moche ? Lui demandé-je avec un sourire narquois, dans l’unique but de le faire réagir. 

-N’importe quoi, ça va pas de dire ça ?!

-Bon bah alors, arrête de te dénigrer, tête de nœud ! Lui soufflé-je en levant les yeux au ciel, alors que je vois Alice murmurer un « merci » à mon intention. 

Pendant ce temps-là, j’entends vaguement des brides de la conversation entretenue par les autres hommes du groupe. Gabriel semble taquiner Will sur notre futur mariage, voire tenter de lui faire peur. Will fait mine d’entrer dans son jeu, mais son regard ne trompe pas : la situation l’amuse plus qu’autre chose. Surtout quand on sait que Gabriel et Gideon ne sont absolument pas mariés, et ne veulent pas se passer la bague au doigt. Gabriel trouve ça stupide, Gideon n’en voit pas l’intérêt. Ils sont heureux ensemble, ils ont pu adopter leur fille sans avoir besoin de passer devant l’autel, alors ils n’ont besoin de rien d’autre. 

Ce qui rend d’autant plus drôle les tentatives de Gabriel de faire peur à Will, vu qu’il n’y connait rien à la question. 

-Tu te rends compte, tu n’auras plus aucun moyen de t’échapper ! Prisonnier de ma cousine à vie ! J’ai grandi avec elle, je peux t’affirmer qu’elle est infernale ! Une vie entière de compétition, tu es sûr que tu es prêt à ça ? 

-C’est vrai que le divorce n’existe pas et qu’ils ne vivent pas déjà ensemble. Et qu’ils n’ont pas trois enfants ensemble, aussi. Rappelle avec amusement Gideon alors que Will continue de faire mine d’être effrayé. 

-Chuuuut ! J’essaie de voir s’il tient la route. Fait mine de murmurer Gabriel alors que le quartier entier a du l’entendre. 

-Tu t’y prends pas un peu tard ? 

-Chuuuut ! 

Pendant ce temps-là, Piper est à l’étage, avec sa grand-mère qui lui apprend à jouer aux échecs. Piper, après avoir repéré l’échiquier, lui a demandé si elle savait y jouer. Joy a souri, les souvenirs remontant à la surface de sa mémoire. Elle n’hésita pas à les partager avec sa petite-fille. Elle lui parla de son propre grand-père, qui lui a appris à jouer. Elle évoqua ensuite sa mère, qui a elle-même appris à jouer pour essayer de se rapprocher de sa fille. Joy ajouta même que sa mère était nulle à ce jeu, mais qu’elle a accepté de jouer avec elle juste pour avoir une activité commune avec elle. 

Piper l’écoutait avec attention, comme si elle essayait de comprendre où sa grand-mère voulait en venir. Quand elle saisit qu’elle lui racontait simplement sa jeunesse, elle se dépêcha de demander : 

-Du coup, tu veux bien m’apprendre ? 

Joy est alors revenue dans le présent, un peu étonnée d’être coupée ainsi par sa petite-fille qui n’avait l’air d’en avoir que faire de ses histoires. Elle ne s’en formalisa pas et accepta avec plaisir. 

Cela fait donc une bonne demi-heure que Joy et Piper jouent aux échecs, et la fillette a compris les règles du jeu sans le moindre effort, aussi simplement que l’on apprend que 2+2=4. Joy est surprise de la vitesse d’apprentissage de Piper, mais est ravie d’avoir quelqu’un avec qui jouer. 

Quelques minutes plus tard, une nouvelle petite tête fait son apparition : celle de Yumi, qui cherchait Piper partout dans la maison. 

-Vous faites quoi ? Demande-t-elle alors en les observant en train de jouer.  

-J’apprends à ta cousine à jouer aux échecs ! Répond sans attendre Joy. C’est un jeu stratégique, un peu compliqué, mais absolument passionnant. 

-C’est beaucoup compliqué ? Interroge alors Yumi qui observe le jeu avec intérêt. Piper continue de jouer, sans prêter attention aux questions de sa cousine. 

-Ca dépend des personnes. Ma mère a eu beaucoup de mal et n’a jamais vraiment réussi à bien appréhender les subtilités du jeu, mais Piper a appris tellement facilement qu’on dirait qu’elle est née avec un échiquier dans les mains.

-On ne peut pas naitre avec un échiquier dans les mains. Réplique sans attendre Piper en levant les yeux au ciel, comme si sa grand-mère avait dit la plus grosse énormité de sa vie. 

-Je sais ma puce, c’est une image. Lui explique avec patience Joy, avant d’ajouter à l’intention de Yumi : Tu veux que je t’apprenne aussi ? 

-Une autre fois. Lui sourit poliment Yumi avant de se tourner vers Piper. On va jouer dehors avec Prue et Rose, tu viens avec nous ? Papa Gab et Tonton Will ont dit oui ! 

-Où, dehors ? 

-Sur l’aire de jeux devant la maison ! 

Piper fait alors la grimace, hésite en observant l’échiquier. Il est évident qu’elle préfère continuer avec sa grand-mère et qu’elle n’a aucune envie de mettre le nez dehors. Mais Joy, souhaitant que sa petite-fille sociabilise avec sa soeur et ses cousines, décide de donner un coup de pouce à Yumi. 

-Tu devrais y aller. De toute façon, je vais rejoindre vos parents pour discuter un peu avec eux. 

-Mais on n’a pas fini la partie ! Riposte Piper avec une moue boudeuse. 

-Ce sera pour une prochaine fois. A ton âge et avec un soleil pareil, tu devrais passer tout ton temps dehors avec des enfants de ton âge, et non pas enfermée avec une vieille dame. Filez toutes les deux. Réplique Joy, alors que Yumi, toute excitée, s’empresse d’attirer Piper dans les escaliers, direction la sortie. Cette dernière ne manque pas de râler, mais se laisse néanmoins faire. Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour faire plaisir à tout le monde !

Pendant ce temps-là, alors que Yumi se dépêche d’entrainer sa cousine dehors avant qu’elle ne change d’avis, et ce, sans aucune discrétion, la benjamine de la famille semble vouloir profiter du tumulte ambiant pour prendre la poudre d’escampette. 

En effet, Phoebe profite que la porte fenêtre soit ouverte pour aller voir ce qui se passe dans le jardin. Elle repère rapidement la maison de poupée sur la terrasse, mais est très vite attirée par le reste du jardin. Que d’endroits à découvrir, si on lui laisse le temps ! 

Pas de chance, il y a toujours un adulte qui veille au grain. 

-Où comptes-tu aller comme ça, ma grande ? La questionne son oncle, qui l’a bien vu se faufiler à l’extérieur, comme si de rien n’était. 

Phoebe lève aussitôt les yeux vers Grégory, une moue innocente sur le visage. Elle le regarde, regarde la maison de poupée, puis la pelouse, ne sachant que répondre. Grégory affiche alors un sourire amusé. 

-On te donnerait le bon Dieu sans confession à toi. Aller, hop, demi-tour jeune fille ! On rentre ! Tu vas te brûler les pieds en plus, à te promener pieds nus sur la terrasse ! 

Du côté de l’aire de jeux, Yumi ne tarde pas à rejoindre Rose et Prue, suivie par Piper qui traine un peu des pieds. Prue soupire un peu en voyant sa petite soeur arriver, ignorant le regard interloqué de Rose. 

-Pourquoi tu souffles ? Lui demande-t-elle d’ailleurs. 

-Pour rien. Répond Prue en secouant la tête. Mais Piper n’a pas envie d’être là, ça va pas être drôle. 

Cependant, Piper semble soudainement de meilleure humeur et pour cause, Yumi vient de la lancer sur les Créatures du vide. Les deux filles partent alors sur un débat enflammé sur leur jeu vidéo préféré, tandis que Prue et Rose les attendent avec plus ou moins de patience. Elles finissent pas s’interroger du regard, songeant à commencer à jouer sans elles. 

-Alors, vous faites quoi les mioches ? Les interroge brusquement Luke, qui vient tout juste de les rejoindre. 

-Qu’est-ce que tu viens faire là ? Soupire Rose, qui espérait rester entre filles, et ne pas se coltiner son frère aîné. 

-Je viens vous surveiller. Vous êtes encore des bébés, faut veiller sur vous pendant que vous êtes dehors. Plaisante-t-il, en guise de répondre, alors que sa petite soeur lève les yeux au ciel. 

-Techniquement parlant, nous ne sommes pas plus des bébés que toi. Lui répond alors Piper, alors que Luke l’observe en haussant un sourcil intrigué. Et l’aire de jeux est visible depuis la maison de Mamie, tout le monde peut nous voir et réagir en cas de problème. 

-Je disais simplement ça car je suis plus vieux que vous toutes. 

-Tu n’es pas assez vieux pour être responsable de nous. Donc, tu ne peux pas nous surveiller. Ajoute Piper alors que Luke ne répond rien, ne sachant quoi dire. 

-Et bim, dans les dents Luke ! S’exclame joyeusement Yumi en sautillant sur place, alors que Prue affiche un sourire amusé. 

-Des fois, ça sert qu’elle n’ait aucun second degré. Avoue Prue ensuite, en direction de Rose, qui se contente de simplement hausser les épaules d’un air indifférent. Piper observe les différentes conversations, sans comprendre pourquoi ses déclarations entrainent de telles réactions. Elle n’a fait que dire la vérité, et rien d’autre ! 

