Génération Jaune – Génération 3 – Chapitre 18

Rosae

Pendant que Joy et Cédric profitent de leur voyage de noces aux quatre coins de Sulani, avec Paul, nous avons préféré rester tranquillement sur l’île Lani St Taz. Crapahuter partout n’est pas forcément aisé à nos âges et nous détendre tranquillement sur la plage, à profiter de la mer et du paysage paradisiaques nous a fait du bien. C’est agréable d’être ici, loin de notre environnement habituel, pour se ressourcer. Je n’ai jamais pris le temps de partir en vacances et je suis heureuse de pouvoir en profiter aujourd’hui. Il vaut mieux tard que jamais comme on dit.
Le soir venu, avec Paul, nous décidons de partir en balade. Nous restons sur notre île, certes, mais ce n’est pas pour autant qu’il n’y a rien à voir ici !

-C’est vraiment magnifique ici. Soufflé-je, époustouflée, au milieu des palmiers, face à deux ponts illuminés par des guirlandes électriques. Des cours d’eau nous entourent, rejoignant l’océan dont le bruit des vagues parvient à nos oreilles.
J’observe le paysage qui m’entoure en laissant échapper un soupir apaisé. Je me sens si bien ici, loin de tout, aux côtés de l’homme que j’aime.
-Pas autant que toi. Me répond avec amusement Paul en s’approchant de moi, alors que je lève les yeux au ciel.
Mon pauvre, fais-moi penser à te prendre rendez-vous chez l’ophtalmo quand on rentrera à Brindleton Bay. Ta vue m’inquiète. Le taquiné-je en réponse.

-Ma vue va très bien. M’assure Paul dans un petit rire, tandis qu’il prend mes mains tout en m’offrant un regard plein d’amour.
Mon cœur s’emballe lorsqu’il me regarde ainsi. Je suis heureuse qu’il fasse partie de ma vie. Et je dois admettre qu’elle est bien plus belle depuis qu’il partage mon quotidien. Je pensais que j’étais très bien seule et que je pourrai me contenter d’une vie seule, sans homme à mes côtés, mais aujourd’hui, je n’envisage pas une seule seconde de vieillir sans lui pour m’accompagner sur ce chemin.
D’autant plus maintenant que Joy est mariée et qu’elle va quitter la maison dès que nous serons revenus sur le continent.

-En tout cas, tu as une bonne idée, de venir ici, pour le mariage de Joy. Cet endroit est vraiment magnifique et elle a pu avoir le mariage de rêve qu’elle mérite. Merci pour elle.
-Ce n’était pas bien compliqué. M’assure-t-il avec un sourire. Pour moi, un mariage de rêve ne peut qu’avoir lieu ici, à Sulani. Je n’ai pas d’enfant mais j’ai voulu offrir à Joy la même chose que j’aurais voulu offrir à mon propre enfant : un mariage absolument parfait. Et il n’y a pas de meilleur endroit au monde que Sulani pour ça.

-Ah oui ? Pas même Selvadorada ? Le taquiné-je avec un sourire en coin, faisant évidemment référence à son mariage avec Sylvia. Avec le temps, nous sommes parvenus de nos échecs sentimentaux avec plus de légèreté. Ce ne sont que des histoires anciennes aujourd’hui, et nous avons laissé tout ça derrière nous. Nous avons pris le parti d’en plaisanter, comme de n’importe quel autre sujet, pour montrer que ces épreuves difficiles de nous atteignent plus.
-Pas même Selvadorada. Me confirme-t-il, amusé par ma remarque. En vérité, j’ai toujours rêvé de me marier un jour ici, à Sulani. A l’époque, ce n’était pas possible car Sylvia tenait à être proche de sa famille, et ils ne pouvaient pas se permettre de faire le voyage. Au final, ce n’est pas plus mal… Je n’aurais pas aimé que cet endroit soit entaché par un souvenir amer.
-Et avec moi qui ne veux pas me marier … Soufflé-je soudainement, culpabilisant soudain de le priver de son rêve d’un mariage à Sulani. Mais j’ai la surprise de le voir sourire d’amusement.
-Rosie, ce n’est pas que tu ne veux pas te marier. C’est juste que tu n’aimes pas les conventions sociales autour du mariage. M’assure-t-il, amusé.
-Ah oui ? Et qu’est-ce qui te fait dire ça ?
-Je sais pas… Le fait que je ne t’ai jamais autant entendu parler de mariage que depuis la fois où j’ai commencé à en parler ? Et que tu viens à l’instant, de toi-même, d’aborder le sujet ? Me répond-t-il, sans perdre son sourire.

Dans un haussement d’épaules, je fais mine de l’envoyer paître et je reprends notre balade. Je m’apprête à traverser le pont pour aller de l’autre côté de l’île quand Paul m’arrête en haut de ce dernier. Il reprend avec doucement possession de mes mains et le sérieux a pris la place de son air amusé.
-Rosie, je n’ai jamais insisté car je voulais que l’idée fasse son chemin dans ton esprit, à ton rythme. M’avoue-t-il avec bienveillance. Mais, si tu n’es pas totalement contre l’idée de te marier un jour, pourquoi prétendre le contraire ? Pourquoi ne pas m’en avoir parlé ?
-Quelle importance aujourd’hui ? A nos âges ? Le mariage n’a plus aucun intérêt. Secoué-je la tête, essayant de trouver un échappatoire.
-Il n’y a pas d’âge pour se marier, et je suis sûr que tu le sais. Réplique sans attendre Paul avec un sourire en coin. Nous sommes faits l’un pour l’autre et nous resterons ensemble jusqu’à la fin de nos jours, alors, pourquoi pas ? Qu’est-ce qui te gêne tant ?
-Je ne sais pas Paul. Avoué-je, le cœur serré. Je n’ai jamais ressenti le besoin de me marier. J’ai eu la chance d’assister au mariage de mes parents, et maintenant celui de ma fille, et cela m’a rendu heureuse. Mais je ne suis jamais parvenue à m’imaginer dans une robe blanche, ni aller jusqu’à l’autel. Encore aujourd’hui, je n’y arrive pas, et je ne pourrai pas expliquer pourquoi. Je sais que je ne suis pas contre le mariage en soi, car j’étais ravie que Joy se marie et de l’accompagner dans les préparatifs. Mais je me rappelle très bien que lorsque je devais épouser Sven, même si je le faisais pour de mauvaises raisons, je n’étais pas heureuse de devoir choisir et mettre une robe blanche, trouver une salle, tout organiser pour que tout soit parfait. Tout ça, ce n’était pas moi. Je ne me suis jamais projetée dans ce rôle de la future mariée surexcitée par son mariage. Et tout ça, sans avoir ma mère, à mes côtés, en plus. Soufflé-je, le cœur serré, n’osant plus regarder Paul dans les yeux. J’ai tellement peur que mes raisons paraissent absurdes, aujourd’hui.

Pourtant, Paul ne perd pas sa bienveillance et me regarde toujours avec amour… Ainsi qu’avec compréhension.
-Je comprends que ta mère te manque. Malgré mon âge et le fait qu’elle soit décédée il y a des années, la mienne me manque aussi, et j’aurais aimé également qu’elle puisse assister à mon mariage. Me répond alors Paul en me souriant tendrement. Mais je me console en me disant qu’elle m’observe certainement de là où elle est. Et je suis certain que c’est le cas également de ta mère. D’après les quelques souvenirs que j’ai d’elle, même si elle n’est plus là physiquement, pour rien au monde elle n’aurait manqué un événement pareil.
-Je le sais, Paul. Aujourd’hui, je le sais. Mais quand je pense mariage, je ne peux m’empêcher à celui que je devais avoir avec Sven et à ce sentiment d’absence que j’ai ressenti..
-Mon amour, cela fait partie du passé maintenant. Ce n’est pas parce que tu n’as pas réussi à épouser Sven que ce sera le cas pour nous.
-En même temps, je n’étais pas amoureuse de lui. Alors que toi, je t’aime, de tout mon cœur. Lui signalé-je, sachant au fond de moi que les situations sont totalement différentes et absolument pas comparable. Mais lorsque je pense mariage, mon cerveau ne peut s’empêcher de faire une association d’idées qui m’effraie et me fait paniquer : mariage, robe blanche, Sven, désastre. Alors, autant éviter de se faire du mal en n’organisant pas de mariage. Tout est plus simple comme ça…
-Je t’aime aussi mon amour. Me murmure Paul, tout en déposant un tendre baiser sur mes mains. Je t’aime, et je suis si fier que tu sois la femme qui partage ma vie. C’est pour cela que je veux t’épouser Rosie. Me marier avec toi, ce serait comme crier mon amour pour toi sur tous les toits. Ce serait prêter serment que je t’aimerai et te serait fidèle jusqu’à mon dernier souffle, et t’offrir mon cœur pour toujours et à jamais. Ce serait me lier à toi, lier mon nom au tien, jusqu’à la fin de nos jours. Rosie, tu n’as pas envie de tout ça ?

Oh Paul, comment pourrai-je ne pas en avoir envie ? Ne puis-je m’empêcher de l’admettre, le cœur battant à tout rompre suite à sa déclaration d’amour. Je vois son regard briller et je ne peux m’empêcher de lui sourire. Mais une pensée fugace me parvient et mon sourire disparaît aussitôt. Mais comme je te l’ai dit, je ne projette pas dans le rôle de la mariée. J’ai essayé de faire l’effort, et ça a été un désastre. Et je ne peux pas m’empêcher de faire un raccourci et ça me fait paniquer rien qu’à l’idée d’organiser un mariage.
Me réplique Paul, avec un sourire en coin, comme s’il y avait déjà réfléchi.
-Comment ça ? Lui demandé-je, intriguée, ne comprenant pas où il veut en venir.
-Rosie, je n’ai aucune envie de t’infliger quelque chose dont tu ne veux pas. Tu ne veux pas de mariage traditionnel, de robe blanche et d’autel ? Rien ne nous oblige à faire tout ça. Marions-nous juste, tous les deux, sans costume, sans robe blanche, sans fête.
-Mais Paul, je ne peux pas te demander ça ! M’écrié-je, surprise par sa proposition. Bien que cela me touche qu’il soit prêt à renoncer à tout ce qui fait la magie du mariage pour pouvoir m’épouser, je ne peux pas lui demander ce sacrifice. C’est ton rêve de te marier, je ne peux te demander de renoncer à tout juste pour moi !
-Mon rêve, c’est de me marier à Sulani. Et nous sommes justement à Sulani. Rectifie-t-il avec un sourire amusé. 

