Génération Jaune – Génération 3 – Chapitre 21

La grossesse avance doucement mais sûrement. Je suis tellement occupée entre mon travail et l’amélioration de ma fusée que je ne vois, presque, pas le temps passé.
Presque, parce que je trouve quand même le temps de m’émerveiller face à mon ventre qui grossit, face aux sensations de mon bébé qui bouge dans mon ventre, ou encore face à l’enthousiasme de Cédric qui ne cesse d’accourir quand j’annonce que le bébé bouge ou encore quand il parle régulièrement à mon ventre, pour être certain que notre enfant reconnaisse sa voix quand il viendra au monde. A mon avis, vu comment il est bavard, si le bébé ne le reconnait pas, c’est qu’il est sourd.
Mais aussi, le « presque » s’applique aussi à cause des désagréments dû à la grossesse. Elle a beau être avancée, les nausées continuent de faire partie de mon quotidien. Cela me réveille tôt le matin et cela me fatigue de ne pas passer une journée tranquille sans être embêtée.

-Va prendre un bain, je vais te préparer un bon petit-déjeuner pendant ce temps-là. Me suggère Cédric alors que je me lève avec la nausée.
-Ca soulage les nausées, les bains ? Lui dis-je, dépitée par mon état et peu convaincue par sa proposition.
-Aucune idée, mais cela te détendra.

Bon gré mal gré, je me laisse tenter par un bon bain chaud et un masque d’argile sur le visage. Je ne sais pas si cela soulagera mes maux, mais cela ne me fera pas de mal.
Je me rends donc dans la salle de bain et pendant que l’eau coule dans la baignoire, je m’applique le masque. Je file rapidement dans la cuisine pour récupérer deux tranches de concombre, devant le regard rieur de mon mari. Je l’ignore et retourne dans la salle de bain où je me plonge avec plaisir dans l’eau chaude, pour ensuite mettre les tranches de concombre sur les yeux.
Au bout de quelques minutes, je dois avouer que je me sens mieux. Petit à petit, je me détends et je me laisse aller dans le confort de l’eau chaude. La nausée finit par passer, au fur et à mesure que je réalise que je devrais prendre plus de temps pour prendre plus soin de moi. Il est vrai que je m’accorde rarement des moments de détente, étant trop occupée à améliorer ma fusée ou ma forme physique. Mais c’est agréable aussi de se poser, de ne rien faire, me vider l’esprit et de juste penser à moi.
Ce qui est moins agréable par contre, c’est de devoir appeler Cédric pour m’aider à sortir de la baignoire. Ca donne juste l’impression d’être une grosse baleine échouée. Le summum du glamour et de la dignité.

Lorsque je parviens à sortir de la salle de bain et de m’habiller, Cédric m’apprend que la gazinière est en panne et qu’il a l’intention d’appeler le réparateur après le déjeuner. Je l’ai regardé d’un air ahuri. Pourquoi s’embêter à appeler et payer quelqu’un alors que je suis tout à fait capable de la réparer moi-même ?
Une fois le petit-déjeuner avalé, je m’empresse de récupérer mes outils pour commencer à travailler sur la gazinière. Je suis tellement prise dans ma tâche que j’oublie que ma mère devait venir à la maison aujourd’hui…
-Joy tu ne devrais pas te reposer ? S’inquiète-t-elle alors, après avoir été accueillie par Cédric.
-J’ai voulu appeler un réparateur, mais elle n’a pas voulu. Se justifie aussitôt Cédric, comme s’il avait peur de passer pour un mauvais mari.
-Tut tut tut ! Je peux très bien réparer ça moi-même ! Je ne suis pas en sucre ! Affirmé-je en brandissant fièrement mon tournevis. Et d’ailleurs, j’ai réussi !
-C’est bien ma fille, mais tu arrives à la fin de ta grossesse, il faut que tu te ménages. Me gronde Maman alors que je lève les yeux au ciel.

Nous allons ensuite dans le salon, et histoire de satisfaire ma mère, nous nous installons tranquillement sur le canapé. Cédric propose de lancer un film et prend la manette de la console après y avoir inséré un DVD. Pendant ce temps-là, je remarque que Maman a l’air triste. Elle m’avoue alors que Manon, l’une de ses amies et compagne de Tata Caroline, vient de décéder. Son fils aîné, Hugo, n’étant pas encore majeur, lui et son frère Eric sont allés vivre chez leur tante et leurs cousins. Mon cœur se serre en apprenant la nouvelle. Le décès de Manon fait partie de la vie et n’est pas surprenant étant donné son âge, mais savoir que ses enfants perdent leur dernier parent si jeune me rend triste. Je n’ose pas imaginer ce qu’ils doivent ressentir, déjà orphelins alors qu’ils ne sont pas encore adultes. Heureusement qu’ils peuvent compter sur leur tante Lucia et le soutien de Patrick et Marina.
-Ca va ma puce ? S’inquiète subitement Maman alors que je tente de me masser le bas du dos.
-Oui, j’ai juste mal au dos Maman, rien d’important.
-D’où l’intérêt de te reposer ma chérie, et ne pas te casser le dos à réparer tout dans ta maison. Ou donne des cours de bricolage à ton homme.
-J’ai essayé … Et on a du jeter la cafetière. Répliqué-je avec un sourire en coin, alors que Cédric fait mine de n’avoir rien entendu. Maman ne peut retenir un rire, et je me sens soudain fière d’avoir réussi à lui redonner le sourire pendant un instant.

Pendant que Cédric se bat avec la console qui ne semble pas vouloir coopérer, je décide de montrer la chambre du bébé à Maman. Nous l’avons terminé il y a peu, et il ne manque plus que notre enfant pour lui donner vie.
Nous retournons ensuite dans le salon pour voir où en est Cédric, et je m’arrête un instant lorsque je sens le bébé bouger. Je souris à Maman et l’autorise à toucher mon ventre pour qu’elle puisse le sentir me donner des coups de pied.
-Il est un peu hyperactif, j’ai l’impression qu’on pourra en faire un footballeur comme son oncle. M’amusé-je alors que Maman regarde mon ventre avec fascination.
-Au moins, ça montre qu’il va bien ce petit bout ! Vous ne savez toujours pas ce que c’est ?
-Non Maman, on n’a toujours pas changé d’avis. On garde la surprise.

-Même pas drôle. Bougonne Maman alors que son visage traduit sa joie de devenir bientôt grand-mère. Mais je parie que c’est une fille !
-Et qu’est-ce qui te fait dire ça ? Lui demandé-je, amusée par sa supposition. J’avoue que l’idée d’avoir une fille me plait, mais je serai tout aussi heureuse d’avoir un garçon. L’important reste qu’il soit en bonne santé.
-La forme de ton ventre ! Quand il est haut, c’est que c’est une fille ! Le mien était haut aussi quand je t’attendais !
-Ce n’est qu’une spéculation Maman, il n’y a aucune preuve scientifique qui affirme qu’il y a un lien entre la forme du ventre et le sexe du bébé. C’est comme dire qu’il faut manger sucré pour avoir une fille et manger salé pour avoir un garçon.
-Non, mais tente les fraises pour avoir une fille et des carottes pour avoir un garçon ! Il parait que ça marche ! S’exclame Maman alors que je ne peux m’empêcher de rire face à sa répartie. De toute façon, nous aurons la réponse bientôt ?
-Oui, le terme approche à grand pas.

En effet, je peux commencer à compter les jours avant le terme et j’avoue que j’ai hâte de faire la connaissance de mon enfant… Et de ne plus sentir son poids dans mon ventre. Avoir un bébé dans le ventre en permanence est fatiguant, surtout quand on souhaite rester active, et se sentir lourd tout le temps n’est pas agréable.
-Tu es sûre que tu es obligée d’aller travailler ? Se fait du soucis Cédric, comme tous les matins où je dois partir au travail.
-Je ne suis pas obligée, mais je n’ai pas envie de m’arrêter. Lui réponds-je alors avec le sourire. Je veux continuer de travailler. J’aurais l’impression de ne servir à rien si je reste ici à ne rien faire et j’adore mon travail. Je ne veux pas perdre une occasion de progresser !
-Je sais bien que ton travail est ta passion, mais il ne faudrait pas que tu t’épuises avant l’accouchement…
-Ne t’inquiète pas, je fais en majorité du travail de bureau. Mes collègues refusent que j’aille dans la fusée et que je travaille dessus. Limite, je suis moins active à l’agence qu’ici …
-Il faut bien un avantage à ce que tu continues de travailler. Plaisante alors Cédric alors que je fais mine de lui lancer un regard noir.

Au final, lorsque je suis arrivée au travail, mes supérieurs ont décidé de réduire mon temps de travail jusqu’à 3 semaines après la naissance de mon bébé. Rien de personnel, c’est la nouvelle politique de l’entreprise vis-à-vis des femmes enceintes. Cela vient d’être adoptée suite à l’augmentation du personnel féminin parmi les astronautes. Je ne vais pas me plaindre de voir mon métier se féminiser, mais je suis moyennement ravie de devoir partir plus tôt de mon travail. Cédric, quant à lui, a été ravi de la nouvelle. Il peut être heureux lui, il n’est pas obligé de s’arrêter de travailler, lui.
Mais un jour, je commence à me plaindre de douleurs au ventre. Je préfère l’ignorer au début, pensant que cela finirait par passer. Mais, alors que je regarde une série de science fiction, la douleur se fait de plus en plus présente. Je ne peux plus ignorer l’évidence et j’appelle aussitôt Cédric qui travaille à son bureau.

-Qu’y a-t-il Chaton ? Arrive-t-il rapidement, alors que je vois son regard se poser sur mon ventre que je suis en train de tenir.
-Je… J’ai des contractions. Je crois … Je crois que le travail a commencé. Lui annoncé-je en veillant à bien respirer alors que je lis la panique dans les yeux de Cédric.
-Euh ok.. D’accord.. Souffle-t-il alors qu’il commence à perdre ses moyens. Alors, je vais chercher la voiture … Non le sac d’abord ! Où il est où le sac déjà ? Et toi ça va ? Il faut peut-être appeler l’hôpital avant non ? Tu as perdu les eaux ?
-Calme toi et va chercher le sac. Levé-je les yeux au ciel, alors que j’essaie de calmer le stress qui commence à me gagner.

Après que Cédric ait récupéré ses esprits, nous prenons la route pour l’hôpital le plus proche. Cédric essaie de me rassurer, mais plus nous approchons de notre destination, plus je ne peux m’empêcher de stresser.
Car je ne peux m’empêcher de penser à ma propre naissance, et ce qui est arrivé à Maman. Et si j’avais les mêmes complications ? Et si la naissance se passe mal ? Et s’il m’arrive quelque chose et que Cédric doive élever notre enfant tout seul ?
Voyant le stress me gagner, mon adorable mari finit par allumer la radio pour essayer de me changer les idées avec de la musique. Malheureusement, nous arrivons à destination et la distraction est de courte durée.
Nous attendons un moment à l’hôpital, jusqu’à ce que le moment de sortir le bébé soit arrivé. Je suis toujours aussi stressée par mon accouchement, et je ne peux m’empêcher d’imaginer les pires scénarios dans mon esprit.

