Génération Gris – Génération 4 – Chapitre 30

Après notre retour de notre voyage au Mont Komorebi, il nous a fallu quelques jours nous remettre du décalage horaire avec Will. J’ai également appris une mauvaise nouvelle quand nous sommes arrivés à notre appartement : Comète, notre chienne, a rendu son dernier souffle. Elle s’est endormie dans son panier dans la nuit, et elle ne s’est jamais réveillée. C’est Maman qui l’a trouvé le matin, et mon frère l’a ensuite enterré au fond du jardin. Cela me rend tellement triste… D’autant plus que Comète était un cadeau que Papa avait fait à Maman. Mais elle était vieille et cela fait malheureusement partie de la vie.
Aujourd’hui, nous allons d’ailleurs à Oasis Springs avec Will. Pour voir ma mère, mon frère, toute la famille. Sans raison particulière, juste pour passer du temps avec eux.
Et puis, mon frère m’a envoyé une photo de Luke. Le petit a bien grandi, et j’ai envie de le constater de mes propres yeux !
Quand nous arrivons dans la maison, Maman est seule dans le salon. Grégory et Alice doivent probablement être à l’étage en train de s’occuper de Luke.

-Bonjour Maman ! La salué-je aussitôt, ravie de la voir. C’est fou comme il fait chaud ici ! Commenté-je ensuite, n’étant plus habituée aux chaleurs estivales d’Oasis Springs.
-C’est le désert ici, ma chérie. Me rappelle gentiment Maman après m’avoir dit bonjour.
-Je sais, mais cela fait longtemps que je ne vis plus ici, je ne suis plus habituée. Avoué-je, amusée, ce qui fait sourire ma mère.

-Ca a été le voyage ? Me demande Maman ensuite, avant d’ajouter, tu n’as pas passé toutes tes vacances sur ton snowboard quand même ?
-Tout s’est bien passé oui. Et non, je n’ai pas abandonné Will durant toutes les vacances. Lui réponds-je en laissant échapper un petit rire. Ma mère me regarde avec perplexité, peu convaincue par ma réponse.
C’est vrai ça, Will ? L’interroge-t-elle en regardant derrière moi pour s’adresser directement à lui, qui est resté en retrait jusqu’ici.
-Oui, elle a été sage. Dit-il, amusé par sa question.
-Les temps changent. A une époque, tu aurais vendu ta famille pour pouvoir faire du snowboard à toute heure du jour et de la nuit. Plaisante-t-elle alors que je lève les yeux au ciel.
-Tu exagères. Grégory et Alice sont là-haut ?
-Oui, ils donnaient le bain à Luke. J’ai entendu ton frère râler, Luke a du s’amuser à l’arroser. M’informe-t-elle en ricanant. Tel père, tel fils !

Je ne peux m’empêcher de rire, et je laisse Will avec ma mère pour rejoindre mon frère à l’étage. Je me dirige directement vers la salle de bain pour voir s’il y est toujours. Et, effectivement, je tombe directement sur mon frère, qui essaie tant bien que mal de calmer son fils qui semble avoir la bougeotte.
-Hey, il y a de l’animation ici ! M’exclamé-je en rentrant, découvrant la petite tête blonde que tient Grégory avec attendrissement. Mon neveu est beaucoup trop mignon ! … Et il a une vraie tête de fripouille ! Maman m’a dit que Luke t’avait fait la misère ?
-Il aime beaucoup jouer avec l’eau, oui. Confirme mon frère en souriant. Il s’amuse à taper dans l’eau avec ses mains et ses pieds, donc forcément, ça en met partout.
-Brave petit. Il a écouté sa tata quand elle lui a dit de faire vivre la misère à son père. Plaisanté-je alors.

-Va pas lui apprendre des bêtises toi. Me gronde gentiment mon frère, avant de s’adresser ensuite à son fils. Hein, faut pas écouter ce que dit Tata. Elle raconte que des bêtises. Ecoute toujours ton Papa et ta Maman, mais jamais Tata.
-C’est beau de rêver. Ne puis-je m’empêcher de rire.
-Surtout que Luke est déjà une pile électrique. Ajoute Alice qui vient de terminer d’éponger le sol. Avec une Tata basketteuse, il sera ravi de prendre exemple sur elle et d’écouter ses bêtises.
-Et sa Tata sera ravie de lui apprendre comment rendre chèvre son père. Précisé-je, amusée. Et quand on voit sa petite tête de fripouille, il sera heureux de mettre en application ce que je vais lui apprendre !
-Bon, ça suffit vous deux. Soupire Grégory, dépité par l’avenir qui l’attend. Je suis sûre qu’il regrette déjà d’être devenu père. Enfin, peut-être pas complètement. Mais juste un peu.
-Tu râles, mais tu es le premier à rire des pitreries de ton fils. Lui signale Alice. Tout à l’heure, il râlait parce que Luke mettait de l’eau partout, mais il riait en même temps et s’amusait à l’éclabousser. Me précise-t-elle ensuite.
-En même temps, tu as vu sa bouille ? Comment tu veux lui en vouloir plus de deux secondes ? Hein mon bébé, c’est toi le plus mignon du monde. Oui, oui, c’est toi le plus mignon.
-Mon dieu, il est devenu complètement gaga ! M’exclamé-je, faisant mine d’être horrifiée, ce qui ne tarde pas à faire rire Alice tandis que Grégory préfère ne pas relever.

Nous descendons ensuite au salon, rejoindre ma mère et Will. Alice doit s’absenter une petite heure pour régler un problème dans sa boutique. Maman, Grégory et Will sont tous les trois assis sur le canapé à discuter. Je participe également à la discussion… Mais avec mon neveu. Il est installé sur son tapis d’éveil et je profite de l’occasion pour passer un peu de temps avec lui. Je ne le vois pas tous les jours, alors quand je suis là, autant que j’en profite !
-Alors, ces vacances ? Interroge mon frère alors que m’amuse des gazouillis de Luke.
Oh, c’était super ! C’est vraiment dépaysant le Mont Komorebi ! Ca fait du bien de faire des balades et de profiter de la montagne et de la nature, surtout quand on habite en ville ! Répond sans attendre Will.

-Et ta sœur a même daigné mettre de côté son sacro-saint snowboard ! Ajoute Maman, décidément très amusée par cette information.
-C’est pas vrai ? Fait mine d’être choqué Grégory. Will, qu’est-ce que tu as fait de ma sœur ?
-Rien du tout. Assure Will, hilare, alors que je lève les yeux au ciel. Elle était pleinement d’accord !
-Hey, je vous entends !
-En tout cas, ça a l’air de t’amuser de t’occuper de ton neveu. Tu t’entraines ?
-Pourquoi ? Il y a besoin que tu t’entraines ? Semble paniquer d’un coup mon frère, scrutant avec méfiance Will. Qu’est-ce que tu as fait à ma sœur toi ? Accuse-t-il sur un ton faussement menaçant alors que Will lève les mains en signe d’incompréhension.
-Je m’entraine de rien du tout, j’ai quand même le droit de passer du temps avec mon neveu !

-Oh moi, ça me gênerait pas d’avoir d’autres petits-enfants ! Précise Maman, avec un sous-entendu tellement discret qu’il est aussi gros qu’un camion.
-Maman, profite déjà de celui-là. Lui dis-je, plus amusée qu’autre chose. Regarde moi ce petit ! Il se redresse bien ! Il va bientôt partir en vadrouille à ce rythme ! Regardez-moi cette tête de canaille ! Ca se voit qu’il a envie de partir à l’aventure !
-Ca ne m’étonne pas. Que ce soit ton frère ou toi, vous avez très vite gambader partout tous les deux. Vous étiez intenables ! Se souvient Maman, avec le sourire. C’est drôle. A la fois, ça me parait loin mais j’ai aussi l’impression que c’était hier.
-Je dois m’inquiéter ? Marmonne Will en direction de Grégory.
-Grace était la pire. Prépare-toi à engendrer des hyperactifs… Enfin, sois pas trop pressé non plus. Lui répond Grégory sur le même ton. Je m’empresse de lancer un jouet de Luke sur mon frère en guise de vengeance.
-Vous étiez pareils tous les deux. Corrige Maman sans attendre.