-Alors, je te le demande officiellement Rosie, ajoute-t-il tout en posant un genou à terre et en sortant une magnifique bague de sa poche, manquant de me faire crier de surprise, est-ce que tu veux devenir ma femme ? Ici et maintenant, avec pour seuls témoins la Lune, la mer et les cocotiers ?
-Paul, tu es complètement fou. M’exclamé-je de stupeur. Je n’arrive pas à me croire qu’il me fasse une telle demande, c’est complètement insensé !
-Fou de toi, oui, je suis bien obligé de l’admettre.
-Tu as même prévu une bague ! Remarqué-je, comme s’il avait tout prévu depuis le début. Ce n’est pas possible d’être aussi prévoyant !
-Je te connais par cœur Rosie, je savais que tu changerais d’avis un jour. Et je veux bien renoncer à toutes les traditions du mariage, mais pas à celle de t’offrir une magnifique bague pour te demander ta main. Me dit-il avec amusement, avant de reprendre son sérieux. Alors ? J’attends toujours ta réponse.
-Je… Oui, Paul. Oui, j’accepte de t’épouser.

Un immense sourire vient illuminer le visage de Paul en cet instant. Doucement, il glisse la bague à mon doigt et se relève pour s’emparer de mes lèvres.
Je me sens si heureuse, au point que je me surprends moi-même. Là où la bague de Sven me paraissait si lourde à l’époque, celle de Paul me parait incroyablement légère. Cette fois-ci, l’idée de me marier ne me semble pas être une corvée par laquelle je dois passer.
Au moment même où j’ai dit « oui », j’ai su que ce n’était pas pour faire plaisir à qui que ce soit. J’ai dit « oui » parce que c’est que ce que je souhaite vraiment.

Quand Paul libère mes lèvres, il reprend mes mains dans les siennes et me regarde avec sérieux. Nous restons un instant silencieux, à nous regarder les yeux dans les yeux comme pour mieux saisir la portée de ce qui est en train de se passer. J’ai du mal à croire que nous allons vraiment nous marier sur un coup de tête. Certes, cette cérémonie improvisée sur ce pont est purement symbolique mais elle est tout aussi importante et réelle qu’une cérémonie officielle. Et lorsque Paul commence à parler, je ressens toute l’émotion qu’une femme sur le point de se marier doit ressentir au moment de dire oui pour la vie à la personne qu’elle aime.
-Rosie, mon amour, cette nuit, sous les étoiles de Sulani, je te promets de t’aimer, de te chérir et de t’être fidèle jusqu’à la fin de mes jours. Tu as toujours été ma meilleure amie, et ce soir, tu seras aussi ma femme. Il a fallu que je parte découvrir le monde avant de savoir que ma vie était auprès de toi, à tes côtés. Aujourd’hui, plus que jamais, je suis heureux d’être revenu et d’être l’homme qui partage ta vie. Je t’aime Rosie, pour toujours et à jamais. Me souffle-t-il à la fin de sa déclaration. Soudain, un silence s’installe et je me sens bête. Si Paul a anticipé le coup, ce n’est absolument pas mon cas !
-Paul… Je .. t’aime. Tenté-je mais mes talents d’improvisation ne sont pas au rendez-vous. Je le vois sourire tout en adressant un regard confiant. Je le connais, je sais qu’il n’attend pas de moi une tirade extraordinaire. Mais sa déclaration est tellement belle que je n’ai pas envie que la mienne fasse l’effet d’un pétard mouillé. Je respire un grand coup, et j’essaie de laisser parler mon cœur. Paul, je t’aime, repris-je avec plus de conviction, et c’est grâce à tout le chemin que j’ai parcouru que je suis capable de l’affirmer aujourd’hui. J’ai longtemps subi ma vie avant d’être capable de la prendre en main et je suis heureuse d’y être parvenue. Car c’est grâce à cela pour nous pouvons pu nous retrouver en tant qu’ami, et nous trouver en tant qu’amant. Je me sens souvent demander ce qu’aurait pu être ma vie si j’avais fait des choix différents, mais j’en arrive toujours à la conclusion que je voudrai rien y changer. C’est grâce à mes choix que j’ai eu ma fille, et ce sont ces même choix qui m’ont guidé jusqu’à toi. Je te promets, Paul, de t’aimer, de te chérir et de t’être fidèle jusqu’à la fin de mes jours. Je t’aime, pour toujours et à jamais.
-Je nous déclare à présent, unis par les liens du mariage. Annonce avec un ton cérémonieux Paul, avec un sourire amusé.
-Et tu peux embrasser la mariée. Ajouté-je avec un sourire tout aussi amusée.

Paul s’approche alors de moi, et avant de me prendre dans ses bras, je le vois plonger sa main dans sa poche pour ensuite lancer une poignée de confettis au-dessus de nos têtes.
-Vive les mariés ! S’exclame-t-il avec enthousiasme alors que je ne peux m’empêcher de rire de sa plaisanterie.
Plus heureux que jamais, Paul me prend alors dans ses bras. Je m’empare sans attendre de ses lèvres, trop heureuse pour attendre que lui vienne m’embrasser.
Je n’aurais cru ça possible, ce qui vient de se passer ce soir. Ce soir, je me suis mariée à l’homme que j’aime. Sur un coup de tête, pour un mariage sans fioriture.
Et je suis la plus heureuse des femmes.

-Je t’aime tellement Rosie. Tu n’imagines pas à quel point je suis heureux ce soir. Me souffle Paul, dont la voie trahit son émotion malgré son calme apparent.
-Je t’aime aussi Paul, et merci d’avoir réussi à me faire changer d’avis. J’aurais jamais cru pouvoir être aussi heureuse en me mariant.
-Je suis heureux que m’épouser te rendre heureuse. Me sourit-il, sa main se dirigeant vers mon visage pour caresser doucement ma joue. Tout ce que je désire, c’est ton bonheur.
Pour toute réponse, je lui souris. Je suis bien trop émue pour ajouter quoi que ce soit. Je cale ma tête dans le creux de son cou, et je reste ainsi, à profiter de son étreinte.
J’ignore ce que l’avenir peut encore nous réserver, mais tout ira bien tant que je serai à ses côtés. Je l’aime, et c’est le plus important.
Pour toujours et à jamais.

Génération Jaune – Génération 3 – Chapitre 17

En choisissant de nous marier à Sulani, nous avons décidé d’en profiter pour y rester quelques jours supplémentaires pour notre lune de miel. Ce serait vraiment dommage de ne pas en profiter pour visiter cet endroit absolument dépaysant !
Le bungalow étant situé juste au-dessus de l’eau, se réveiller avec le bruit des vagues est magique, surtout lorsque c’est aux côtés de l’homme que l’on aime. Nous restons un moment au lit avec Cédric, dans les bras de l’autre, à profiter du calme pour nous réveiller en douceur. Nous sommes en vacances et nous avons tout le temps devant nous pour faire ce que nous voulons. Hors de question de nous presser.
Nous finissons tout de même par nous lever et sortir du bungalow pour rejoindre la plage. Face aux trois bungalow disponible à la location, -où on ne peut qu’y dormir, poser ses affaires et se détendre sur la terrasse-, se trouve un espace commun, où se trouve des douches, des toilettes mais également une cuisine. Ce n’est pas immense, mais c’est largement suffisant pour quelques jours de vacances.
Après avoir préparé une salade de fruits pour le petit déjeuner, nous nous installons sur une table à l’extérieur, profitant du beau temps et du paysage pour manger et discuter tranquillement du programme de notre journée. Pas question de rester ici, nous avons bien l’intention de découvrir les différentes îles de l’archipel !

Par ailleurs, nous ne sommes pas les seuls à avoir profité de l’occasion du mariage pour prendre quelques jours de vacances au soleil. Maman et Paul n’ont pas repris l’avion et occupent le bungalow à côté du nôtre. Paul a beaucoup voyagé par le passé, mais Maman n’a jamais pris le temps de prendre des vacances, et encore moins pour partir à l’étranger. Alors, c’était le moment ou jamais, en somme.
Mais Maman s’est voulue rassurante : bien qu’ils restent également sur place après le mariage, elle et Paul ont bien l’intention de nous laisser profiter tranquillement de notre lune de miel et de faire leur vie de leur côté. Leur but n’est pas de se montrer intrusif vis-à-vis d’un couple de jeunes mariés. Maman a également proposé de nous inviter au restaurant, un soir, mais la cohabitation devrait s’arrêter là.
Ce qui, au fond, n’est pas plus mal. Maman et Paul ont davantage envie de repos et de lézarder sur les matelas gonflables sur la mer, alors que nous avons envie de nouvelles découvertes avec Cédric. Et aussi de moments à deux, évidemment.

Alors, c’est sans nous prendre la tête à propos de Maman et Paul que nous discutons de notre journée, de ce que nous voulons voir ici, à Sulani. Nous sommes tous les deux enthousiastes à l’idée de partir en vadrouille et de découvrir les merveilles que Sulani peut cacher. Ce n’est pas l’espace, mais je ne dis jamais non à faire de nouvelles découvertes !
-On pourrait aller à Mua Pel’Am, ce matin. Propose alors Cédric après avoir regardé sur son téléphone les différentes choses à voir à Sulani. C’est l’île la moins habitée, plus au cœur de la nature.
-Pourquoi pas, il doit y avoir de belles choses à voir !
-Il faudra faire attention cependant, c’est sur cette île que le volcan est situé. Ajoute-t-il alors que je hoche la tête en réaction. Après, ça peut valoir le coup d’aller à Ohan’Ali Town. C’est en quelque sorte l’île principal de Sulani, si tu veux.
-On pourra y aller en début d’après-midi, après qu’on soit allé à Mua Pel’Am. On devrait pouvoir trouver un endroit où déjeuner à midi pour découvrir les plats locaux.
-C’est ce que je me suis dit aussi. Me confirme-t-il avec un grand sourire alors que j’ai déjà hâte de terminer mon bol de salade de fruits !