Cédric ne tarde pas à me rejoindre dans la salle d’accouchement, suivi de près par le médecin qui va m’aider à accoucher. Ma nervosité est au maximum lorsqu’il prend place derrière sa grosse machine étrange. Mon homme essaie de me rassurer en souriant, mais je devine derrière son souris qu’il n’est pas rassuré non plus.
-Ne vous inquiétez pas Joy, tout va bien se passer. M’assure le médecin alors que je suis tendue que jamais.
-Vous êtes sûr ?
-Bien sûr, je suis le meilleur ! Alors, vous êtes prêts à faire connaissance avec votre bébé ?

Lorsque j’entends les premiers cris de mon bébé, je me sens aussitôt soulagée. L’accouchement s’est bien passé, et le médecin qui s’est occupé de mon bébé m’assure que mon enfant est en parfaite santé. Dès que je peux, je me lève pour prendre mon nouveau-né dans mes bras. Mon cœur se remplit d’amour et je réalise que ça y est, je suis maman et qu’un petit être compte dorénavant sur moi.
J’espère être une bonne mère mais une chose est sûre : je l’aime d’un amour infini et inconditionnel. Et lorsque je vois le regard que pose Cédric sur nous, je devine que c’est également le cas pour lui aussi.

Génération Jaune – Génération 3 – Chapitre 20

Dès que le temps et l’installation nous l’ont permis, nous décidons d’inviter notre proche famille à la maison pour fêter notre emménagement à Oasis Springs, ainsi que ma grossesse. Nous sommes en comité assez restreint, puisque seuls Maman, Paul, Celian et Sarah sont présents aujourd’hui. Kalpita vient de prendre sa retraite et elle et Papa sont en train d’organiser leur déménagement ici. D’après Papa, ils devraient pouvoir déménager peu avant la naissance de mon bébé.
Cédric s’est démené toute la matinée dans la cuisine pour que le repas puisse être prêt pour le déjeuner. Il est un peu nerveux car il tient à faire quelque chose de bon, sans que ce soit trop simple, pour ma mère et mon beau-père. J’ai passé mon temps à le rassurer : Cédric est un véritable cordon-bleu.

En attendant que le déjeuner finisse de cuire, nous faisons visiter la maison à nos proches, y compris la chambre du futur bébé même si elle n’est pas encore terminée. Une fois le tour terminé, nous retournons au salon où chacun discute confortablement installé sur le canapé et le fauteuil. Cédric reste avec nos invités pendant que je mets la table.
-Vous avez vraiment bien choisi, c’est une belle maison que vous avez là ! Complimente Maman pendant que Paul, Celian et Sarah sont obnubilés par la télévision. Vous vous perdez pas trop dedans ? Elle est immense !
-Non ça va, on a fini par s’y faire. Assure Cédric sur un ton amusé. Et avec le bébé qui arrive, elle va nous sembler moins grande je pense !
-Ou au contraire, elle va te sembler trop grande, tellement tu vas passer de temps à lui courir après pour vérifier qu’il ne se cogne pas quelque part. Plaisante aussitôt Celian, ne manquant pas de faire rire ma mère et mon beau-père. Bizarrement, Cédric semble perdre un peu son sens de l’humour à l’évocation de cette hypothèse.

-N’empêche, c’est assez rigolo quand j’y pense que vous ayez choisi cette maison. Ajoute Maman alors que Cédric part en cuisine pour vérifier la cuisson du plat et pendant que je termine de mettre la table. Il revient rapidement ensuite, avec le plat et tout le monde commence à se servir.
-Pourquoi cela ? Ne tardé-je pas à l’interroger, intriguée par son affirmation.
-Tu sais que tes grands-parents a vécu à Oasis Springs par le passé, avant d’emménager à Willow Creek ?
-Oui, Papy m’en a déjà parlé. Confirmé-je, ne voyant pas où elle voulait en venir.
-La maison voisine, de l’autre côté de la route, c’était celle de ta grand-mère. Celle d’en face, celle de ton grand-père, avant qu’ils emménagent ensemble. M’informe-t-elle avec un sourire amusé.
-Mais non, t’es sûre ? M’exclamé-je, surprise. C’est un hasard assez fou, tellement fou que j’ai du mal à y croire. Maman n’a jamais vécu à Oasis Springs, mes grands-parents ayant déménagé avant sa naissance, elle peut se tromper !
-Bien sûr que je suis sûre ! J’ai déjà vu la maison en photo et je l’ai aussitôt reconnu en arrivant ici !
-C’est fou ! Le monde est petit !

Pendant que Maman continue de me parler de la maison de Mamie, Celian va rejoindre son frère pour lui donner un coup de main pour le service et discuter tranquillement avec lui.
-En tout cas, je comprends que tu ais voulu déménager. Ta maison est vraiment top ! Bien mieux que la nôtre, je vais finir par être jaloux !
-Tu n’as pas à l’être, notre maison était très bien aussi. Le rassure Cédric en réponse. Et elle doit être encore mieux maintenant que Sarah y vit aussi.
-Je suis pas sûr… Je ne sais pas si tu l’as constaté ici aussi, mais à la maison… La salle de bain est envahie de trucs de fille non identifiés … Lui avoue-t-il sur le ton de la confiance, en faisant mine d’être horrifié. Cédric ne peut retenir son hilarité. Non plus sérieusement, c’est chouette qu’elle soit là. Et au fait, félicitations pour le futur bébé. Vous savez si c’est un p’tit mec ou une fille ?
-Non et on veut garder la surprise.
-Quelle idée ! Dans tous les cas, super Tonton lui apprendra à jouer au foot, il ne passera pas à côté, y’a pas moyen ! Promet Celian, faisant sourire son frère.

Petit à petit, tout le monde se sert du plat préparé par Cédric. Délaissant finalement la table, nous préférons nous installer dans le salon. C’est avec soulagement que je m’installe enfin dans le canapé, ravie de n’avoir plus rien à faire pendant quelques minutes. Cédric m’a pourtant bien dit de rester tranquille et qu’il allait se débrouiller, rapidement soutenu par Maman quand elle est arrivée, mais il était hors de question qu’il fasse tout, tout seul. Ni que ma mère fasse quoi que ce soit alors qu’elle est une invitée. Je suis enceinte, et non handicapée, et je n’en suis qu’au début de ma grossesse. Je suis encore tout à fait capable de continuer à m’occuper de ma maison aux côtés de Cédric et je n’ai pas envie de me laisser aller à la moindre occasion.

-En tout cas, tu es magnifique ma puce, la grossesse te va bien ! Me complimente Maman après que nous ayons fini de manger. Tu es rayonnante !
-Merci Maman ! Ce n’est que le début, mais j’ai hâte de découvrir sa bouille et de faire sa connaissance !
-Tu as un joli ventre rond quand même… Tu es sûre qu’il n’y en a pas plusieurs là-dedans ? Plaisante-t-elle ensuite avec amusement. Après tout, les grossesses multiples sont presque la norme dans la famille ! Ajoute-t-elle ensuite, alors que Cédric manque de s’étouffer à cette évocation.
-Très drôle mais non ! Le médecin nous a assuré qu’il n’y a bien qu’un seul bébé !
-En même temps, les grossesses gémellaires sont plus dans les gênes Lothario. Alors, Joy, comme tu n’as pas de sang Lothario, tu devrais être tranquille ! Renchérit Paul avec un sourire amusé.
-Bon bah, Sarah, désolée, je compatis sincèrement. Taquiné-je alors ma cousine qui ne manque pas de rire à son tour alors que Celian fait mine de s’évanouir.

-Et ça va, tu n’as pas trop de désagrément dû à la grossesse ? M’interroge Sarah en venant s’installer à côté de moi sur le canapé.
-Pour l’instant, je dois avouer que ça va. Je m’estime chanceuse pour le moment.
-Ahaha, parle pas trop vite ma fille, ça peut mettre du temps à arriver ! Me met en garde Maman sur un ton amusé. J’ai eu des nausées tard que j’étais enceinte de toi !
-Maman, tu as fait un déni de grossesse.
-Et alors ? J’aurais pu avoir des nausées plus tôt et mettre ça sur le dos d’une bonne indigestion ! Réplique-t-elle alors que je lève les yeux au ciel.
-Je t’avoue que je t’envie. Ajoute Sarah sur le ton de la confidence. Pour être honnête, je commence à y penser, à devenir mère. Mais Celian ne semble pas très motivé, même si je suis certaine qu’il fera un père génial.
-Peut-être que prendre son neveu ou sa nièce dans les bras réveillera son instinct paternel et lui donnera envie. Supposé-je, compréhensive.
-Peut-être, j’espère. Il n’est pas contre l’idée, mais il a tendance à repousser le projet. Mais j’aimerais bien devenir mère avant de fêter mes 40 ans.
-Vous parlez de quoi ? Nous interrompt brusquement Celian, qui revient au salon avec Cédric après avoir débarrassé la table.
-De Sarah qui attend que tu te décides à lui mettre un polichinelle dans le tiroir ! Ne tarde pas à répondre Maman sans la moindre gêne, alors que nous lui faisons les gros yeux de surprise avec Sarah, et que Cédric retient un fou rire.
-Quand je serai sûr de ne pas tomber dans les pommes à l’idée d’avoir des jumeaux ou pire, des triplés ! Ne se démonte pas Celian sur le ton de l’humour, ne manquant pas de faire rire tout le monde.

Au fil du temps, comme l’a supposé Maman, les effets indésirables de la grossesse finissent par se faire sentir. Très vite, les nausées font leur apparition, et à n’importe quel moment de la journée. Je m’en passerais bien et, même si je suis heureuse d’attendre un heureux événement, ce n’est pas spécialement agréable et il m’arrive de me surprendre à maudire mon état.
-Ca va Chaton ? Me demande Cédric une nuit, alors que je viens de me réveiller à cause d’une nouvelle nausée.
-Je.. Je crois que… Soufflé-je avant de filer vers la salle de bain.
Une fois à l’intérieur, je me penche aussitôt vers la cuvette des toilettes pour vomir. Je me sens mal et je prie intérieurement pour cela passe vite pour que je puisse retourner me coucher. Cédric me rejoint rapidement dans la salle de bain pour s’assurer que je vais bien. Lorsque mes vomissements cessent, il s’approche de moi avec un verre d’eau pour que je puisse me rincer la gorge.
Je crois que j’ai le meilleur mari du monde.

Cédric est aux petits soins avec moi. Il fait tout son possible pour m’aider dans ma grossesse et veiller à ce que les désagréments ne soient pas trop pénible. Malgré les effets indésirables, j’aborde ma grossesse avec plus de sérénité avec lui à mes côtés. Je ne sais pas comment j’aurais fait sans lui.
-Ce n’est pas bon ? S’inquiète Cédric, après m’avoir préparé un petit déjeuner de roi et absolument délicieux, alors que je fais la grimace.
-Si si, je ne me sens pas bien c’est tout. Soupiré-je alors que mon époux me lance un regard compatissant. J’adore le goût, mais l’odeur des œufs…
-Tu veux que je te prépare autre chose ?
-Mais non, t’embête pas pour ça, ça va aller.
-Ca ne m’embête pas et il faut bien que tu manges. Vu ta tête, tu ne vas pas garder le contenu de ton assiette si tu te forces. Aller dis-moi, tu as envie de quelque chose en particulier ? Je peux te faire du pain perdu si tu veux.
-Avec du chocolat ? Lui demandé-je alors que ma gourmandise se réveille. A son sourire, je devine que ma réponse l’amuse et il ne tarde pas à se lever pour retourner en cuisine.