-Je peux jouer avec vous quand même ? Ils ne font que parler mariage, d’autres trucs de grands ennuyants. Demande Luke en soupirant en repensant aux conversations de ses parents, ses oncles et sa tante. 

-On dit ennuyeux. Corrige Piper sans attendre avant que Prue s’empresse d’accepter la demande de leur cousin, empêchant ainsi sa soeur de leur faire une leçon de vocabulaire.

Loin d’être vexée par cette manœuvre, Piper s’empresse de reprendre sa conversation sur les Créatures du vide avec Yumi, comme si Luke ne les avait jamais interrompu. 

-Je comprends pas ce que tu as contre Nymphaea ! S’exclame Yumi en réponse à Piper, qui persiste à dire que cette créature est nulle. Elle est trop belle et en plus, elle peut se regénérer toute seule après une attaque ! 

-La beauté d’une créature ne signifie rien, ce n’est que du marketing pour vendre des cartes et attirer des joueurs. Lui répond sa cousine comme si l’argument n’était pas valable. Et la régénérescence est bien son seul atout. Flammine la crame en deux secondes, et pouf, plus de Nymphaea ! Et pourtant, c’est juste un poisson nul ! 

-Flammine est moche. Bougonne Yumi, alors que Piper affiche une mine horrifiée. 

-Elle n’est pas moche ! La carte est stylée ! Même si Flammine est bof comme créature ! 

-Laquelle est mieux alors ? 

-Canis je dirai. Ou Dicoalt. Répond Piper après avoir réfléchi quelques minutes. Yumi hoche la tête, approuvant la réponse de sa cousine. Les cartes étaient rares, mais elle ne pouvait qu’admettre que Piper avait raison. En plus d’être belles, ces créatures avaient de supers capacités lors des combats ! 

-Dis Piper, change alors de sujet Yumi, observant sa cousine avec curiosité, pourquoi tu ne voulais pas venir avec moi ici ? Lui demande-t-elle alors, tout en jetant un regard à ses cousins qui sont déjà montés sur la structure de jeu en forme de vaisseau spatial. Trop plongée dans son débat sur les créatures du vide, Yumi n’avait pas remarqué que les autres ne les avaient attendus. Tu n’aimes pas jouer avec nous ?  

Piper la scrute avec perplexité. Elle devait admettre qu’elle ne savait pas quoi répondre à sa question. Comment expliquer que jouer au vaisseau spatial ne l’intéresse pas, contrairement aux autres enfants de son âge ? Qu’entendre des inepties tout le long du jeu lui donne mal à la tête, au lieu de l’amuser ? Que parmi les milliers d’idées qui lui passent par la tête, elle n’arrive pas à se concentrer sur une seule ? 

-Ca ne m’intéressait pas, c’est tout. Se contente-t-elle de répondre en haussant les épaules avec désinvolture. J’aime pas trop le vaisseau spatial. Ajoute-t-elle ensuite, sentant que sa première réponse ne serait pas suffisante. Yumi hoche alors la tête, signe qu’elle comprenait. 

Ouf, elle avait donc donné une bonne réponse. 

-T’es trop nul ! Peste brusquement Rose, interrompant la conversation de Yumi et Piper. Très vite, elles comprennent que leur cousine s’adresse à son frère, à en juger par son regard qui lance des éclairs et l’air penaud de Luke. 

-Qu’est-ce qui se passe ici ? Interroge alors Will, qui vient de rejoindre les enfants pour veiller à ce que tout le monde reste en un seul morceau. 

Rose est alors assise par terre, une moue boudeuse et le regard exprimant sans problème sa colère. 

-Luke ne voulait pas me laisser utiliser la longue-vue, alors il m’a poussé pour y aller plus vite que moi ! Dénonce-t-elle sans attendre, sans cacher sa colère. Prue s’empresse de confirmer d’un mouvement de tête de haut en bas. Luke ne tente même pas de cacher son air coupable. 

-Luke, excuse-toi auprès de ta soeur. Vous pouvez aller sur la longue-vue chacun votre tour, pas besoin de pousser. Le réprimande Will sans attendre, en affichant un air sévère. Tu aurais pu lui faire très mal. 

-Je sais. Marmonne Luke, honteux. Il s’approche alors de sa soeur qui lui lance un regard noir et s’empresse de la prendre dans ses bras. Désolé sœurette, je voulais pas te faire mal. 

-Ouais, bah, fais attention la prochaine fois. Rochonne Rose, plus pour la forme, acceptant les excuses de son frère. 

-Ouais, je comprends pourquoi tu n’aimes pas le vaisseau spatial. Ca rend fou. Commente Yumi, observant la scène avec un air sceptique, avant de laisser échapper un rire. Piper ne manque pas de rire à son tour face à la plaisanterie de sa cousine. 

-Les filles, ce n’est pas drôle. Les reprend sans attendre Will, les coupant dans leur élan. Elles se contentent de ne rien dire, mais les regards qu’elles se lancent ne masquent pas leur amusement. 

D’autres enfants viennent jouer sur le vaisseau spatial. Si Piper et Yumi restent en retrait, l’une parce qu’elle n’a pas envie de jouer et l’autre parce qu’elle ne veut pas laisser sa cousine seule dans son coin, les autres enfants du groupe observent les nouveaux venus d’un œil curieux. L’un d’eux manque de tomber en montant sur le vaisseau et Prue ne peut s’empêcher de rire, malgré le regard sévère de son père. 

-Prue, j’ai dis quoi à ta soeur et Yumi il y a 5 minutes ? La sermonne-t-il alors que sa fille ne peut s’arrêter de rire. 

-J’y peux rien, tu n’as pas vu sa tête quand il a manqué de se vautrer ! On aurait dit qu’il ne s’attendait pas à ce que ça arrive, comme s’il venait de découvrir la gravité ! 

-Il peut t’entendre ! L’avertit doucement Rose alors que Will lui explique que ce n’est pas une raison pour se moquer. Prue lance un regard vers le haut du vaisseau, mais le garçon en question ne semble pas lui prêter attention. 

-En même temps, il faut avoir deux pieds gauches pour se louper ! Ajoute Luke, aussitôt repris par son oncle. Décidément, il n’y en a pas un pour rattraper les autres ! 

Les temps passent, et après que Prue, Rose et Luke aient cessé de se moquer de l’enfant maladroit, ils finissent par se joindre à lui sur le vaisseau comme si de rien n’était. Will les observe, interloqué, se disant que c’est beau l’enfance. Un instant, tu peux te montrer moqueur envers un autre enfant, et l’instant suivant, devenir pote avec lui le temps d’un jeu. 

Il reste alors assis sur un banc à surveiller les enfants sur le vaisseau, ainsi que Piper et Yumi qui sont restées dans leur coin. Il leur a demandé si elles ne voulaient pas se joindre aux autres, ce qu’elles ont refusé. Will n’est pas étonné de la réponse de Piper, mais davantage de celle de Yumi. Il sait qu’elle aime bien ce genre de jeu d’habitude, mais elle semble solidaire avec sa cousine. Au moins, Piper ne reste pas seule dans son coin, ce qui rassure Will, même s’il sait que cela ne la dérange pas. 

Lorsqu’il voit le soleil commencer à se coucher, il finit par rassembler la petite troupe et annoncer qu’il est temps de rentrer. Rose et Prue pestent, cette dernière tentant de jouer les prolongations en restant perchée en haut du vaisseau spatial, mais Will tient bon. Toutes les bonnes choses ont une fin ! 

Je vous présente les bouilles des deux dernières à être devenues enfant ! 

D’abord, voici Rose : 

Puis Yumi ! 

Génération Gris – Génération 4 – Chapitre 53

Aujourd’hui, c’est le jour de l’Amour. Cela signifie également que dans un mois, nous allons -enfin- nous marier avec Will. C’est un peu l’effervescence avec l’organisation du mariage et les dernières choses à peaufiner, sans compter les enfants qui occupent le reste de notre temps. Nous ne voyons plus les jours défiler et j’ai l’impression que la liste des choses à faire ne se terminera jamais. 

J’avoue avoir hâte de me marier juste pour être tranquille et pouvoir respirer un peu. Et pour vraiment profiter de mon mari aussi. Avec tout ça, nous n’avons plus vraiment de temps pour nous, un comble pour des futurs mariés, quand on y pense ! 

C’est pourquoi ce soir, nous avons décidé de le prendre, ce temps. De souffler un peu, loin des préparatifs du mariage et des enfants. Les filles passent la soirée et la nuit chez ma mère -bon courage!- et nous les récupérons demain. Quant à nous, nous profitons d’être tous les deux pour nous retrouver un peu. 

-Sympa, l’idée du pique-nique à la belle étoile ! Complimenté-je après que Will ait installé une couverture sur le sol et sorti les sandwichs. Avoue, tu n’as pas réussi à réserver un resto ? Le taquiné-je, amusée, le connaissant suffisamment pour savoir qu’il n’aurait jamais opté pour un pique-nique pour notre première soirée en amoureux depuis… longtemps. 

-Tout de suite ! Sache, très chère, qu’un pique-nique sous les étoiles est tout autant romantique qu’un diner aux chandelles ! Se défend-t-il aussitôt, mais son sourire en coin me montre que j’ai raison. 

-Je n’en doute pas. Confirmé-je ensuite pour aller dans son sens. 

