Génération Jaune – Génération 3 – Chapitre 15
Depuis cette magnifique demande en mariage, je suis encore plus sur un petit nuage par rapport à d’habitude. Je ne cesse de me remémorer cette merveilleuse soirée et j’ai toujours un immense sourire sur les lèvres lorsque les souvenirs m’assaillent.
Nous avons beaucoup parlé du mariage, le lendemain de sa demande. Cédric m’a alors avoué qu’il n’envisageait pas sa demande comme une simple promesse de mariage dans le futur, mais qu’il a vraiment envie d’organiser cette journée et de m’épouser dans les semaines ou mois à venir. Il n’a pas besoin d’attendre davantage pour savoir que je suis la femme de sa vie.
Cela tombe bien, car je pense exactement la même chose.
Aujourd’hui est donc un jour assez spécial car nous allons annoncer notre mariage à ma mère, ainsi qu’à Paul. Il est prévu que nous l’annoncions également à mon père un peu plus tard dans la journée durant une conversation sur Skype. Cédric arrive donc à la maison en début d’après-midi, et c’est toute excitée que je l’accueille.
-Alors, prête à annoncer à ta mère et ton beau-père que tu seras bientôt une femme mariée ? Me demande alors Cédric en me prenant dans ses bras.
-Bien sûr, j’ai hâte ! Lui confirmé-je alors, joyeuse. Même si je suis un peu nerveuse pour tout avouer. Après l’expérience qu’elle a eu avec mon père, et le fait qu’elle ne soit, à mon avis, pas spécialement pour le mariage, je crains qu’elle serre un peu les dents quand on lui annoncera que l’on va se marier.
-Ne t’inquiète pas, ta mère ne veut que ton bonheur. Je suis certain qu’elle sera heureuse pour nous malgré ses opinions.
-Je le sais aussi, mais je ne peux m’empêcher d’avoir cette petite inquiétude. On entre ? Avant qu’on soit trempé à cause de la pluie. Lui proposé-je avec le sourire.
Une fois à l’intérieur de la maison, Maman et Paul viennent aussitôt saluer Cédric. Ils sont tous les deux de bonne humeur et je sais qu’ils sont ravis de le voir. Ils ont toujours apprécié Cédric et il fait parti de la famille maintenant… Ce qui sera d’autant plus vrai une fois que nous serons mariés.
Après les banalités d’usage, je leur demande s’ils veulent bien s’asseoir avec nous à table, en leur disant d’emblée que nous avons quelque chose à leur annoncer. Enfin, deux choses plus exactement, pour être honnête.
-Alors, qu’avez-vous à nous dire ? Vous allez l’air bien sérieux tout d’un coup. Nous interroge Paul alors que Maman nous observe avec curiosité.
-En fait, on a deux annonces à vous faire. Précisé-je un peu nerveusement, bien que je sois confiante.
-T’es enceinte ?! S’exclame directement Maman alors que Paul ne peut s’empêcher de rire.
–Quoi ? Mais non !
-Alors vous avez décidé de mettre en route un bébé ? Rectifie-t-elle ensuite alors que Cédric se met à rire à son tour.
-Non plus Maman.
-Roh, c’est pas drôle ! Vous avez besoin d’un mode d’emploi ou quoi ?
-Maman !! Tu veux bien nous laisser parler au lieu de dire n’importe quoi ! Le réprimandé-je en levant les yeux au ciel.
-C’est bon je plaisante, je vous écoute ! Me répond-t-elle en riant, fière de sa plaisanterie.
-Alors, déjà, sachez que je ne vivrai plus ici dans quelques mois. Commencé-je alors, après que Cédric et Paul aient calmé leur hilarité suite aux âneries de ma mère. On a trouvé une maison !
-Oh c’est super ça ! Vous avez déjà signé et tout ? Nous interroge alors Maman, dont la joie se lit sur son visage.
-Elle est située où ? Demande à son tour Paul.
-Nous avons signé le compromis de vente hier. Confirme Cédric sans perdre son sourire. Il n’y a plus qu’à attendre que la procédure se fasse et nous pourrons emménager, à Oasis Springs. Leur répond sans attendre Cédric alors qu’il cherche sur son téléphone les photos qu’il a prise lors de notre visite.
-Elle est super ! Elle est moderne, grande avec trois chambres et un grand jardin ! J’aurais aucun problème pour installer ma fusée !
