Génération Jaune – Génération 3 – Chapitre 53

Grace

Les vacances avancent avec une vitesse folle, mais j’en profite à fond pour m’améliorer en snowboard. Entre deux visites de la ville, les vieux nous laissent faire ce que l’on veut, alors je fonce directement vers les pistes. Je m’éclate à les dévaler à toute vitesse et, petit à petit, je gagne en équilibre et en aisance. La vitesse ne me fait plus peur et je m’amuse comme une folle !

Petit à petit, je commence à me sentir pousser des ailes. Je ne me contente pas de glisser sagement sur la poudreuse, mais je tente aussi de faire des figures. Je suis moins raide sur le snowboard et je prends plus de risque pour tenter de faire quelque chose de plus stylé ! Je me suis loupée plusieurs fois, mais j’ai des os solides, alors je remonte sur mon snow sans le moindre problème ! Et puis, c’est en essayant encore et encore qu’on finit par y arriver.
Grégory dit que je me la pète avec mes figures, mais c’est juste qu’il est jaloux car il n’arrive pas à faire la même chose. En vrai, je vois bien qu’il est admiratif de ce que j’arrive à faire en l’espace de quelques jours.
Il faut dire que je m’en donne les moyens. Dès que les vieux nous accordent du temps libre, je l’occupe sur les pistes, jusqu’à la tombée de la nuit. Je veux être la meilleure en snowboard, et j’adore les sensations que cela procure ! J’ai l’impression d’être libre et d’être capable de tout faire quand je m’envole pour faire une figure !

La fin des vacances finit par arriver, et je profite à fond des derniers instants qui nous restent au Mont Komorebi. Du coup, je ne reste pas sagement sur les pistes pour débutant et je m’aventure sur des pistes plus risquées mais qui procurent davantage d’adrénalines ! Un gros rocher sur le chemin ? Même pas peur ! Je glisse, et je m’envole en réalisant fièrement une figure ! Je ne fais pas attention au vide qu’il y a sous moi et je profite de l’instant présent ! C’est tout bonnement incroyable !

Après cet instant, je ne tarde pas à me mettre en position pour atterrir le mieux possible sur le sol -et sans me casser la figure de préférence. J’y arrive sans problème et je continue de glisser le long de la piste avec plaisir. Cette piste est davantage arborée par rapport à celles que j’ai pu faire, et cela rend rend la vue plus agréable ! Bye bye la vue de la remontée mécanique, bonjour celle sur les sapins enneigés !

Je prends de plus en plus confiance en moi, et je tente des trucs que jamais je n’aurais cru être capable de faire. Comme m’élancer le plus rapidement possible sur un rocher pour faire une pirouette dans les airs. C’est un truc de malade, complètement délirant, et pourtant, je le fais sans la moindre hésitation. Pendant que je suis dans les airs, j’ai l’impression d’être un oiseau ! Et le plus impressionnant dans tout ça, c’est que j’arrive à retomber sur mes deux jambes sans me faire mal ! Il n’y a pas à dire, je suis vraiment douée en snowboard !
Heureusement que Maman ne me voit pas faire, sinon elle ferait une syncope !
Il n’y a vraiment pas de quoi en plus. Je suis sage la plupart du temps !

Et puis, de toute façon, les vieux ne sont même pas là et ne profitent quasiment pas des pistes. Papa, ça se comprend. A son âge, il vaut mieux éviter tout risque de fracture du col de fémur. Et Maman, je crois que c’est pas son truc. Je l’ai vu sur des skis, c’est pas beau à voir. L’avantage, c’est que je ne les ai pas sur mon dos ! Sinon, je ne pourrais absolument rien faire et j’aurais l’impression d’être une enfant de 5 ans !
Pour le dernier jour des vacances, je crois qu’ils ont enfin décidé de se poser. Ils ont dit qu’ils iraient à l’onsen, machin chose. Il y a une source chaude je crois là-bas. C’est pour se détendre. Si ça pouvait détendre suffisamment Maman pour qu’elle s’inquiète moins, ça serait vraiment top ! Et puis, ça peut pas leur faire de mal d’être juste tous les deux, sans Grégory et moi sur leur dos. Ils ont le droit aussi de s’accorder du temps pour eux quand même -et ça nous fait des vacances, à nous aussi.