Une fois que nous terminons notre petit-déjeuner, nous ne nous attardons pas davantage sur notre location. Nous nous baladons un peu sur notre île avant d’aller à la rencontre d’un guide touristique qui nous indique comment nous rendre à Mua Pel’Am. Nous prenons donc un bateau et nous profitons du trajet pour observer ce paysage extraordinaire. J’ai beau vivre dans une ville côtière, le paysage n’est absolument pas le même qu’à Brindleton Bay !
Il ne nous faut pas longtemps avant d’arriver à destination. Il n’y a pas beaucoup de personnes qui descendent à Mua Pel’Am, si bien que nous avons vite l’impression d’être seuls au monde avec Cédric. Ce n’est pas désagréable, au moins, nous pouvons nous balader tranquillement sans être dérangés. Le guide touristique nous a d’ailleurs avoué que Mua Pel’Am était souvent considéré comme une « île poubelle » de la part de certaines personnes mal intentionnées à cause de sa faible fréquentation dû à la présence du volcan. Je n’ai pu retenir un soupir en apprenant cela. Il y a des débiles partout décidément.
Par chance, nous n’en croisons pas durant notre balade, et l’île semble bien se porter, pour le plus grand bonheur de nos yeux.

-Cédric ! Regarde ! M’exclamé-je soudainement, en découvrant une caverne, dissimulée derrière des feuillages.
Fascinée, je m’approche doucement de l’entrée pour essayer de voir l’intérieur. Et, bien que le soleil soit haut dans le soleil et éclaire parfaitement les environs, il fait affreusement sombre à l’intérieur et la différence de luminosité ne me permet pas de voir à l’intérieur.
-Tu crois qu’il y a quoi à l’intérieur ? Me demande Cédric alors qu’il s’approche à son tour.
-Aucune idée. Viens, on y va ! M’exclamé-je avec enthousiasme, déjà prête à entrer à l’intérieur de la grotte.
-Tu es sûre ? C’est peut-être dangereux.
-On ne le saura que si on y va ! Lui répliqué-je, en entrant sans plus attendre. Après une brève hésitation, Cédric ne tarde pas à me suivre.
Mes yeux mettent un moment à s’acclimater à l’obscurité. Nous avançons un peu dans le tunnel de roche, au cœur de la montagne, avant de découvrir une petite étendue d’eau au sein d’une grotte. L’eau est claire et nous parvenons à voir quelques poissons en train de nager. Sur les parois en pierre, nous découvrons diverses peintures, témoignage d’une ancienne population qui se serait réfugiée ici.
-C’est beau ! Soufflé-je, ébahie, alors que Cédric ne trouve rien de plus à ajouter, bouche-bée devant cette magnifique découverte.

Nous restons un moment à l’intérieur de la grotte, à admirer les peintures et à profiter de la fraîcheur. Nous sommes actuellement en été et la température monte vite à Sulani. Moi qui n’aime pas le froid, cela ne me gêne pas particulièrement, mais un peu de fraîcheur fait toujours du bien !
Au bout d’un moment, nous quittons tout de même la grotte pour repartir à la découverte de l’île. Après tout, même si la grotte est magnifique, nous ne sommes pas venus ici pour rester enfermés !
Quelques instants plus tard, un bruit d’eau nous interpelle et nous finissons par découvrir avec émerveillement une grande, et magnifique, cascade, dissimulée derrière des pierres et de la végétation.

Nous sommes époustouflés face à ce spectacle, et nous avons envie de nous approcher de cette cascade et de nous rafraîchir un peu dans l’eau.
Sans attendre, nous enlevons donc nos vêtements sous lesquels nous avions prévu nos maillots de bain et nous les laissons sur la plage.
Nous nous approchons ensuite de la cascade, doucement, en faisant attention où nous mettons les pieds, notamment Cédric qui a enlevé ses lunettes et qui n’y voit plus grand chose. C’est ça d’être myope comme une taupe !
Mais ce n’est pas parce qu’il y voit moins bien qu’il perd son humour habituel. A peine sommes nous proche de la cascade qu’il profite d’un instant d’inattention pour donner un grand coup dans l’eau dans ma direction pour m’éclabousser !

Je lui lance aussitôt un regard accusateur, auquel il répond par un grand sourire innocent. Je fais mine d’être vexée par sa blague, avant de le prendre en traite au moment où il commençait à me prendre au sérieux. La vengeance est un plat qui se mange … mouillé !
Amusé, Cédric ne tarde pas à répliquer et sur ce coup, nous sommes effectivement rafraîchis !

Nous nous amusons dans l’eau comme deux grands enfants. Nous sommes seuls ici, et nous en profitons sans aucune retenu. Cela fait du bien de s’amuser sans la moindre prise de tête, en toute décontraction, pour simplement profiter de l’instant présent.
Très vite, Cédric se lasse des éclaboussures et se met à ma poursuite dans le but de m’attraper et me jeter dans la mer. Evidemment, hors de question que je me laisse faire et je cours pour éviter qu’il ne m’attrape. Par moment il y arrive, mais je parviens aisément à m’échapper de son emprise.

Au bout de plusieurs minutes de course infernale, je finis par m’essouffler à force de courir dans l’eau. Je m’approche alors de la cascade dans l’espoir de faire une pause. Mais Cédric profite de cet instant de faiblesse et m’agrippe par la taille pour me pousser vers la cascade. Ni une ni deux, je me retrouve en-dessous sous nos éclats de rire. J’attire Cédric à moi pour qu’il profite également de la chute d’eau, et je saisis l’occasion pour l’embrasser avec passion.
Il faut bien que je félicite le vainqueur de cette lutte acharnée !

Cédric ne tarde pas à répondre à mon baiser et nos lèvres ne semblent plus vouloir se quitter. Nous avons cessé de courir, mais nos cœurs continuent de battre à toute vitesse. Je passe mes bras autour de son cou pour m’agripper à lui, comme si j’avais peur qu’il ne s’éloigne. Ses bras à lui me prennent par la taille pour ensuite me coller contre lui. Très vite, j’ai envie de plus, et je sens que lui aussi.
C’est une chance qu’il n’y ait personne d’autres que nous, sur cette île.

-Ca va ton dos ? Me demande Cédric, une fois que nous nous relevons, tout en passant une main sur les quelques éraflures dans mon dos, causées par les rochers.
-Oui ça va. Soupiré-je d’aise, encore trop enveloppée dans mon petit nuage pour me soucier de quelques égratignures et les quelques caresses de Cédric dans mon dos sont si agréables que j’oublie vite mes petits bobos sans gravité.
-On est fou quand même. Me répond-t-il ensuite avec plus de légèreté. Heureusement qu’il n’y a personne ici. Tu imagines si on nous avait surpris ?

-Je ne préfère pas imaginer, non. Ne puis-je m’empêcher de rire à cet éventualité, alors que si ça avait été le cas, je serais certainement morte de honte. Je ne pourrai même pas expliquer ce qui nous a pris de faire ça là, en pleine nature sous la cascade.
-L’ambiance lune de miel sous les cocotiers je dirai. Plus efficace que le thé sakura ! Plaisante sans attendre Cédric alors que je lui lance un regard interrogateur. Il faudra que je t’emmène à San Myshuno pour le festival de l’Amour si je comprends bien ! Ajoute-t-il avec amusement alors que je lui tire la langue. En tout cas, j’ajouterai également que c’est toi qui m’a cherché !
-Quoi ?! Fais-je mine d’être outrée. C’est qui qui s’est mis à me courir après pour m’attraper, hein ?
-C’est qui m’a embrassé ?
-Je voulais simplement féliciter le gagnant, nuance ! Assuré-je avec une innocence feinte.
-Mouais, mon œil ! Après l’épisode du bain de minuit, laisse-moi douter que tu étais dénuée d’arrière-pensées ! Me taquine-t-il alors que je me sens rougir à ce souvenir. Tu as faim ? Ca te dirait qu’on prenne la route vers Ohan’Ali Town ? Après tout ça, je commence à avoir un creux !
-Mon pauvre chéri, après tant d’efforts, il te faut déjà du carburant pour faire le plein d’énergie ? Me moqué-je gentiment.
Ahah, mais quel humour dis donc ! Je suis plié !
-Comme une chaise ?
-Ok, après ce jeu de mot nul, tu permets que je t’abandonne là ? Rit-il avant de se mettre à courir vers nos affaires laissés sur la plage. Je m’empresse de le rejoindre et de lui agripper le bras pour l’empêcher de mettre ses menaces à exécution.

Après avoir récupéré nos affaires, nous rebroussons chemin pour pouvoir reprendre le bateau, non sans continuer à nous chamailler comme deux enfants. J’ai mal au ventre à force de rire à ses âneries !
Une fois sur le bateau, c’est l’occasion pour nous de nous calmer et de nous sécher tranquillement avant d’arriver sur Ohan’Ali Town. Nous sommes ainsi en mesure de nous rhabiller avant d’atteindre l’île principal de Sulani.
Contrairement à Mua Pel’Am, Ohan’Ali Town fourmillent de monde, que ce soit de locaux que de touristes. Ce n’est pas grand chose quand on compare à une grande ville comme San Myshuno, mais cela apporte de la vie ici. Nous nous baladons un moment dans les différents sentiers avant de trouver un stand de nourritures qui proposent des spécialités locales. Nous nous empressons de commander nos plats pour ensuite nous installer sur une table de pique-nique. C’est différent de ce que j’ai l’habitude de manger, mais je me régale !
Une fois le ventre plein, nous nous dirigeons vers une plage avec Cédric, préférant opter pour une après-midi plus tranquille après avoir exploré Mua Pel’Am toute la matinée. Une fois sur la plage, nous nous allongeons sur des serviettes, histoire de digérer doucement en profitant du soleil.

Après avoir paressé sur la plage pendant quelques heures, nous décidons d’aller profiter de la mer et de nous baigner. Des vendeurs proposent à la vente des palmes, des masques et des tubas pour pouvoir observer les poissons. Nous en achetons sans la moindre hésitation et nous empressons d’aller dans l’eau pour les tester.
Je suis émerveillée par ce que je découvre. Les coraux, les poissons de toutes les couleurs sont absolument magnifiques. J’ai même la chance d’apercevoir des dauphins ! Ils ne se laissent pas approcher mais c’est déjà une chance extraordinaire de pouvoir en observer dans la nature.
Désireuse de voir de plus près toutes les merveilles que nous propose la nature, je décide de ne pas rester à la surface et de plonger sous l’eau. Je crois que je ne suis pas prête de sortir de l’eau, tellement il y a de choses à voir !