-Ni des berceaux. Me taquine Maman alors qu’elle et Paul regardent les photos sur le téléphone de Cédric. Elle a l’air d’être une jolie maison, félicitations. Si jamais vous avez besoin d’aide pour financer l’achat, ou pour les meubles ou autres, il n’y a pas de problème, on peut aider.
-Ca va aller Rosae, mais merci. Refuse poliment Cédric. Il est vrai que nous aurons aucun mal à acheter cette maison. De mon côté, je n’ai jamais touché à l’argent que Tata Roxane avait placé sur un compte à mon nom, auquel s’est ajouté une part de son héritage. En effet, à son décès et n’ayant pas d’héritier, Tata avait décidé de tout léguer à ses neveux et nièces. Quant à Cédric, ses parents étant tous les deux décédés, il avait mis de côté sa part de leur héritage pour un achat de cette ampleur.
-Bon, ça va me faire tout drôle que tu ne vives plus ici ma puce, mais je suis ravie pour vous deux. Reprend alors ma mère, qui semble un peu émue de voir sa fille quitter définitivement le nid.
-Et quelle est la deuxième nouvelle ? Demande ensuite Paul, qui ne perd pas le nord. Avec Cédric, nous nous lançons un regard d’encouragement et il me prend alors la main.
-Eh bien, avec Cédric, nous allons nous marier ! Annoncé-je d’une traite alors que je lis la surprise sur leur visage. Autant ils savaient que nous cherchions une maison, autant ils ignoraient tout d’un éventuel projet de mariage. Cédric m’a fait sa demande, et j’ai dit oui !
-Et nous avons bien discuté et nous sommes tous les deux d’accord pour organiser notre mariage et nous marier dans les mois à venir. Ajoute à son tour Cédric alors que la surprise laisse petit à petit la place à la joie.
-Oh mais c’est merveilleux ça ! S’exclame alors ma mère, à ma grande surprise. Je me doutais qu’elle serait heureuse pour nous, mais je n’imaginais pas qu’elle serait aussi ravie. Félicitations ! Si vous voulez faire ça rapidement, il va vite falloir caler une date si tu veux que ton père puisse s’organiser !
-Si tu veux mon avis Rosie, même avec les deux jambes dans le plâtre, Sven ne manquerait pour rien au monde le mariage de sa fille. S’en amuse alors Paul avant de nous répondre. C’est vraiment une super nouvelle et vous pouvez compter sur nous pour vous aider à tout préparer. Ajoute-t-il ensuite, suite à quoi nous le remercions.
–Et Joy, il va s’en dire que je t’offrirais ta robe !
-Maman, t’es pas obligée… Lui assuré-je, sachant bien qu’elle n’aime pas spécialement les conventions. Mais à croire qu’elle ne les aime pas quand ça l’arrange.
–Aucune discussion là-dessus, ma puce, ça me fait plaisir !
-Vous avez une idée de quand vous voudriez vous marier ? Nous demande Paul alors que Maman commence déjà à faire des propositions sur le style de ma future robe de mariée.
–Assez rapidement, mais tout dépendra aussi de la disponibilité des lieux pour se marier. Répond alors Cédric alors que j’essaie de contenir ma mère. Elle qui avait fait une tête de six pied de long rien qu’à l’idée de mettre une robe blanche pour son mariage avec mon père, je n’aurais jamais cru qu’elle s’enthousiasmerait autant pour ma propre robe. Nous avons commencé à faire un repérage sur internet, mais nous n’avons pas trouvé votre bonheur.
-Si cela ne vous gêne pas de bouger un peu et que vous voulez un lieu de rêve, je connais un endroit qui serait parfait pour vous marier! Nous propose alors Paul, que nous écoutons avec attention. Il sort alors son téléphone pour nous montrer des photos tirées de son propre blog de voyage. Il est vrai que Paul a beaucoup voyagé lorsqu’il était jeune et je ne suis pas étonnée qu’il puisse nous proposer un lieu exceptionnel pour notre mariage. Lorsque nous voyons les photos, nous sommes aussitôt sous le charme avec Cédric. En même temps, n’importe quel couple rêverait de se marier dans un décor aussi splendide. Notre réaction amuse Paul et nous promet de se renseigner pour voir ce qu’il est possible de faire. Il a encore des contacts là-bas et il est certain de pouvoir trouver un lieu en un claquement de doigts.