*   *   *

Aujourd’hui, les vacances se terminent. Nous rangeons nos affaires, les vieux rendent les clés de la maison et direction l’aéroport pour rentrer à la maison. Lorsque nous atterrissons à Oasis Springs, la différence de température est flagrante ! Nous avons beau être en hiver, il y fait toujours aussi chaud ! C’est l’idéal pour Maman, mais la neige commence déjà à me manquer !
Avant de rentrer à la maison, nous nous arrêtons chez Tonton et Tata. Les vieux leur ont acheté des cadeaux, pour leur faire plaisir et aussi pour les remercier d’avoir gardé Comète pendant notre absence. Elle nous fait une fête pas possible dès qu’elle nous voit, on dirait qu’elle nous a pas vu depuis 2 mois ! Elle nous aboie joyeusement dessus, et nous saute dessus avec enthousiasme. Elle est vraiment trop adorable !
Quand on rentre enfin à la maison, Comète ne nous lâche pas d’une semelle, comme si elle avait peur que nous l’abandonnions à nouveau. Du coup, je prends le temps de jouer un peu avec elle, histoire de lui faire plaisir et de la fatiguer un peu.

Maintenant que nous sommes rentrés, il faut que j’occupe mon temps autrement. Fini les pistes enneigées, bonjour le panier de basket ! Les sélections pour intégrer l’équipe de basket du lycée ont lieu juste après les vacances scolaires, et je veux absolument entrer dans l’équipe !
Et pour cela, il n’y a pas 36 milles solutions : il faut que je m’entraine !
Souvent, Tonton vient à la maison et il me donne quelques conseils. Il fait du mieux qu’il peut étant donné qu’il était footballer et non basketteur, mais je prends tout ce qui peut m’être utile pour m’améliorer et atteindre le plus haut niveau !

Je me donne à fond pour ça. Je suis incapable de tenir en place, et intégrer l’équipe de basket du lycée serait une bonne opportunité pour moi. Si je parviens à briller suffisamment durant les matchs et montrer de quoi je suis capable, peut-être que je parviendrais à attirer l’attention d’un entraineur professionnel, qui sait ?
Mais pour le savoir, je dois absolument être la meilleure, et montrer que je suis indispensable pour l’équipe pour pouvoir gagner les futurs matchs de la saison.
Maman râle car elle estime que je passe trop de temps à jouer au basket par rapport à mes devoirs. Mais je m’en fiche, ce n’est pas en faisant mes devoirs de maths que je vais devenir une championne de basket !

Mais je prends quand même le temps de me reposer le soir. Par moment, j’aime bien me tenir tranquille dans ma chambre, sans jouer et sans que l’on vienne m’embêter.
Ou alors, j’adore squatter la chambre de mon frère pour jouer à la console avec lui.
Ce soir, il est au téléphone avec Alice. Elle est à Del Sol Valley pour passer du temps avec sa sœur pendant les vacances, et ils s’appellent quasiment tous les soirs. Par moment, j’entends quelques mièvreries à travers la porte, et je rigole toute seule. Je ne dis rien car ils sont quand même mignons tous les deux, mais ça me fait rire.
Quand je rentre dans ma chambre après avoir pris ma douche, je vois que j’ai un appel manqué sur mon portable. Je m’empresse de regarder et je rappelle Gideon dans la foulée. Je pense savoir de quoi il veut me parler ! Ou plutôt de qui !
-Tu vois, je te l’avais dit qu’elle en avait rien à péter de Will en vérité ! M’exclamé-je quelques minutes plus tard, après que Gideon m’ait raconté ce qu’il a entendu dans l’après-midi. C’est que du flan !
-C’est surtout complètement débile. Soupire en réponse Gideon, alors qu’Olive m’agace de plus en plus. Sérieux, on dirait une gamine.
-Ca, je te le ferai pas dire !
-Tu veux toujours mettre notre plan en application ? Me demande-t-il ensuite, sur un ton prudent. Je fais mine de réfléchir un instant. Notre plan, nous l’avons mis au point pendant que j’étais au Mont Komorebi. En soi, c’est tout aussi débile que l’attitude d’Olive -et c’est d’ailleurs pour cela que nous n’en parlons à personne- mais il faut bien jouer selon ses propres règles pour lui faire manger la poussière !
-Bien sûr ! Dès la rentrée, on exécute notre plan ! Et toi, tu es sûr que ça va aller ? Je sais bien que tu ne fais pas ça juste pour embêter Olive …
-Ca va aller, t’inquiète pas. C’était mon idée.
-Ouais, ‘fin, quand même…
-T’inquiète. Bon, je vais te laisser. Je t’appelle si j’ai du nouveau.
-Ok, pas de soucis, bye. Lui dis-je avant de raccrocher.