-Et je suis vraiment outré que tu ne me penses pas suffisamment romantique pour anticiper notre soirée ! 

-Loin de moi cette idée ! 

-Avoue tout de même qu’un pique-nique est plus original qu’un restaurant et que tu ne t’y attendais pas ! 

-C’est certain. 

-Et je me suis donné du mal pour faire les sandwichs, exclusivement confectionnés avec des produits frais et locaux car rien n’est trop beau pour toi ! Et tout est bio en plus ! 

-Et ils sont excellents ! Tu sais bien que je préfère les choses simples. Lui réponds-je, avant qu’un silence s’installe entre nous. Je lance un coup œil amusé vers Will, loin d’être dupe. Il n’était plus possible de réserver, hein ? 

Un seul resto. Il y a un seul resto dans cette satané ville. Ne tarde-t-il pas à confirmer avec un air dépité, alors que je ne peux retenir un petit rire. Et San Myshuno, c’est devenu trop guindé. Il faut limite être le Roi d’Angleterre pour avoir une réservation ! Même l’argument « futur marié » ne fonctionne pas ! 

-Mon pauvre ! Mais ne t’inquiète pas, cette soirée est parfaite ! Le rassuré-je alors, étant même plutôt ravie que la soirée ait tourné au pique-nique à l’extérieur. Nous sommes tranquille, loin de la foule et des autres amoureux transi. C’est une soirée où nous nous retrouvons tous les deux, et là, nous sommes vraiment que tous les deux. 

Après que nous ayons fini de manger, nous nous installons plus confortablement sur la couverture, profitant de la nuit sans nuage pour observer les étoiles. 

Je dois avouer que ce n’est jamais quelque chose que j’ai pris le temps de faire. Regarder les étoiles. C’était le truc de ma mère. Elle a toujours été fascinée par les étoiles, mais moi, ça me passait par-dessus la tête. Il n’y avait que le sport qui comptait, il était impensable pour moi de rester sur le sol à ne rien faire, juste à avoir le nez en l’air. 

Mais ce soir, en compagnie de Will, je dois avouer que c’est assez relaxant. 

-Regarde, une étoile filante ! Me montre Will du bout du doigt, et j’hausse alors un sourcil sceptique. 

-Les étoiles filantes ont des moteurs maintenant ? Le taquiné-je en réponse, reconnaissant sans problème un avion dans le ciel. A moins que ce soit Superman. 

-J’essaie d’être romantique, mon cœur. Faut bien que je rattrape le pique-nique qui fait pitié. Me répond-t-il avec amusement, alors que je lève les yeux au ciel. 

-T’as pas besoin d’inventer n’importe quoi pour ça. Lui soufflé-je en déposant un baiser sur sa joue. 

Je finis par m’allonger sur la couverture, sans quitter des yeux le ciel. Je dois avouer que cela fait du bien de nous retrouver tous les deux. Nous nous laissons vite prendre par le quotidien. Je me mets alors à réfléchir : de quand date notre dernière soirée en amoureux ? C’était quand la dernière fois où nous nous sommes accordés du temps rien que tous les deux ? 

Certes, avec les enfants, nous avons moins de temps. Nous sommes plus fatigués aussi. Mais être parent ne signifie pas que nous ne sommes plus un couple non plus. 

-Will ? Soufflé-je, alors que je sens la fatigue me submerger. 

-Mmh ? 

-Il faudrait qu’on fasse ça plus souvent. Lui suggéré-je, tout en me lovant dans ses bras et laissant ma tête se poser sur son torse. Je le sens alors sourire et il dépose un baiser sur le haut de ma tête. 

-Tu as raison. Confirme-t-il dans un soupir, avant que je sombre dans le sommeil. 

J’ouvre un œil après ce qui me semble être une fraction de secondes. Mais je papillonne tout de suite des yeux, éblouie par la lumière du jour. Les étoiles ont disparu, et le soleil a déjà commencé son ascension dans le ciel. Je laisse échapper un bâillement, comprenant alors que nous nous sommes endormis dehors, à même la couverture. 

-Bien dormi ? Me demande Will, qui est déjà réveillé. Je me redresse alors, et je lui demande depuis combien de temps il est réveillé. -Cinq minutes à peine. Me répond-t-il. On devait être vraiment claqué. 

-Je pense oui. Lui confirmé-je avec un sourire amusé. Evidemment, il n’était pas dans les plans de Will que nous dormions à la belle étoile cette nuit. Sinon, nous aurions pique-niqué dans le jardin. Piper et Prue sont infernales en ce moment. 

-Et Phoebe demande beaucoup d’attention et d’énergie. Ajoute ensuite Will. 

-Qu’est-ce qui nous a pris de nous reproduire, Will ? 

-Je ne sais pas. Réagit-il avec amusement. Notre instinct d’être humain ? Les conventions sociales ? La curiosité de savoir ce qu’un mélange de nous deux donnerait ? 

-Ca doit être ça. Mais on a poussé la curiosité trois fois, quelle idée ! 

-On est des individus très, très, très curieux écoute.  

Je ris à sa réponse, je finis par m’asseoir sur la couverture. J’ai mal au dos du fait de la nuit à même le sol, mais j’ignore la douleur. Je m’étire et j’observe les alentours. J’ignore quelle heure il est, mais il doit être encore tôt. Il n’y a pas un chat dehors, pas même un joggeur matinal. Pas même un adepte de la marche nordique. 

-On devrait peut-être rentrer. Suggéré-je sans motivation. J’aime ce moment hors du temps, et je n’ai pas particulièrement envie de retourner à notre train-train quotidien. 

-Peut-être. Répond Will en haussant les épaules. On doit aller chercher les enfants à quelle heure ? 

-Ma mère ne m’a pas donné d’heure. On a le temps je pense. Elle est toujours ravie de passer du temps avec ses petites-filles. 

-Ah, on est pas pressé du coup ! Réagit Will avec enthousiasme, avant de se réinstaller confortablement. Je peux encore te garder pour moi tout seul. La chance ! Ajoute-t-il avec un sourire enjôleur, auquel je réponds en lui envoyant un baiser. 

Nous profitons alors de ces derniers instants que tous les deux. Will a raison : nous ne sommes pas pressés par le temps, et nous avons tous les deux envies de prolonger notre soirée en amoureux. Ces moments sont rares, alors autant en profiter jusqu’au bout. 

Alors, nous profitons du calme, de l’impression d’être seuls au monde. Nous discutons, nous plaisantons, nous chahutons. 

Nous nous retrouvons. 

Et ça fait du bien. 

Génération Gris – Génération 4 – Chapitre 52

Je suis toujours impressionnée par la vitesse avec laquelle le temps défile. En effet, peu de temps après mon anniversaire, celui de Piper arrive à son tour. J’ai du mal à réaliser qu’elle grandisse déjà ! Ma réaction amuse Will, qui me rappelle que c’est dans l’ordre des choses de voir nos enfants grandir … Certes, mais je trouve cela va trop vite ! 

Mon deuxième bébé va devenir une enfant. Elle va aller à l’école, se faire des amis et elle va se débrouiller toute seule comme une grande. 

J’évite de trop y penser pendant que j’observe Will préparer un gâteau au chocolat pour l’occasion. Maman est également là aujourd’hui. Elle avait des choses à finaliser dans la cabane, et elle ne voulait pas manquer l’anniversaire de sa petite-fille ! 

Le moment venu, je respire un grand coup alors que Piper semble avoir hâte de souffler ses bougies. Je me rappelle qu’il me reste encore Phoebe, j’aide Piper à souffler ses bougies et ma fille devient alors une enfant. 

Une enfant adorable, dont tout le monde dit que je ne peux pas la renier. Maman dit qu’elle a l’impression de me revoir quand j’étais enfant ! Il est vrai que lorsque je regarde des photos de moi enfant, je remarque sans problème la ressemblance entre Piper et moi. 

Mais, le temps montre rapidement une différence majeure entre nous. Piper se plaint rapidement d’avoir du mal à voir de loin. Je suis étonnée sur le coup, car ni Will ni moi n’avons de problèmes de vision, mais je me rappelle rapidement que mon père était myope comme une taupe. Cela a peut-être sauté une génération, qui sait ! Et le verdict est rapidement tombé lorsque nous avons emmené Piper chez l’ophtalmo : elle est effectivement myope, et doit donc porter des lunettes ! 

Quelque temps plus tard, c’est au tour de Phoebe de fêter son anniversaire. J’ai l’impression de les enchainer. D’abord Piper, et maintenant mon dernier bébé ! Certes, il n’est pas encore l’heure pour elle d’aller à l’école, mais elle ne sera plus tout à fait un bébé. Au contraire, elle va commencer à marcher, à parler, et grandir davantage. 

Oh je suis heureuse de voir mes filles grandir, mais cela me fait drôle de me dire qu’il n’y aura plus de bébé à la maison. Will semble prendre la chose plus sereinement, et il tente encore une fois de me rassurer. Certes, nous n’aurons plus de bébé, mais de nouvelles aventures nous attendent avec nos filles. Chaque âge a ses spécificités, et il a hâte de les découvrir.

J’adore quand il parle ainsi de nos enfants. Lui qui avait peur d’être un mauvais père, il est déjà si fier de nos filles, de les voir grandir et de découvrir les spécificités de chacune. Je n’en ai jamais douté, il est un père formidable. 