Et il ne nous a pas menti. Deux semaines de recherche plus tard, il était déjà en mesure de nous proposer différents lieux et différentes dates possible dans les semaines à venir. Nous avons donc pu fixer une date, après nous être renseigné auprès de nos invités pour connaitre leurs disponibilités. Enfin, surtout auprès de mon père et de Kalpita, qui devront faire un plus long voyage pour assister à notre mariage mais qui seront présents sans le moindre problème. A peine ai-je annoncé la date du mariage que Papa avait déjà acheté les billets d’avion.
Aujourd’hui, je pars à la recherche de ma robe de mariée. Une nouvelle boutique a ouvert à Magnolia Promenade et je m’y rends avec ma mère, qui n’aurait manqué ça pour rien au monde. Elle est intenable, mais cela me fait plaisir qu’elle soit là. Mon mariage est une étape importante dans ma vie, et je suis heureuse que Maman soit toujours là pour m’accompagner à chaque moment des préparatifs.
Lorsque nous entrons à l’intérieur de la boutique, une vendeuse nous demande de bien vouloir patienter. Nous nous installons donc sur des fauteuils, en observant le décor autour de nous. Je suis assez septique car tout me semble assez tape à l’œil, mais j’attends de voir avant de me faire une opinion.
–Tu vois quelque chose qui t’intéresse ma puce ? Me demande ma mère qui ne cesse de m’observer depuis que nous sommes entrées.
–Pas vraiment… Lui avoué-je, un peu nerveuse alors qu’il y a pas mal de monde dans la boutique. La pauvre vendeuse semble débordée. J’espère que je vais trouver une robe qui me plaise…
–Il n’y a pas de raison. Ce ne sont que les premiers essayages, ça va aller. Tente-t-elle me rassurer alors.
–Certes, mais le mariage va vite arriver et je ne dispose pas d’un temps infini pour trouver ma robe.
-Ne t’inquiète pas. De toute façon, quoi que tu portes, tu seras magnifique !
-C’est gentil Maman… Et d’ailleurs… Être ici, ça ne te donne pas envie ? Lui demandé-je sur un ton taquin, faisant évidemment référence à sa relation avec Paul. Je sais qu’elle n’est pas forcément pour le mariage, mais peut-être qu’être plongée dans les préparatifs du mariage de sa fille lui donnent envie de changer d’avis.
-Envie de quoi ? Ne semble-t-elle pas comprendre.
-De te marier, avec Paul. Je sais que tu n’es pas spécialement pour le mariage mais…
-Qu’est-ce qui te fait dire que je ne suis pas pour le mariage ? S’étonne-t-elle alors, surprise par mes propos. Il est vrai que nous n’en n’avons jamais parlé, toutes les deux.
-Je ne sais pas… Le fait que tu es avec Paul depuis des années et que vous vous êtes jamais mariés ? J’ai déjà vu Paul regarder des émissions de mariage et vu sa tête, il n’est clairement pas contre le mariage. Lui signalé-je alors qu’elle se contente d’hausser simplement les épaules. D’ailleurs… J’ai été étonnée que tu sois aussi ravie de me voir me marier… J’ai pensé que tu aurais été davantage sur la réserve…
-Ma puce, ce n’est pas parce que je suis mal à l’aise avec les conventions que je ne suis pas heureuse de te voir te marier. M’assure-t-elle alors qu’elle semble se demander ce qui a bien pu me passer par la tête. Et puis, tu es jeune, vous allez acheter une maison avec Cédric et probablement fonder une famille. Il n’y a rien de choquant à ce que vous vous mariez.
-Mais Maman, l’âge n’a…
-Oh regarde cette robe ma puce! Elle ne te plairait pas ? Me coupe subitement Maman pour changer de sujet.
Elle se lève alors de son siège pour me désigner une robe présentée sur un mannequin sur une estrade. Il s’agit d’une robe longue, s’approchant d’un style princesse. Loin d’être convaincue, je me lève tout de même pour la voir de plus près mais je fais aussitôt la grimace.
-Maman, je vais crever de chaud dedans ! Lui assuré-je en secouant la tête. Sans parler du fait qu’elle n’est pas du tout adaptée !
-Tu as sans doute raison. Mais elle t’irait comme un gant.