Néanmoins, je finis tout de même par quitter l’eau, et retourner sur la plage en compagnie de Cédric. Les fonds marins sont magnifiques mais nous avons aussi envie de découvrir davantage cette île. Fini la détente, nous repartons en exploration ! Et nous ne le regrettons pas une seule seconde, Ohan’Ali Town est d’une beauté extraordinaire !
C’est vraiment incroyable, tout comme le seront les souvenirs que je conserverai de ces vacances inoubliables !

Génération Jaune – Génération 3 – Chapitre 16

Malgré la perte de mon chien, j’ai vite l’esprit occupé par l’organisation de mon mariage. De ce fait, le Grand Jour arrive à vitesse grand V.
La veille de prendre l’avion, j’ai un mal fou à m’endormir. J’ai tellement hâte d’y être ! Ce mariage promet d’être merveilleux… Et j’en suis d’autant plus sûre lorsque nous arrivons à destination ! Je suis émerveillée en découvrant les splendides paysages des îles de l’archipel de Sulani ! Je suis bouche bée devant tant de beauté et un coup d’œil en direction de Cédric me confirme que c’est également le cas pour lui. Paul a eu une fantastique idée de nous conseiller de nous marier ici, et je ne le remercierai jamais assez de l’avoir rendu possible.
Le jour du mariage arrive et je suis toute excitée par cette journée. Le lieu de réception est à la hauteur du décor environnant : absolument magnifique. J’ai déjà hâte de traverser l’allée au-dessus de l’eau pour rejoindre mon futur mari devant nos familles proches.

Petit à petit, nos invités arrivent dans cet espace ouvert qui vend du rêve. Nous avons invités seulement les personnes les plus proches de nous : Celian, qui est évidemment accompagnée de ma cousine Sarah, ainsi que mes parents, eux-mêmes accompagnés de Paul et de Kalpita. Mon oncle, ma tante et mes cousins, n’ont pas pu faire le déplacement. Ma tante est malade et mon oncle souhaite rester avec elle. Quant à mes cousins, nous ne sommes, de toute façon, pas particulièrement proches. Sarah, en plus d’être la petite amie de Celian, les représente donc au mariage.

Tout le monde semble passer un bon moment, en attendant que la cérémonie commence. De loin, à l’abri des regards, j’aperçois ma mère faire connaissance avec Celian, conversant avec aisance avec Sarah et mon père. Cédric, quant à lui, discute avec Paul et Kalpita.
Puis, quand l’heure approche et que la cérémonie du mariage va commencer, Cédric invite nos invités à remonter l’allée et à s’installer sur les chaises. Tout le monde suit le mouvement et une fois tout le monde installé, Cédric prend place sous l’arche de mariage, attendant patiemment l’arrivée de la mariée.

Une fois tout le monde installé, je fais mon arrivée dans ma sublime robe blanche. Une robe simple, avec un peu de dentelles, légère avec de fines bretelles. Parfaite pour un mariage dans une île paradisiaque.
J’ai un temps de pause avant de m’avancer dans l’allée. Mon cœur bat la chamade et je me sens soudainement nerveuse. Cette journée représente un grand changement dans ma vie, une grosse étape dans mon couple avec Cédric. Je suis sûre de moi et de mes choix, mais tout se concrétise en cet instant. Rien de mieux pour donner le vertige.
Cédric tourne la tête dans ma direction. Instantanément, je vois son regard brillé et un immense sourire s’affiche sur son visage. Mon cœur se réchauffe en observant l’expression de son visage et je m’avance sans hésitation dans l’allée qui me mène jusqu’à ma nouvelle vie. J’observe dans le même temps le paysage magnifique qui nous entoure. Je me sens bien en cet instant, dans cet endroit absolument parfait pour cette journée exceptionnelle.

Lorsque j’arrive face à Cédric, et même si le paysage est idyllique, mes yeux ne voient que lui. Lui, Cédric, l’homme de ma vie, à qui je m’apprête à dire oui pour le reste de mon existence. Je suis tellement heureuse d’être ici, aujourd’hui, auprès de lui. Je vois qu’il est bouche-bée, me regardant avec admiration. Il prend ma main avec délicatesse, comme s’il craignait que je disparaisse au moindre geste brusque.
-Chaton… Tu … Tu es magnifique. Me souffle-t-il comme s’il venait d’avoir le choc de sa vie.

-Merci, toi aussi tu es beau, et très élégant. Lui réponds-je, la voix enrouée par l’émotion de cette journée.
Cédric se contente de me sourire, comme s’il était incapable de répondre. Je le vois respirer un grand coup puis me regarder avec tout l’amour du monde.
En cet instant, nous sommes tous les deux. J’entends à peine les invités s’agiter à côté de nous. Cédric finit tout de même par tourner la tête dans leur direction, puis sourit d’amusement. Je m’intéresse à ce qui se passe à mon tour et je les entends plaisanter à propos de Kalpita qui s’est relevée pour aller chercher un appareil photo.

Les minutes passent et Kalpita semble avoir du mal à retrouver l’objet tant espérer. Paul et Sarah vont même la rejoindre pour l’aider à retrouver l’appareil photo. Papa râle pour la forme, mais je sais bien que cela l’amuse plus qu’autre chose. Après tout, si Kalpita tient tant à remettre la main sur cet appareil photo, c’est pour garder un souvenir de cette journée tout en laissant mon père profiter du mariage de sa fille.
Fort heureusement, Kalpita retrouve le précieux appareil photo et tout le monde revient s’asseoir devant l’arche de mariage. Cédric profite de cet intermède avant la cérémonie pour déposer un baiser sur ma joue, et me susurrer qu’il m’aime au creux de l’oreille. Je respire alors un grand coup, essayant de calmer les battements de mon cœur qui ne cesse de s’affoler face à cette journée qui promet d’être riche en émotion.

Maintenant que tout le monde est assis, la cérémonie peut commencer. Au loin, le DJ lance une douce mélodie, idéale pour apporter du romantisme durant ce moment inoubliable.
Nous nous faisons face, avec Cédric. Nous nous prenons les mains, nos cœurs battant à l’unisson au moment d’échanger nos vœux.
-Joy, mon amour, commence alors Cédric, qui parvient à parler d’une voix claire mais son regard ne cache pas son émotion, la journée n’est pas encore terminée mais je peux d’ores et déjà affirmer qu’elle sera la plus belle de toute ma vie. Car aujourd’hui, mon amour, est le jour où tu deviens ma femme, où je deviens ton mari. Passer le reste de mes jours à tes côtés est une évidence et ce, depuis l’instant où mon regard a croisé le tien. Aujourd’hui, c’est le début d’une nouvelle page de notre vie, le début de notre vie ensemble. Et je suis heureux de vivre cette vie à tes côtés, avec toi. Je t’aime Joy, et en cette journée merveilleuse, j’accepte d’être ton époux, de t’aimer et de te chérir, jusqu’à mon dernier souffle.
-Cé-Cédric, Pris-je la parole à mon tour, ayant du mal à dissimuler mon émotion, avant de te rencontrer, jamais je n’aurais imaginé pouvoir vivre une histoire comme la nôtre. Ce n’était même pas quelque chose que je cherchais. Et puis, je t’ai rencontré et tu as tout chamboulé. Aujourd’hui, je n’imagine plus ma vie sans toi. Aujourd’hui, je suis capable d’affirmer que tu es l’homme de ma vie et vivre à tes côtés sera la plus belle aventure de toute ma vie. Je t’aime aussi Cédric et j’accepte d’être ta femme, de t’aimer et de te chérir, jusqu’à mon dernier souffle.

Pendant l’échange des alliances, j’ose jeter un regard du côté de notre famille. Tout d’abord, je regarde du côté de mon père. La fierté se lit sur son visage et cela me réchauffe le cœur de voir que mon père est fier de moi. Nous ne nous vivons pas sur le même continent et nous ne nous voyons pas souvent, mais il reste mon père et je l’aime. Je suis si heureuse de voir la fierté dans ses yeux.
Puis, je regarde ma mère. L’expression de son visage est tout autre. Je sais qu’elle est aussi fière de moi, mais c’est l’émotion qui domine. Cela doit lui faire tout drôle d’assister au mariage de sa fille. Nous avons longtemps été juste toutes les deux, après la mort de Papy, et maintenant je vais prendre mon envol aux côtés de mon mari. Elle qui n’apprécie pas les conventions, je remarque sans problème qu’elle est à deux doigts de verser une larme devant notre bonheur.

Les vœux échangés, les alliances dorénavant à nos doigts, nous sommes maintenant mari et femme. J’ai du mal à réaliser que je suis, à partir de maintenant, une femme mariée. Mon cœur explose cependant de joie à cette idée. Je suis sur un véritable petit nuage et je ne pourrai pas être plus heureuse qu’en cet instant, aux côtés de Cédric et dans ses bras.
-Alors, Madame Opaline-Chastain, quel effet cela vous fait d’être maintenant mariée ? M’interroge à voix basse Cédric, un sourire amusé sur le coin des lèvres.
-Je suis plus heureuse que jamais. Et vous, Monsieur Chastain-Opaline ? Lui dis-je sur le même ton.
-Je suis le plus heureux des hommes.

Une fois la cérémonie terminée, le buffet est servi et nous pouvons maintenant tous nous installer à table pour le repas de notre mariage. Tout le monde vient nous féliciter, avant de s’intéresser au contenu du buffet. Le bonheur se lit sur leur visage, et tout le monde semble heureux d’être ici pour partager notre amour. Quant à moi, je suis ravie qu’ils soient tous présents avec nous pour cette journée très importante pour nous.
Quand tout le monde s’est servi au buffet et s’est installé à table, nous nous levons avec Cédric pour les remercier de leur présence. Nous nous lançons des regards amoureux pendant notre discours et Celian, sans surprise, ne manque pas l’occasion de crier « un bisou » à répétition, rapidement suivi par Sarah.
Cela nous fait rire plus qu’autre chose et Cédric ne tarde pas à répliquer en affirmant qu’il a hâte de déménager pour ne plus devoir le supporter au quotidien. Et puis, sans attendre davantage, il s’approche de moi pour m’offrir un tendre baiser.