Par moment, mes nausées me gâchent la vie mais lorsqu’elle me laisse tranquille, j’ai l’impression de revivre. J’ai comme un regain d’énergie et j’en profite pour m’activer et ne plus rester avachie dans le canapé. J’ai envie de faire plein de choses et il est hors de question que je n’en profite pas pour les faire.
Notamment quand il s’agit de travailler sur ma fusée. J’ai tellement hâte d’aller dans l’espace avec que je fais mon possible pour travailler le plus possible dessus et avancer dans les améliorations à apporter.
-Tu te sens mieux ? Me demande Cédric en venant me rejoindre pendant que je suis en train de bricoler.
-Oui, beaucoup mieux. Du coup, j’en profite pour avancer dessus !
-Tu es sûre que tu ne devrais pas te reposer un peu ? S’inquiète mon homme, pas rassuré de me voir travailler autant.
-Oui je suis sûre. Je n’ai aucune envie de rester à rien faire. Déjà qu’au travail, ils me prennent pour une petite chose fragile et que j’ai le droit de ne rien faire. Répliqué-je, un brin irritée, tout en frappant plus fort avec mon manteau.
-Euh, bien. Je suppose donc que tu préfères que je te laisse tranquille ?
-Tu supposes bien. Confirmé-je alors qu’il n’attend pas davantage pour prendre la poudre d’escampette.

Quand je ne bricole pas sur ma fusée, j’entretiens ma forme physique sur le tapis de course, que nous avons installé sur le balcon de l’étage. Nous n’allons pas souvent au premier, puisque l’étage ne contient que deux chambres presque vide et une salle de bain, mais le balcon est très agréable. Même si je ne suis pas forcément très à l’aise sur un tapis de course, j’apprécie beaucoup de courir ici.
-Tu es sûre que c’est bien raisonnable de courir sur le tapis dans ton état ? S’inquiète une nouvelle fois Cédric, dubitatif devant mon choix de continuer à faire de l’exercice physique.
-Mais oui. J’en profite avant que mon ventre soit trop gros pour que je puisse faire quoi que ce soit ! Il faut bien que je garde la forme pour mon travail !
-Certes, je comprends bien, mais tu pourras reprendre le sport sans problème quand le bébé sera né.
-Je finirais par arrêter le sport, promis. Le rassuré-je avec bienveillance. J’en profite tant que je le peux c’est tout ! Et regarde la vue que l’on a d’ici, ce sera dommage de ne pas en profiter !
-On peut installer un fauteuil, si tu veux profiter de la vue… Propose Cédric, avec un sourire amusé.

-Arrête de t’en faire, Papa Poule. Le taquiné-je en arrêtant la machine. Je descends alors du tapis, au grand soulagement de Cédric. Je lui souris, tout en passant mes mains sur mon ventre arrondi. Ne t’inquiète pas, Bébé va bien. Il est bien au chaud et en sécurité dans mon ventre, ça va aller.
-Je me méfie juste de ta maladresse légendaire. Ne tarde pas à me répondre Cédric, un sourire taquin sur le coin des lèvres.
-Ahah quel humour ! Répliqué-je, alors que Cédric pose à son tour ses mains sur mon ventre.
Je l’observe faire, attendrie par ses gestes et son regard. J’aime son air émerveillé face à mon ventre qui grossit et s’arrondit au fil des semaines. Comme s’il a du mal à réaliser qu’il va devenir père dans quelques mois, et que la taille de mon ventre l’aide à prendre conscience que notre bébé va bientôt venir agrandir notre famille. J’ai la chance de pouvoir sentir notre enfant se développer dans mon ventre, et je n’imagine pas ce que doit ressentir Cédric en tant que témoin extérieur de son évolution.
Néanmoins, je le vois bien, il aime déjà notre enfant. Notre bébé n’est pas encore là, avec nous, mais il l’aime tout autant que moi. Nous sommes en train de créer notre famille et, même si ce n’est pas toujours facile, je n’ai jamais été aussi heureuse.

Génération Jaune – Génération 3 – Chapitre 19

Maman nous a annoncé son mariage avec Paul, le soir où nous sommes allés au restaurant tous ensemble. J’étais surprise, Cédric aussi. C’est tellement soudain ! J’ai cru comprendre qu’ils avaient fait ça sur un coup de tête, avec une petite cérémonie improvisée, juste tous les deux.
Une fois la surprise passée, j’étais heureuse pour eux. Je n’aurais jamais cru que Maman changerait d’avis un jour à propos du mariage, mais Paul a visiblement su la convaincre. Ils sont heureux tous les deux et si le mariage contribue à leur bonheur, je ne peux que m’en réjouir.

Malheureusement, la joie et la bonne humeur ne sont pas restées au beau fixe. Quelques jours plus tard, Paul reçoit un appel pendant que nous sommes en train de nous préparer à quitter Sulani. J’ai vite compris qu’il s’agissait de Manon, et le visage de Paul est brusquement devenu blême.
Tata Caroline, sa sœur, vient tout juste de nous quitter. Il nous l’annonce brièvement, avant de reprendre sa conversation avec Manon. Maman perd instantanément son sourire. Caroline était sa meilleure amie et je sais qu’elle se contient pour ne pas éclater en sanglot devant nous. Alors que je m’apprête à la prendre dans ses bras, c’est maintenant son téléphone qui sonne. Mon cœur se serre, craignant une autre mauvaise nouvelle. Dans le regard de Maman, je devine qu’elle éprouve la même inquiétude.
Elle décroche alors sans attendre, et elle salut rapidement Lucia, qui lui explique ne pas avoir réussi à joindre Paul. Maman lui explique la situation et un blanc s’installe entre elles. En effet, Lucia n’a pas de bonne nouvelle à annoncer… Tonton Pierre vient également de décéder. S’en est trop pour Maman, qui ne peut plus retenir ses larmes. Dans la même journée, elle a perdu ses deux meilleurs amis. Des amis qu’elle a depuis l’enfance. Je n’ose pas imaginer ce qu’elle doit ressentir…
Mais lorsque Paul revient vers nous, je me sens mal à l’aise. Maman a certes perdu ses deux meilleurs amis, mais lui perd son frère et sa sœur en même temps. Des triplés Lothario, il ne reste plus que lui… Maman peine à lui annoncer la mort de Pierre, mais Paul comprend très vite. Il semble complètement déboussolé.
Avec Cédric, nous nous lançons un regard. Nous nous sentons impuissant, face à leur chagrin.
Là où nous étions excités quand nous sommes partis à Sulani, nous le sommes beaucoup moins sur le trajet du retour. Personne ne parle dans l’avion. Cédric et moi n’osons prononcer le moindre mot, et Maman et Paul se sont murés dans leur tristesse. Ils n’auront même pas eu le temps de leur annoncer la bonne nouvelle de leur mariage…

L’ambiance à la maison est morose. Maman et Paul ne parlent que des obsèques à organiser, histoire de soulager Manon et Lucia. En effet, maintenant que Caroline et Pierre sont partis, elles se retrouvent seules pour élever leurs enfants, tous adolescents. Leur chagrin ne doit pas être facile à gérer non plus… J’ai beau être adulte, je ne sais pas comment je réagirai lorsque je perdrai mon père et ma mère. Mais je préfère ne pas y penser. Après tout, ils sont toujours là et en bonne santé.
Après les obsèques de mon oncle et de ma tante, le déménagement à Oasis Springs arrive rapidement. Nous avons récupéré les clés avec Cédric, mais j’ai hésité pendant un moment à repousser l’emménagement dans notre maison. J’avais l’impression d’abandonner Maman et Paul alors qu’ils sont en plein deuil… Cédric se montre compréhensif mais Maman a refusé que je repousse mon déménagement, aussitôt soutenue par Paul. Je suis encore jeune et il est hors de question que je m’arrête de vivre pour eux. Cela les touche, bien entendu, mais ils ne veulent pas être un frein à mon bonheur. Ils sont tristes que Caroline et Pierre ne soient plus là, mais ils savent que c’est dans l’ordre des choses. Ils s’y sont préparés, à l’idée de perdre les personnes qu’ils aiment à cause de la vieillesse. Et ma vie n’a pas à pâtir des dures lois de notre existence.
C’est dans ce contexte assez triste que Cédric et moi emménageons ensemble, dans notre grande et belle maison, à Oasis Springs.

Le déménagement n’est pas forcément facile, et pas seulement à cause des décès récents. Il a fallu que je fasse du tri dans mes affaires, et que nous achetions des meubles avec Cédric.
Et surtout, il a fallu trouver un moyen de déplacer ma fusée de Brindleton Bay, jusqu’à Oasis Springs. Il se trouve, étrangement, qu’il n’existe pas beaucoup de véhicules disponible en location et capable de transporter en toute sécurité un engin de ce type. Du coup, j’ai fait les yeux doux à ma hiérarchie, à mon travail, pour pouvoir emprunter le nécessaire.
L’avantage d’être passionnée par mon travail et d’avoir un talent reconnu par ses pairs, c’est que cela n’a pas été difficile de les convaincre.
Ma fusée a donc trouvé tout naturellement sa place dans le jardin. Elle est juste à côté de l’établi, et nous avons installé un grillage tout autour, pour ses questions de sécurité.
Nous sommes que tous les deux pour le moment, mais un jour, nous aurons des enfants avec Cédric, et un accident est si vite arrivé. Alors, mieux vaut prévenir que guérir, comme on dit.

De l’extérieur, la maison semble déjà spacieuse, et cela se confirme à l’intérieur. Tous ces espaces nous ont tout de suite séduits avec Cédric, mais nous avons vite compris que ce ne serait pas forcément simple à meubler. Mais je pense que nous avons réussi à nous débrouiller.
Quand on entre à l’intérieur de la maison, on aperçoit tout de suite le bureau de Cédric, ainsi que la grande cuisine séparé du reste de la pièce par un muret. Cédric a eu les yeux qui pétillaient lorsqu’il l’a découvert. Il a largement la place pour cuisiner et s’étendre à sa guise, et les baies vitrées lui permettre de garder un œil sur le jardin. Il ne pouvait pas rêver mieux, comme espace.
Le salon n’est pas en reste, en termes d’espace. Nous avons largement la place pour recevoir du monde à la maison, et cela nous ravie. Je suis proche de mes parents et lui de son frère, ainsi nous pourrons recevoir toute notre famille sans le moindre problème. La pièce ne manque pas non plus de baies vitrées, ce qui la rend très agréable à vivre et nous permet de profiter avec bonheur du soleil d’Oasis Springs. Cela me change du temps nuageux de Brindleton Bay !
Notre chambre aussi est immense et j’ai eu peur qu’elle semble vide tellement j’ai eu du mal à imaginer comment la meubler. Cela a fait rire Cédric, qui n’avait pas le moindre doute que j’allais réussir à trouver. Et effectivement, l’espace est idéal pour y mettre un beau et grand miroir, ainsi qu’un immense dressing… Il faut bien que l’on est la place pour nos affaires, après tout !