La discussion suit son cours. Quant à moi, je me concentre sur mon neveu. Il s’est remis sur le dos et j’essaie de jouer avec lui. Cela m’amuse de le voir essayer d’attraper les joujoux accrochés à son tapis, sans succès. Je tente de lui donner un jouet, mais il l’ignore, trop focalisé par ce qu’il y a au-dessus de sa tête. Je me sens un peu inutile à côté de lui, mais il est trop mignon pour que je puisse lui en vouloir.
-Grégory ? Interpelé-je mon frère, un sourire machiavélique sur les lèvres.
-… Oui ? Me répond-t-il avec méfiance, ne faisant pas confiance à mon sourire. Je me demande bien pourquoi.
-Tu m’expliques comme un nigaud comme toi a pu faire un petit garçon aussi mignon ? Lui demandé-je tout naturellement, très fière de ma blague. Will se marre et même Maman ne peut s’empêcher de rire.
-Même pas tu me défends ! S’offusque mon frère auprès de Maman.
Oh, vous êtes majeurs et vaccinés ! J’ai le droit maintenant de rire de vos bêtises ! Se défend-t-elle aussitôt ce qui n’arrange pas notre hilarité.

Soudain, interrompant nos rires, Luke se met à pleurer. Un cri fort et strident sort de sa bouche. Je grimace aussitôt et je le trouve nettement moins mignon d’un coup. Bizarrement, je remettrais presque en question notre envie d’avoir des enfants un jour avec Will.
-Il doit être fatigué. Informe Grégory qui ne semble pas plus perturbé que ça par les cris de son rejeton. Quant à moi, je le prends dans mes bras pour tenter de le calmer. C’est l’heure de sa sieste.
-Je te le redonne du coup ? Lui demandé-je alors que Luke se calme pendant que je le berce doucement dans mes bras.
-Tu peux le mettre au lit, toi, si tu veux. Mais attends, je t’accompagne. Me propose Grégory en se levant.

Je le suis donc à l’étage, jusqu’à la chambre de Luke. Grégory le change pour la sieste, et me le redonne ensuite pour que je le couche dans son berceau.
-Tu sais, Maman a acheté un mobile pour Luke, qui diffuse des berceuses. Elle n’a pas encore eu le temps de l’installer. Mais regarde, me dit mon frère en me montrant la boite ranger entre le mur et la commode, il est sur le thème de l’espace.
Ca m’étonne pas de Maman. M’en amusé-je alors que Luke chouine un peu, de fatigue. Tu vas bientôt pouvoir faire de beaux rêves dans les étoiles, toi. En attendant, il va falloir faire un peu preuve d’imagination.
-Tu sais que tu feras une bonne mère ? Me signale Grégory, à la fois amusé et attendri.
-Je croyais que tu n’étais pas pressé que nous ayons des enfants avec Will ?
-L’un n’empêche pas l’autre.
-En tout cas, c’est gentil, merci. Et rassure-toi, nous n’avons pas prévu de faire un bébé dans l’immédiat.
-Peu importe. Vous avez tout le temps devant vous pour ça. Me répond-t-il dans un haussement d’épaules, avec désinvolture.

*   *   *

Le temps a repris ensuite son cours. Nous sommes retournés au travail, où j’ai du m’investir davantage dans les entrainements. La prochaine saison va bientôt commencer et nous devons être en forme pour les prochains matchs. J’ai bien l’intention de tout donner pour mener mon équipe vers de nombreuses victoires. Nous sommes considérées comme étant la meilleure équipe de basket de la région depuis quelques années et il faut travailler dur pour conserver ce statut ! Cela met beaucoup de pression, mais j’en suis également très fière !
Et pourtant, ce soir, j’ai le moral plutôt en berne, alors que je suis rentrée du travail il y a à peine 10 minutes.

Je jette un regard par la fenêtre. L’orage gronde dehors et je suis comme hypnotisée par la pluie qui tombe en trombe. J’espère échapper à mes pensées en me focalisant sur autre chose, mais ma nervosité est si grande que c’est peine perdue.
Will n’est pas encore rentré. Il finit le travail bien plus tôt que moi, mais il me semble qu’il avait prévu de voir Gabriel en sortant du travail. Il profite que je finisse tard pour aller voir du monde, histoire de ne pas rester tout seul à l’appartement. C’est une bonne chose, et je ne peux pas lui en vouloir pour ça.
Mais ce soir, j’attends son retour autant que je le redoute.

Je suis incapable de faire autre chose pour m’occuper l’esprit. C’est déjà un miracle que je parvienne à rester assise, alors que je pourrai très bien tourner en rond dans l’appartement comme un lion en cage.
J’ai hésité à envoyer un message à Will pour lui demander de rentrer rapidement. Mais il penserait aussitôt qu’il m’est arrivé un truc de grave, et je ne veux pas l’inquiéter plus que de raison. Et puis… Je n’ai pas non plus envie qu’il rentre « trop vite » car je sais que nous devons parler, tous les deux.
Et cela me rend terriblement nerveuse. Sans doute à tort, mais c’est plus fort que moi.
J’attends l’ascenseur qui s’ouvre sur le palier. J’entends des pas s’approcher de l’entrée de l’appartement et quelqu’un siffler. Will.
Je me tends sur le canapé, et je tente de respirer un grand coup pour me détendre.
Ca va aller Grace. Il n’y a aucune raison pour que cela se passe mal…

Génération Gris – Génération 4 – Chapitre 29

Le lendemain, nous laissons de côté les pistes pour passer davantage de temps ensemble avec Will. J’adore faire du snowboard mais le but de ces vacances n’est pas que Will tente de rattraper mon niveau tout seul dans son coin.
Alors, aujourd’hui, nous testons une nouvelle activité tous les deux. Will a repéré de grands murs rocheux et a envie de s’essayer à l’escalade. Je n’ai jamais rien escaladé, lui non plus, mais cela ne doit pas être si compliqué.
Nous nous rendons donc dans les hauteurs, et nous nous avançons vers une falaise pas trop haute et qui semble assez facile à appréhender pour des novices comme nous.
Du moins, de loin, elle n’a pas l’air haute, ni bien difficile. Mais de près…

Mais une fois que nous sommes au pied de la falaise, nous l’observons avec perplexité. Nous nous sentons assez petits juste à côté, et je commence à m’interroger. Ce n’est peut-être pas l’idée du siècle d’essayer d’escalader une falaise sans matériel, sans expérience et sans personne qui s’y connaisse un minimum pour nous guider.
Fut un temps, j’aurais grimpé ce mur sans la moindre hésitation. C’est peut-être ça qu’on appelle « mûrir ».
C’est haut quand même. Signalé-je à voix haute, toujours aussi perplexe.
-Ouais.
-Ce n’est pas peut-être pas l’idée du siècle d’essayer de grimper.
-Sans doute.
-On devrait peut-être voir s’il y a des cours ?
-J’ai regardé, il n’y a plus de place.
-On n’a pas de matériel non plus.
-C’est qu’un détail. Répond simplement Will qui s’approche de la falaise pour l’observer de plus près.

Je regarde Will faire avec curiosité. Je me demande ce qu’il va faire. Il observe, et teste les différentes accroches qu’il voit. Et puis, il commence à grimper sur la falaise. Je suis surprise qu’il se lance malgré que ce ne soit pas prudent, et je ne suis pas particulièrement rassurée à cette idée.
Tu es sûr que c’est bien prudent ?
-Je ne savais pas que ce mot faisait partie de ton vocabulaire. S’amuse Will, qui continue lentement son ascension alors que je reste bien éloignée de la falaise.
Très drôle.
-Ecoute, ça ne coûte rien d’essayer ?

-Je ne sais pas… Un bras ou une jambe peut-être ? Souligné-je, alors que, comme au ralenti, je vois son pied glisser sur la roche… Et Will tomber par terre comme une crotte.
-Ca va ?! M’exclamé-je en accourant vers lui pour m’assurer qu’il ne soit pas blessé.
-Impeccable. Me répond-t-il en faisant une grimace tandis qu’il s’assoit sur le sol, avant de m’offrir un sourire rassurant.
-T’as rien de cassé ?
-Non, rien à signaler. M’assure-t-il en se relevant. Bon, on essaie de grimper ? Ajoute-t-il ensuite, nullement refroidi par sa chute. Pour toute réponse, je lui lance un regard éberlué. Il vient de se vautrer, et cela ne le refroidit pas ? Et si, arrivé presque en haut de la falaise, il glissait et chutait une nouvelle fois ? Ne t’inquiète pas, tout va bien se passer. M’assure-t-il ensuite, comme s’il lisait dans mes pensées. Cependant, cette simple phrase ne suffit pas à me rassurer complètement. Grace Opaline, celle qui saute au-dessus d’immenses rochers en faisant des acrobaties, aurait-elle peur de grimper ? Deviendrais-tu raisonnable ? Dois-je m’inquiéter ? Plaisante-t-il ensuite, comme pour chercher à me convaincre de dépasser mes appréhensions.