Alors, aujourd’hui, c’est à son tour d’aider notre fille à grandir. Il tient Phoebe dans ses bras, et souffle les bougies avec elle… Qui en profite pour cracher sur le gâteau. Bon appétit bien sûr, et bon anniversaire Phoebe ! 

Et maintenant que Phoebe est une adorable bambine, il est temps de lui apprendre les bases, comme la propreté. J’avoue que je ne dirai pas non d’être débarrassée des couches. Finalement, ce n’est pas plus mal que mes filles grandissent et deviennent plus autonomes ! 

Phoebe ne semble pas comprendre pourquoi je l’installe sur le pot, mais elle ne rechigne pas. C’est juste que le temps peut être long avant qu’elle n’accepte de se soulager dans le pot. 

Alors, pendant ce temps-là, j’attends. Je regarde, dépitée, la pluie qui ne cesse de tomber dehors. Puis, j’aperçois mon reflet dans la fenêtre et je soupire une nouvelle fois en passant la main dans mes cheveux que je laisse pousser… un peu. Pour le mariage, j’ai besoin d’avoir un peu plus de longueur, mais je ne supporte déjà plus mes cheveux ! Ils restent courts, mais c’est déjà trop long pour moi ! Cela fait beaucoup rire Will quand je m’en plains, mais c’est plus facile pour lui qui a toujours des cheveux bien coiffés! 

Mais ce n’est qu’une question de temps : dès le mariage passé, je file chez le coiffeur ! 

Par chance, l’autre avantage du fait que Phoebe ait grandi, c’est qu’elle ne joue plus avec sa nourriture ! Là où Prue continuait toujours à manger comme un cochon à son âge, Phoebe préfère avaler entièrement le contenu de son assiette. Une vraie petite gourmande, elle ne dit jamais non quand il s’agit de manger ! Autant dire que maintenant, ma mère a augmenté son stock de bonbons. Elle n’en file plus seulement à Yumi, mais à Phoebe également. Par chance, le sucre n’a pas le même effet sur ma fille que sur sa cousine, et cela ne lui coupe même pas l’appétit ! 

J’ai juste à dire à Maman d’y aller mollo avec les bonbons car je ne veux pas que ma fille ait des problèmes de dents, mais sinon, tout va bien ! 

-Ca y est ? Tu as fini de manger ? Demandé-je à ma fille, et elle ne tarde pas à me montrer son bol qui est désormais vide. Tu veux aller jouer ? 

-Ouiiii !! S’exclame-t-elle sans attendre en sautillant joyeusement dans sa chaise haute. Avec toi Maman ! 

Une vraie pile électrique ! Là où Piper aimait jouer toute seule, Phoebe est exactement le contraire. Si ses sœurs ne sont pas là, elle nous demande alors de jouer avec elle. Et gare à nous si on a le malheur de partir pour faire autre chose, et qu’elle se retrouve seule pour jouer ! Elle grimace, boude, et pleure, pour finir par nous suivre absolument partout. La petite dernière de la famille ne risque pas de se faire oublier ! Même auprès de Piper, qui rechigne souvent à jouer avec sa petite sœur. Mais même elle ne parvient pas à résister à sa petite bouille adorable ! 

Après le retour de Will du travail, qui rentre plus tôt afin de pouvoir prendre le relais avec Phoebe, je file rapidement me changer avant de partir à l’entrainement de mon équipe de basket. Equipe au sein de laquelle j’ai bien évolué, puisque j’en suis aujourd’hui le capitaine. C’est moi qui mène la danse et j’adore ça ! J’applique et fais appliquer les consignes du coach, je motive les différentes joueuses et je choisis qui entre ou non sur le terrain. Le coach me fait une confiance aveugle là-dessus, car je ne me trompe jamais sur la sélection des joueuses. Il affirme que le jour où je ne pourrai plus jouer, je ferais une excellente coach ! L’idée me plait, mais ce n’est pas encore au programme. Je me sens encore tout à fait capable de jouer et je n’ai aucune envie de prendre ma retraite de joueuse ! 

En sortant de la maison, je croise mes filles dehors, qui viennent tout juste de rentrer de l’école. Piper semble se masser les tempes alors que Prue lève les yeux au ciel. 

-Tout va bien les filles ? Leur demandé-je alors, curieuse et intriguée par leur attitude. 

-Ca va, juste Piper qui se plaint des gens de sa classe. Hausse les épaules Prue. 

-J’y peux rien s’ils sont nuls. Réplique alors Piper en soupirant. 

-Qu’est-ce qu’ils ont fait tes camarades ? 

-Rien, ils sont stupides, c’est tout. Se contente-t-elle de répondre, sans rien ajouter de plus. Du Piper tout craché. Elle va à l’essentiel, et elle ne se perd pas dans les détails. 

-Ce n’est pas parce qu’ils mettent plus de temps à comprendre que toi qu’ils sont stupides. La corrige Prue alors que c’est au tour de Piper de lever les yeux au ciel. Ah, il semblerait que mon aînée en sache plus ! Je ne tarde donc pas à la regarder avec insistance. Il n’y a rien de plus à dire Maman. Bougonne-t-elle ensuite, avant d’entrer dans la maison, suivie de près par sa sœur. 

Bon, visiblement, ce n’est pas aujourd’hui que j’en apprendrais davantage ! 

En entrant à l’intérieur de la maison, Piper s’installe directement à table après s’être servie de reste dans le frigo. Elle regarde son père jouer avec Phoebe et lève les yeux au ciel en le voyant faire… Et en l’écoutant surtout. 

-Bienvenue sur Opaline Air Lines, Phoebe. Prête à t’envoler ? S’exclame Will, alors que sa benjamine ne tarde pas à éclater de rire. 

Il court ensuite dans le salon avec la petite sur le dos. Elle s’accroche solidement à ses épaules et rit aux éclats. 

-Tu as passé une bonne journée à l’école, Piper ? Interroge subitement Will, faisant une pause dans sa folle course dans le salon. Phoebe ne tarde pas à protester, mais son père lui signale qu’il a besoin de souffler quelques minutes. 

-Oui, normal. Se contente-t-elle de répondre dans un haussement d’épaules. 

-Tu as appris des choses intéressantes ?

-Si on veut, oui. Marmonne-t-elle, en levant les yeux au ciel une nouvelle fois. 

-Tu vas finir par te bloquer les yeux à force de les lever au ciel. Signale Prue à sa soeur, tout en s’installer à ses côtés à table. Elle affiche un petit sourire en coin, signe qu’elle cherche simplement à taquiner sa petite soeur. 

-On ne peut pas se bloquer les yeux comme ça. Lui réponds Piper avec un air blasé, comme si sa soeur lui avait dit la plus grosse énormité de sa vie. 

-C’était une blague Pi’. 

-C’était censé être drôle ? Lui demande-t-elle alors, affichant un air intrigué, cherchant l’humour dans la phrase de sa soeur. 

-Oui.. Non… Enfin c’était pour dire que tu lèves beaucoup les yeux au ciel… Enfin laisse tomber. Soupire Prue alors que Piper continue de l’observer avec curiosité, avant de finalement d’hausser les épaules avec désinvolture. Si Prue lui dit de laisser tomber, c’est que ce n’était pas important !

Très vite, les filles sont distraites par les rires de leur petite-soeur. Leur père s’amuse à la lancer en l’air pour lui donner l’impression de voler. Will le fait souvent, Phoebe adore ça et cela la fait rire à chaque fois. 

-Elle a du être un oiseau dans une autre vie, c’est pas possible. S’en amuse Prue en observant la scène, avant de jeter un coup d’œil à Piper. Oui je sais, tu vas me dire que ça aussi, c’est impossible ? 

-Non. Lui répond-t-elle simplement. J’ai bien compris que c’était une blague parce que Phoebe aime bien qu’on la lance. D’ailleurs, elle aime bien parce que ni Papa, ni Maman ne l’a lancée trop fort et qu’elle ne s’est pas cognée la tête contre le plafond. Enfin, pas encore. Précise-t-elle ensuite, alors que Prue l’écoute d’une oreille distraite. Mais si tu veux tout savoir, il n’y a rien qui prouve que la réincarnation n’est pas possible ou qu’elle soit possible. 

-… T’es trop bizarre. Soupire Prue avant de se lever pour ranger son assiette, sans pour autant s’étonner de voir que Piper ne réagit pas à sa remarque. Tu veux jouer ? 

-Il faut faire les devoirs avant. 

-Oui mais après ? Si tu veux, je veux bien jouer aux créatures du vide avec toi. Propose alors Prue, ce qui donne aussitôt le sourire à sa soeur. 

En effet, en grandissant, Piper a développé une véritable passion pour les créatures du vide. Elle a donc reçu pour son anniversaire une console et des cartes afin de pouvoir y jouer, et faire des combats en créatures. Dès qu’elle a un peu d’argent de poche, elle s’empresse également d’acheter de nouveaux lots de cartes, dans l’unique but d’avoir la collection complète. Parfois, elle arrive même à amadouer sa grand-mère pour avoir des cartes supplémentaires ! 

Ce jeu est à peu près le seul jeu auquel elle veut bien jouer avec sa soeur. La balançoire ? Elle trouve ça ennuyeux. La cabane dans les arbres? Elle n’en voit pas l’intérêt. Les poupées ? Elle a essayé, mais elle estime que son imagination n’est pas compatible avec celui de sa soeur. Selon Prue, c’est parce que Piper n’en a pas. 