Quelques jours après notre emménagement, Paul vient nous rendre visite. Ce n’est pas la grande forme, mais il semble parvenir à gérer la situation. Néanmoins, il n’est pas venu se plaindre, mais pour nous apporter nos photos de mariage et des cadres photos. Avec tout ça, j’avais presque oublié que c’était Paul qui était en charge de les prendre et de les faire développer !
Cela l’amuse, d’ailleurs, de constater mon trouble. Mais je suis émerveillée quand je les découvre. Je souris avec émotion, me rappelant de chaque seconde de notre mariage. Un regard vers Cédric me fait comprendre que c’est également son cas. Malheureusement, nous ne pouvons pas tout accrocher sur les murs et nous sommes obligés de faire un choix. Une grande photo de Cédric et moi trouve naturellement sa place sur un mur, à côté de la table. Ainsi, on la voit dès que nous entrons dans la pièce.
Parmi les cadres photo, l’un est un pèle-mêle permettant d’afficher trois photos. Cédric a voulu me faire plaisir et nous y avons mis une photo de nous deux, une photo de moi avec mon père et une autre avec ma mère. Cela m’émeut de voir ce cadre, j’ai l’impression de voir une immense photo de famille. Nous l’avons installé à côté de l’entrée du salon. Étonnamment, malgré la tapisserie, le cadre ressort bien !
La dernière grande photo que nous avons choisi, c’est une photo de mes parents et de moi. J’y tenais particulièrement à cette photo, car c’est la seule que j’ai avec mes deux parents. Mon père a ignoré mon existence pendant des années, et lui et Maman ne sont pas restés longtemps ensemble quand il a enfin su qu’il avait une fille. Rien qui permettait d’avoir une vraie photo de famille. Du coup, je suis heureuse d’en avoir enfin une, où mes deux parents sont réunis. Elle est installée sur la table basse, avec un coquillage que nous avons ramené de Sulani.

L’emménagement passé, nous devons prendre nos marques avec Cédric dans cette grande maison. Cela me change de celle où j’ai vécu à Brindleton Bay, et cela fait également tout drôle à Cédric qui vivait dans une petite maison avec son frère. Mais il ne se plaint pas, maintenant qu’il a son propre coin bureau, dans une pièce de vie, il n’a plus l’impression de passer ses journées dans sa chambre. Quand il vivait avec Celian, c’était la seule pièce où il pouvait écrire tranquillement. En plus, nous avons installé une grande bibliothèque à côté du bureau, ce qui lui permet d’avoir tout à disposition lorsqu’il a besoin de faire une recherche. Et comme je travaille toute la journée, il peut écrire sans être dérangé.
Quant à moi, il faut que je m’habitue à un nouveau climat. Mais je pense m’y faire assez facilement, appréciant avec bonheur la lumière et la chaleur d’Oasis Springs. La grisaille et le froid de Brindleton Bay ne me manquent absolument pas et je partage enfin mes journées avec l’homme de ma vie. Rentrer tous les soirs après le travail, et le retrouver est un plaisir simple que j’apprécie de plus en plus chaque jour.

Néanmoins, depuis quelques temps, je me sens un peu patraque. Je ne suis pas aussi en forme qu’à mon habitude. Quelque chose me tracasse, mais je n’arrive pas à déterminer quoi. Ce n’est pas la première fois que je le remarque, mais jusqu’ici, je pensais que c’était à cause du stress du déménagement et de l’inquiétude de laisser Maman et Paul seuls après le décès de Caroline et Pierre.
Mais, plus le temps passe, plus je comprends que ce ne sont pas les effets du déménagement qui me dérange.
-Cédric ? Je peux te parler ? Demandé-je, un soir après être rentrée du travail, à mon homme alors qu’il est en train de travailler sur l’ordinateur.

-Bien sûr, pourquoi tu ne pourrais pas ? Me répond-t-il en me souriant avec amour.
-Je ne veux tout simplement pas te déranger …
-Tu ne me déranges jamais. Qu’est-ce que tu voulais me dire ?
Je prends une grande respiration. Je sais qu’il sera heureux, mais je ne peux m’empêcher de stresser à l’idée de lui annoncer. Respire Joy, tout va bien se passer !
-Cédric… Je… Je suis enceinte !

Cédric a un temps d’arrêt suite à mon annonce, comme si son cerveau avait du mal à assimiler l’information. Puis, son regard s’illumine et il s’empresse de se lever de sa chaise pour m’embrasser et me prendre dans ses bras.
Cette grossesse n’est pas tellement une surprise pour nous. Nous n’essayions pas particulièrement de faire un bébé, mais lorsque nous avons signé les papiers de la vente de la maison et que nous préparions le mariage, nous avons décidé de laisser faire la nature. De prendre le risque. Quand j’ai compris que je n’ai pas eu mes règles depuis notre retour de Sulani, je me suis empressée d’acheter un test de grossesse à la pharmacie en rentrant du travail. Dès que j’ai vu le résultat, mon cœur s’est gonflé de bonheur.
Nous allons avoir un bébé, et rien ne pourrait me rendre plus heureuse.

Génération Jaune – Génération 3 – Chapitre 18

Rosae

Pendant que Joy et Cédric profitent de leur voyage de noces aux quatre coins de Sulani, avec Paul, nous avons préféré rester tranquillement sur l’île Lani St Taz. Crapahuter partout n’est pas forcément aisé à nos âges et nous détendre tranquillement sur la plage, à profiter de la mer et du paysage paradisiaques nous a fait du bien. C’est agréable d’être ici, loin de notre environnement habituel, pour se ressourcer. Je n’ai jamais pris le temps de partir en vacances et je suis heureuse de pouvoir en profiter aujourd’hui. Il vaut mieux tard que jamais comme on dit.
Le soir venu, avec Paul, nous décidons de partir en balade. Nous restons sur notre île, certes, mais ce n’est pas pour autant qu’il n’y a rien à voir ici !

-C’est vraiment magnifique ici. Soufflé-je, époustouflée, au milieu des palmiers, face à deux ponts illuminés par des guirlandes électriques. Des cours d’eau nous entourent, rejoignant l’océan dont le bruit des vagues parvient à nos oreilles.
J’observe le paysage qui m’entoure en laissant échapper un soupir apaisé. Je me sens si bien ici, loin de tout, aux côtés de l’homme que j’aime.
-Pas autant que toi. Me répond avec amusement Paul en s’approchant de moi, alors que je lève les yeux au ciel.
Mon pauvre, fais-moi penser à te prendre rendez-vous chez l’ophtalmo quand on rentrera à Brindleton Bay. Ta vue m’inquiète. Le taquiné-je en réponse.

-Ma vue va très bien. M’assure Paul dans un petit rire, tandis qu’il prend mes mains tout en m’offrant un regard plein d’amour.
Mon cœur s’emballe lorsqu’il me regarde ainsi. Je suis heureuse qu’il fasse partie de ma vie. Et je dois admettre qu’elle est bien plus belle depuis qu’il partage mon quotidien. Je pensais que j’étais très bien seule et que je pourrai me contenter d’une vie seule, sans homme à mes côtés, mais aujourd’hui, je n’envisage pas une seule seconde de vieillir sans lui pour m’accompagner sur ce chemin.
D’autant plus maintenant que Joy est mariée et qu’elle va quitter la maison dès que nous serons revenus sur le continent.

-En tout cas, tu as une bonne idée, de venir ici, pour le mariage de Joy. Cet endroit est vraiment magnifique et elle a pu avoir le mariage de rêve qu’elle mérite. Merci pour elle.
-Ce n’était pas bien compliqué. M’assure-t-il avec un sourire. Pour moi, un mariage de rêve ne peut qu’avoir lieu ici, à Sulani. Je n’ai pas d’enfant mais j’ai voulu offrir à Joy la même chose que j’aurais voulu offrir à mon propre enfant : un mariage absolument parfait. Et il n’y a pas de meilleur endroit au monde que Sulani pour ça.

-Ah oui ? Pas même Selvadorada ? Le taquiné-je avec un sourire en coin, faisant évidemment référence à son mariage avec Sylvia. Avec le temps, nous sommes parvenus de nos échecs sentimentaux avec plus de légèreté. Ce ne sont que des histoires anciennes aujourd’hui, et nous avons laissé tout ça derrière nous. Nous avons pris le parti d’en plaisanter, comme de n’importe quel autre sujet, pour montrer que ces épreuves difficiles de nous atteignent plus.
-Pas même Selvadorada. Me confirme-t-il, amusé par ma remarque. En vérité, j’ai toujours rêvé de me marier un jour ici, à Sulani. A l’époque, ce n’était pas possible car Sylvia tenait à être proche de sa famille, et ils ne pouvaient pas se permettre de faire le voyage. Au final, ce n’est pas plus mal… Je n’aurais pas aimé que cet endroit soit entaché par un souvenir amer.
-Et avec moi qui ne veux pas me marier … Soufflé-je soudainement, culpabilisant soudain de le priver de son rêve d’un mariage à Sulani. Mais j’ai la surprise de le voir sourire d’amusement.
-Rosie, ce n’est pas que tu ne veux pas te marier. C’est juste que tu n’aimes pas les conventions sociales autour du mariage. M’assure-t-il, amusé.
-Ah oui ? Et qu’est-ce qui te fait dire ça ?
-Je sais pas… Le fait que je ne t’ai jamais autant entendu parler de mariage que depuis la fois où j’ai commencé à en parler ? Et que tu viens à l’instant, de toi-même, d’aborder le sujet ? Me répond-t-il, sans perdre son sourire.

Dans un haussement d’épaules, je fais mine de l’envoyer paître et je reprends notre balade. Je m’apprête à traverser le pont pour aller de l’autre côté de l’île quand Paul m’arrête en haut de ce dernier. Il reprend avec doucement possession de mes mains et le sérieux a pris la place de son air amusé.
-Rosie, je n’ai jamais insisté car je voulais que l’idée fasse son chemin dans ton esprit, à ton rythme. M’avoue-t-il avec bienveillance. Mais, si tu n’es pas totalement contre l’idée de te marier un jour, pourquoi prétendre le contraire ? Pourquoi ne pas m’en avoir parlé ?
-Quelle importance aujourd’hui ? A nos âges ? Le mariage n’a plus aucun intérêt. Secoué-je la tête, essayant de trouver un échappatoire.
-Il n’y a pas d’âge pour se marier, et je suis sûr que tu le sais. Réplique sans attendre Paul avec un sourire en coin. Nous sommes faits l’un pour l’autre et nous resterons ensemble jusqu’à la fin de nos jours, alors, pourquoi pas ? Qu’est-ce qui te gêne tant ?
-Je ne sais pas Paul. Avoué-je, le cœur serré. Je n’ai jamais ressenti le besoin de me marier. J’ai eu la chance d’assister au mariage de mes parents, et maintenant celui de ma fille, et cela m’a rendu heureuse. Mais je ne suis jamais parvenue à m’imaginer dans une robe blanche, ni aller jusqu’à l’autel. Encore aujourd’hui, je n’y arrive pas, et je ne pourrai pas expliquer pourquoi. Je sais que je ne suis pas contre le mariage en soi, car j’étais ravie que Joy se marie et de l’accompagner dans les préparatifs. Mais je me rappelle très bien que lorsque je devais épouser Sven, même si je le faisais pour de mauvaises raisons, je n’étais pas heureuse de devoir choisir et mettre une robe blanche, trouver une salle, tout organiser pour que tout soit parfait. Tout ça, ce n’était pas moi. Je ne me suis jamais projetée dans ce rôle de la future mariée surexcitée par son mariage. Et tout ça, sans avoir ma mère, à mes côtés, en plus. Soufflé-je, le cœur serré, n’osant plus regarder Paul dans les yeux. J’ai tellement peur que mes raisons paraissent absurdes, aujourd’hui.