Piquée au vif, je lui lance un regard noir. Moi ? Raisonnable face à l’adversité ? Ce serait bien une première ! Je suis sûre de mes capacités, mais pas des siennes !
Alors, bien décidée à lui montrer qu’il a tort, je m’empresse à commencer l’ascension de ce mur de roches. Je ne suis pas très rassurée, mais je n’ai pas envie de lui montrer qu’il a potentiellement raison. Il me lance un défi, et je relève toujours les défis sans problème.
L’exercice est rude, mais je fais attention durant la montée. Hors de question de vivre la même mésaventure que Will et de me rétamer par terre comme une andouille. Les défis, je les relève du premier coup !
Alors, doucement mais sûrement, j’escalade ce mur en faisant bien attention à ne pas me louper, à ne pas glisser. A aucun moment je ne regarde en bas, je fixe mon regard vers le haut.
Au bout de quelques minutes, je finis par atteindre le haut du mur. Je m’agrippe sur le sol et je parviens à atteindre la terre ferme, en haut de la falaise. Je suis à la fois fière de moi et soulagée d’être arrivée en haut sans tomber et sans blessure !

-Hey ! C’est qui la trouillarde ? Et du premier coup ! M’empressé-je de me vanter, ce qui ne manque pas de faire rire Will qui ne tarde pas à me rejoindre en haut.
-Je n’ai pas dit que tu devenais trouillarde, mais raisonnable. Nuance !
-C’est pareil ! Assuré-je, de plus en plus fière d’avoir relevé le défi.

Will ne perd pas son sourire et s’approche de moi pour m’enlacer et m’embrasser, comme pour me féliciter de ma réussite.
Nous décidons ensuite de poursuivre notre route. Non pas pour trouver un nouveau mur à grimper -j’ai déjà assez donné!- mais pour profiter du paysage enneigé qui nous entoure. Il y a de belles randonnées à faire au Mont Komorebi et nous sommes décidés à en profiter.
Au bout d’une longue marche au milieu des sapins enneigés, nous tombons sur un magnifique pont rouge que nous nous empressons de traverser. La vue y est plus dégagée et nous en profitons avec plaisir. Nous nous y attardons pas néanmoins, désireux de continuer notre balade pour découvrir de nouvelles choses à voir sur notre chemin.

Quelques minutes de marches plus tard, nous nous trouvons en bas de nombreuses marches rouges. Nous levons la tête vers le haut pour tenter d’apercevoir ce qu’il y a en haut, mais nous nous rendons à l’évidence : il va falloir monter toutes les marches pour le découvrir.
Nous ne tardons donc pas à gravir l’immense escalier. Ce lieu perdu au milieu de la neige titille notre curiosité et nous avons hâte de savoir ce qu’il cache. Et ce n’est pas quelques marches qui vont nous en empêcher !
Une fois que nous sommes arrivés en haut, nous devrons une sorte de petit temple, sans doute un lieu de recueillement et de prière perdu dans la montagne. Il n’y a pas un bruit autour de nous et nous n’osons pas prononcé un seul mot, de peur de briser le silence paisible qui règne dans cet endroit.

-Bon, c’était une bien belle balade pour trouver un tout petit truc. Ne tardé-je pas à plaisanter, incapable de rester en place sans rien dire plus de quelques minutes. A force, on va se transformer en statut de glace et on aura l’air fin tous les deux !
-T’es incorrigible ! Laisse échapper un rire Will, amusé par ma réflexion. La spiritualité, c’est pas ton fort, hein ?
-Pas du tout ! Assumé-je, déjà prête à repartir pour poursuivre notre balade dans la neige.
Mais avant de partir, Will tient à prendre quelques photos souvenirs. Dont une de nous deux, montrant bien que je ne suis pas restée sur ma planche de snowboard durant toutes nos vacances.

*     *     *

Les jours suivants, nous délaissons les montagnes enneigées pour la verdure des plaines au pied du Mont Komorebi. Fini le froid, nous voulons laisser de côté nos doudounes pour des vêtements plus légers.
Et puis, Will a envie d’aller voir le temple rouge. Je l’ai déjà vu quand je suis venue avec mes parents, mais Will a également le droit de le découvrir à son tour. Mais, mes souvenirs pour y aller sont un peu flou et Will a un peu de mal à déchiffrer la carte que nous avons acheté à un stand en bas de la forêt de bambous.
-Je te dis qu’il faut aller par-là pour aller au temple.
-T’es sûre ? C’est pas ce que dit la carte. Semble-t-il perplexe.
-En même temps, tu la tiens à l’envers.
-Qu’est-ce que tu racontes comme bêtise ?
-Je ne raconte pas de bêtise. On est juste à côté de la forêt de bambous alors que sur ta carte, elle serait à l’opposé de nous !
-Ah oui… Admet Will en levant enfin le nez de sa carte pour observer les alentours. Il semble un peu perdu, et n’a visiblement pas la moindre idée où on doit aller.
-Sinon, on se contente de nous balader et on verra bien si on finit par tomber dessus ? Proposé-je, n’ayant pas particulièrement envie de rester ici à faire du sur-place. De toute façon, il est immense. On le verra de loin.
-Oui, tu as sans doute raison.

Will finit donc par ranger la carte dans la poche de son jean et nous reprenons notre route. Ici aussi, les paysages sont magnifiques et c’est avec plaisir que je redécouvre ces lieux familiers. C’est comme si c’était hier que j’étais venue tellement rien ne semble avoir bougé, comme si le temps n’avait aucune emprise sur cet endroit.
Comme je l’avais prédis, nous finissons par apercevoir le temple au loin. Will est impressionné par la beauté de la bâtisse, et nous décidons de faire le grand tour pour le rejoindre pour continuer de profiter du paysage qui nous entoure et, peut-être, découvrir des lieux cachés.
A un moment, nous traversons un pont et nous nous arrêtons un instant. Ici, nous avons une vue magnifique sur le Mont Komorebi au loin. Le sommet est dissimulé par les nuages mais la vue est absolument incroyable. Nous ne pourrions pas espérer mieux pour notre dernière journée ici !

La fin de journée arrive rapidement et, pour notre dernière soirée au Mont Komorebi, nous nous offrons une fondue japonaise. Après tout, le logement est loué avec un appareil, alors autant en profiter ! Au moins, cela nous permet de rester tranquille et de nous reposer avant de reprendre l’avion demain pour un long trajet jusqu’à chez nous !
-En tout cas, c’était de merveilleuses vacances. Merci beaucoup, Will. Lui dis-je, au détour d’une conversation, reconnaissante qu’il ait fait en sorte que je revienne dans cet endroit que j’adore.
-Mais je t’en prie, je suis heureux que ça t’ait fait plaisir.

Mais tu n’es pas trop triste de rentrer à la maison ? Me demande-t-il ensuite.
-Non, du tout. J’adore le Mont Komorebi, mais seulement pour des vacances. J’ai quand même hâte de retrouver notre appart’, ma famille et notre joyeuse bande d’abrutis ! Plaisanté-je, de bonne humeur, en engloutissant le contenu de mon bol. Cette fondue est absolument délicieuse !
-Ils seraient ravis de t’entendre les appeler ainsi, tiens. S’en amuse aussitôt Will, bien que son regard montre bien qu’il n’en pense pas moins.
Tu oserais me dénoncer ? Fais-je mine de m’offusquer face à cette éventualité.
Ca dépend. Mon silence pourrait te coûter très cher. Réplique-t-il sur un ton narquois.

-Dis donc toi, essaierais-tu de me faire du chantage ? Relevé-je, sur le même ton, amusée par la situation.
-Je n’appellerai pas ça comme ça. Je dirai plutôt qu’il s’agit d’une négociation. Nuance-t-il, sans perdre son sourire. Après tout, tout se paie de nos jours. C’est triste, mais c’est comme ça.
-Et ton silence va me coûter combien ?
-Cher. Très cher. Mais je te rassure, je ne suis pas très regardant sur le mode de paiement. Plaisante-t-il alors que je laisse échapper un rire. Même si j’ai ma petite idée en tête, bien sûr.
-Monsieur a toujours les idées mal placées à ce que je vois !
-Je n’y peux rien ! Il y a du gingembre dans cette fondue ! Se défend-t-il avec un air faussement innocent alors qu’il n’est absolument pas crédible.