Après le repas, et après avoir pris quelques photos en famille, la piste de danse est prise d’assaut. Le DJ ne tarde pas à mettre l’ambiance et tout le monde profite de l’occasion pour faire la fête et se déhancher. Certaines situations sont assez drôles, comme de voir mon père et mon beau-père danser tous les deux dans leur coin… Ou du moins essayer d’enchaîner deux pas de danse.
J’aperçois également Celian lancer des regards amusés à son frère. Pendant un temps, Cédric fait mine de l’ignorer, avant de finalement aller le voir. Il sent venir les bêtises de son frère, mais je sais bien que Cédric ne manque pas de répartie lorsqu’il est avec son jumeau.
-Alors frangin, ça fait quoi d’être marié ? Lui demande-t-il alors, sur un ton amusé, prêt à taquiner son frère jumeau.
-Ca fait que je suis plus heureux qu’avant. Lui répond-t-il avec sérieux, avant d’afficher un sourire moqueur. Tu devrais essayer. Ajoute-t-il ensuite en désignant Sarah qui est en train de danser sans prêter attention aux deux frères.
-Tu as de l’humour mon frère !
A un moment, je vois que Paul laisse tomber mon père pour se rapprocher de ma mère. Il la prend dans ses bras pour danser avec elle et Maman approche son visage du sien pour l’embrasser. Je ne peux m’empêcher de sourire en les voyant. Ils sont beaux tous les deux, et cela fait plaisir de voir ma mère aussi heureuse auprès de l’homme qu’elle aime. Mon regard croise celui de Cédric au loin et à son sourire, je devine qu’il pense la même chose que moi. Un jour, nous aussi nous serons âgés, et j’ose croire que nous serons aussi heureux et aussi amoureux qu’eux quand nous aurons leur âge.

La fête continue de se poursuivre dans la bonne humeur. Petit à petit, l’immense ciel bleu de Sulani commence à prendre des teintes orangées, au fur et à mesure que le soleil disparaît à l’horizon. Le lieu de réception est magnifique en plein jour, mais grâce à l’espace ouvert, le coucher du soleil lui donne une dimension beaucoup plus romantique.
A ce moment-là, Cédric s’approche de moi pour me prendre dans ses bras. Je suis ravie de m’y réfugier, ses étreintes ayant l’étrange pouvoir de m’apaiser aussitôt. Même si j’apprécie cette journée merveilleuse, j’ai tout de même hâte de rentrer au bungalow pour retrouver un peu de calme. Mais en cet instant, dans ses bras, j’ai la sensation d’être chez moi.
-Tu veux venir sur la plage avec moi, pour profiter du coucher du soleil ? Me demande alors Cédric au creux de l’oreille.
-Avec plaisir.

Mais, avant que nous ayons le temps de quitter la piste de danse, Papa m’interpelle pour me serrer dans ses bras à son tour. J’affiche une moue désolée à Cédric, mais je ne peux décemment pas refuser un câlin à mon père ! Je ne le vois que trop peu souvent et je suis heureuse qu’il ait pu se libérer pour venir à mon mariage. Il n’est pas été très présent dans ma vie, mais me marier sans lui à mes côtés aurait été inenvisageable.
-Félicitations pour ton mariage, ma puce. Me dit-il alors, et je devine sa fierté dans sa voix. C’est vraiment une magnifique journée aujourd’hui et tu es la plus belle des mariées !
-Merci Papa ! Le remercié-je aussitôt en lui souriant. Je suis heureuse que tu ais pu venir aujourd’hui.
-Tsss ! Comme si j’allais manquer ton mariage ! Secoue-t-il la tête en réponse. Ma fille, je suis heureux d’être ton père et mon plus grand regret dans ma vie est de ne pas avoir pu être présent chaque jour de la tienne. Mais je ferai 10 fois le tour de la Terre pour être au moins là durant les moments les plus importants de ta vie. M’assure-t-il avec émotion. Et je dois t’avouer, ajoute-t-il sur le ton de la confidence, qu’il est possible que nous nous rapprochions de chez toi quand Kalpita prendra sa retraite.
-Oh Papa ! Ça serait formidable ! M’exclamé-je de joie, soudainement émue de savoir que je pourrai bientôt voir mon père plus souvent. C’est le plus beau cadeau de mariage que tu puisses me faire !
-J’espère que ton mari sera du même avis ! Plaisante Papa avant de déposer un baiser sur ma joue, alors que je ne peux m’empêcher de rire à sa blague.

Puis, alors que je vais rejoindre mon époux, c’est au tour de mon beau-frère de venir me voir pour me prendre dans ses bras. Je suis un peu surprise sur le coup, Celian ne s’étant jamais montré aussi proche de moi, mais j’accepte son étreinte sans hésitation.
-Bienvenue dans la famille, chère belle-sœur ! M’accueille-t-il avec enthousiasme.
-Merci Celian, c’est gentil.
-C’est sincère. Cédric est heureux avec toi et vous formez un beau couple tous les deux. Ça me fait plaisir que tu fasses maintenant partie de notre famille.
-Ca me fait plaisir aussi et je suis heureuse de t’avoir pour beau-frère.
-J’espère bien ! Cédric, c’est mon jumeau, alors tu n’as pas fini de m’avoir sur le dos même si vous ne squattez plus à la maison ! Réplique-t-il alors, et je ne peux m’empêcher d’éclater de rire. Bien qu’il a essayé de faire preuve de sérieux, le naturel est vite revenu au galop !

Une fois libérée de mes obligations de courtoisie, je profite que personne ne souhaite me féliciter pour m’éclipser et me rendre sur la plage. Cédric n’est pas là mais il me semble l’avoir vu en grande discussion avec ma mère. Je ne me fais pas de soucis, je sais qu’il viendra me rejoindre dès qu’il le pourra.
Malheureusement, la nuit tombe vite à Sulani. Le soleil est presque entièrement couché et sa présence se résume seulement à quelques teintes violettes dans le ciel étoilé. Cela ne m’empêche cependant pas de profiter du paysage, du calme de la plage et du bruit des vagues s’échouant sur le sable.

-Je peux me joindre à toi, Chaton ? Me demande Cédric d’une voix suave. Je me tourne alors vers lui en lui souriant d’un air amusé.
-C’est toi-même qui m’a donné rendez-vous ici, alors je suppose que oui.
Il me sourit en toute réponse, puis passe les bras autour de ma taille pour me serrer contre lui. Nous continuons d’observer l’horizon, debout l’un contre l’autre, sans prononcer le moindre mot. Ils ne sont pas utiles, en cet instant calme et paisible. Nous profitons simplement de la présence de l’autre, et de l’instant présent.
Je soupire d’aise en fermant les yeux. Je me sens si bien en cet instant…

*  *  *

La nuit finit par complètement s’installer, et la fête prend doucement fin. Tous les invités retrouvent leur location sur place, et nous-même retournons à notre bungalow. Nous souhaitons une bonne nuit à Maman et à Paul avant qu’ils ne rejoignent le leur, puis nous entrons dans le nôtre.
Bien que je sois fatiguée, je n’ai pas envie d’aller me coucher toute suite. A peine entrée, je me dirige aussitôt vers la terrasse. Nous avons le bungalow le plus éloigné de la plage et l’eau est littéralement juste sous nos pieds. Il n’y a pas un bruit dehors, hormis le son des vagues.
Cet endroit est vraiment merveilleux.
-Tout va bien Chaton ? Me demande alors Cédric en venant me rejoindre sur la terrasse.

-Oui, tout va très bien. Lui confirmé-je en me tournant vers lui. Je voulais simplement profiter du paysage encore un peu.
-Nous avons encore quelques jours devant nous pour en profiter, tu le sais ça ? S’en amuse-t-il en réponse. Mais je ne vais pas me plaindre, je peux encore t’admirer dans ta belle robe de mariée, avec ce magnifique clair de lune. Ajoute-t-il sur un ton plus tendre en venant me caresser la joue avec sa main. Je savoure sa tendresse, alors qu’une pensée taquine me vient soudainement à l’esprit.
-A quoi tu penses ? Me demande Cédric alors que je n’ai pu retenir un sourire.
-Attends-moi une seconde. Lui soufflé-je avant de disparaître dans la chambre après un baiser.
Une fois à l’intérieur, je sens mon cœur battre plus fort tandis que j’enlève doucement ma robe de mariée et que je défais mes cheveux pour simplement les rattacher en queue de cheval. J’ai du mal à croire que je vais vraiment le faire, mais je n’ai pas envie de me prendre la tête ce soir.
Alors, une fois complètement dévêtue, je cours sur la terrasse pour me dépêcher de sauter dans la mer.

Une fois dans l’eau, je me tourne vers Cédric, toujours sur la terrasse, qui me regarde d’un air éberlué. Je ne peux me retenir de rire face à son expression surprise, alors qu’il ne semble pas comprendre ce qu’il vient de se passer. Moi-même j’ai du mal à y croire !
-J’ai rêvé ou tu viens de sauter dans l’eau complètement nue ? M’interroge-t-il en clignant des yeux, mais avec un sourire en coin.
-Viens vérifier par toi-même ! Le défié-je aussitôt, sans m’empêcher de rire.
Cédric rit à son tour, mais n’abandonne pas face au défi. Sans attendre, il enlève ses vêtements qu’il lance sur une chaise-longue devant mes yeux qui ne perdent pas une miette du spectacle. Une fois allégé de ses affaires, il s’empresse de plonger dans l’eau à son tour. Je sens qu’il me tourne autour sous l’eau, avant qu’il ne revienne à la surface devant moi.

-Qu’est-ce que tu ne me fais pas faire ! S’exclame-t-il avec amusement.
-Avoue-le, une nuit de noce à Sulani sans bain de minuit, ce serait du gâchis, non ? Le taquiné-je en réponse, tout aussi amusée par la situation.
-Qui êtes-vous ? Qu’avez-vous fait de ma femme ? Plaisante-t-il alors que ses yeux brillent d’un éclat que je connais bien.

Je ris de sa plaisanterie alors qu’il nage vers moi pour venir m’embrasser. Il est vrai que plonger nue dans la mer n’est pas dans mes habitudes mais j’ai envie de m’amuser, ce soir. La nuit est paisible, et il n’y a pas un chat dehors. Je veux profiter de cette sensation d’être seule au monde, avec lui, dans ses bras, à savourer chacun de ses baisers enflammés.
Nous restons un moment dans l’eau, profitant de la présence de l’autre, l’un contre l’autre, et à nous embrasser avec passion. Nous sommes comme hors du temps, hors de tout, où rien ne compte à part nous deux. Où les seuls témoins de notre amour sont les étoiles.
Nous profitons de chaque seconde, sans en perdre aucune, avant que le moment soit venu de nous réfugier sous les draps…

*Le lieu du mariage est une création de -NS- à l’occasion de son Let’s Play sur Îles Paradisiaques.