Pourtant, Paul ne perd pas sa bienveillance et me regarde toujours avec amour… Ainsi qu’avec compréhension.
-Je comprends que ta mère te manque. Malgré mon âge et le fait qu’elle soit décédée il y a des années, la mienne me manque aussi, et j’aurais aimé également qu’elle puisse assister à mon mariage. Me répond alors Paul en me souriant tendrement. Mais je me console en me disant qu’elle m’observe certainement de là où elle est. Et je suis certain que c’est le cas également de ta mère. D’après les quelques souvenirs que j’ai d’elle, même si elle n’est plus là physiquement, pour rien au monde elle n’aurait manqué un événement pareil.
-Je le sais, Paul. Aujourd’hui, je le sais. Mais quand je pense mariage, je ne peux m’empêcher à celui que je devais avoir avec Sven et à ce sentiment d’absence que j’ai ressenti..
-Mon amour, cela fait partie du passé maintenant. Ce n’est pas parce que tu n’as pas réussi à épouser Sven que ce sera le cas pour nous.
-En même temps, je n’étais pas amoureuse de lui. Alors que toi, je t’aime, de tout mon cœur. Lui signalé-je, sachant au fond de moi que les situations sont totalement différentes et absolument pas comparable. Mais lorsque je pense mariage, mon cerveau ne peut s’empêcher de faire une association d’idées qui m’effraie et me fait paniquer : mariage, robe blanche, Sven, désastre. Alors, autant éviter de se faire du mal en n’organisant pas de mariage. Tout est plus simple comme ça…
-Je t’aime aussi mon amour. Me murmure Paul, tout en déposant un tendre baiser sur mes mains. Je t’aime, et je suis si fier que tu sois la femme qui partage ma vie. C’est pour cela que je veux t’épouser Rosie. Me marier avec toi, ce serait comme crier mon amour pour toi sur tous les toits. Ce serait prêter serment que je t’aimerai et te serait fidèle jusqu’à mon dernier souffle, et t’offrir mon cœur pour toujours et à jamais. Ce serait me lier à toi, lier mon nom au tien, jusqu’à la fin de nos jours. Rosie, tu n’as pas envie de tout ça ?

Oh Paul, comment pourrai-je ne pas en avoir envie ? Ne puis-je m’empêcher de l’admettre, le cœur battant à tout rompre suite à sa déclaration d’amour. Je vois son regard briller et je ne peux m’empêcher de lui sourire. Mais une pensée fugace me parvient et mon sourire disparaît aussitôt. Mais comme je te l’ai dit, je ne projette pas dans le rôle de la mariée. J’ai essayé de faire l’effort, et ça a été un désastre. Et je ne peux pas m’empêcher de faire un raccourci et ça me fait paniquer rien qu’à l’idée d’organiser un mariage.
Me réplique Paul, avec un sourire en coin, comme s’il y avait déjà réfléchi.
-Comment ça ? Lui demandé-je, intriguée, ne comprenant pas où il veut en venir.
-Rosie, je n’ai aucune envie de t’infliger quelque chose dont tu ne veux pas. Tu ne veux pas de mariage traditionnel, de robe blanche et d’autel ? Rien ne nous oblige à faire tout ça. Marions-nous juste, tous les deux, sans costume, sans robe blanche, sans fête.
-Mais Paul, je ne peux pas te demander ça ! M’écrié-je, surprise par sa proposition. Bien que cela me touche qu’il soit prêt à renoncer à tout ce qui fait la magie du mariage pour pouvoir m’épouser, je ne peux pas lui demander ce sacrifice. C’est ton rêve de te marier, je ne peux te demander de renoncer à tout juste pour moi !
-Mon rêve, c’est de me marier à Sulani. Et nous sommes justement à Sulani. Rectifie-t-il avec un sourire amusé. 

-Alors, je te le demande officiellement Rosie, ajoute-t-il tout en posant un genou à terre et en sortant une magnifique bague de sa poche, manquant de me faire crier de surprise, est-ce que tu veux devenir ma femme ? Ici et maintenant, avec pour seuls témoins la Lune, la mer et les cocotiers ?
-Paul, tu es complètement fou. M’exclamé-je de stupeur. Je n’arrive pas à me croire qu’il me fasse une telle demande, c’est complètement insensé !
-Fou de toi, oui, je suis bien obligé de l’admettre.
-Tu as même prévu une bague ! Remarqué-je, comme s’il avait tout prévu depuis le début. Ce n’est pas possible d’être aussi prévoyant !
-Je te connais par cœur Rosie, je savais que tu changerais d’avis un jour. Et je veux bien renoncer à toutes les traditions du mariage, mais pas à celle de t’offrir une magnifique bague pour te demander ta main. Me dit-il avec amusement, avant de reprendre son sérieux. Alors ? J’attends toujours ta réponse.
-Je… Oui, Paul. Oui, j’accepte de t’épouser.

Un immense sourire vient illuminer le visage de Paul en cet instant. Doucement, il glisse la bague à mon doigt et se relève pour s’emparer de mes lèvres.
Je me sens si heureuse, au point que je me surprends moi-même. Là où la bague de Sven me paraissait si lourde à l’époque, celle de Paul me parait incroyablement légère. Cette fois-ci, l’idée de me marier ne me semble pas être une corvée par laquelle je dois passer.
Au moment même où j’ai dit « oui », j’ai su que ce n’était pas pour faire plaisir à qui que ce soit. J’ai dit « oui » parce que c’est que ce que je souhaite vraiment.

Quand Paul libère mes lèvres, il reprend mes mains dans les siennes et me regarde avec sérieux. Nous restons un instant silencieux, à nous regarder les yeux dans les yeux comme pour mieux saisir la portée de ce qui est en train de se passer. J’ai du mal à croire que nous allons vraiment nous marier sur un coup de tête. Certes, cette cérémonie improvisée sur ce pont est purement symbolique mais elle est tout aussi importante et réelle qu’une cérémonie officielle. Et lorsque Paul commence à parler, je ressens toute l’émotion qu’une femme sur le point de se marier doit ressentir au moment de dire oui pour la vie à la personne qu’elle aime.
-Rosie, mon amour, cette nuit, sous les étoiles de Sulani, je te promets de t’aimer, de te chérir et de t’être fidèle jusqu’à la fin de mes jours. Tu as toujours été ma meilleure amie, et ce soir, tu seras aussi ma femme. Il a fallu que je parte découvrir le monde avant de savoir que ma vie était auprès de toi, à tes côtés. Aujourd’hui, plus que jamais, je suis heureux d’être revenu et d’être l’homme qui partage ta vie. Je t’aime Rosie, pour toujours et à jamais. Me souffle-t-il à la fin de sa déclaration. Soudain, un silence s’installe et je me sens bête. Si Paul a anticipé le coup, ce n’est absolument pas mon cas !
-Paul… Je .. t’aime. Tenté-je mais mes talents d’improvisation ne sont pas au rendez-vous. Je le vois sourire tout en adressant un regard confiant. Je le connais, je sais qu’il n’attend pas de moi une tirade extraordinaire. Mais sa déclaration est tellement belle que je n’ai pas envie que la mienne fasse l’effet d’un pétard mouillé. Je respire un grand coup, et j’essaie de laisser parler mon cœur. Paul, je t’aime, repris-je avec plus de conviction, et c’est grâce à tout le chemin que j’ai parcouru que je suis capable de l’affirmer aujourd’hui. J’ai longtemps subi ma vie avant d’être capable de la prendre en main et je suis heureuse d’y être parvenue. Car c’est grâce à cela pour nous pouvons pu nous retrouver en tant qu’ami, et nous trouver en tant qu’amant. Je me sens souvent demander ce qu’aurait pu être ma vie si j’avais fait des choix différents, mais j’en arrive toujours à la conclusion que je voudrai rien y changer. C’est grâce à mes choix que j’ai eu ma fille, et ce sont ces même choix qui m’ont guidé jusqu’à toi. Je te promets, Paul, de t’aimer, de te chérir et de t’être fidèle jusqu’à la fin de mes jours. Je t’aime, pour toujours et à jamais.
-Je nous déclare à présent, unis par les liens du mariage. Annonce avec un ton cérémonieux Paul, avec un sourire amusé.
-Et tu peux embrasser la mariée. Ajouté-je avec un sourire tout aussi amusée.

Paul s’approche alors de moi, et avant de me prendre dans ses bras, je le vois plonger sa main dans sa poche pour ensuite lancer une poignée de confettis au-dessus de nos têtes.
-Vive les mariés ! S’exclame-t-il avec enthousiasme alors que je ne peux m’empêcher de rire de sa plaisanterie.
Plus heureux que jamais, Paul me prend alors dans ses bras. Je m’empare sans attendre de ses lèvres, trop heureuse pour attendre que lui vienne m’embrasser.
Je n’aurais cru ça possible, ce qui vient de se passer ce soir. Ce soir, je me suis mariée à l’homme que j’aime. Sur un coup de tête, pour un mariage sans fioriture.
Et je suis la plus heureuse des femmes.

-Je t’aime tellement Rosie. Tu n’imagines pas à quel point je suis heureux ce soir. Me souffle Paul, dont la voie trahit son émotion malgré son calme apparent.
-Je t’aime aussi Paul, et merci d’avoir réussi à me faire changer d’avis. J’aurais jamais cru pouvoir être aussi heureuse en me mariant.
-Je suis heureux que m’épouser te rendre heureuse. Me sourit-il, sa main se dirigeant vers mon visage pour caresser doucement ma joue. Tout ce que je désire, c’est ton bonheur.
Pour toute réponse, je lui souris. Je suis bien trop émue pour ajouter quoi que ce soit. Je cale ma tête dans le creux de son cou, et je reste ainsi, à profiter de son étreinte.
J’ignore ce que l’avenir peut encore nous réserver, mais tout ira bien tant que je serai à ses côtés. Je l’aime, et c’est le plus important.
Pour toujours et à jamais.

Génération Jaune – Génération 3 – Chapitre 17

En choisissant de nous marier à Sulani, nous avons décidé d’en profiter pour y rester quelques jours supplémentaires pour notre lune de miel. Ce serait vraiment dommage de ne pas en profiter pour visiter cet endroit absolument dépaysant !
Le bungalow étant situé juste au-dessus de l’eau, se réveiller avec le bruit des vagues est magique, surtout lorsque c’est aux côtés de l’homme que l’on aime. Nous restons un moment au lit avec Cédric, dans les bras de l’autre, à profiter du calme pour nous réveiller en douceur. Nous sommes en vacances et nous avons tout le temps devant nous pour faire ce que nous voulons. Hors de question de nous presser.
Nous finissons tout de même par nous lever et sortir du bungalow pour rejoindre la plage. Face aux trois bungalow disponible à la location, -où on ne peut qu’y dormir, poser ses affaires et se détendre sur la terrasse-, se trouve un espace commun, où se trouve des douches, des toilettes mais également une cuisine. Ce n’est pas immense, mais c’est largement suffisant pour quelques jours de vacances.
Après avoir préparé une salade de fruits pour le petit déjeuner, nous nous installons sur une table à l’extérieur, profitant du beau temps et du paysage pour manger et discuter tranquillement du programme de notre journée. Pas question de rester ici, nous avons bien l’intention de découvrir les différentes îles de l’archipel !