Nous poursuivons le repas sans cesser nos plaisanteries plus ou moins -plutôt moins d’ailleurs- innocentes. Bien que nous apprécions le repas, nous avons vite envie de passer au dessert. Une fois la vaisselle faite, ce sont nos vêtements qui s’envolent et nous nous empressons de rejoindre le lit.
Après tout, il faut bien que nous fêtons dignement la fin de nos vacances !

Génération Gris – Génération 4 – Chapitre 28

Le lendemain, je suis excitée comme une puce à l’idée de retourner sur les pistes. Je me lève de bonne heure, prête à affronter cette journée qui nous attend. J’ai tellement hâte de remonter sur mon snowboard !
Will s’amuse de mon attitude, plaisante, mais traine un peu la patte. Je le charrie en lui disant que s’il passait plus de temps à se préparer qu’à faire des blagues, nous serions déjà en haut de la montagne. Il rit, et finit par consentir à se dépêcher.
Mon enthousiasme augmente au fur et à mesure où nous approchons de notre destination, et encore plus quand je commence à apercevoir de la neige. Bientôt, le paysage qui nous entoure est entièrement recouvert d’un manteau blanc et mon regard pétille quand nous nous approchons des pistes. Elles m’avaient tellement manqué !

-Tu veux qu’on aille prendre une boisson chaude avant d’aller faire du snowboard ? Propose alors Will en disant les stands présents en bas des pistes. Je l’observe avec perplexité. Est-il sérieux ou essaie-t-il de m’embêter ? Il sait pourtant que je n’ai envie que d’une chose en cet instant précis : dévaler les pistes encore et encore ! Me regarde pas comme ça, je plaisante ! Ajoute-t-il ensuite avec son habituel sourire narquois.
Tu es hilarant mon cher ! Lui souligné-je, avant d’ajouter : Personnellement, je pense que tu essaies de retarder l’inévitable : tes chutes à répétition !
-Je n’ai absolument pas peur. Affirme Will, toujours avec son air amusé. Aller viens, on va prendre les télécabines. On dirait une enfant le matin de Noël là !
-En même temps, c’est mon cadeau de la fête de l’Hiver ! Lui rappelé-je avant de me précipiter vers l’entrée des télécabines.

Il ne nous faut que quelques minutes pour atteindre le sommet des pistes, mais ces minutes me semblent interminables tellement je suis impatiente. Là où Will profite de ce moment pour observer le paysage, moi, je ne regarde que l’arrivée.
Une fois que nous descendons des télécabines, nous nous dirigeons vers la piste la plus facile. Si cela ne tenait qu’à moi, je serais allée vers une piste qui demande plus de challenge, mais Will n’a jamais fait de snowboard ou de ski de sa vie. Je le taquine, mais je n’ai pas envie qu’il se fasse mal en essayant de me suivre. Et puis, commencer par une piste facile me permettra également de me remettre tranquillement dans le bain.
En arrivant au bord de la pente, je m’installe sans attendre sur mon snowboard. Malgré les années, il est toujours en bon état et j’ai hâte de voir s’il tient toujours la route. Sans attendre davantage, je me laisse glisser sur la piste.

Si je dois être tout à fait honnête, j’avais tout de même une petite appréhension avant de m’élancer. J’espérais que je n’avais rien oublié depuis mon adolescence. Après tout, les années sont passées et je n’ai pas pratiqué le snowboard depuis que je suis venue ici avec mes parents et mon frère.
Mais visiblement, le snowboard, c’est comme le vélo. Ca ne s’oublie pas !
Dès lors que je commence à glisser, je retrouve instinctivement mes vieux réflexes. J’adopte la bonne posture et je ne rencontre absolument aucune difficulté durant la descente. Je fonce sans hésitation vers les bosses pour m’élancer brièvement dans les airs.
Je retrouve avec plaisir les sensations que j’éprouvais lors de mon adolescence quand je passais mes journées sur les pistes. La vitesse, le vent qui fouette mon visage, l’adrénaline qui augmente… Je les redécouvre avec plaisir et je regrette presque de faire une piste aussi facile. J’avais pris bien plus de risque avant et cette piste me fait l’effet d’un parcours de santé pour personnes âgées. C’est que je m’y ennuierais presque !

Will s’élance peu de temps après moi. Contrairement à moi, il n’a pas de snowboard donc il a du en louer un dans un boutique. Il n’y connait absolument rien et a pris le premier qui lui tombait sous la main. Il fait avec les moyens du bord, comme on dit.
Mais évidemment, comme il s’agit de sa première descente, il n’est pas très à l’aise sur son snowboard. Il peine à trouver son équilibre et il n’est pas très rassuré. Il peine à se diriger, et manque de tomber en essayant d’éviter une bosse. Il faisait le malin mais il reste un débutant dans le snowboard…

Et forcément, comme beaucoup de personnes qui débutent, le pauvre ne sait pas freiner lorsqu’il arrive en bas de la piste. Il tente quelque chose, mais cela ne fonctionne pas. Il perd rapidement l’équilibre et finit immanquablement par tomber et glisser sur la neige. J’ai même vu son snowboard voler pour atterrir quelques mètres plus loin. Je m’empresse d’aller le rejoindre et, même si la scène est assez drôle à voir, j’espère qu’il ne s’est pas fait mal en tombant !
-Ca va ? Lui demandé-je alors, en lui tendant la main pour l’aider à se relever.
-Impeccable. J’ai juste été distrait. Tu es sacrément douée en snowboard !
-A d’autres ! Tout le monde n’a pas un talent inné pour le snowboard !
-Ah ça c’est clair. Grimace-t-il tandis qu’il frotte ses vêtements pour enlever la neige dessus.

-Sérieusement, tu ne t’es pas fait mal ? M’inquiété-je tout de même, tout en le prenant dans mes bras.
-Ce n’est pas une petite chute qui va me faire du mal. Me rassure-t-il alors avant de m’embrasser. Mais je pense qu’on devrait profiter des pistes chacun de notre côté.
-Mais, on devait passer la journée ensemble ! M’étonné-je, ne sachant pas si je devrais heureuse de pouvoir profiter des pistes comme je l’entends ou être déçue de ne pas en profiter avec lui.
-On n’a clairement pas le même niveau et je n’ai pas envie que tu te restreignes pour moi. C’est ton cadeau après tout, j’ai envie que tu puisses en profiter à fond. M’assure-t-il alors que j’hésite encore à accepter sa proposition. Je vais faire un tour sur les pistes pour débutant et je viendrai te voir descendre les pistes pour les pro. Ajoute-t-il ensuite. Sa proposition me touche et je suis bien trop tentée par les pistes difficiles pour pouvoir refuser. Nous nous donnons une heure de rendez-vous, et nous allons chacun de notre côté afin de profiter, à notre manière, de la montagne.

Je m’empresse donc de reprendre les télécabines pour retourner tout en haut des pistes. Cette fois-ci, pas de piste facile pour moi, je fonce directement vers la plus difficile et la plus risquée ! Je fonce sans la moindre crainte : j’ai eu un tour de chauffe et je sais que mes vieux réflexes sont toujours là ! Il n’y a aucune raison que cela tourne mal et c’est donc confiante que je m’élance sur la piste.
La pente est plus rapide, je prends rapidement de la vitesse. J’aperçois un énorme rocher devant moi, je me concentre et anticipe ma future cascade. Je fonce dessus et j’ai littéralement l’impression de m’envoler dans les airs. Le temps semble comme suspendu alors que je savoure cette sensation de ne plus avoir les pieds sur terre et que je profite de la vue absolument magnifique. C’est tout simplement incroyable !
Mais je ne perds pas ma concentration pour autant car je suis vite de nouveau attirée par le sol. Le moment le plus délicat arrive mais j’atterris sans le moindre problème sur la neige et je dévale de plus belle le reste de la piste. A peine arrivée en bas que je n’ai qu’une envie : recommencer !