Alors, pour pouvoir passer du temps avec sa petite-soeur, c’est souvent Prue qui fait des concessions, et accepte de jouer aux créatures du vide. Même si elle n’est pas très douée à ce jeu, et perd souvent contre Piper. 

-Je comprends vraiment rien à ton truc. Soupire d’ailleurs Prue après avoir perdu un combat contre Piper. Comment ça se fait que j’ai perdu encore ? 

-T’es pas assez stratégique, c’est tout. Lui réponds simplement sa soeur, comme si c’était l’évidence même. 

-Pardon ? Réagit aussitôt Prue en fronçant les sourcils. 

-Bah oui. Déjà, Nymphaea est nulle de base, surtout contre Wisp. Explique Piper sans attendre, alors que Prue la regarde comme si elle parlait une autre langue. Wisp est capable de contrer la plupart des attaques de type Terre, donc Nymphaea n’a quasiment aucune chance. Et la seule attaque qui peut causer des dégâts comme une créature du type Vide, tu ne t’en sers jamais. Par contre, Nymphaea peut se régénérer pour se défendre, mais tu n’as jamais utilisé cette capacité. Déjà que ton choix de départ n’était pas terrible, mais en plus tu n’as pas utilisé tes seuls atouts. Donc tu n’es pas stratégique. 

-Dis toute suite que je suis débile. Maugréé Prue, exaspérée par les explications de Piper dont elle n’a absolument rien compris. 

-La stratégie n’a rien à voir avec l’intelligence. Lui réponds la cadette en levant un sourcil intrigué. Elle ne comprenait pas comment sa soeur aînée avait pu arriver à cette conclusion ! 

-En attendant, moi, je fais des efforts pour jouer avec toi ! S’agace Prue tout en se levant pour quitter la chambre de sa soeur. Sinon, tu passerais tout ton temps toute seule ! 

-Mais j’ai rien demandé. Soupire Piper après le départ de sa soeur, ne comprenant pas l’attitude de son aînée. Nullement décidée d’aller la rejoindre, Piper se contente d’hausser les épaules, et lancer une nouvelle partie des créatures du vide, mais toute seule cette fois-ci. Elle connait sa soeur, elle finira bien par se calmer ! Elle n’est pas absolument pas inquiète par rapport à cela, et elle ne va donc pas se prendre la tête quant à l’agacement de sa soeur. Demain, tout sera oublié !

Avec les anniversaires, je vous présente donc la petite bouille de Piper ! 

Ainsi que celle de Phoebe ! 🙂 

Génération Gris – Génération 4 – Chapitre 51

Prue s’est faite une nouvelle amie à l’école. Elle ne parle pas beaucoup de ses journées à l’école, donc j’ai été surprise quand elle m’a demandé si elle pouvait l’inviter à la maison. Je suis ravie de rencontrer une de ses amis, alors j’ai accepté sans hésiter. 

C’est ainsi que Prue est rentrée en compagnie de Céline, qui est une petite adorable et très polie. Elles n’ont pas tardé à aller jouer dehors, et j’aurais presque eu l’impression qu’elles n’étaient pas là si je ne les entendais pas rire. Je ne sais pas ce qu’elles se racontent sur la balançoire, mais cela les amuse beaucoup ! 

Le principal, c’est qu’elles s’amusent et je suis ravie que Prue se fasse des amis en dehors du cercle familial !

Prue et Céline finissent tout de même par rentrer à l’intérieur pour le goûter. Pendant que Prue regarde ce qu’il y a dans les placards, Céline observe Piper en train de manger dans sa chaise haute. Fidèle à elle-même, ma cadette n’accorde pas la moindre attention à la nouvelle venue, bien trop concentrée sur le contenu de son assiette. 

-Salut ! Tu es Piper, c’est ça ? L’interpelle Céline, espérant attirée l’attention de la petite sœur de son amie. 

Piper la regarde d’ailleurs avec un air intrigué. Elle doit se demander qui est l’intruse, mais elle ne semble pas décider à lui répondre. Au contraire, elle hausse les épaules et enfourne un morceau de son sandwich dans sa bouche.

-Piper ! Tu pourrais dire bonjour ! La gronde sans attendre Prue, avant de soupirer d’un air blasé suite au « bonjour » marmonné à contrecœur de sa sœur. Fais pas attention Céline, elle est pas sociable. Tu veux manger quelque chose ? 

-T’en fais pas, c’est pas grave. Elle a le droit d’être timide. Lui répond Céline après avoir refusé la proposition de Prue. 

Les deux filles s’installent ensuite à table, et Prue ne tarde pas à contredire son amie. Piper n’est pas timide : c’est juste une tête de mule qui n’en fait qu’à sa tête, en dépit des règles de politesse élémentaires. 

La réaction de Piper ne se fait pas attendre : elle tire la langue à sa sœur avant d’affirmer qu’elle raconte n’importe quoi. 

-Les filles, soyez gentilles entre vous. Soupire Will qui est tranquillement installé sur le canapé, attendant que Piper ait fini de manger.  

-T’es qui ? Demande Piper à Céline, comme pour prouver à son aînée qu’elle raconte des bêtises. Prue ne peut alors s’empêcher de lever les yeux au ciel, tandis que son amie laisse échapper un petit rire amusée. 

-Je suis Céline, une amie de Prue ! On est dans la même classe à l’école ! Tu voudras jouer avec nous, après ? 

-Pi-être.  Répond nonchalamment Piper, qui n’a pas l’air motivée à faire davantage d’efforts. Je veux jouer aux cubes. 

-C’est nul les cubes. Soupire Prue, mais Piper ne semble pas s’en formaliser. Elle jouera avec ses cubes, avec ou sans Prue et Céline. 

Tandis que Prue finit son goûter, Phoebe ne tarde pas à se faire entendre à l’étage. Will va donc la chercher, puis prépare son biberon. 

Pendant ce temps-là, Prue débarrasse la table, y compris l’assiette de sa sœur, puis entraine son amie dans sa chambre à l’étage. Céline tente un « on n’attend pas ta sœur ? » en jetant un regard à Piper coincée dans sa chaise haute, mais Prue fait la sourde oreille. Piper les regarde monter l’escalier mais ne semble pas perturbée plus que cela de devoir attendre que quelqu’un la libère de sa chaise, comme si elle s’en fichait. 

Ou alors, elle sait très bien que son père va la sortir dès qu’il aura fini de donner le biberon à sa petite-soeur, et elle fait juste preuve de patience. 

En parlant de Phoebe, cette dernière commence à gagner en autonomie, et il est d’ailleurs temps pour elle de diversifier son alimentation. 

Et l’exercice est assez simple, du moins au départ, car Phoebe est très curieuse de découvrir de nouvelles saveurs. Quand je lui présente la cuillère avec de la purée de carottes, elle se jette dessus sans la moindre hésitation. On dirait qu’on ne l’a pas nourri depuis plusieurs jours ! 

Mais à la limite, je préfère ça plutôt qu’elle rejette toute idée de goûter de nouveaux aliments. 

Néanmoins, même si elle accepte de goûter sans rechigner, quand elle n’aime pas, elle le fait savoir. Elle grimace, et refuse toute nouvelle bouchée. Elle n’hésite pas à pousser la cuillère que je lui présente, et secoue vivement la tête pour l’éviter. 

La pauvre purée de carottes n’aura pas de deuxième chance, c’est un non catégorique de la part de Phoebe ! 

-J’ai fait de la purée de petits pois, tu veux tenter ? Propose alors Will, tandis que je me dévoue pour finir le petit pot. 

Will apporte donc la purée de petits pois et cette fois-ci, c’est un franc succès. Phoebe la mange sans problème… et révèle une ressemblance avec sa plus grande sœur dont je me serrais bien passée. Elle joue avec sa purée, et s’amuse en s’en étaler partout sur le visage. Très vite, sa petite bouille devient toute verte, et elle éclate de rire, fière de sa bêtise. 

Quant à moi, je suis blasée et je vois Will se retirer de rire à son tour. 

Un vil sourire finit par apparaitre sur mes lèvres, et je ne tarde pas à sortir mon téléphone pour prendre ma fille en photo. 

-Qu’est-ce que tu fais ? M’interroge alors mon homme. 

-Une photo. Je me ferais une joie de la ressortir le jour de son mariage. Lui réponds-je avec amusement, ravie de conserver une photo dossier de ma fille. 

Ce n’est que justice, je prends simplement de l’avance. Elle-aussi, un jour, se moquera des photos de sa mère de l’époque où elle était jeune ! 

Quelques jours plus tard, c’est un jour spécial, surtout pour moi : c’est mon anniversaire. Ca y est, c’est mon tour de rejoindre le gang des plus de 40ans. La petite dernière s’y colle à son tour, et cela des jours que tout le monde me charrie là-dessus. 

Personnellement, je m’en fiche, mais cela amuse les autres d’en rire, alors qu’ils continuent ! Pour moi, mon anniversaire est juste l’occasion de se retrouver tous ensemble ! 

Mon frère et sa famille sont les premiers à arriver, et je leur ouvre avec Phoebe dans les bras. Rose ne tarde pas à rentrer à chercher Piper. Elle a de la chance : aujourd’hui, Piper est d’humeur à s’ouvrir aux autres. Elle a accepté de jouer avec sa sœur ce matin. 