Par ailleurs, nous ne sommes pas les seuls à avoir profité de l’occasion du mariage pour prendre quelques jours de vacances au soleil. Maman et Paul n’ont pas repris l’avion et occupent le bungalow à côté du nôtre. Paul a beaucoup voyagé par le passé, mais Maman n’a jamais pris le temps de prendre des vacances, et encore moins pour partir à l’étranger. Alors, c’était le moment ou jamais, en somme.
Mais Maman s’est voulue rassurante : bien qu’ils restent également sur place après le mariage, elle et Paul ont bien l’intention de nous laisser profiter tranquillement de notre lune de miel et de faire leur vie de leur côté. Leur but n’est pas de se montrer intrusif vis-à-vis d’un couple de jeunes mariés. Maman a également proposé de nous inviter au restaurant, un soir, mais la cohabitation devrait s’arrêter là.
Ce qui, au fond, n’est pas plus mal. Maman et Paul ont davantage envie de repos et de lézarder sur les matelas gonflables sur la mer, alors que nous avons envie de nouvelles découvertes avec Cédric. Et aussi de moments à deux, évidemment.

Alors, c’est sans nous prendre la tête à propos de Maman et Paul que nous discutons de notre journée, de ce que nous voulons voir ici, à Sulani. Nous sommes tous les deux enthousiastes à l’idée de partir en vadrouille et de découvrir les merveilles que Sulani peut cacher. Ce n’est pas l’espace, mais je ne dis jamais non à faire de nouvelles découvertes !
-On pourrait aller à Mua Pel’Am, ce matin. Propose alors Cédric après avoir regardé sur son téléphone les différentes choses à voir à Sulani. C’est l’île la moins habitée, plus au cœur de la nature.
-Pourquoi pas, il doit y avoir de belles choses à voir !
-Il faudra faire attention cependant, c’est sur cette île que le volcan est situé. Ajoute-t-il alors que je hoche la tête en réaction. Après, ça peut valoir le coup d’aller à Ohan’Ali Town. C’est en quelque sorte l’île principal de Sulani, si tu veux.
-On pourra y aller en début d’après-midi, après qu’on soit allé à Mua Pel’Am. On devrait pouvoir trouver un endroit où déjeuner à midi pour découvrir les plats locaux.
-C’est ce que je me suis dit aussi. Me confirme-t-il avec un grand sourire alors que j’ai déjà hâte de terminer mon bol de salade de fruits !

Une fois que nous terminons notre petit-déjeuner, nous ne nous attardons pas davantage sur notre location. Nous nous baladons un peu sur notre île avant d’aller à la rencontre d’un guide touristique qui nous indique comment nous rendre à Mua Pel’Am. Nous prenons donc un bateau et nous profitons du trajet pour observer ce paysage extraordinaire. J’ai beau vivre dans une ville côtière, le paysage n’est absolument pas le même qu’à Brindleton Bay !
Il ne nous faut pas longtemps avant d’arriver à destination. Il n’y a pas beaucoup de personnes qui descendent à Mua Pel’Am, si bien que nous avons vite l’impression d’être seuls au monde avec Cédric. Ce n’est pas désagréable, au moins, nous pouvons nous balader tranquillement sans être dérangés. Le guide touristique nous a d’ailleurs avoué que Mua Pel’Am était souvent considéré comme une « île poubelle » de la part de certaines personnes mal intentionnées à cause de sa faible fréquentation dû à la présence du volcan. Je n’ai pu retenir un soupir en apprenant cela. Il y a des débiles partout décidément.
Par chance, nous n’en croisons pas durant notre balade, et l’île semble bien se porter, pour le plus grand bonheur de nos yeux.

-Cédric ! Regarde ! M’exclamé-je soudainement, en découvrant une caverne, dissimulée derrière des feuillages.
Fascinée, je m’approche doucement de l’entrée pour essayer de voir l’intérieur. Et, bien que le soleil soit haut dans le soleil et éclaire parfaitement les environs, il fait affreusement sombre à l’intérieur et la différence de luminosité ne me permet pas de voir à l’intérieur.
-Tu crois qu’il y a quoi à l’intérieur ? Me demande Cédric alors qu’il s’approche à son tour.
-Aucune idée. Viens, on y va ! M’exclamé-je avec enthousiasme, déjà prête à entrer à l’intérieur de la grotte.
-Tu es sûre ? C’est peut-être dangereux.
-On ne le saura que si on y va ! Lui répliqué-je, en entrant sans plus attendre. Après une brève hésitation, Cédric ne tarde pas à me suivre.
Mes yeux mettent un moment à s’acclimater à l’obscurité. Nous avançons un peu dans le tunnel de roche, au cœur de la montagne, avant de découvrir une petite étendue d’eau au sein d’une grotte. L’eau est claire et nous parvenons à voir quelques poissons en train de nager. Sur les parois en pierre, nous découvrons diverses peintures, témoignage d’une ancienne population qui se serait réfugiée ici.
-C’est beau ! Soufflé-je, ébahie, alors que Cédric ne trouve rien de plus à ajouter, bouche-bée devant cette magnifique découverte.

Nous restons un moment à l’intérieur de la grotte, à admirer les peintures et à profiter de la fraîcheur. Nous sommes actuellement en été et la température monte vite à Sulani. Moi qui n’aime pas le froid, cela ne me gêne pas particulièrement, mais un peu de fraîcheur fait toujours du bien !
Au bout d’un moment, nous quittons tout de même la grotte pour repartir à la découverte de l’île. Après tout, même si la grotte est magnifique, nous ne sommes pas venus ici pour rester enfermés !
Quelques instants plus tard, un bruit d’eau nous interpelle et nous finissons par découvrir avec émerveillement une grande, et magnifique, cascade, dissimulée derrière des pierres et de la végétation.

Nous sommes époustouflés face à ce spectacle, et nous avons envie de nous approcher de cette cascade et de nous rafraîchir un peu dans l’eau.
Sans attendre, nous enlevons donc nos vêtements sous lesquels nous avions prévu nos maillots de bain et nous les laissons sur la plage.
Nous nous approchons ensuite de la cascade, doucement, en faisant attention où nous mettons les pieds, notamment Cédric qui a enlevé ses lunettes et qui n’y voit plus grand chose. C’est ça d’être myope comme une taupe !
Mais ce n’est pas parce qu’il y voit moins bien qu’il perd son humour habituel. A peine sommes nous proche de la cascade qu’il profite d’un instant d’inattention pour donner un grand coup dans l’eau dans ma direction pour m’éclabousser !

Je lui lance aussitôt un regard accusateur, auquel il répond par un grand sourire innocent. Je fais mine d’être vexée par sa blague, avant de le prendre en traite au moment où il commençait à me prendre au sérieux. La vengeance est un plat qui se mange … mouillé !
Amusé, Cédric ne tarde pas à répliquer et sur ce coup, nous sommes effectivement rafraîchis !

Nous nous amusons dans l’eau comme deux grands enfants. Nous sommes seuls ici, et nous en profitons sans aucune retenu. Cela fait du bien de s’amuser sans la moindre prise de tête, en toute décontraction, pour simplement profiter de l’instant présent.
Très vite, Cédric se lasse des éclaboussures et se met à ma poursuite dans le but de m’attraper et me jeter dans la mer. Evidemment, hors de question que je me laisse faire et je cours pour éviter qu’il ne m’attrape. Par moment il y arrive, mais je parviens aisément à m’échapper de son emprise.

Au bout de plusieurs minutes de course infernale, je finis par m’essouffler à force de courir dans l’eau. Je m’approche alors de la cascade dans l’espoir de faire une pause. Mais Cédric profite de cet instant de faiblesse et m’agrippe par la taille pour me pousser vers la cascade. Ni une ni deux, je me retrouve en-dessous sous nos éclats de rire. J’attire Cédric à moi pour qu’il profite également de la chute d’eau, et je saisis l’occasion pour l’embrasser avec passion.
Il faut bien que je félicite le vainqueur de cette lutte acharnée !

Cédric ne tarde pas à répondre à mon baiser et nos lèvres ne semblent plus vouloir se quitter. Nous avons cessé de courir, mais nos cœurs continuent de battre à toute vitesse. Je passe mes bras autour de son cou pour m’agripper à lui, comme si j’avais peur qu’il ne s’éloigne. Ses bras à lui me prennent par la taille pour ensuite me coller contre lui. Très vite, j’ai envie de plus, et je sens que lui aussi.
C’est une chance qu’il n’y ait personne d’autres que nous, sur cette île.

-Ca va ton dos ? Me demande Cédric, une fois que nous nous relevons, tout en passant une main sur les quelques éraflures dans mon dos, causées par les rochers.
-Oui ça va. Soupiré-je d’aise, encore trop enveloppée dans mon petit nuage pour me soucier de quelques égratignures et les quelques caresses de Cédric dans mon dos sont si agréables que j’oublie vite mes petits bobos sans gravité.
-On est fou quand même. Me répond-t-il ensuite avec plus de légèreté. Heureusement qu’il n’y a personne ici. Tu imagines si on nous avait surpris ?

-Je ne préfère pas imaginer, non. Ne puis-je m’empêcher de rire à cet éventualité, alors que si ça avait été le cas, je serais certainement morte de honte. Je ne pourrai même pas expliquer ce qui nous a pris de faire ça là, en pleine nature sous la cascade.
-L’ambiance lune de miel sous les cocotiers je dirai. Plus efficace que le thé sakura ! Plaisante sans attendre Cédric alors que je lui lance un regard interrogateur. Il faudra que je t’emmène à San Myshuno pour le festival de l’Amour si je comprends bien ! Ajoute-t-il avec amusement alors que je lui tire la langue. En tout cas, j’ajouterai également que c’est toi qui m’a cherché !
-Quoi ?! Fais-je mine d’être outrée. C’est qui qui s’est mis à me courir après pour m’attraper, hein ?
-C’est qui m’a embrassé ?
-Je voulais simplement féliciter le gagnant, nuance ! Assuré-je avec une innocence feinte.
-Mouais, mon œil ! Après l’épisode du bain de minuit, laisse-moi douter que tu étais dénuée d’arrière-pensées ! Me taquine-t-il alors que je me sens rougir à ce souvenir. Tu as faim ? Ca te dirait qu’on prenne la route vers Ohan’Ali Town ? Après tout ça, je commence à avoir un creux !
-Mon pauvre chéri, après tant d’efforts, il te faut déjà du carburant pour faire le plein d’énergie ? Me moqué-je gentiment.
Ahah, mais quel humour dis donc ! Je suis plié !
-Comme une chaise ?
-Ok, après ce jeu de mot nul, tu permets que je t’abandonne là ? Rit-il avant de se mettre à courir vers nos affaires laissés sur la plage. Je m’empresse de le rejoindre et de lui agripper le bras pour l’empêcher de mettre ses menaces à exécution.