Nous avons passé la journée dehors avec Will. Après avoir chuté plusieurs fois, le pauvre a laissé tomber et il se contentait d’attendre en bas des pistes pour me regarder les dévaler à toute vitesse. Il était surpris de ne me voir jamais tomber et de l’endurance dont je peux faire preuve. Ce ne sont pas les pistes de ski qui arrivent à m’épuiser !
A la nuit tombée, Will parvient à me convaincre de nous rendre à l’onsen. Il a vu son internet que c’est toujours ouvert et il a hâte de tester les sources d’eau chaude. Je suis moyennement convaincue que c’est une bonne idée d’y aller alors qu’il fait nuit et froid, mais Will a été tellement adorable aujourd’hui que je n’ai pas le cœur à refuser. Et au pire, je n’aurais qu’à me plonger entièrement dans l’eau chaude pour ne pas me transformer en glaçon !

Nous entrons à l’intérieur du bâtiment et nous sommes accueillis par une réceptionniste qui menace de s’endormir d’une minute à l’autre. L’ambiance, la musique et l’absence de visiteurs à cette heure-ci ne doivent pas l’aider à se maintenir éveillée. Nous la saluons avec un air presque désolé de la déranger pendant son début de sieste. Néanmoins, elle se montre agréable et nous sourit tout en nous expliquant le fonctionnement de l’onsen. Elle nous invite à rejoindre les vestiaires pour nous changer avant d’aller jusqu’au douche. Il s’agit d’un passage obligé pour veiller à la propreté de la source d’eau chaude. Nous appliquons donc la consigne à la lettre, et je ne peux m’empêcher de sourire en observant Will.
-C’est ça, frotte bien ! Il faut bien ça après avoir passé la journée à te rouler dans la neige ! M’empressé-je de le taquiner.
-Sois mignonne, ou sinon je te noie dans la source. Réplique sans attendre Will avec amusement. Alors que je suis rincée, il s’empresse de m’asperger de gel douche. Je rêve ou il veut se battre ?

Une fois propre, et après que nous ayons fini de jouer comme des gamins, nous sortons donc du bâtiment pour rejoindre la source d’eau chaude. Je grimace en sortant de l’espace chauffée et je m’empresse de me jeter dans l’eau. Je m’assois sur une pierre, et je savoure la chaleur de l’eau, contrastant avec l’air froid ambiant de la montagne.
-Ah c’est revigorant ça ! S’exclame Will, fier comme un coq. On se sent bien après une victoire ! Ajoute-t-il, ravi que j’ai déclaré forfait suite à notre petite guéguerre dans les douches. Pour ma défense, j’avais du shampoing dans les yeux et j’avais pas envie de glisser et de me casser une jambe !
-Au lieu de te vanter pour une victoire totalement injustifiée, viens t’asseoir avant de choper une pneumonie ! Répliqué-je en l’attrapant par le bras pour le forcer à s’asseoir à côté de moi.

Will rit mais se laisse faire sans broncher. Le silence s’installe petit à petit entre nous, pendant que nous profitons de la source. On ne va pas se mentir, c’est agréable et propice à la détente. Après une journée entière sur les pistes, cela fait du bien de se baigner dans l’eau chaude et de reposer les muscles qui ont travaillé toute la journée.
Mais au bout de quelques minutes à ne rien faire d’autres, je finis par m’ennuyer et à trouver le temps long. Je vois que Will a les yeux fermés et semble profiter du moment, et je n’ose pas engager la conversation. Néanmoins, je vais bientôt savoir combien il y a de stalactites en verre accrochées sur le toit de l’onsen…

Alors, doucement, l’air de rien, je me rapproche de Will. Je n’ai pas envie de le déranger, mais je peux toujours essayer d’attirer son attention en me lovant contre lui. Au pire, il n’a qu’à ronfler pour me signaler qu’il s’est endormi.
Dès lors que mon bras touche le sien, Will ouvre les yeux et me regarde avec une tendresse infinie dans le regard.
Tu as passé une bonne journée ? Me demande-t-il sur un ton plus calme que tout à l’heure.
-Oui, impeccable. Ca m’avait manqué de faire du snowboard !
-On pourra revenir demain si tu veux. Me propose-t-il alors. Cela me touche, mais je sais déjà ce que je vais répondre.
-Non. On ne reste que quelques jours ici, et je veux les passer avec toi. Lui dis-je, alors qu’il hoche la tête pour signifier qu’il comprend. Et toi, ta journée ? Tu n’as pas trop mal partout ? Le taquiné-je ensuite.

-Eh bien, puisque tu le dis, j’ai absolument mal partout ! S’exclame-t-il un peu trop vivement pour être honnête. D’ailleurs, faut que je pense à m’étirer si je ne veux pas être courbaturé demain ! Ajoute-t-il alors qu’il fait mine d’étendre ses bras en l’air. Il est vraiment sérieux ?
-Oui, ce serait vraiment dommage. Ca va être compliqué de partir en balade si tu as mal aux bras. Lui réponds-je avec ironie, loin d’être dupe face à son petit jeu. Etrangement, quand il termine de s’étirer, son bras passe derrière mon dos et atterrit sur mon épaule.
-A fond. J’ai prévu de me reconvertir en clown et d’apprendre à marcher sur les mains. Plaisante-t-il alors que je ne peux m’empêcher de m’esclaffer suite à sa bêtise.
-Genre, tu crois que je ne vois pas clair dans ton petit jeu ?

-Quoi ? C’est mal de vouloir faire un câlin à sa chérie ? S’empresse-t-il de faire l’innocent alors qu’il plonge son regard dans le mien. Il n’y a personne, j’en profite !
-Tu sais que tu n’as pas besoin de recourir à tout un stratagème pour ça ?
-Oui… Mais c’est moins drôle. Avoue-t-il avec un sourire amusé, et je profite de son étreinte dans cette source d’eau chaude. Je m’ennuie beaucoup moins et je n’ai plus aucune envie de sortir de là ou de compter les stalactites. Je suis heureux de savoir que ces vacances te plaisent.
-Pourquoi elles ne me plairaient pas ? Je suis avec toi, c’est tout ce qui compte. Lui réponds-je.
-Je t’aime.
-Moi aussi je t’aime.

Aussitôt après, Will approche son visage du mien et s’empare de mes lèvres pour un tendre b.aiser. J’y réponds sans attendre et je savoure l’instant d’autant plus. Il n’y a pas un bruit autour de nous, juste le son de l’eau qui coule des petites cascades dans les rochers.
L’instant est parfait, ou nous sommes juste tous les deux, à profiter du moment et à nous embrasser sans nous arrêter.
Juste tous les deux.
Une idée un peu folle me vient à l’esprit. J’essaie de la chasser car ce ne serait pas raisonnable, mais sans y parvenir. Elle tourne en boucle dans ma tête et je commence à avoir chaud. Et pas seulement à cause de la source.
Oh et puis après tout, on n’a qu’une vie.

Je libère donc les lèvres de Will et je réalise que nous sommes pile face à l’entrée de la source. J’entraine donc mon homme dans un autre coin de la source, plus à l’abris des regards. Will me lance un regard interloqué, ne comprenant pas pourquoi nous nous installons dans un autre coin du bassin. Je l’embrasse alors, sachant qu’il comprendra vite où je veux en venir. Mes baisers sont d’abord sages, avant d’être plus passionnés et plus enflammés.

Laissant parler mon envie du moment, je finis par m’installer sur les genoux de Will. Ses mains parcourent mon corps. Je comprends qu’il a deviné mes intentions et qu’il n’est pas contre l’idée. Ses caresses me font frissonner et je ne lâche plus les lèvres de Will.
-Sérieusement ? Ici ? Finit-il par me demander, un peu surpris par ma fougue soudaine qui n’a cependant pas l’air de le déranger le moins du monde.
Et pourquoi pas ? Il n’y a personne. Lui soufflé-je, d’humeur badine et amusée par la situation. Pourquoi ? Tu n’as pas envie ?
-Bien sûr que si… Mais si on nous surprend ? Me demande-t-il en scrutant avec inquiétude l’entrée menant à la source chaude.
On s’excusera et on va en rire sur le chemin du retour. Et on reprendra là où s’est arrêté à l’appartement. Lui assuré-je avant de l’entrainer avec moi dans l’eau.