Quand à mon frère, il gagatise rapidement devant ma fille, et je lui propose sans attendre de la prendre dans ses bras. 

-Ca me fait drôle de tenir un bébé, je n’ai plus l’habitude avec Luke et Rose ! 

-Phoebe va te donner de remettre le couvert avec Alice ? Le taquiné-je ensuite, bien que je sache déjà ce que mon frère va me répondre.

-Oula, pas du tout. Réagit-il en riant. On a déjà assez à faire avec deux enfants! Ils sont déjà bien assez pour retourner toute la maison ! 

-Je n’en doute pas ! 

Petit à petit, tout le monde finit par arriver. La maison se remplit, ça court partout, ça crie, ça rit, et c’est un véritable bonheur. Prue et Luke ne se lâchent plus, et j’apprécie que Piper joue avec ses cousines, Rose et Yumi. C’est quand même fou de voir qu’elle s’ouvre davantage en leur présence ! 

Yumi finit tout de même par s’éloigner du groupe pour explorer le reste du salon et finit par tomber sur ma mère qui la regarde avec tendresse. 

Coucou Yumi, tu t’amuses bien ? Lui demande-t-elle, alors que la petite se contente d’hocher la tête. Hey, tu dis rien à tes papas, mais j’ai quelque chose pour toi. Lui avoue-t-elle sur le ton de la confidence. 

Sans attendre, en essayant d’être discrète, Maman donne un bonbon à Yumi qui sautille de joie. Sans attendre, elle se met à courir en direction de ses cousines, en criant que Tatie lui a donné un bonbon ! 

Impossible pour nous de retenir un rire -pour la discrétion, c’est bien loupé-, surtout quand Gabriel jette un regard blasé à ma mère. 

-Tata, c’est pas cool. Elle va être insupportable après. Soupire-t-il alors, tandis que Yumi a déjà ouvert le papier et avalé son bonbon. 

-Qu’est-ce que tu racontes ? Ce n’est qu’un bonbon ! Se défend Maman avec un air innocent. Et regarde, elle est toute mignonne, elle mérite bien une petite douceur ! 

-Ouais, mais le sucre la rend excitée comme une puce. Bougonne Gabriel, dépité. Déjà qu’elle va avoir du gâteau…

-J’en connais un qui va galérer à mettre sa fille au lit, ce soir ! Intervient Grégory, amusé par la situation et ravi de taquiner notre cousin. 

-Ca dépend, tu ne veux pas la garder par hasard ? Je suis sûre que Rose sera ravie de faire une soirée pyjama avec sa cousine. Propose Gabriel avec un air narquois sur le visage. Grace, tu n’as pas envie de t’alléger d’une de tes filles ? 

-Piper est la plus calme des trois, je ne suis pas sûre que ça vaille le coup. Par contre, tu ferais mieux de surveiller ta fille. L’avertis-je, tandis que Yumi se faufile jusqu’à ma mère, espérant grapiller un nouveau bonbon. Maman s’apprête d’ailleurs à lui en donner un nouveau, avant d’être interrompu par Gabriel qui la supplie de ne pas le faire. Yumi boude, mais son père lui signale que si elle prend le bonbon, elle n’aura pas de gâteau. C’est l’un ou l’autre, mais pas les deux ! 

Avec mon frère, nous rions tous les deux de la situation, bien ravis de ne pas être à sa place. A chacun ses problèmes avec ses enfants !

Pendant que Gabriel bataille avec sa fille pour la convaincre de renoncer à son bonbon, j’observe avec amusement Piper et Rose profiter de la musique pour danser toutes les deux. Elles sont à fond toutes les deux, et c’est assez drôle à voir. 

Phoebe, quant à elle, est tranquillement installée dans son tapis d’éveil, mais elle est davantage occupée par le spectacle qu’offre sa sœur et sa cousine pour se préoccuper de ses jouets. 

Petit à petit, elle se met à remuer à son tour. Je suis sûre qu’elle aimerait bien pouvoir se joindre à elle, mais elle ne sait pas encore tenir sur ses jambes. Un peu de patience, un jour, elle pourra se joindre à elles sans le moindre problème ! 

Il vient ensuite le moment fatidique de souffler les bougies… Will sort le gâteau au chocolat, installe les bougies et l’amène sur la table du salon en chantant « Joyeux anniversaire ». Gabriel n’attend pas pour me charrier, me souhaite la bienvenue dans le clan des vieux. Je n’hésite pas à renchérir en disant que je serai toujours plus jeune que lui, et qu’il devrait faire moins le malin. Je saurai me souvenir de ses vacheries ! Il m’assure qu’il n’a absolument pas peur de moi ! 

Mon pauvre, il me connait mal, à croire que nous n’avons pas grandi ensemble ! 

Néanmoins, je me contente de l’ignorer et je n’attends pas une seconde supplémentaire pour souffler mes bougies ! 

-Ca y est, notre petite Grace est devenue vieille ! Affirme alors mon cousin, tandis que j’installe Piper sur sa chaise haute. Je lui propose une part de gâteau, mais elle refuse. Elle préfère un yaourt. Etonnant pour une enfant, mais on ne va pas la contrarier pour si peu. 

-Je te signale que si je suis vieille, cela signifie que tu es vieux aussi. Et encore plus que moi ! Répliqué-je sans attendre. 

-Surtout que tu ferais mieux de ne pas faire le malin : viendra un jour où tu commenceras à avoir des cheveux gris… Et là, tu te prendras un coup de vieux. Ajoute mon frère, alors que Gabriel ne semble pas voir où il veut en venir. Et cela sera flagrant sur toi alors que Grace… Bah disons qu’on ne verra pas la différence. 

-Je ferai juste des économies de coloration pendant que tu compteras tes nouvelles rides ! Renchéris-je fièrement. 

-Tonton va devenir un papy ? Demande tout d’un coup Piper, et je ne peux m’empêcher d’éclater de rire, alors que mon cousin fait une drôle de tête. 

-Dans trèèèès longtemps ma grande. Dans très, très longtemps. Préfère-t-il lui préciser. 

-Mais plus rapidement qu’il ne croit, j’en ai bien peur. Précise mon frère, hilare, alors que Gabriel lui lance un regard noir. 

-Tonton est un papy ! Tonton est un papy ! Tonton est un papy !! Se met à chanter Rose, qui n’a visiblement pas perdu une miette de notre conversation, malgré qu’elle observait avec fascination notre étagère. 

-Avouez-le, vous apprenez à vos gosses à être méchant avec moi. Bougonne-t-il alors que nous sommes tous morts de rire. 

-Ils ont juste hérité de l’intelligence de leurs parents, que veux-tu ! Lui réponds-je, tout en m’installant à table à côté de mon frère, une fois que Piper ait fini son yaourt. 

-Le mot « intelligence » n’est pas tout à fait le terme que j’aurais employé… Fait-il mine de réfléchir, avant d’avoir les yeux qui s’ouvrent comme des soucoupes. Mais Papa, qu’est-ce que tu fais ?! 

-Bah quoi ? C’est un anniversaire ou non ? On est là pour faire la fête ! S’exclame Tonton, qui s’ambiance sans la moindre difficulté sur la chanson « Ah les crocodiles ». La chanson qui ne fait que tourner en boucle si on veut éviter une crise de la part de Rose. Je vais vous montrer ce que les vieux sont capables de faire, sales gosses ! 

-Mon Dieu, heureusement qu’on n’est pas en public… Soupire Gabriel en cachant son visage entre ses mains. 

-Hey Yumi, tu viens danser avec Papy ? Propose Tonton alors que la petite le regarde avec un air curieux. Au lieu de rejoindre son grand-père, elle file se réfugier dans les jambes de son Papa Gab. Aussi coincée que son père, c’est fou ! Plaisante Tonton ensuite, en levant les yeux au ciel. Va falloir lui apprendre à faire la fête, hein ! 

-Le plus tard sera le mieux. Bougonne Gabriel, loin d’être ravi à cette idée. 

La journée se poursuit et la nuit commence à tomber dehors. Au final, ce qui devait être qu’un simple goûter se termine en diner, puisque tout le monde reste manger à la maison. Un classique, cela finit toujours comme ça. On a fini par avoir l’habitude. Avec nos vies respectives et les enfants, nous n’avons plus forcément le temps de nous voir autant qu’avant, alors, lors d’occasion comme celle-ci, nous en profitons pour passer un maximum de temps ensemble. 

Pendant un moment d’accalmie, ou nos invités discutent tranquillement entre eux, Will en profite pour me prendre dans ses bras, et me déposer un baiser sur la joue. 

-Bon anniversaire mon amour. Me susurre-t-il au creux de l’oreille. J’espère que tu as passé une bonne journée. 

-Je suis avec toi et entourée de ma famille. Je ne demande rien de plus. Lui assuré-je, avant d’ajouter à voix basse pour que lui seul m’entende. Même si j’ai hâte que nous soyons plus que tous les deux. 

-Un mot de ta part, et je fous tout le monde dehors et je mets les gosses au lit. Me promet-il sur un ton mi-sérieux, mi-amusé, alors que je peux m’empêcher de ricaner. 