Après avoir récupéré nos affaires, nous rebroussons chemin pour pouvoir reprendre le bateau, non sans continuer à nous chamailler comme deux enfants. J’ai mal au ventre à force de rire à ses âneries !
Une fois sur le bateau, c’est l’occasion pour nous de nous calmer et de nous sécher tranquillement avant d’arriver sur Ohan’Ali Town. Nous sommes ainsi en mesure de nous rhabiller avant d’atteindre l’île principal de Sulani.
Contrairement à Mua Pel’Am, Ohan’Ali Town fourmillent de monde, que ce soit de locaux que de touristes. Ce n’est pas grand chose quand on compare à une grande ville comme San Myshuno, mais cela apporte de la vie ici. Nous nous baladons un moment dans les différents sentiers avant de trouver un stand de nourritures qui proposent des spécialités locales. Nous nous empressons de commander nos plats pour ensuite nous installer sur une table de pique-nique. C’est différent de ce que j’ai l’habitude de manger, mais je me régale !
Une fois le ventre plein, nous nous dirigeons vers une plage avec Cédric, préférant opter pour une après-midi plus tranquille après avoir exploré Mua Pel’Am toute la matinée. Une fois sur la plage, nous nous allongeons sur des serviettes, histoire de digérer doucement en profitant du soleil.

Après avoir paressé sur la plage pendant quelques heures, nous décidons d’aller profiter de la mer et de nous baigner. Des vendeurs proposent à la vente des palmes, des masques et des tubas pour pouvoir observer les poissons. Nous en achetons sans la moindre hésitation et nous empressons d’aller dans l’eau pour les tester.
Je suis émerveillée par ce que je découvre. Les coraux, les poissons de toutes les couleurs sont absolument magnifiques. J’ai même la chance d’apercevoir des dauphins ! Ils ne se laissent pas approcher mais c’est déjà une chance extraordinaire de pouvoir en observer dans la nature.
Désireuse de voir de plus près toutes les merveilles que nous propose la nature, je décide de ne pas rester à la surface et de plonger sous l’eau. Je crois que je ne suis pas prête de sortir de l’eau, tellement il y a de choses à voir !

Néanmoins, je finis tout de même par quitter l’eau, et retourner sur la plage en compagnie de Cédric. Les fonds marins sont magnifiques mais nous avons aussi envie de découvrir davantage cette île. Fini la détente, nous repartons en exploration ! Et nous ne le regrettons pas une seule seconde, Ohan’Ali Town est d’une beauté extraordinaire !
C’est vraiment incroyable, tout comme le seront les souvenirs que je conserverai de ces vacances inoubliables !

Génération Jaune – Génération 3 – Chapitre 16

Malgré la perte de mon chien, j’ai vite l’esprit occupé par l’organisation de mon mariage. De ce fait, le Grand Jour arrive à vitesse grand V.
La veille de prendre l’avion, j’ai un mal fou à m’endormir. J’ai tellement hâte d’y être ! Ce mariage promet d’être merveilleux… Et j’en suis d’autant plus sûre lorsque nous arrivons à destination ! Je suis émerveillée en découvrant les splendides paysages des îles de l’archipel de Sulani ! Je suis bouche bée devant tant de beauté et un coup d’œil en direction de Cédric me confirme que c’est également le cas pour lui. Paul a eu une fantastique idée de nous conseiller de nous marier ici, et je ne le remercierai jamais assez de l’avoir rendu possible.
Le jour du mariage arrive et je suis toute excitée par cette journée. Le lieu de réception est à la hauteur du décor environnant : absolument magnifique. J’ai déjà hâte de traverser l’allée au-dessus de l’eau pour rejoindre mon futur mari devant nos familles proches.

Petit à petit, nos invités arrivent dans cet espace ouvert qui vend du rêve. Nous avons invités seulement les personnes les plus proches de nous : Celian, qui est évidemment accompagnée de ma cousine Sarah, ainsi que mes parents, eux-mêmes accompagnés de Paul et de Kalpita. Mon oncle, ma tante et mes cousins, n’ont pas pu faire le déplacement. Ma tante est malade et mon oncle souhaite rester avec elle. Quant à mes cousins, nous ne sommes, de toute façon, pas particulièrement proches. Sarah, en plus d’être la petite amie de Celian, les représente donc au mariage.

Tout le monde semble passer un bon moment, en attendant que la cérémonie commence. De loin, à l’abri des regards, j’aperçois ma mère faire connaissance avec Celian, conversant avec aisance avec Sarah et mon père. Cédric, quant à lui, discute avec Paul et Kalpita.
Puis, quand l’heure approche et que la cérémonie du mariage va commencer, Cédric invite nos invités à remonter l’allée et à s’installer sur les chaises. Tout le monde suit le mouvement et une fois tout le monde installé, Cédric prend place sous l’arche de mariage, attendant patiemment l’arrivée de la mariée.

Une fois tout le monde installé, je fais mon arrivée dans ma sublime robe blanche. Une robe simple, avec un peu de dentelles, légère avec de fines bretelles. Parfaite pour un mariage dans une île paradisiaque.
J’ai un temps de pause avant de m’avancer dans l’allée. Mon cœur bat la chamade et je me sens soudainement nerveuse. Cette journée représente un grand changement dans ma vie, une grosse étape dans mon couple avec Cédric. Je suis sûre de moi et de mes choix, mais tout se concrétise en cet instant. Rien de mieux pour donner le vertige.
Cédric tourne la tête dans ma direction. Instantanément, je vois son regard brillé et un immense sourire s’affiche sur son visage. Mon cœur se réchauffe en observant l’expression de son visage et je m’avance sans hésitation dans l’allée qui me mène jusqu’à ma nouvelle vie. J’observe dans le même temps le paysage magnifique qui nous entoure. Je me sens bien en cet instant, dans cet endroit absolument parfait pour cette journée exceptionnelle.

Lorsque j’arrive face à Cédric, et même si le paysage est idyllique, mes yeux ne voient que lui. Lui, Cédric, l’homme de ma vie, à qui je m’apprête à dire oui pour le reste de mon existence. Je suis tellement heureuse d’être ici, aujourd’hui, auprès de lui. Je vois qu’il est bouche-bée, me regardant avec admiration. Il prend ma main avec délicatesse, comme s’il craignait que je disparaisse au moindre geste brusque.
-Chaton… Tu … Tu es magnifique. Me souffle-t-il comme s’il venait d’avoir le choc de sa vie.

-Merci, toi aussi tu es beau, et très élégant. Lui réponds-je, la voix enrouée par l’émotion de cette journée.
Cédric se contente de me sourire, comme s’il était incapable de répondre. Je le vois respirer un grand coup puis me regarder avec tout l’amour du monde.
En cet instant, nous sommes tous les deux. J’entends à peine les invités s’agiter à côté de nous. Cédric finit tout de même par tourner la tête dans leur direction, puis sourit d’amusement. Je m’intéresse à ce qui se passe à mon tour et je les entends plaisanter à propos de Kalpita qui s’est relevée pour aller chercher un appareil photo.

Les minutes passent et Kalpita semble avoir du mal à retrouver l’objet tant espérer. Paul et Sarah vont même la rejoindre pour l’aider à retrouver l’appareil photo. Papa râle pour la forme, mais je sais bien que cela l’amuse plus qu’autre chose. Après tout, si Kalpita tient tant à remettre la main sur cet appareil photo, c’est pour garder un souvenir de cette journée tout en laissant mon père profiter du mariage de sa fille.
Fort heureusement, Kalpita retrouve le précieux appareil photo et tout le monde revient s’asseoir devant l’arche de mariage. Cédric profite de cet intermède avant la cérémonie pour déposer un baiser sur ma joue, et me susurrer qu’il m’aime au creux de l’oreille. Je respire alors un grand coup, essayant de calmer les battements de mon cœur qui ne cesse de s’affoler face à cette journée qui promet d’être riche en émotion.

Maintenant que tout le monde est assis, la cérémonie peut commencer. Au loin, le DJ lance une douce mélodie, idéale pour apporter du romantisme durant ce moment inoubliable.
Nous nous faisons face, avec Cédric. Nous nous prenons les mains, nos cœurs battant à l’unisson au moment d’échanger nos vœux.
-Joy, mon amour, commence alors Cédric, qui parvient à parler d’une voix claire mais son regard ne cache pas son émotion, la journée n’est pas encore terminée mais je peux d’ores et déjà affirmer qu’elle sera la plus belle de toute ma vie. Car aujourd’hui, mon amour, est le jour où tu deviens ma femme, où je deviens ton mari. Passer le reste de mes jours à tes côtés est une évidence et ce, depuis l’instant où mon regard a croisé le tien. Aujourd’hui, c’est le début d’une nouvelle page de notre vie, le début de notre vie ensemble. Et je suis heureux de vivre cette vie à tes côtés, avec toi. Je t’aime Joy, et en cette journée merveilleuse, j’accepte d’être ton époux, de t’aimer et de te chérir, jusqu’à mon dernier souffle.
-Cé-Cédric, Pris-je la parole à mon tour, ayant du mal à dissimuler mon émotion, avant de te rencontrer, jamais je n’aurais imaginé pouvoir vivre une histoire comme la nôtre. Ce n’était même pas quelque chose que je cherchais. Et puis, je t’ai rencontré et tu as tout chamboulé. Aujourd’hui, je n’imagine plus ma vie sans toi. Aujourd’hui, je suis capable d’affirmer que tu es l’homme de ma vie et vivre à tes côtés sera la plus belle aventure de toute ma vie. Je t’aime aussi Cédric et j’accepte d’être ta femme, de t’aimer et de te chérir, jusqu’à mon dernier souffle.

Pendant l’échange des alliances, j’ose jeter un regard du côté de notre famille. Tout d’abord, je regarde du côté de mon père. La fierté se lit sur son visage et cela me réchauffe le cœur de voir que mon père est fier de moi. Nous ne nous vivons pas sur le même continent et nous ne nous voyons pas souvent, mais il reste mon père et je l’aime. Je suis si heureuse de voir la fierté dans ses yeux.
Puis, je regarde ma mère. L’expression de son visage est tout autre. Je sais qu’elle est aussi fière de moi, mais c’est l’émotion qui domine. Cela doit lui faire tout drôle d’assister au mariage de sa fille. Nous avons longtemps été juste toutes les deux, après la mort de Papy, et maintenant je vais prendre mon envol aux côtés de mon mari. Elle qui n’apprécie pas les conventions, je remarque sans problème qu’elle est à deux doigts de verser une larme devant notre bonheur.

Les vœux échangés, les alliances dorénavant à nos doigts, nous sommes maintenant mari et femme. J’ai du mal à réaliser que je suis, à partir de maintenant, une femme mariée. Mon cœur explose cependant de joie à cette idée. Je suis sur un véritable petit nuage et je ne pourrai pas être plus heureuse qu’en cet instant, aux côtés de Cédric et dans ses bras.
-Alors, Madame Opaline-Chastain, quel effet cela vous fait d’être maintenant mariée ? M’interroge à voix basse Cédric, un sourire amusé sur le coin des lèvres.
-Je suis plus heureuse que jamais. Et vous, Monsieur Chastain-Opaline ? Lui dis-je sur le même ton.
-Je suis le plus heureux des hommes.

Une fois la cérémonie terminée, le buffet est servi et nous pouvons maintenant tous nous installer à table pour le repas de notre mariage. Tout le monde vient nous féliciter, avant de s’intéresser au contenu du buffet. Le bonheur se lit sur leur visage, et tout le monde semble heureux d’être ici pour partager notre amour. Quant à moi, je suis ravie qu’ils soient tous présents avec nous pour cette journée très importante pour nous.
Quand tout le monde s’est servi au buffet et s’est installé à table, nous nous levons avec Cédric pour les remercier de leur présence. Nous nous lançons des regards amoureux pendant notre discours et Celian, sans surprise, ne manque pas l’occasion de crier « un bisou » à répétition, rapidement suivi par Sarah.
Cela nous fait rire plus qu’autre chose et Cédric ne tarde pas à répliquer en affirmant qu’il a hâte de déménager pour ne plus devoir le supporter au quotidien. Et puis, sans attendre davantage, il s’approche de moi pour m’offrir un tendre baiser.