J’ai pas réussi à le caser dans le chapitre, mais j’avais tout de même envie de partager ce screen. Il ne me semble pas l’avoir invité, mais le fantôme de Nick est venu prendre quelques vacances à Sulani pour assister au mariage de sa petite-fille <3

Génération Jaune – Génération 3 – Chapitre 15

Depuis cette magnifique demande en mariage, je suis encore plus sur un petit nuage par rapport à d’habitude. Je ne cesse de me remémorer cette merveilleuse soirée et j’ai toujours un immense sourire sur les lèvres lorsque les souvenirs m’assaillent.
Nous avons beaucoup parlé du mariage, le lendemain de sa demande. Cédric m’a alors avoué qu’il n’envisageait pas sa demande comme une simple promesse de mariage dans le futur, mais qu’il a vraiment envie d’organiser cette journée et de m’épouser dans les semaines ou mois à venir. Il n’a pas besoin d’attendre davantage pour savoir que je suis la femme de sa vie.
Cela tombe bien, car je pense exactement la même chose.
Aujourd’hui est donc un jour assez spécial car nous allons annoncer notre mariage à ma mère, ainsi qu’à Paul. Il est prévu que nous l’annoncions également à mon père un peu plus tard dans la journée durant une conversation sur Skype. Cédric arrive donc à la maison en début d’après-midi, et c’est toute excitée que je l’accueille.

-Alors, prête à annoncer à ta mère et ton beau-père que tu seras bientôt une femme mariée ? Me demande alors Cédric en me prenant dans ses bras.
-Bien sûr, j’ai hâte ! Lui confirmé-je alors, joyeuse. Même si je suis un peu nerveuse pour tout avouer. Après l’expérience qu’elle a eu avec mon père, et le fait qu’elle ne soit, à mon avis, pas spécialement pour le mariage, je crains qu’elle serre un peu les dents quand on lui annoncera que l’on va se marier.
-Ne t’inquiète pas, ta mère ne veut que ton bonheur. Je suis certain qu’elle sera heureuse pour nous malgré ses opinions.
-Je le sais aussi, mais je ne peux m’empêcher d’avoir cette petite inquiétude. On entre ? Avant qu’on soit trempé à cause de la pluie. Lui proposé-je avec le sourire.

Une fois à l’intérieur de la maison, Maman et Paul viennent aussitôt saluer Cédric. Ils sont tous les deux de bonne humeur et je sais qu’ils sont ravis de le voir. Ils ont toujours apprécié Cédric et il fait parti de la famille maintenant… Ce qui sera d’autant plus vrai une fois que nous serons mariés.
Après les banalités d’usage, je leur demande s’ils veulent bien s’asseoir avec nous à table, en leur disant d’emblée que nous avons quelque chose à leur annoncer. Enfin, deux choses plus exactement, pour être honnête.
-Alors, qu’avez-vous à nous dire ? Vous allez l’air bien sérieux tout d’un coup. Nous interroge Paul alors que Maman nous observe avec curiosité.
-En fait, on a deux annonces à vous faire. Précisé-je un peu nerveusement, bien que je sois confiante.
-T’es enceinte ?! S’exclame directement Maman alors que Paul ne peut s’empêcher de rire.
Quoi ? Mais non !
-Alors vous avez décidé de mettre en route un bébé ? Rectifie-t-elle ensuite alors que Cédric se met à rire à son tour.
-Non plus Maman.
-Roh, c’est pas drôle ! Vous avez besoin d’un mode d’emploi ou quoi ?
-Maman !! Tu veux bien nous laisser parler au lieu de dire n’importe quoi ! Le réprimandé-je en levant les yeux au ciel.
-C’est bon je plaisante, je vous écoute ! Me répond-t-elle en riant, fière de sa plaisanterie.

-Alors, déjà, sachez que je ne vivrai plus ici dans quelques mois. Commencé-je alors, après que Cédric et Paul aient calmé leur hilarité suite aux âneries de ma mère. On a trouvé une maison !
-Oh c’est super ça ! Vous avez déjà signé et tout ? Nous interroge alors Maman, dont la joie se lit sur son visage.
-Elle est située où ? Demande à son tour Paul.
-Nous avons signé le compromis de vente hier. Confirme Cédric sans perdre son sourire. Il n’y a plus qu’à attendre que la procédure se fasse et nous pourrons emménager, à Oasis Springs. Leur répond sans attendre Cédric alors qu’il cherche sur son téléphone les photos qu’il a prise lors de notre visite.
-Elle est super ! Elle est moderne, grande avec trois chambres et un grand jardin ! J’aurais aucun problème pour installer ma fusée !
-Ni des berceaux. Me taquine Maman alors qu’elle et Paul regardent les photos sur le téléphone de Cédric. Elle a l’air d’être une jolie maison, félicitations. Si jamais vous avez besoin d’aide pour financer l’achat, ou pour les meubles ou autres, il n’y a pas de problème, on peut aider.
-Ca va aller Rosae, mais merci. Refuse poliment Cédric. Il est vrai que nous aurons aucun mal à acheter cette maison. De mon côté, je n’ai jamais touché à l’argent que Tata Roxane avait placé sur un compte à mon nom, auquel s’est ajouté une part de son héritage. En effet, à son décès et n’ayant pas d’héritier, Tata avait décidé de tout léguer à ses neveux et nièces. Quant à Cédric, ses parents étant tous les deux décédés, il avait mis de côté sa part de leur héritage pour un achat de cette ampleur.
-Bon, ça va me faire tout drôle que tu ne vives plus ici ma puce, mais je suis ravie pour vous deux. Reprend alors ma mère, qui semble un peu émue de voir sa fille quitter définitivement le nid.
-Et quelle est la deuxième nouvelle ? Demande ensuite Paul, qui ne perd pas le nord. Avec Cédric, nous nous lançons un regard d’encouragement et il me prend alors la main.

-Eh bien, avec Cédric, nous allons nous marier ! Annoncé-je d’une traite alors que je lis la surprise sur leur visage. Autant ils savaient que nous cherchions une maison, autant ils ignoraient tout d’un éventuel projet de mariage. Cédric m’a fait sa demande, et j’ai dit oui !
-Et nous avons bien discuté et nous sommes tous les deux d’accord pour organiser notre mariage et nous marier dans les mois à venir. Ajoute à son tour Cédric alors que la surprise laisse petit à petit la place à la joie.
-Oh mais c’est merveilleux ça ! S’exclame alors ma mère, à ma grande surprise. Je me doutais qu’elle serait heureuse pour nous, mais je n’imaginais pas qu’elle serait aussi ravie. Félicitations ! Si vous voulez faire ça rapidement, il va vite falloir caler une date si tu veux que ton père puisse s’organiser !
-Si tu veux mon avis Rosie, même avec les deux jambes dans le plâtre, Sven ne manquerait pour rien au monde le mariage de sa fille. S’en amuse alors Paul avant de nous répondre. C’est vraiment une super nouvelle et vous pouvez compter sur nous pour vous aider à tout préparer. Ajoute-t-il ensuite, suite à quoi nous le remercions.
Et Joy, il va s’en dire que je t’offrirais ta robe !
-Maman, t’es pas obligée… Lui assuré-je, sachant bien qu’elle n’aime pas spécialement les conventions. Mais à croire qu’elle ne les aime pas quand ça l’arrange.
Aucune discussion là-dessus, ma puce, ça me fait plaisir !

-Vous avez une idée de quand vous voudriez vous marier ? Nous demande Paul alors que Maman commence déjà à faire des propositions sur le style de ma future robe de mariée.
Assez rapidement, mais tout dépendra aussi de la disponibilité des lieux pour se marier. Répond alors Cédric alors que j’essaie de contenir ma mère. Elle qui avait fait une tête de six pied de long rien qu’à l’idée de mettre une robe blanche pour son mariage avec mon père, je n’aurais jamais cru qu’elle s’enthousiasmerait autant pour ma propre robe. Nous avons commencé à faire un repérage sur internet, mais nous n’avons pas trouvé votre bonheur.
-Si cela ne vous gêne pas de bouger un peu et que vous voulez un lieu de rêve, je connais un endroit qui serait parfait pour vous marier! Nous propose alors Paul, que nous écoutons avec attention. Il sort alors son téléphone pour nous montrer des photos tirées de son propre blog de voyage. Il est vrai que Paul a beaucoup voyagé lorsqu’il était jeune et je ne suis pas étonnée qu’il puisse nous proposer un lieu exceptionnel pour notre mariage. Lorsque nous voyons les photos, nous sommes aussitôt sous le charme avec Cédric. En même temps, n’importe quel couple rêverait de se marier dans un décor aussi splendide. Notre réaction amuse Paul et nous promet de se renseigner pour voir ce qu’il est possible de faire. Il a encore des contacts là-bas et il est certain de pouvoir trouver un lieu en un claquement de doigts.

Et il ne nous a pas menti. Deux semaines de recherche plus tard, il était déjà en mesure de nous proposer différents lieux et différentes dates possible dans les semaines à venir. Nous avons donc pu fixer une date, après nous être renseigné auprès de nos invités pour connaitre leurs disponibilités. Enfin, surtout auprès de mon père et de Kalpita, qui devront faire un plus long voyage pour assister à notre mariage mais qui seront présents sans le moindre problème. A peine ai-je annoncé la date du mariage que Papa avait déjà acheté les billets d’avion.
Aujourd’hui, je pars à la recherche de ma robe de mariée. Une nouvelle boutique a ouvert à Magnolia Promenade et je m’y rends avec ma mère, qui n’aurait manqué ça pour rien au monde. Elle est intenable, mais cela me fait plaisir qu’elle soit là. Mon mariage est une étape importante dans ma vie, et je suis heureuse que Maman soit toujours là pour m’accompagner à chaque moment des préparatifs.