-Peut-être, mais ce ne sera pas celle-là. D’ailleurs, je suis surprise que tu me la proposes, elle est très traditionnelle comme robe. Pour quelqu’un qui n’aime pas les conventions hein…
-Je n’aime pas les robes blanches en effet, mais ce n’est que mon avis personnel. Me confirme Maman. Mais c’est ce dont tu as envie, et je veux t’aider à trouver ton bonheur, c’est tout.
Soudain, je vois le regard de ma mère s’assombrir, comme si elle se perdait dans ses pensées. Je ne sais pas tellement quoi dire et je me demande bien à quoi elle peut penser. J’espère que je n’ai pas dit quelque chose qui aurait pu la blesser…
-Ca va Maman ? Tu sais, si tu veux que j’essaie cette robe, je veux bien la passer si ça te fait plaisir…
-Mais non ma puce, tu ne vas pas essayer une robe qui ne te plait pas. Refuse-t-elle aussitôt. Je pensais simplement à ta grand-mère, et à la fois où j’ai du choisir moi-même une robe de mariée. Bien que je n’avais pas envie de cette robe, j’aurais aimé qu’elle soit là. M’avoue-t-elle alors, la gorge nouée. Je n’étais qu’une enfant à l’époque, mais je comprends sans problème que l’absence de Mamie lors de l’organisation de son mariage a du lui peser. Du coup, je réalise que je suis heureuse que tu ais cette chance, d’avoir encore ta mère pour t’accompagner dans ton mariage. J’ai mes opinions concernant le mariage, certes, mais ne doute pas une seule seconde de mon bonheur de te voir te marier, d’accord ?
-Oui Maman. Lui réponds-je, émue, avant de la prendre dans mes bras. Je suis heureuse que tu sois là aussi…. Mais tu sais Maman… Ce n’est pas parce que Mamie n’est plus là, que ça s’est mal passé avec Papa et qu’aujourd’hui tu n’as plus 20 ans que tu n’as plus le droit de te marier. Et puis, personne ne t’oblige à respecter les conventions.
-Je sais ma puce, mais ce n’est pas moi qui vais me marier bientôt. Me rappelle-t-elle avec un sourire amusée, alors qu’un vendeur vient enfin s’occuper de nous.
Nous discutons pendant un moment avec le vendeur. Il me questionne sur la date du mariage, sur le lieu ainsi que sur mes envies concernant la robe. Il demande également à ma mère comment elle m’imagine le jour J. Une fois qu’il a terminé de poser toutes ses questions, il part en réserve pour me proposer une première robe, qui ne me plait pas du tout. La seconde ne plait pas à ma mère qui juge qu’elle ne me ressemble pas.
Pour la troisième robe, je me sens étrange lorsque je suis en train de la mettre. Je sens que le tissu est assez léger et je me sens rapidement à l’aise dedans. Mon cœur tambourine dans ma poitrine, et j’ai hâte de sortir de la cabine pour montrer la robe à ma mère.
Une fois prête, je sors alors de la cabine. Je suis un peu nerveuse à l’idée de me découvrir dans cette robe, ainsi que de connaitre l’opinion de ma mère. Je me sens bien dedans et mon instinct me dit que c’est la bonne… Je serai vraiment triste que ma mère ne l’aime pas.
Ma mère regarde ailleurs quand je sors de la cabine et j’ai l’occasion alors de me découvrir toute seule dans la robe de mariée. Le vendeur me regarde, mais je suis incapable de parler. Je hoche alors la tête, pour manifester mon approbation.
Le vendeur invite ensuite Maman à se retourner pour me découvrir dans ma robe. Dès l’instant où elle me voit, son visage s’illumine. Elle affiche un immense sourire émue, et je suis aussitôt rassurée.
-C’est celle-là. Tu es magnifique ma puce. M’assure Maman, dont le ton de la voix trahit son émotion. Cédric va en tomber à la renverse !
-Je ne sais pas s’il va aimer cette robe à ce point-là, mais oui… C’est la bonne. Confirmé-je alors que je me regarde dans tous les sens.
J’ai l’impression de vivre hors du temps. Les préparatifs du mariage avancent bien et je suis de plus en plus excitée à l’idée de me marier au fur et à mesure que la date approche. Je ne prête même plus attention au temps qui passe, tellement je suis obnubilée par l’approche du mariage. J’ai tellement hâte d’y être, et de pouvoir dire « oui » à l’homme que j’aime.