-Qu’est-ce que tu fais ? Demandé-je à Will, qui ressort la tête de l’eau, quelques minutes plus tard alors que nous nous amusons, comme des adultes.
-J’avais cru entendre un bruit. Me répond-t-il en riant, réagissant aux chatouilles que je lui fais sous l’eau.
-Et donc ?
-Et donc, tu vas prendre cher. Réplique sans attendre Will en se retournant vers moi.
-J’ai hâte de voir ça. Lui soufflé-je en retour en posant mes mains sur ses épaules pour le surplomber de ma hauteur. Je m’empare de ses lèvres, bien décidée à faire des bêtises avec lui dans la source d’eau chaude.

Génération Gris – Génération 4 – Chapitre 27

Maintenant que Luke est né, et que je l’ai déjà bien pourri gâté, nous pouvons enfin concrétiser notre projet de voyage avec Will. C’est avec bonheur que nous prenons l’avion pour nous envoler vers le Mont Komorebi. Je suis toute excitée tellement que je suis heureuse de retourner là-bas ! J’ai tellement de bons souvenirs que je suis enthousiaste de redécouvrir ces paysages magnifiques … et de dévaler de nouveau les pistes en snowboard ! Lorsque j’aperçois le paysage du Mont Komorebi à travers du hublot de l’avion, j’ai les yeux qui pétillent d’émerveillement. Je suis pressée de faire découvrir cet endroit à Will.
Quand nous quittons l’aéroport, la première étape est de rejoindre notre location pour poser nos affaires et nous reposer un peu du voyage. Il s’agit à l’origine d’une maison, qui a été divisé en deux appartements : un au rez-de-chaussée et l’autre à l’étage.

Avec Will, nous occupons l’appartement à l’étage. Le logement n’est pas immense, mais il est largement suffisant pour partir quelques jours en vacances. Après tout, nous n’avons pas l’intention de passer nos journées dans l’appartement. Il y a le nécessaire pour être bien installé et passer un bon séjour. C’est confortable et la décoration est sympathique. Il y a même de quoi faire une fondue japonaise si nous le souhaitons !
Lorsque nous arrivons, nous rangeons nos affaires et nous nous installons sur le lit… pour nous accorder une sieste bien méritée. Le voyage nous a épuisé et nous avons besoin d’énergie pour aller nous balader dans les environs. Pas de snowboard de prévu pour aujourd’hui, mais j’ai bien l’intention de trainer Will sur les pistes dès demain !

Après notre sieste, et maintenant que nos batteries sont rechargées, nous nous changeons et nous partons nous balader dans un quartier voisin. Nous y avons repéré un restaurant et nous voulons nous promener avant d’aller manger.
Je découvre le quartier en même temps que Will, car je n’ai pas souvenir d’y être allée quand nous sommes venus avec ma famille.
J’avance d’un pas énergique alors que Will est plus tranquille et profite davantage du paysage. J’ai envie de voir plein de choses !
Ce qui est assez incroyable, quand je repense à mon adolescence. A l’époque, je ne voulais faire que du snowboard, et mes parents devaient me trainer pour me forcer à partir en balade avec eux. Maman ne peut pas me voir d’Oasis Springs, mais de là où il est, Papa doit bien rigoler !

Au fil de notre balade, nous arrivons au niveau d’un pont. L’environnement autour du lac est magnifique, et nous décidons de rester un moment ici, pour profiter du lieu. Il n’y a personne dehors et la température est agréable. Il règne ici un ambiance paisible et tranquille qui apaiserait n’importe qui. Le soleil commence d’ailleurs à se coucher, et les teintes rosées accentuent la beauté du lieu.
C’est vraiment un bonheur d’être venu ici et je remercierai jamais assez Will d’avoir cette idée !

Puis, je commence à me dire que nous ferions mieux de reprendre notre route. Je suis sûre qu’il y a encore des coins magnifiques à découvrir avant de rejoindre le restaurant.
Cependant, Will m’arrête avant même que j’ai le temps de rejoindre l’autre rive. De sa poche, sortie de nul part, il sort une rose rouge qu’il me tend avec un sourire tendre.
-Je suis heureux d’être ici, avec toi. Et je profite de ce lieu magnifique pour te dire que je t’aime et t’offrir cette rose. Après tout, c’est le jour de l’Amour aujourd’hui. Me dit-il, sans perdre son sourire, alors que je prends la rose, touchée par son attention.
-Oh, Will, tu es adorable. Je t’aime aussi. Lui soufflé-je, avant de le prendre dans mes bras. Je lui signale que j’ai laissé son cadeau dans la valise, il me rappelle que nous avons tout notre temps.

Je reste un moment lovée dans les bras de Will. Le temps est comme suspendu et je ne fais plus attention au soleil qui se couche petit à petit pour laisser place à la nuit. Ce n’est que le début de nos vacances en amoureux, mais j’ai déjà l’impression d’être dans un rêve.
Will me regarde, me sourit puis approche son visage du mien pour m’embrasser. Je profite de chaque seconde et je savoure sa présence à mes côtés. Je me sens tellement chanceuse de l’avoir dans ma vie.

Après avoir vagabondé dans les différentes allées du quartier, nous nous dirigeons vers le restaurant* une fois la nuit tombée. Nous avons envie de manger local et il n’est pas certain que Will ait besoin de cuisiner durant notre séjour. Au moins, il est libéré délivré de cette tâche pendant nos vacances !
Malgré que le soleil ne soit plus là, il ne fait pas particulièrement froid et nous demandons donc à être installé sur la terrasse. Il n’y a pas grand monde dehors et nous serons donc un peu plus tranquille.
-Alors, tu as envie de faire quoi durant de notre séjour ? Me demande Will après que nous ayons passé commande.
Tu poses sérieusement la question ? Lui réponds-je, interloquée par son interrogation. Je croyais qu’il me connaissait suffisamment pour déjà connaitre la réponse.
-A part du snowboard, je veux dire. Précise-t-il en riant. Evidemment, cette réponse-là, il la connaissait déjà tellement elle était évidente.

-Je ne sais pas trop, je n’y ais pas tellement réfléchi. Avoué-je. Je suis tellement pressée de retourner sur les pistes que je n’ai pas pensé au reste du programme. Honnêtement, je me suis dit que l’on verrait au moment venu, selon nos envies du jour. Et toi ? Tu as des envies en particulier ?
-J’ai vu qu’il y avait des onsen. Je me suis dit que ça pourrait être sympa de tester. Ou de nous essayer à l’escalade. Propose Will alors que j’essaie de me rappeler ce qu’est un onsen. Quand l’image me revient, je ne peux m’empêcher de sourire.
-Tu anticipes d’avance tes futures chutes sur les pistes demain pour avoir envie de te plonger dans une source chaude ? Pour réparer tes pauvres petits muscles endoloris ? M’empressé-je de le taquiner.
-Pas du tout. Pour ça, je comptais plutôt sur la merveilleuse femme qui partage ma vie pour prendre soin de moi avec des massages. Réplique-t-il sans attendre et très vite, la conversation a tendance à dévier. Les sous-entendus se glissent dans nos phrases et nos regards ne cachent pas nos envies pour la fin de la soirée.

Nous sommes coupés dans nos discussions par l’arrivée du serveur avec nos plats, et avec tout ça, j’en avais presque oublié les maki que j’ai commandé. J’avoue à voix haute que j’aurais presque eu envie de sauter le dîner pour rentrer directement à l’appartement, et cela ne manque pas de faire rire Will. Il me dit que je suis impatiente et me rappelle que nous sommes aussi venus pour découvrir la gastronomie locale. Je renchéris en le traitant de rabat-joie.
Et le pire, c’est que cela le fait rire. Et qu’il continue ses sous-entendus et allusions badines. Le bougre, je lui promets de me venger. Il rit, encore, et m’assure qu’il a hâte de voir ça.

Le repas est délicieux et je suis ravie de ne pas avoir sauté le dîner. Néanmoins, maintenant que nous avons fini de manger, j’ai très hâte de rentrer à la location pour prendre le dessert.
C’est sans compter l’esprit taquin de Will qui s’amuse à m’entrainer dans des détours, plutôt que d’opter pour le chemin le plus direct pour rentrer à l’appartement. Il m’affirme que les paysages sont magnifiques de nuit et que ce serait dommage de ne pas les admirer, mais je sais qu’il fait juste pour m’embêter. Cela se voit à son sourire, il prend un malin plaisir à me tourner en bourrique. Je fais mine de bouder, et cela ne l’émeut pas une seule seconde.
Au contraire, cela l’amuse encore plus. Il m’épuise par moment. Alors, je renonce à négocier avec lui et je me contente de le suivre bon gré mal gré.
Nous finissons tout de même par arriver à destination. Je n’ai pas le temps de réfléchir que Will me prend dans ses bras, et m’offre un biser passionné comme dans les films. Il ne lâche plus mes lèvres et je devine que lui non plus n’en pouvait plus d’attendre. A trop vouloir m’embêter, il s’est puni tout seul. Je jubile autant que je profite de ses baisers et de ses caresses.
Il est grand temps de fêter le début des vacances comme il se doit !