Après le repas, et après avoir pris quelques photos en famille, la piste de danse est prise d’assaut. Le DJ ne tarde pas à mettre l’ambiance et tout le monde profite de l’occasion pour faire la fête et se déhancher. Certaines situations sont assez drôles, comme de voir mon père et mon beau-père danser tous les deux dans leur coin… Ou du moins essayer d’enchaîner deux pas de danse.
J’aperçois également Celian lancer des regards amusés à son frère. Pendant un temps, Cédric fait mine de l’ignorer, avant de finalement aller le voir. Il sent venir les bêtises de son frère, mais je sais bien que Cédric ne manque pas de répartie lorsqu’il est avec son jumeau.
-Alors frangin, ça fait quoi d’être marié ? Lui demande-t-il alors, sur un ton amusé, prêt à taquiner son frère jumeau.
-Ca fait que je suis plus heureux qu’avant. Lui répond-t-il avec sérieux, avant d’afficher un sourire moqueur. Tu devrais essayer. Ajoute-t-il ensuite en désignant Sarah qui est en train de danser sans prêter attention aux deux frères.
-Tu as de l’humour mon frère !
A un moment, je vois que Paul laisse tomber mon père pour se rapprocher de ma mère. Il la prend dans ses bras pour danser avec elle et Maman approche son visage du sien pour l’embrasser. Je ne peux m’empêcher de sourire en les voyant. Ils sont beaux tous les deux, et cela fait plaisir de voir ma mère aussi heureuse auprès de l’homme qu’elle aime. Mon regard croise celui de Cédric au loin et à son sourire, je devine qu’il pense la même chose que moi. Un jour, nous aussi nous serons âgés, et j’ose croire que nous serons aussi heureux et aussi amoureux qu’eux quand nous aurons leur âge.

La fête continue de se poursuivre dans la bonne humeur. Petit à petit, l’immense ciel bleu de Sulani commence à prendre des teintes orangées, au fur et à mesure que le soleil disparaît à l’horizon. Le lieu de réception est magnifique en plein jour, mais grâce à l’espace ouvert, le coucher du soleil lui donne une dimension beaucoup plus romantique.
A ce moment-là, Cédric s’approche de moi pour me prendre dans ses bras. Je suis ravie de m’y réfugier, ses étreintes ayant l’étrange pouvoir de m’apaiser aussitôt. Même si j’apprécie cette journée merveilleuse, j’ai tout de même hâte de rentrer au bungalow pour retrouver un peu de calme. Mais en cet instant, dans ses bras, j’ai la sensation d’être chez moi.
-Tu veux venir sur la plage avec moi, pour profiter du coucher du soleil ? Me demande alors Cédric au creux de l’oreille.
-Avec plaisir.

Mais, avant que nous ayons le temps de quitter la piste de danse, Papa m’interpelle pour me serrer dans ses bras à son tour. J’affiche une moue désolée à Cédric, mais je ne peux décemment pas refuser un câlin à mon père ! Je ne le vois que trop peu souvent et je suis heureuse qu’il ait pu se libérer pour venir à mon mariage. Il n’est pas été très présent dans ma vie, mais me marier sans lui à mes côtés aurait été inenvisageable.
-Félicitations pour ton mariage, ma puce. Me dit-il alors, et je devine sa fierté dans sa voix. C’est vraiment une magnifique journée aujourd’hui et tu es la plus belle des mariées !
-Merci Papa ! Le remercié-je aussitôt en lui souriant. Je suis heureuse que tu ais pu venir aujourd’hui.
-Tsss ! Comme si j’allais manquer ton mariage ! Secoue-t-il la tête en réponse. Ma fille, je suis heureux d’être ton père et mon plus grand regret dans ma vie est de ne pas avoir pu être présent chaque jour de la tienne. Mais je ferai 10 fois le tour de la Terre pour être au moins là durant les moments les plus importants de ta vie. M’assure-t-il avec émotion. Et je dois t’avouer, ajoute-t-il sur le ton de la confidence, qu’il est possible que nous nous rapprochions de chez toi quand Kalpita prendra sa retraite.
-Oh Papa ! Ça serait formidable ! M’exclamé-je de joie, soudainement émue de savoir que je pourrai bientôt voir mon père plus souvent. C’est le plus beau cadeau de mariage que tu puisses me faire !
-J’espère que ton mari sera du même avis ! Plaisante Papa avant de déposer un baiser sur ma joue, alors que je ne peux m’empêcher de rire à sa blague.

Puis, alors que je vais rejoindre mon époux, c’est au tour de mon beau-frère de venir me voir pour me prendre dans ses bras. Je suis un peu surprise sur le coup, Celian ne s’étant jamais montré aussi proche de moi, mais j’accepte son étreinte sans hésitation.
-Bienvenue dans la famille, chère belle-sœur ! M’accueille-t-il avec enthousiasme.
-Merci Celian, c’est gentil.
-C’est sincère. Cédric est heureux avec toi et vous formez un beau couple tous les deux. Ça me fait plaisir que tu fasses maintenant partie de notre famille.
-Ca me fait plaisir aussi et je suis heureuse de t’avoir pour beau-frère.
-J’espère bien ! Cédric, c’est mon jumeau, alors tu n’as pas fini de m’avoir sur le dos même si vous ne squattez plus à la maison ! Réplique-t-il alors, et je ne peux m’empêcher d’éclater de rire. Bien qu’il a essayé de faire preuve de sérieux, le naturel est vite revenu au galop !

Une fois libérée de mes obligations de courtoisie, je profite que personne ne souhaite me féliciter pour m’éclipser et me rendre sur la plage. Cédric n’est pas là mais il me semble l’avoir vu en grande discussion avec ma mère. Je ne me fais pas de soucis, je sais qu’il viendra me rejoindre dès qu’il le pourra.
Malheureusement, la nuit tombe vite à Sulani. Le soleil est presque entièrement couché et sa présence se résume seulement à quelques teintes violettes dans le ciel étoilé. Cela ne m’empêche cependant pas de profiter du paysage, du calme de la plage et du bruit des vagues s’échouant sur le sable.

-Je peux me joindre à toi, Chaton ? Me demande Cédric d’une voix suave. Je me tourne alors vers lui en lui souriant d’un air amusé.
-C’est toi-même qui m’a donné rendez-vous ici, alors je suppose que oui.
Il me sourit en toute réponse, puis passe les bras autour de ma taille pour me serrer contre lui. Nous continuons d’observer l’horizon, debout l’un contre l’autre, sans prononcer le moindre mot. Ils ne sont pas utiles, en cet instant calme et paisible. Nous profitons simplement de la présence de l’autre, et de l’instant présent.
Je soupire d’aise en fermant les yeux. Je me sens si bien en cet instant…

*  *  *

La nuit finit par complètement s’installer, et la fête prend doucement fin. Tous les invités retrouvent leur location sur place, et nous-même retournons à notre bungalow. Nous souhaitons une bonne nuit à Maman et à Paul avant qu’ils ne rejoignent le leur, puis nous entrons dans le nôtre.
Bien que je sois fatiguée, je n’ai pas envie d’aller me coucher toute suite. A peine entrée, je me dirige aussitôt vers la terrasse. Nous avons le bungalow le plus éloigné de la plage et l’eau est littéralement juste sous nos pieds. Il n’y a pas un bruit dehors, hormis le son des vagues.
Cet endroit est vraiment merveilleux.
-Tout va bien Chaton ? Me demande alors Cédric en venant me rejoindre sur la terrasse.

-Oui, tout va très bien. Lui confirmé-je en me tournant vers lui. Je voulais simplement profiter du paysage encore un peu.
-Nous avons encore quelques jours devant nous pour en profiter, tu le sais ça ? S’en amuse-t-il en réponse. Mais je ne vais pas me plaindre, je peux encore t’admirer dans ta belle robe de mariée, avec ce magnifique clair de lune. Ajoute-t-il sur un ton plus tendre en venant me caresser la joue avec sa main. Je savoure sa tendresse, alors qu’une pensée taquine me vient soudainement à l’esprit.
-A quoi tu penses ? Me demande Cédric alors que je n’ai pu retenir un sourire.
-Attends-moi une seconde. Lui soufflé-je avant de disparaître dans la chambre après un baiser.
Une fois à l’intérieur, je sens mon cœur battre plus fort tandis que j’enlève doucement ma robe de mariée et que je défais mes cheveux pour simplement les rattacher en queue de cheval. J’ai du mal à croire que je vais vraiment le faire, mais je n’ai pas envie de me prendre la tête ce soir.
Alors, une fois complètement dévêtue, je cours sur la terrasse pour me dépêcher de sauter dans la mer.

Une fois dans l’eau, je me tourne vers Cédric, toujours sur la terrasse, qui me regarde d’un air éberlué. Je ne peux me retenir de rire face à son expression surprise, alors qu’il ne semble pas comprendre ce qu’il vient de se passer. Moi-même j’ai du mal à y croire !
-J’ai rêvé ou tu viens de sauter dans l’eau complètement nue ? M’interroge-t-il en clignant des yeux, mais avec un sourire en coin.
-Viens vérifier par toi-même ! Le défié-je aussitôt, sans m’empêcher de rire.
Cédric rit à son tour, mais n’abandonne pas face au défi. Sans attendre, il enlève ses vêtements qu’il lance sur une chaise-longue devant mes yeux qui ne perdent pas une miette du spectacle. Une fois allégé de ses affaires, il s’empresse de plonger dans l’eau à son tour. Je sens qu’il me tourne autour sous l’eau, avant qu’il ne revienne à la surface devant moi.

-Qu’est-ce que tu ne me fais pas faire ! S’exclame-t-il avec amusement.
-Avoue-le, une nuit de noce à Sulani sans bain de minuit, ce serait du gâchis, non ? Le taquiné-je en réponse, tout aussi amusée par la situation.
-Qui êtes-vous ? Qu’avez-vous fait de ma femme ? Plaisante-t-il alors que ses yeux brillent d’un éclat que je connais bien.

Je ris de sa plaisanterie alors qu’il nage vers moi pour venir m’embrasser. Il est vrai que plonger nue dans la mer n’est pas dans mes habitudes mais j’ai envie de m’amuser, ce soir. La nuit est paisible, et il n’y a pas un chat dehors. Je veux profiter de cette sensation d’être seule au monde, avec lui, dans ses bras, à savourer chacun de ses baisers enflammés.
Nous restons un moment dans l’eau, profitant de la présence de l’autre, l’un contre l’autre, et à nous embrasser avec passion. Nous sommes comme hors du temps, hors de tout, où rien ne compte à part nous deux. Où les seuls témoins de notre amour sont les étoiles.
Nous profitons de chaque seconde, sans en perdre aucune, avant que le moment soit venu de nous réfugier sous les draps…

*Le lieu du mariage est une création de -NS- à l’occasion de son Let’s Play sur Îles Paradisiaques.

J’ai pas réussi à le caser dans le chapitre, mais j’avais tout de même envie de partager ce screen. Il ne me semble pas l’avoir invité, mais le fantôme de Nick est venu prendre quelques vacances à Sulani pour assister au mariage de sa petite-fille <3