Finalement, Will n’aura pas besoin de demander à qui que ce soit de partir. Les enfants commencent à fatiguer et tout le monde décide de rentrer afin de pouvoir les mettre au lit… avant qu’ils ne deviennent tous insupportables. 

Une fois tous nos invités partis, nous mettons nos filles au lit. Je m’occupe de Phoebe pendant que Will se charge de Piper, et nous allons tous les deux souhaiter une bonne nuit à Prue. 

Quand nous sommes seuls dans notre chambre, nous pouvons enfin profiter d’un moment rien qu’à nous, pour finir en beauté cette journée… Et je réalise pourquoi je me fiche bien de prendre de l’âge et de vieillir. 

Parce que, tant que je suis avec lui, je n’ai absolument pas peur de ce que l’avenir peut bien me réserver.

Génération Gris – Génération 4 – Chapitre 50

Depuis plusieurs semaines, Will se déplace de moins en moins à son travail, et effectue ses tâches depuis la maison. Il a suffisamment évolué pour se voir autoriser à faire du télétravail. Il est absolument ravi : il n’a pas à se déplacer jusqu’à San Myshuno, il adapte ses horaires selon les besoins et est davantage présent à la maison, notamment pour les filles. C’est l’avantage d’avoir un bureau à la maison : il peut s’isoler si besoin, tout en restant présent pour sa famille. Ainsi, tout ce qu’il n’est pas obligé de faire à son travail, il le fait depuis la maison, et je dois avouer qu’il est beaucoup plus détendu depuis qu’il fait du télétravail ! 

Et puis, cela lui permet de voir nos filles évoluer au quotidien !

Je suis toujours fascinée de constater à quel point mes filles grandissent vite, et je crois que c’est ce qu’il y a de plus beau dans le rôle de parent. C’est de voir l’évolution de ses enfants. 

Phoebe gagne tous les jours en autonomie et Piper, de son côté, s’intéresse absolument à tout ce qui l’entoure. Elle aime également beaucoup découvrir les choses par elle-même, et n’a aucun problème à jouer toute seule. Elle peut passer un long moment à jouer avec ses cubes sans le moindre soucis. Des fois, j’incite Prue à aller jouer avec sa petite sœur, mais Piper la regarde souvent étrangement, d’un air de dire « mais qu’est-ce que tu fais là ? ». Généralement, Prue lâche rapidement l’affaire. Ce n’est pas toujours le cas, mais je crois que les deux sœurs peuvent jouer ensemble seulement lorsque Piper l’a décidé, et que le reste du temps, elle préfère jouer tranquillement dans son coin. 

D’ailleurs, cette volonté de rester dans son coin n’est pas toujours simple à gérer au quotidien. Même si elle apprend très bien toute seule, c’est aussi mon rôle en tant que mère de lui apprendre des choses. Mais lorsque j’essaie de lui proposer des activités toutes les deux, j’ai une chance sur deux qu’elle l’accepte. Le reste du temps, j’ai le droit à la soupe à la grimace et de l’opposition de sa part. Clairement, quand Piper n’a pas envie de faire quelque chose, elle le montre sans le moindre problème ! 

Comme aujourd’hui, alors que je tente de faire un jeu de cartes avec elle pour l’aider à développer son vocabulaire et faire des associations d’idées. Je lui montre une carte avec une image d’un parc dessus, et elle me regarde avec un air blasé, nullement convaincue par ce que je lui propose. Je l’ai dérangé pendant qu’elle jouait avec ses cubes, et elle ne le cache pas !

-Aller Piper, il y a quoi sur la carte ? Lui demandé-je, alors qu’elle soupire d’ennui. Elle secoue la tête, refusant de répondre à ma question. 

-Un parc. Marmonne-t-elle sur un ton bougon, cédant face à mon insistance. 

-Bien ! Et qu’est-ce qu’on peut faire dans un parc ? Ajouté-je ensuite, alors qu’elle m’offre un magnifique bâillement. Dis-le toute suite si je t’embête… 

-Elle est où, Pou ? M’interroge Piper en regardant autour d’elle, comme si elle cherchait un échappatoire. 

-Prue est à l’école ma puce, elle rentre dans une heure. Mais tu ne réponds pas à ma question. Lui rappelé-je, alors qu’elle laisse échapper un énorme soupir agacé. Elle finit par donner une tape sur le tas de cartes, en faisant tout tomber par terre. Visiblement, Piper perd patience, mais je la réprimande aussitôt. Elle a le droit de ne pas être d’accord et de ne pas vouloir jouer à un jeu, mais on reste gentille ! 

Aussitôt, Piper se met à bouder, nullement ravie de se faire gronder. 

Et je dois avouer une chose : je n’aime pas voir mes filles faire la tête. 

Alors, pour détendre l’atmosphère, je range les cartes qui ne l’intéressent absolument pas et je trouve une autre idée pour essayer de lui redonner le sourire et lui faire penser à autre chose : une attaque de chatouilles ! 

L’effet est immédiat : fini la mine boudeuse et bonjour les rires ! Le visage de Piper s’illumine et elle tente d’échapper à l’attaque en courant dans le salon. Pas de chance d’avoir une maman sportive : je la rattrape sans le moindre effort ! 

Voir un sourire sur le visage de mes filles est le beau de tous les trésors et le son de leur rire est la plus belle des mélodies. Alors, quand Piper m’offre les deux en même temps, je suis sur un petit nuage ! 

Ce n’est pas souvent que Piper accepte de jouer avec moi, alors maintenant qu’elle est d’humeur, j’en profite ! Surtout que je sais que cela ne vaps durer longtemps. Dès que Prue va rentrer de l’école, Piper va saisir l’occasion pour s’échapper et retourner vaquer à ses occupations. Elle n’est qu’une bambine, et pourtant, elle fuit déjà la compagnie de sa mère. Je n’ose pas imaginer ce que cela va donner à l’adolescence ! Je pense que nous ne sommes pas au bout de nos peines, avec Will ! 

D’ailleurs, l’heure du retour de Prue arrive vite. Je n’ai pas le temps de dire ouf qu’elle est déjà devant la maison, se dépêchant de rentrer pour éviter la pluie. 

Néanmoins, je ne pense pas que ce soit la pluie qui la gêne le plus en cet instant. Prue grimace, quelque chose semble la gêner, et je le remarque sans problème lorsque je vais l’accueillir devant la maison. 

-Tout va bien ma puce ? Lui demandé-je, alors que, comme prévu, Piper profite du retour de sa sœur pour retourner à ses cubes et faire comme si nous n’étions pas là. 

-J’ai une dent qui bouge. Me répond-t-elle avant de mettre la main dans sa bouche pour tripoter sa dent. Ah ! La joie des dents de lait ! Mais très vite, ses yeux s’arrondissent de stupeur et elle sort sa dent de sa bouche. Maman ! Elle est tombée toute seule ! 

-Ce n’est pas grave ma puce. La rassuré-je en souriant tendrement. On la mettra ce soir sous ton oreiller pour la petite souris. Elle te laissera un petit cadeau à la place ! En attendant, ton père a fait des cookies, tu en veux ? Lui proposé-je, alors qu’elle m’offre un grand sourire enthousiaste. Et hop, un nouveau trésor pour cette journée ! 

Génération Gris – Génération 4 – Chapitre 49

Maintenant que Prue est grande et que Piper gagne chaque jour en autonomie, je peux enfin m’autoriser à prendre davantage de temps pour moi et de mettre le nez dehors. Non pas que je ne sortais plus depuis la naissance de mon aînée, mais les sorties étaient plus limitées et moins fréquentes car je ne voulais rien manquer de la vie de mes filles. 

Et puis, nous avons la chance d’avoir une salle de sport dans la maison, donc je n’avais pas forcément besoin d’aller dehors pour faire mes entrainements quotidiens pour me maintenir en forme pour mon travail ! 

Mais aujourd’hui, maintenant que je me remets au footing, je me rends compte à quel point cela m’a manqué. Faire du sport sur des machines, c’est bien, faire du sport dehors, c’est nettement mieux ! Surtout que nous avons la chance de vivre à côté d’un parc magnifique, ce serait vraiment dommage de ne pas en profiter pour le faire le tour en petites foulées !

Du coup, je profite de l’arrivée du printemps pour aller faire un footing en dehors de la maison. La plupart du temps, je vais courir toute seule et je laisse les enfants avec Will. 

Mais parfois, j’installe Phoebe sur le porte-bébé dorsal et je l’emmène avec moi. Ainsi, elle prend l’air et elle découvre le monde extérieur. Et il faut dire qu’elle adore ça ! Elle observe le monde qui l’entoure avec curiosité et n’est absolument pas perturbée d’être dans mon dos pendant que je coure. La nature, les nuages, les oiseaux ou autres bestioles doivent représenter pour elle une télévision géante ! 

J’adore ces moments avec ma fille, ravie de pouvoir faire ça avec elle. C’est sûr que ce n’est pas avec Piper que cela aurait été possible ! Je serais à peine sortie de la maison qu’elle aurait déjà commencé à pleurer ! 

Depuis quelques temps, Maman s’est mise en tête de construire une cabane dans le jardin… Enfin, dans un arbre plus précisément. Dès que nous avons emménagé, elle avait reluqué l’énorme arbre que nous avons à côté de la maison. J’étais loin de m’imaginer ce qu’elle s’était mise en tête ! 