Mais, alors que la date du mariage approche à grand pas, la vie nous rappelle que tout n’est pas toujours rose et que l’existence est loin d’être un conte de fée.
Une nuit, alors que Phenix dormait paisiblement au pied de mon lit comme à son habitude, il rend son dernier souffle.
Poussée par un mauvais pressentiment, je me réveille au beau milieu de la nuit. Dès l’instant où j’ouvre les yeux, je sais qu’il y a quelque chose d’anormal. Un silence inhabituel règne dans ma chambre, alors que Phenix a toujours ronflé pendant son sommeil. Je remarque sa présence à côté de mon lit, mais je constate sans problème qu’il ne semble plus respirer.
Refusant l’évidence, je sors de mon lit pour me laisser tomber à genoux sur le sol pour tenter de réveiller mon chien. Je le secoue, je l’appelle, dans l’espoir de le sortir de son sommeil.
Mais il n’a aucun réaction. Absolument aucune.
Mon cœur se serre tandis que je suis obligée d’accepter l’évidence : Phenix, mon chien depuis de nombreuses années, qui m’a accompagnée durant toute mon adolescence et le début de ma vie d’adulte, nous a quitté.
Je fixe son corps sans le voir. Je sais qu’il était vieux et qu’il avait de plus en plus de mal à marcher à cause de son âge. Mais au fond de moi, j’espérais qu’il reste avec moi encore quelques mois, voire quelques années. Je m’imaginais déjà l’emmener avec moi dans ma nouvelle maison, où il aurait vécu ses vieux jours auprès de moi et de Cédric. A aucun moment je me suis imaginée m’installer dans ma maison sans mon chien. Jamais cela ne m’est venu à l’idée que cela puisse se passer ainsi.
Je suis tellement sous le choc de perdre mon fidèle compagnon que je ne remarque pas que Paul est entré dans ma chambre. Je crois que j’ai appelé Phenix trop fort, j’ai du le réveiller. Il soupire en découvrant le corps de Phenix et comprend aisément qu’il a rejoint le paradis des chiens. Il s’approche de moi pour m’éloigner du corps de mon chien, et il essaie de capter mon attention. Mais je suis complètement déconnectée de la réalité. Phenix était comme mon meilleur ami. Je viens de perdre mon meilleur ami…
-Je suis désolé Joy, mais tu sais, Phenix était vieux maintenant… On se doutait que cela finirait par arriver. Tente-t-il de me consoler alors que je sens les larmes me monter aux yeux.
-Je sais, mais au fond de moi, j’espérais qu’il tienne suffisamment longtemps pour découvrir notre nouvelle maison. Je ne me voyais pas partir sans lui. Lui avoué-je alors, la gorge nouée.
-Je me doute, Joy, je me doute. Mais le plus important est qu’il a eu une belle vie, tu lui as offert une belle vie. Ta mère l’avait trouvé dans un refuge, et grâce à vous, il a eu une maison et il a été aimé. Et puis, il avait du mal à marcher… Là où il est maintenant, il peut courir comme il l’entend.
-Je sais bien que tu as raison… Soupiré-je. On va faire quoi de son corps, Paul ?
-Je vais le mettre dans le garage pour le moment. J’irai l’enterrer dans le jardin quand il fera jour. Il ne connaîtra pas ta maison, mais il reposera en paix dans celle qu’il a toujours connu.
-Moui… Au final, c’est sans doute pas plus mal. Soufflé-je, l’esprit ailleurs, alors que Paul s’approche de Phenix pour le soulever et l’emmener hors de ma chambre. J’éclate cependant en sanglots dès l’instant où je me retrouve seule. Je me roule en boule dans mon lit, tandis que Maman vient me rejoindre pour me prendre dans ses bras.
Le lendemain, comme promis, Paul ne tarde pas à creuser un trou au fond du jardin suffisant grand et profond pour pouvoir y enterrer Phenix. J’ai mal au cœur quand je le vois installer la petite pierre tombale qu’il a acheté le matin même pour rendre un dernier hommage à notre chien.
C’est tellement dur de devoir lui dire au revoir… Mais j’essaie de me consoler en me disant qu’au moins, maintenant, il ne souffre plus de la vieillesse.
Adieu Phenix, repose en paix mon amour de toutou.


































