* Le restaurant est une création de NS. 

Génération Gris – Génération 4 – Chapitre 26

Après qu’Alice ait perdu les eaux sur mes tapis -au revoir les tapis, je vous aimais bien-, elle et Grégory sont partis en 4e vitesse pour se rendre à la maternité. Vu que mon frère est le roi de l’organisation -pas du tout-, le sac avec des affaires pour Alice et le bébé n’étaient pas, par précaution, dans le coffre de la voiture, mais à la maison à Oasis Springs.
Après leur départ, j’ai du appeler Maman pour qu’elle aille les rejoindre à l’hôpital avec le sac. Une vraie aventure, mais tout le monde est arrivé à bon port et Alice ainsi que le bébé pourront se mettre des vêtements sur le dos.
Avec Will, nous avons attendu près de mon téléphone pendant des heures. Will a tenté de me convaincre d’aller dormir, mais j’étais tellement excitée comme une puce à l’idée de devenir tata que j’ai eu du mal à trouver le sommeil. C’est seulement en début d’après-midi le lendemain que Grégory nous a appelé en visio pour nous annoncer avec émotion que le petit Luke est venu agrandir la famille. La mère et le bébé vont bien, et tout le monde est heureux d’accueillir le nouveau membre de la famille !
Quelques jours plus tard, quand Alice et Luke sont rentrés de la maternité, nous nous empressons de faire la route avec Will pour aller rencontrer le nouveau-né. Une fois arrivés, il ne me faut pas longtemps avant de grimper à l’étage et d’entrer dans mon ancienne chambre, pour découvrir mon frère en train de donner le biberon à son fils.

-C’est marrant, ma chambre me parait plus grande que dans mon souvenir ! M’exclamé-je après avoir salué mon frère, commentant la nouvelle décoration de la pièce.
-En même temps, ce n’est pas étonnant, vu le bazar qu’il y avait dedans ! Plaisante alors Grégory sans se retourner, concentré sur son fils. Je fais mine de ne pas savoir où il veut en venir, et j’entends Will ricaner dans son coin. Ils sont à deux doigts de se liguer contre moi !
-Comment vont les jeunes parents ? S’empresse de demander Will avant que je ne songe à riposter.
Fatigués, mais ça va. Lui répond alors Grégory, tout en faisant le rot de Luke maintenant qu’il a terminé son biberon. Alice se repose, je ne suis pas sûr que vous la voyez beaucoup aujourd’hui. L’accouchement a été éprouvant.

-Ca peut se comprendre, on aura l’occasion de la voir quand elle sera plus en forme. Me contenté-je de répondre, tout en m’approchant du berceau. Grégory vient de coucher Luke à l’intérieur, et le bébé n’a pas tardé à partir au pays des rêves.
-Lui non plus, je ne suis pas sûr que vous le voyez beaucoup réveillé. M’informe Grégory qui observe son fils avec beaucoup de tendresse. Je ne peux m’empêcher de sourire en le voyant, et je me rappelle aussi que Luke est, pour le moment, un gros dormeur.
-Pas de problème, au moins, on peut voir sa bouille.
-Maman dit qu’il me ressemble. Me signale Grégory, alors que j’observe Luke avec perplexité en tentant de déceler une éventuelle ressemblance avec mon frère. Mais Elsa affirme qu’on dirait Alice quand elle était bébé.
-Il vient à peine de naître, vous avez le temps encore avant de voir à qui il ressemble. Et puis, si ça se trouve, il sera un parfait mélange de vous deux. Intervient à son tour Will.
-Peut-être, on verra bien. L’important, c’est qu’il soit en bonne santé.

Grégory et Will continuent de discuter, mais je me déconnecte rapidement de leur conversation. Je préfère regarder mon neveu dormir. Je me prête également au jeu d’essayer de deviner à qui il ressemble, mais je n’arrive pas à voir le moindre indice. Pour moi, tous les bébés se ressemblent. Néanmoins, cela ne m’empêche pas de m’attendrir devant sa bouille.
Cela me fait tout drôle de me dire que je suis dorénavant tata. Déjà, c’était difficile pour moi d’imaginer mon frère père… La réalité est cependant là, devant moi, en train de dormir paisiblement. Et même si cela me fait bizarre de me dire que je suis tata, je suis profondément heureuse de faire la rencontre de ce petit être.

Nous finissons par descendre pour retourner au salon, afin de laisser Luke dormir tranquillement. Nous retrouvons alors Maman, tranquillement assise sur le canapé en train de regarder la télé. En nous voyant, elle nous sourit et s’empresse d’éteindre tandis que nous nous installons à ses côtés.
-Alors Maman, ça fait quoi d’être mamie ? Lui demandé-je alors, prête à la taquiner sur le coup de vieux que cela doit lui faire.
-C’est un bonheur. Me répond-t-elle sans perdre son sourire. Luke est adorable. Je dois tout de même avouer que ça me fait drôle de voir ton frère être papa… J’ai l’impression que c’était hier qu’il était encore un petit bébé.
-Ca fait pourtant belle lurette que c’est plus un bébé !
-Tu comprendras mieux quand tu auras des enfants. S’en amuse ma mère alors que je me contente de hausser les épaules.
-D’ailleurs, tu nous as pas dit ce que ça faisait d’être maintenant papa ! Interroge ensuite Will en direction de Grégory.
-C’est épuisant. Plaisante alors mon frère, avant de lancer un regard suspicieux à Will. Mais ne sois pas trop pressé de savoir ce que ça fait, toi! Ajoute-t-il sur un ton faussement menaçant. Laisse encore du temps à ma sœur de retrouver la raison et de se rendre compte avec qui elle est !
-Mais quelle andouille ! Lancé-je en réaction, alors que Will ne peut s’empêcher de rire. Plutôt que de dire des bêtises, viens avec moi ! J’ai ramené plein de trucs pour Luke !!
-Le contraire m’aurait étonné. S’en amuse-t-il avant de se lever pour me suivre jusqu’à la table de la salle à manger où j’ai laissé les sacs plein de cadeaux pour mon neveu.

Pendant ce temps-là, nous laissons Will et ma mère seuls dans la partie salon de la pièce. Ma mère invite rapidement Will à s’asseoir à côté d’elle. Il ne semble pas à son aise, à être ainsi en tête-à-tête avec Maman. Pourtant, elle est adorable et elle ne ferait pas de mal à une mouche. Et encore moins à Will qui n’est pas un total inconnu dans la famille.
-Alors, tu travailles dans un cabinet d’avocat, c’est ça ? L’interroge-t-elle pour faire la conversation.
-Oui, je suis l’assistant d’un avocat. Confirme-t-il, sans savoir quoi dire de plus.
-Ca te plait ?
-Oui, on vient en aide aux familles et aux enfants donc on se sent utile. Ce n’est pas tous les jours faciles mais c’est très intéressant.
-C’est un beau métier que tu fais. Mais ce n’est pas trop chronophage ? Ca te laisse du temps libre pour ta vie personnelle ?
-Euh oui, globalement, j’ai des horaires de bureau classique.
-Bien, c’est bien. C’est plus pratique pour une vie de famille, surtout avec Grace qui a des horaires décalés avec ses entrainements et ses matchs. Ajoute-t-elle alors que Will commence à devenir livide. Avec Grégory, nous les observons de loin et nous nous retenons de rire. Evidemment, nous préférons profiter encore un peu du spectacle avant de songer à intervenir.