Génération Jaune – Génération 3 – Chapitre 52

Grace

Ces vacances au Mont Komorebi sont vraiment les meilleures qui puissent exister ! J’adore dévaler les pistes à toute vitesse, même si je dois me casser la figure à la fin ! Ca fait mal sur le coup, mais cela ne m’empêche pas de remonter dans les télésièges pour redescendre la piste une nouvelle fois !
Bon, je vois bien que cela fait flipper Maman, mais j’ai bien le droit de m’amuser !
Un matin, je me dépêche de descendre prendre mon petit déjeuner, prête à repartir vagabonder dehors. Mais là, j’entends Grégory et Papa discuter du programme de la journée.

-Il y a quoi de prévu aujourd’hui ? Demande mon frère en se servant du pain perdu.
-Oh ce matin c’est tranquille. Mais on part tous visiter un peu cette après-midi. On va aller au centre-ville, et pourquoi pas aller faire un tour. Il y a des sentiers de randonnées par là-bas d’après ce que j’ai lu.
-Oh non ? On peut pas rester faire du snow plutôt ? Réagis-je aussitôt, n’ayant aucune envie de partir en ballade je-ne-sais-où.
-On vous a laissé faire ce que vous voulez hier. Et puis, à la base, ce sont des vacances en famille, donc le but est également de passer du temps tous ensemble. Me répond Papa, nullement perturbé par ma protestation.
-Oh relou !
-C’est toujours un plaisir de voir à quel point tu es heureuse de passer du temps en famille. Plaisante Papa, ne manquant pas de faire rire Grégory alors que je lève les yeux au ciel. Elle n’est même pas drôle sa blague !

Bien décidée de profiter de ma matinée de liberté, je parviens à convaincre mon frère de venir sur les pistes avec moi. Pour le fun, et pour tester, on emprunte une luge pour faire une petite descente tous les deux. Enfin, c’est surtout Grégory qui a insisté, car perso, je sens que les sensations ne seront pas folles ! La descente est toute petite et c’est clairement un truc pour enfants !
En plus, il insiste pour être devant. Je peste mais je laisse couler pour lui faire plaisir. Alors, on s’installe dans la luge, et nous la poussons pour glisser sur la piste. On avance en ligne droite, sans aucun obstacle devant nous. On prend petit à petit de la vitesse, mais rien de bien fou comparé au snowboard sur les pistes à côté !

Wouhou ! Quelle sensation de fifou ! Plaisante Grégory dès que nous arrivons en bas… soit à peine une minute après que nous ayons commencé à descendre.
-Et tu n’imagines même pas comment c’est à l’arrière, avec une magnifique vue sur ton bonnet ! Ajouté-je en laissant échapper un rire. Aller, tu veux bien qu’on reprenne des snow et qu’on aille à côté ?
-Roh, ça t’a pas plu la luge ?
-C’est rigolo, mais ça va bien 5 minutes !
-Aller, viens, on va aller faire l’échange avant que tu deviennes miss-rochon ! Me taquine-t-il en se levant de la luge. Je me contente de hausser les épaules en réponse, feignant ne pas savoir de quoi il veut parler. Je ne suis jamais rochon, voyons !

Nous nous dépêchons donc d’aller emprunter des snowboards, et nous montons ensemble dans le télésiège. On observe le paysage enneigé et les massifs montagneux avec plaisir. Puis, très vite, nous plaisantons sur nos talents en snowboard. Très rapidement, j’affirme que j’arriverai plus vite que lui en bas ! Il jure que non, plus pour m’embêter que par réelle conviction à mon avis. Très vite, dès que l’on pose nos pieds sur la neige, on décide d’aller sur deux pistes différentes pour savoir qui arrivera en bas premier.
-Tu es sûr de vouloir continuer ? Tu sais très bien que je vais avoir raison ! Le taquiné-je alors qu’il s’approche de sa piste.
-Certain ! Tu vas voir ! Tu n’auras pas le temps de dire ouf que je serai déjà en bas !
-C’est beau de rêver ! Rié-je, alors que je m’installe sur le snowboard et, après que nous ayons compté jusqu’à 3, je m’empresse de partir dévaler la piste !