Lorsque nous entrons à l’intérieur de la boutique, une vendeuse nous demande de bien vouloir patienter. Nous nous installons donc sur des fauteuils, en observant le décor autour de nous. Je suis assez septique car tout me semble assez tape à l’œil, mais j’attends de voir avant de me faire une opinion.
Tu vois quelque chose qui t’intéresse ma puce ? Me demande ma mère qui ne cesse de m’observer depuis que nous sommes entrées.
Pas vraiment… Lui avoué-je, un peu nerveuse alors qu’il y a pas mal de monde dans la boutique. La pauvre vendeuse semble débordée. J’espère que je vais trouver une robe qui me plaise…
Il n’y a pas de raison. Ce ne sont que les premiers essayages, ça va aller. Tente-t-elle me rassurer alors.
Certes, mais le mariage va vite arriver et je ne dispose pas d’un temps infini pour trouver ma robe.
-Ne t’inquiète pas. De toute façon, quoi que tu portes, tu seras magnifique !

-C’est gentil Maman… Et d’ailleurs… Être ici, ça ne te donne pas envie ? Lui demandé-je sur un ton taquin, faisant évidemment référence à sa relation avec Paul. Je sais qu’elle n’est pas forcément pour le mariage, mais peut-être qu’être plongée dans les préparatifs du mariage de sa fille lui donnent envie de changer d’avis.
-Envie de quoi ? Ne semble-t-elle pas comprendre.
-De te marier, avec Paul. Je sais que tu n’es pas spécialement pour le mariage mais…
-Qu’est-ce qui te fait dire que je ne suis pas pour le mariage ? S’étonne-t-elle alors, surprise par mes propos. Il est vrai que nous n’en n’avons jamais parlé, toutes les deux.
-Je ne sais pas… Le fait que tu es avec Paul depuis des années et que vous vous êtes jamais mariés ? J’ai déjà vu Paul regarder des émissions de mariage et vu sa tête, il n’est clairement pas contre le mariage. Lui signalé-je alors qu’elle se contente d’hausser simplement les épaules. D’ailleurs… J’ai été étonnée que tu sois aussi ravie de me voir me marier… J’ai pensé que tu aurais été davantage sur la réserve…
-Ma puce, ce n’est pas parce que je suis mal à l’aise avec les conventions que je ne suis pas heureuse de te voir te marier. M’assure-t-elle alors qu’elle semble se demander ce qui a bien pu me passer par la tête. Et puis, tu es jeune, vous allez acheter une maison avec Cédric et probablement fonder une famille. Il n’y a rien de choquant à ce que vous vous mariez.
-Mais Maman, l’âge n’a…
-Oh regarde cette robe ma puce! Elle ne te plairait pas ? Me coupe subitement Maman pour changer de sujet.

Elle se lève alors de son siège pour me désigner une robe présentée sur un mannequin sur une estrade. Il s’agit d’une robe longue, s’approchant d’un style princesse. Loin d’être convaincue, je me lève tout de même pour la voir de plus près mais je fais aussitôt la grimace.
-Maman, je vais crever de chaud dedans ! Lui assuré-je en secouant la tête. Sans parler du fait qu’elle n’est pas du tout adaptée !
-Tu as sans doute raison. Mais elle t’irait comme un gant.
-Peut-être, mais ce ne sera pas celle-là. D’ailleurs, je suis surprise que tu me la proposes, elle est très traditionnelle comme robe. Pour quelqu’un qui n’aime pas les conventions hein…
-Je n’aime pas les robes blanches en effet, mais ce n’est que mon avis personnel. Me confirme Maman. Mais c’est ce dont tu as envie, et je veux t’aider à trouver ton bonheur, c’est tout.

Soudain, je vois le regard de ma mère s’assombrir, comme si elle se perdait dans ses pensées. Je ne sais pas tellement quoi dire et je me demande bien à quoi elle peut penser. J’espère que je n’ai pas dit quelque chose qui aurait pu la blesser…
-Ca va Maman ? Tu sais, si tu veux que j’essaie cette robe, je veux bien la passer si ça te fait plaisir…
-Mais non ma puce, tu ne vas pas essayer une robe qui ne te plait pas. Refuse-t-elle aussitôt. Je pensais simplement à ta grand-mère, et à la fois où j’ai du choisir moi-même une robe de mariée. Bien que je n’avais pas envie de cette robe, j’aurais aimé qu’elle soit là. M’avoue-t-elle alors, la gorge nouée. Je n’étais qu’une enfant à l’époque, mais je comprends sans problème que l’absence de Mamie lors de l’organisation de son mariage a du lui peser. Du coup, je réalise que je suis heureuse que tu ais cette chance, d’avoir encore ta mère pour t’accompagner dans ton mariage. J’ai mes opinions concernant le mariage, certes, mais ne doute pas une seule seconde de mon bonheur de te voir te marier, d’accord ?
-Oui Maman. Lui réponds-je, émue, avant de la prendre dans mes bras. Je suis heureuse que tu sois là aussi…. Mais tu sais Maman… Ce n’est pas parce que Mamie n’est plus là, que ça s’est mal passé avec Papa et qu’aujourd’hui tu n’as plus 20 ans que tu n’as plus le droit de te marier. Et puis, personne ne t’oblige à respecter les conventions.
-Je sais ma puce, mais ce n’est pas moi qui vais me marier bientôt. Me rappelle-t-elle avec un sourire amusée, alors qu’un vendeur vient enfin s’occuper de nous.

Nous discutons pendant un moment avec le vendeur. Il me questionne sur la date du mariage, sur le lieu ainsi que sur mes envies concernant la robe. Il demande également à ma mère comment elle m’imagine le jour J. Une fois qu’il a terminé de poser toutes ses questions, il part en réserve pour me proposer une première robe, qui ne me plait pas du tout. La seconde ne plait pas à ma mère qui juge qu’elle ne me ressemble pas.
Pour la troisième robe, je me sens étrange lorsque je suis en train de la mettre. Je sens que le tissu est assez léger et je me sens rapidement à l’aise dedans. Mon cœur tambourine dans ma poitrine, et j’ai hâte de sortir de la cabine pour montrer la robe à ma mère.

Une fois prête, je sors alors de la cabine. Je suis un peu nerveuse à l’idée de me découvrir dans cette robe, ainsi que de connaitre l’opinion de ma mère. Je me sens bien dedans et mon instinct me dit que c’est la bonne… Je serai vraiment triste que ma mère ne l’aime pas.
Ma mère regarde ailleurs quand je sors de la cabine et j’ai l’occasion alors de me découvrir toute seule dans la robe de mariée. Le vendeur me regarde, mais je suis incapable de parler. Je hoche alors la tête, pour manifester mon approbation.

Le vendeur invite ensuite Maman à se retourner pour me découvrir dans ma robe. Dès l’instant où elle me voit, son visage s’illumine. Elle affiche un immense sourire émue, et je suis aussitôt rassurée.
-C’est celle-là. Tu es magnifique ma puce. M’assure Maman, dont le ton de la voix trahit son émotion. Cédric va en tomber à la renverse !
-Je ne sais pas s’il va aimer cette robe à ce point-là, mais oui… C’est la bonne. Confirmé-je alors que je me regarde dans tous les sens.

J’ai l’impression de vivre hors du temps. Les préparatifs du mariage avancent bien et je suis de plus en plus excitée à l’idée de me marier au fur et à mesure que la date approche. Je ne prête même plus attention au temps qui passe, tellement je suis obnubilée par l’approche du mariage. J’ai tellement hâte d’y être, et de pouvoir dire « oui » à l’homme que j’aime.
Mais, alors que la date du mariage approche à grand pas, la vie nous rappelle que tout n’est pas toujours rose et que l’existence est loin d’être un conte de fée.
Une nuit, alors que Phenix dormait paisiblement au pied de mon lit comme à son habitude, il rend son dernier souffle.

Poussée par un mauvais pressentiment, je me réveille au beau milieu de la nuit. Dès l’instant où j’ouvre les yeux, je sais qu’il y a quelque chose d’anormal. Un silence inhabituel règne dans ma chambre, alors que Phenix a toujours ronflé pendant son sommeil. Je remarque sa présence à côté de mon lit, mais je constate sans problème qu’il ne semble plus respirer.
Refusant l’évidence, je sors de mon lit pour me laisser tomber à genoux sur le sol pour tenter de réveiller mon chien. Je le secoue, je l’appelle, dans l’espoir de le sortir de son sommeil.
Mais il n’a aucun réaction. Absolument aucune.

Mon cœur se serre tandis que je suis obligée d’accepter l’évidence : Phenix, mon chien depuis de nombreuses années, qui m’a accompagnée durant toute mon adolescence et le début de ma vie d’adulte, nous a quitté.
Je fixe son corps sans le voir. Je sais qu’il était vieux et qu’il avait de plus en plus de mal à marcher à cause de son âge. Mais au fond de moi, j’espérais qu’il reste avec moi encore quelques mois, voire quelques années. Je m’imaginais déjà l’emmener avec moi dans ma nouvelle maison, où il aurait vécu ses vieux jours auprès de moi et de Cédric. A aucun moment je me suis imaginée m’installer dans ma maison sans mon chien. Jamais cela ne m’est venu à l’idée que cela puisse se passer ainsi.

Je suis tellement sous le choc de perdre mon fidèle compagnon que je ne remarque pas que Paul est entré dans ma chambre. Je crois que j’ai appelé Phenix trop fort, j’ai du le réveiller. Il soupire en découvrant le corps de Phenix et comprend aisément qu’il a rejoint le paradis des chiens. Il s’approche de moi pour m’éloigner du corps de mon chien, et il essaie de capter mon attention. Mais je suis complètement déconnectée de la réalité. Phenix était comme mon meilleur ami. Je viens de perdre mon meilleur ami…
-Je suis désolé Joy, mais tu sais, Phenix était vieux maintenant… On se doutait que cela finirait par arriver. Tente-t-il de me consoler alors que je sens les larmes me monter aux yeux.

-Je sais, mais au fond de moi, j’espérais qu’il tienne suffisamment longtemps pour découvrir notre nouvelle maison. Je ne me voyais pas partir sans lui. Lui avoué-je alors, la gorge nouée.
-Je me doute, Joy, je me doute. Mais le plus important est qu’il a eu une belle vie, tu lui as offert une belle vie. Ta mère l’avait trouvé dans un refuge, et grâce à vous, il a eu une maison et il a été aimé. Et puis, il avait du mal à marcher… Là où il est maintenant, il peut courir comme il l’entend.
-Je sais bien que tu as raison… Soupiré-je. On va faire quoi de son corps, Paul ?
-Je vais le mettre dans le garage pour le moment. J’irai l’enterrer dans le jardin quand il fera jour. Il ne connaîtra pas ta maison, mais il reposera en paix dans celle qu’il a toujours connu.
-Moui… Au final, c’est sans doute pas plus mal. Soufflé-je, l’esprit ailleurs, alors que Paul s’approche de Phenix pour le soulever et l’emmener hors de ma chambre. J’éclate cependant en sanglots dès l’instant où je me retrouve seule. Je me roule en boule dans mon lit, tandis que Maman vient me rejoindre pour me prendre dans ses bras.