-Hum, nous avons encore un peu le temps pour… Pour avoir une vie de famille. Bredouille Will qui ne sait plus où se mettre.
-Oh tu sais, le temps passe vite. Et je ne suis plus toute jeune, j’aimerais bien connaître l’ensemble de mes petits-enfants avant de rejoindre mon mari. Ajoute-t-elle ensuite. Je connais ma mère, je sais qu’elle cherche à l’embêter mais je suis impressionnée qu’elle arrive à garder son sérieux. Vous avez déjà perdu beaucoup de temps avant de vous mettre ensemble. Avec Sarah, nous avions senti qu’il y avait quelque chose entre vous au mariage de Grégory. A ton avis, pourquoi nous avons tenté de te caser avec Grace ce jour-là ? On savait que ça pouvait coller entre vous !
-Je vois mais nous sommes encore jeunes et …
-Oui oui, vous voulez pas vous précipiter. Tu as peut-être raison. Je veux t’inciter à faire des enfants avec ma fille mais, même si tu as un métier tout à fait respectable, rien ne me dit que tu sois un bon parti pour Grace. Prends-tu soin d’elle ? Est-elle heureuse avec toi ? … Es-tu un psychopathe refoulé ? Attends-tu d’être marié avec elle pour l’enfermer dans une cave ? L’interroge-t-elle alors que nous peinons à nous retenir d’exploser de rire avec mon frère. Le pauvre Will doit commencer à s’inquiéter de la santé mentale de ma mère.
-Je.. Je fais tout pour qu’elle soit heureuse. Et, euh, non… Je ne suis pas un psychopathe et je ne veux aucun mal à Grace…
-Mmh … En même temps, un psychopathe n’avouerait jamais en être un, surtout à sa belle-mère…

-Maman, laisse-le tranquille. Tu vas finir par lui faire peur. Finis-je par intervenir alors que nous revenons au salon avec Grégory. Will nous observe avec attention, et dans son regard, je vois qu’il devine que nous avons bien rigolé à ses dépends dans notre coin. Tu sais bien en plus que Will ne ferait pas de mal à une mouche.
-Même moi, j’arrive à admettre que Will est bien pour Grace. Ajoute Grégory qui peine à cacher son hilarité.
-Roh, ça va, si on ne peut plus plaisanter ! Se défend Maman avec un sourire innocent alors que je lis le soulagement de Will sur son visage. Il faut bien le préparer à votre oncle, le pauvre. En tout cas, ajoute-t-elle ensuite, tu as bien choisi Grace. Il a de bons gênes, vous allez nous faire de beaux bébés.
-Maman ! M’exclamé-je alors qu’elle éclate de rire et que Grégory se perd en un fou rire également.
Merci pour la honte Maman !

Après que Maman et Grégory se sont remis de leur fou rire, nous avons continué de discuter pendant le reste de l’après-midi. A la fin de la journée, nous décidons qu’il est temps de partir avec Will. Mais avant de retourner à San Myshuno, je retourne à l’étage pour dire au revoir à mon neveu. Même s’il s’en fiche probablement, j’ai envie de le voir une dernière fois avant de partir.
En entrant dans la chambre, je découvre qu’Alice est installée sur le fauteuil à bascule à côté du berceau.

-Tiens coucou ! La salué-je alors. Ca fait plaisir de te voir, comment te sens-tu ?
-Ca me fait plaisir de te voir aussi. Me répond-t-elle alors en me souriant. J’ai connu des jours meilleurs, mais je vais bien. J’ai entendu Luke pleurer alors je me suis levée. Il avait juste besoin de compagnie. Me sourit-elle alors. Alors, heureuse d’avoir rencontré ton neveu ?

-Oui, il est à croquer. Lui dis-je alors que je vois qu’elle est fatiguée alors qu’elle essaie de faire bonne figure. Vous avez bien bossé avec Grégory.
-Je trouve aussi. Mais je ne dois pas être très objective. Me répond-t-elle avec amusement, avant d’ajouter : J’ai entendu que ta mère s’est amusée à mettre en boite Will ?
-Oui. Elle a fait le numéro de la belle-mère qui a hâte d’être grand-mère une nouvelle fois, avant de faire celui de la mère ultra protectrice qui perd un peu la boule. Lui confirmé-je, laissant échapper un rire rien qu’à l’évocation de ce moment. Et crois-le ou non, Grégory a admis que Will est un homme bien pour moi.
-La paternité, ça change un homme. Plaisante Alice, avant de se lever de son fauteuil. Je vais te laisser en tête-à-tête avec ton neveu. Je vais descendre un peu.
-D’accord, je venais juste dire au revoir.
-Prends ton temps. Me répond-t-elle sans perdre son sourire avant de sortir doucement de la chambre.

Après le départ d’Alice de la pièce, je m’approche doucement du berceau. Cette fois-ci, Luke est bien réveillé. Je l’observe un instant, sans trop savoir quoi faire. Je n’ai pas pour habitude de côtoyer des bébés, et dans notre joyeuse bande, Grégory et Alice sont les premiers à avoir un enfant. Je me sens un peu stupide et je suis heureuse de savoir que Luke est trop jeune pour traiter sa tante d’andouille.
Je lui souris, puis je me penche vers lui pour le prendre dans mes bras. J’ai le droit à un moment privilégié avec mon neveu, autant en profiter pour le câliner pendant quelques minutes.

Je ne me sens pas tellement à mon aise avec Luke dans les bras, mais il ne me faut pas longtemps pour m’attendrir devant lui. Il est vraiment mignon comme tout, et ferait craquer n’importe quel coeur de pierre. En tout cas, le mien fond comme neige au soleil au fur et à mesure que les minutes passent.
-Mon petit Luke, de toi à moi, j’espère pour toi que tu ressembles davantage à ta mère. Sinon, tu n’es pas sorti de l’auberge mon pauvre. Un jour, je te raconterai pourquoi tu es là grâce à ta tata préférée. Car si je n’avais pas été là, avec ma grande sagesse légendaire, ton père aurait fait une grosse bêtise. Lui dis-je, bien décidée à donner du grain à moudre à Luke pour qu’il puisse embêter son père plus tard. Au fait, rien à voir, mais tu me dois deux tapis. C’est ça d’avoir voulu venir au monde dans mon salon.

-Mon pauvre, si jeune et déjà endetté. Mais ne t’inquiète pas. Si tu as hérité des talents de ta grand-mère, tu vas réussir à nous bricoler un nouveau tapis. Continué-je de raconter n’importe quoi. Je ne réfléchis même pas à ce que je dis, je suis hypnotisée par ce bébé qui me regarde avec un air ahuri. La même tête de benêt que son père. Le pauvre, il n’est pas gâté dès la naissance. Je plaisante, bien sûr. Tu es trop mignon pour que je te facture des tapis. Lui assuré-je en lui faisant un bisou sur le front. Si un jour, j’ai des enfants, j’espère qu’ils seront aussi mignons que toi, petit Luke.

-Tu profites bien de ton neveu ? Me demande soudainement Will, me sortant de ma petite bulle que je me suis créée.
-Oui, je lui disais que son père est une andouille. Plaisanté-je alors que je ne quitte pas Luke des yeux.
-Il aura bien le temps de le voir par lui-même. En rit Will, amusé, tout en s’approchant de moi pour me tenir par la taille. On dirait que tu as tenu un bébé toute ta vie.
-Ah bon tu trouves ? Je ne me sens pas particulièrement à l’aise pourtant. Lui avoué-je tout en reposant doucement Luke dans son berceau.
-Si c’est le cas, cela ne se voit pas. M’assure-t-il avec tendresse.
-J’espère que je serai plus à l’aise avec les nôtres. Lui avoué-je, pensive.
Il n’y a pas de raison. Ce seront nos enfants, ce sera encore différent par rapport à Luke.
-C’est sans doute vrai. En tout cas, j’espère que ma mère ne t’a pas mis mal à l’aise.

-Ne t’inquiète pas. M’assure-t-il tout en me déposant un baiser sur la joue. Et puis, elle n’a pas tort, nos enfants seront magnifiques parce que tu seras leur mère.
-Beau parleur. M’en amusé-je alors qu’il laisse échapper un ricanement.
Je ne fais que dire la vérité. Nie-t-il avec un faux air innocent. Tu le verras bien quand nous déciderons de faire un bébé.
-Nous verrons bien au moment venu. Pour le moment, profitons de l’instant présent. Et présentement, il est l’heure de rentrer à la maison. Lui signalé-je avec un sourire, me rappelant de la conversation que nous avons eu à propos des enfants. Nous en voulons tous les deux, nous en voulons plusieurs, mais pas toute suite. Pour le moment, nous voulons profiter d’être que tous les deux. Notre couple est encore récent, et nous avons encore bien le temps avant de penser à mettre un bébé en route.
Et ce, même si cette perspective me réjouit d’avance.