Et maintenant que Prue est enfant, elle a décrété qu’elle pouvait commencer la construction de la cabane. Elle dit que cela fait un moment qu’elle étudie différents plans pour fabriquer la meilleure et la plus solide des cabanes pour le plus grand bonheur de ses petits-enfants. 

Alors, je ne me fais pas de soucis pour le résultat -Maman a toujours été une bricoleuse hors pair, et si elle a réussi à fabriquer une fusée, elle réussira sans problème à faire une cabane-, mais je m’inquiète pour elle. Maman n’est plus toute jeune, et je ne veux pas qu’elle s’épuise dans un projet qui n’est pas nécessaire. J’ai tenté de refuser d’ailleurs, mais elle est têtue comme une mule. Elle dit que c’est son cadeau pour l’anniversaire de Prue et que je ne peux pas refuser à une mamie de faire des cadeaux à ses petits-enfants ! 

Bon, je lui ai souligné qu’il y a une différence entre acheter des jouets et construire une énorme cabane dans un arbre, mais elle n’a rien voulu entendre. 

Alors, j’ai convaincu Will d’aller aider ma mère, afin qu’elle ne fasse pas ça toute seule. Il n’a pas été difficile à convaincre : il était moyennement chaud qu’elle se lance dans une telle construction et il est toujours ravi d’apprendre de nouvelles choses. Il n’est pas très bricoleur, mais il est toujours plus doué que moi avec un marteau. Et comme cela ne fait pas de mal d’apprendre quelques techniques de bricolage, c’est lui qui s’y colle ! 

Et des fois, quand Grégory a le temps, il vient également à la maison pour donner un coup de main avec la cabane. Il a râlé pendant des semaines quand il a découvert la nouvelle idée de Maman, mais même lui n’a pas réussi à la faire changer d’avis. Il est dépité à chaque fois qu’il vient et qu’il la voit à califourchon sur une branche, mais il ne dit plus rien. Au moins, plus nombreux ils sont pour construire la cabane, plus vite elle sera terminée et plus vite Maman va pouvoir se ménager… Enfin, si ce mot fait partie de son vocabulaire. 

Quant à Prue, elle se contente d’observer l’avancée de la construction. Elle ne dit rien car elle sait que nous n’approuvons pas que sa grand-mère fasse autant d’efforts, mais je sais qu’elle a hâte de pouvoir jouer dans sa cabane. Au moins, elle et Luke pourront en profiter tranquillement jusqu’aux anniversaires des plus jeunes. Pour le moment, que ce soit Piper et Phoebe, ou encore leurs cousines, elles sont trop jeunes pour aller là-haut ! Et rien que, je crois que cela n’a pas de prix à leurs yeux ! 

Mais en attendant de pouvoir se cacher dans sa cabane, Prue a décidé d’apprendre à faire du vélo. Je lui ai proposé de lui apprendre, mais elle préfère se débrouiller toute seule pour le moment. Alors, elle tourne en rond dans le jardin, essayant de trouver son équilibre pour ne plus être obligée de garder les pieds au sol. Elle a essayé de négocier pour faire du vélo sans casque, mais elle a essuyé un refus catégorique. Pas de négociation possible avec la sécurité ! 

Et très vite, la cabane finit par prendre forme. Elle ressemble dorénavant à une vraie cabane fonctionnelle ! D’ailleurs, je me suis réjouie un peu trop vite : en la voyant, je pensais qu’elle était terminée. Maman m’a vite détrompé : elle a encore plein de choses à installer avant qu’elle ne soit vraiment terminée ! 

-Maman, tu exagères ! Bougonné-je après qu’elle m’ait exposé ses plans d’amélioration de la cabane. Les filles n’ont pas besoin de tout ça. Elle est déjà très bien comme ça la cabane ! 

-Rien n’est trop beau pour mes petits-enfants ! Tu comprendras quand tu seras grand-mère ! 

Je ne peux m’empêcher de soupirer de dépit. Et dire qu’elle flippait au moindre bobo quand j’étais petite. Même si nous avions eu un arbre suffisamment gros pour fabriquer une cabane dans le jardin, elle ne l’aurait jamais construite, de peur que l’on tombe et que l’on se fasse mal. 

Elle a bien changé depuis le temps ! En cet instant, je dois avouer que la maman flippée me manque un peu ! 

Quand il ne bricole pas avec ma mère, Will se remet petit à petit au sport. Comme moi, il part courir autour du lac et il emmène régulièrement Phoebe avec lui. C’est leur petit moment père/fille, juste tous les deux, sans toute la troupe tout autour !

Ces dernières années, il trouve qu’il a pris du ventre et cela ne lui plait pas. Je le taquine en lui disant qu’il a voulu être solidaire quand j’étais enceinte, avant de lui rappeler que je me fiche bien qu’il est un petit bidou ou une tablette de chocolat. Ma remarque le fait sourire, mais il est bien décidé à perdre du poids, notamment en prévision de notre mariage. 

Eh oui, nous nous sommes enfin décidés à commencer à le préparer. J’étais enceinte de Prue quand Will m’a demandé de l’épouser, mais depuis, nous avons été trop occupés à agrandir notre famille pour, ne serait-ce, que penser l’organisation de notre mariage. Mais maintenant que nous avons nos trois filles, nous pouvons enfin nous pencher sur la question, même si le mariage n’aura pas lieu demain. Phoebe est encore trop petite et hors de question de gérer un mariage et un nourrisson en même temps ! 

Pendant que Will est parti courir avec Phoebe, j’en profite pour m’occuper de Piper qui vient enfin d’émerger. Avec elle, nous n’avons pas de problème de sommeil : elle dort toute la nuit sans soucis et elle est rarement debout avant 9h ! Le rêve pour tout parent ! 

Pour ma part, je suis plutôt une lève-tôt, mais cela me laisse du tout pour faire autre chose avant qu’elle se lève… Même si cela signifie généralement s’occuper de Phoebe qui, elle, se réveille beaucoup plus tôt. Je ne dis pas non à m’occuper d’une enfant en bas âge à la fois. Heureusement, Will ne travaille pas aujourd’hui, donc pendant qu’il est dehors avec Phoebe, je profite de ma petite Piper. 

-C’est bon ce que Papa a préparé ? Lui demandé-je, remerciant le ciel qu’elle ne joue pas avec sa nourriture comme le faisait sa sœur aînée.

-Oui chrès bon ! Me répond-t-elle avec un grand sourire… et avec la bouche pleine. 

Je secoue la tête en lui rappelant qu’on ne parle pas la bouche pleine, quand je sens soudain mon portable vibrer dans la poche de mon pantalon. Je le sors aussitôt et constate que c’est mon frère qui essaie de me joindre. J’hausse un sourcil, me demandant bien ce qu’il peut bien me vouloir avant de décrocher. 

-Salut frangin, comment tu vas ? Le salué-je, alors que Piper m’observe avec curiosité, avant de crier un « Tonton ! » bien sonore.

-Impeccable et toi ? Et salut à la crevette qui vient de te casser les oreilles. Réagit-il en riant, avant que je lui précise qu’il s’agit de Piper. Je t’appelais car avec Maman, on a réussi à remettre la main sur les carnets de voyage de Papy Paul ! 

-Oh c’est génial ! M’exclamé-je avec joie. Avec Will, nous sommes en pleine recherche d’un lieu pour notre mariage et Maman m’a rappelé que son beau-père a voyagé partout dans le monde avant d’être avec Mamie. La lecture de ses carnets pourrait peut-être nous donner des idées, même si ses voyages datent d’il y a plusieurs années. Le but est d’avant tout trouver l’inspiration, car je ne me fais pas d’illusion : les choses ont du bien changer depuis tout ce temps ! Cependant, Maman ne se rappelait plus où elle avait rangé les carnets de Papy Paul, et son site internet a fermé il y a des années. J’imagine qu’ils ont du s’amuser à fouiller dans les cartons que Maman a conservé après la vente de la maison de Mamie. Merci beaucoup de les avoir cherché ! 

-Il n’y a pas de quoi ! Si ça peut vous aider, c’est un plaisir d’avoir affronté la poussière et les araignées pour ma sœur et mon meilleur ami ! Il faut bien que j’assure dans mon rôle de grand frère et de témoin ! Me répond-t-il, fier d’avoir réussi sa mission. Je souris, et je me souviens du jour où Will a demandé à mon frère d’être son témoin pour notre mariage. Grégory nous a demandé si on s’était battu pour savoir s’il serait mon témoin ou celui de Will. Eh bien, même pas ! On s’est mis d’accord comme des grands ! N’empêche, j’aurais dû les chercher plus tôt. J’y ai jeté un œil, et ses photos envoient du rêve! On se serait peut-être marié ailleurs avec Alice si nous les avions regardé avant ! 

-Votre mariage était parfait ! Le rassuré-je, me rappelant parfaitement du mariage de mon frère. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à prendre conscience de mes sentiments pour Will, même si j’ai eu le véritable déclic le soir où il m’a révélé ses sentiments à mon égard. 

-Je sais. Mais en tout cas, ça donne des idées pour des voyages futurs ! Sinon, je peux te les déposer demain soir si tu veux, c’est bon pour toi? 

-Je travaille, mais Will sera là. Lui signalé-je, avant que Piper se rappelle à mon souvenir, réclamant à sortir de sa chaise haute. Je souris à ma fille avant de devoir raccrocher, Grégory devant, de son côté, retourner travailler.