Le lendemain, comme promis, Paul ne tarde pas à creuser un trou au fond du jardin suffisant grand et profond pour pouvoir y enterrer Phenix. J’ai mal au cœur quand je le vois installer la petite pierre tombale qu’il a acheté le matin même pour rendre un dernier hommage à notre chien.
C’est tellement dur de devoir lui dire au revoir… Mais j’essaie de me consoler en me disant qu’au moins, maintenant, il ne souffre plus de la vieillesse.
Adieu Phenix, repose en paix mon amour de toutou.

Génération Jaune – Génération 3 – Chapitre 14

Il y a quelques jours, Cédric m’a proposé que nous allions au restaurant un soir. J’étais un peu sceptique mais c’est vrai que cela fait un moment que nous ne sommes pas sortis tous les deux pour une soirée en amoureux. La majorité du temps, nous le passons chez lui pour être plus tranquille. Alors, pour lui faire plaisir, j’ai accepté. Cela avait l’air de lui tenir à cœur et il m’a fait un immense sourire quand j’ai dit oui. Mais, quand je lui ai demandé dans quel restaurant il voulait aller, il s’est contenté de me répondre que c’est une surprise.
J’ai attendu toute la semaine avant d’avoir enfin ma réponse. Lorsque nous partons, Cédric prend la route vers Windenburg, et nous arrivons rapidement devant le restaurant où nous nous sommes officiellement rencontrés. Je souris en découvrant la destination, émue par le souvenir de cette soirée. Sarah m’a obligée à venir mais j’ai rencontré l’amour de ma vie. Un mal pour un bien, au final.

Le serveur nous installe sur une table de la terrasse du restaurant, située au plus près de la piscine. L’air est doux et il n’y a pas grand monde ce soir au restaurant, rendant l’ambiance calme et paisible. La soirée s’annonce parfaite et je suis ravie que Cédric ait demandé à sortir dîner dehors.
Mais au fur et à mesure du repas, et alors que la soirée est agréable, je sens que Cédric n’est pas comme d’habitude. Il semble nerveux et, par moment, il se perd dans ses pensées.
-Tout va bien ? Lui demandé-je alors que nous attendons nos desserts.
-Evidemment Chaton, pourquoi cette question ? Me répond-t-il alors, étonné par mon inquiétude.
-Je ne sais pas, tu n’es pas comme d’habitude et tu as l’air ailleurs.

-C’est parce que je repense à la soirée où nous nous sommes rencontrés. Me confie-t-il en me lançant un regard plein d’amour, tandis que le serveur nous apporte nos desserts. Notamment quand j’ai vu apparaître la jolie fille de la bibliothèque qui m’a parlé de chaton alors qu’elle lisait un livre de science-fiction.
-Ce détail-là, tu n’es pas obligé de t’en souvenir. Lui signalé-je, ce qui le fait aussitôt rire. Et je pense que tu enjolives un peu la situation. Tu as surtout du te dire que tu n’avais pas de chance de retomber sur la barge à qui tu as eu le malheur de parler.
-Pas du tout, je me suis estimé chanceux de te recroiser par hasard. Réfute-t-il aussitôt mes propos. A ton avis, pourquoi je suis venu te parler à la bibliothèque ?
-Parce que le livre que je lisais t’intéressait ?
-Non, parce que je te trouvais jolie. M’avoue-t-il en me prenant la main. Le livre, ce n’était qu’un prétexte pour t’aborder. J’avais remarqué que tu me regardais souvent, alors j’ai tenté.
-Tu l’avais vu ? Mais … Depuis quand ? Lui dis-je en pâlissant à vue d’œil. Je ne l’avais jamais réalisé et je me sens d’autant plus honteuse.
-Depuis le début. Tu n’as jamais été discrète Chaton ! Me répond-t-il en riant alors que je me réconforte de ma bêtise avec mon tiramisu.

Nous prenons notre dessert tranquillement et une fois notre repas terminé, nous nous levons de table pour nous balader tranquillement dans le jardin du restaurant et autour de la piscine. Nous nous asseyons un moment sur l’un des canapés à côté de la piscine pour profiter du décor absolument magnifique. Le ciel est dégagé et nous pouvons admirer les étoiles sans le moindre problème. Je me blottis contre Cédric, apaisée par cette ambiance paisible et romantique.
Quand nous nous levons pour partir, Cédric m’arrête pour me prendre dans ses bras. Son visage s’approche du mien et il s’empare de mes lèvres pour m’offrir un tendre baiser. Mon cœur tambourine dans ma poitrine et j’ai l’impression d’être sur un nuage. Au final, peu importe que j’ai eu la honte de ma vie lors de notre rencontre. C’est grâce à elle qu’il fait partie de ma vie aujourd’hui.

-Je t’aime, Chaton. Me souffle-t-il en libérant mes lèvres, alors que je lui réponds que je l’aime aussi. Tu sais, parfois je me demande si … Si ce n’était pas le destin. On se croise à la bibliothèque, et le hasard nous a réuni ici, coincés l’un et l’autre dans un dîner auquel aucun de nous deux n’avait envie d’aller. Et si… Et si nous étions destinés à nous rencontrer, et à tomber amoureux de l’autre ?
-C’est peut-être le cas. Confirmé-je d’une voix douce, bien qu’intriguée par ses soudain questionnements philosophiques. Ou peut-être c’était simplement le hasard qui a bien fait les choses. Nous ne le saurons jamais et c’est ce qui fait aussi la beauté d’une rencontre.
-Tu as sans doute raison.
-Cédric, pourquoi tu te poses toutes ces questions tout d’un coup ? Lui demandé-je, troublée par ses mots et par son regard.

Cédric ne me donne aucune réponse. Il se contente de me sourire avec tendresse. Il m’embrasse une nouvelle fois, tout doucement. Je suis chamboulée par son attitude mais je savoure chacun de ses élans d’amour.
Puis, sans que je m’y attende, il se baisse et pose un genou à terre. Il me regarde toujours avec autant d’amour et cherche quelque chose dans la poche de son jean sans me quitter des yeux.
Quant à moi, je sens que mon cœur bat à vive allure.

-Cédric ?! Mais qu’est-ce que tu fais ?!

Pour toute réponse, Cédric sort une bague de sa poche et la présente devant moi. J’en ai le souffle coupé et j’ai du mal à saisir ce qui est en train de se passer. Il affiche un air confiant, mais je devine qu’il est nerveux à son sourire légèrement crispé. Est-il vraiment en train de faire ce que je crois qu’il est en train de faire ?
Il faut que je pense à respirer. Ce serait bête de tomber dans les pommes.

-Joy, Chaton… J’ignore si c’est le destin qui nous a réuni, ou si c’est simplement le hasard qui a bien fait les choses … Commence-t-il à se déclarer, alors que je suis figée sur place, incapable de réagir. Dans tous les cas, je serai à jamais reconnaissant que nos routes se soient croisées pour, je l’espère, ne jamais se séparer. Je suis heureux que tu sois dans ma vie et de partager la tienne. Je suis persuadé que ce sera le cas jusqu’à la fin de nos jours. Sinon, pour quelles raisons nous nous serions retrouvés dans le même restaurant, le soir du Nouvel An ?

-Alors Joy, je te le demande avec tout l’amour du monde, acceptes-tu de faire de moi l’homme le plus heureux de la Terre et de m’épouser ?
J’ai du mal à réaliser ce qui est en train de se passer. Cédric est vraiment en train de faire sa demande ? Bien sûr que oui… Après cette magnifique déclaration d’amour, il n’y a pas le moindre doute.
Mon cœur bat à 1000 à l’heure, je ne m’attendais absolument pas à ce qu’il me demande de l’épouser ce soir. Certes, il m’a déjà demandé si j’étais pour ou contre le mariage, au détour d’une conversation sur ma mère et Paul. Mais j’ignorais que c’était un moyen détourné de tâter le terrain. D’ailleurs, c’était lui ou moi qui avaient abordé le sujet ?

Je chasse cette pensée de mon esprit lorsque je commence à fixer la bague qu’il tient toujours entre ses doigts. Elle est absolument magnifique et semble refléter l’éclat de la Lune. Elle est absolument parfaite. Cédric l’a bien choisi.
Puis, mon regard se pose de nouveau sur son visage. Il attend ma réponse, le regard plein d’amour et d’espoir. Alors que mon souffle semble me revenir, la réponse à sa question est évidente.
-Oui, Cédric. Oui, je veux t’épouser ! Oui, oui et mille fois oui !

Le regard de Cédric s’illumine instantanément de bonheur. Il se relève, puis prend doucement ma main pour glisser la bague à mon doigt avec délicatesse. L’émotion me gagne et je fais tous les efforts du monde pour ne pas me mettre à pleurer. Cédric prend mes mains dans les siennes. Je me penche vers lui pour l’embrasser. Le monde qui nous entoure n’existe plus. J’oublie totalement où nous sommes et mon esprit est totalement focalisé sur lui… Mon fiancé, mon futur mari, l’homme de ma vie.

Cédric me serre dans mes bras, puis me penche soudain sur le côté pour un baiser des plus romantiques et passionnels. Je m’accroche à lui par réflexe, même si je sais qu’il ne me laissera jamais tomber. Je l’embrasse à perdre haleine, jusqu’à perdre la tête.
Ce soir, c’est le plus beau de ma vie. Le plus romantique et émouvant aussi. Cette soirée restera à jamais gravée dans ma mémoire ainsi que ce long baiser sous les étoiles. Cédric libère mes lèvres et je lis tout l’amour qu’il éprouve pour moi dans son regard.
-Je t’aime, Joy, tu n’imagines pas à quel point.
-Oh si, j’imagine. Parce que je t’aime encore plus.
Ce soir, assurément, l’amour brille sous les étoiles…