Je fais la maline, mais lorsque je m’élance, je sais très bien que je ne suis pas encore très stable sur mon snowboard. Je manque de souplesse et je ne suis pas très à l’aise sur mes appuies. Cela n’empêche pas que les sensations sont grisantes et que j’adore faire du snowboard !
Et malgré mon instabilité sur mon snow, je n’ai pas peur de prendre des risques ! A la moindre occasion, je n’hésite pas une seconde à tenter des figures ! Rien de bien impressionnant, je dois donner l’impression que je vais m’éclater la figure dès la fin de mon saut et Maman ferait probablement une crise cardiaque si elle me voyait, mais j’adore ça ! Durant ces quelques secondes dans les airs, j’ai l’impression de voler !

Cependant, à force de faire des pirouettes, j’en viens à oublier que la piste a une fin. Forcément, je n’anticipe pas le freinage, je perds l’équilibre et je finis par tomber au pied de la piste. J’en perds même le snowboard qui s’envole un peu plus loin. Je râle, je peste et j’ai mal aux fesses.
-Grace ! Ca va ? S’empresse de me rejoindre mon frère qui a du me voir tomber en terminant sa descente.
-T’as vu, je suis arrivée première ! Ne puis-je m’empêcher de signaler, avec un sourire en coin.
-Tu perds pas le nord ! S’en amuse Grégory en me tendant la main pour m’aider à me relever.

A la fin de la matinée, alors que nous venons de rendre nos snowboards -à mon plus grand désarroi-, j’essaie de grapiller quelques minutes supplémentaires avant de devoir rentrer à la maison de location pour manger avec nos vieux. Je sais très bien que l’après-midi sera relou alors que je me sens si bien ici !
Je crois que mon attitude amuse mon frère, mais il est également la voix de la raison. Il me rappelle que nous devons rentrer sinon les vieux ne nous laisserons jamais repartir seuls. Je finis par abdiquer, tout en réussissant à négocier une photo avec mon frère, en souvenir de cette matinée géniale!

Après manger, comme annoncé par Papa ce matin, nous allons tous ensemble dans le quartier de Senbamachi. Au fur et à mesure de notre descente vers ce centre-ville, plutôt ancien, plus je voyais la neige disparaitre du paysage, plus je faisais la tête.
Néanmoins, lorsque nous arrivons, je dois bien admettre que le quartier est magnifique. Les maisons anciennes sont dépaysantes par rapport à celles que l’on peut observer chez nous. Et ce doit être très agréable de faire un jogging le long du canal ! Je retrouve un peu le sourire, mais cela me manque toujours de faire du snowboard !

Après avoir fait un tour du quartier, les vieux décident rapidement d’aller se balader dans la forêt de bambous. Je lève les yeux au ciel, et je ne peux m’empêcher de râler. Sérieux, il y a quoi de si extraordinaire à aller voir des bambous ? Il suffit d’aller dans une jardinerie et on trouve facilement des pots avec du bambou !
-Arrête de râler Grace, et profite du paysage. Ca change par rapport à chez nous ! Tente de positiver Maman, qui essaie de garder son calme face à ma mauvaise humeur.
-En même temps, on vit dans un désert. On peut pas faire plus différent. Signalé-je alors que j’entends Grégory laisser échapper un rire et que je vois bien que Papa essaie de se retenir de rire aussi.
-Très drôle. Je sais que tu aurais préféré rester dans la montagne, mais ça fait du bien aussi de découvrir les alentours. C’est un autre pays, d’autres décors. Profites-en pour te créer des souvenirs et observer ce que l’on a pas l’habitude d’observer. Me répond Maman, alors que je suis subitement sceptique lorsque nous arrivons dans un cimetière.
-C’est sûr que ce n’est pas tous les jours qu’on va se balader dans un cimetière.
-Cédric, tu ne veux pas me donner un coup de main ? Désespère Maman alors que je me retiens de rire.
-Avoue quand même qu’elle n’a pas tout à fait tort. Avoue-t-il en riant alors que Maman lève les yeux au ciel.

Grace ? Mais qu’est-ce que tu fais ? S’exclame-t-elle alors que je fais semblant de faire un selfie. C’est juste pour embêter ma mère, et plaisanter un peu, car j’ai aucune envie d’avoir une photo d’un cimetière. Plus glauque, tu meurs !
-Bah quoi ? Tu veux que je joue les touristes et que je me crée des souvenirs des lieux qu’on n’a pas l’habitude de visiter ! Fais-je aussitôt l’innocente, faisait semblant de ne pas voir où elle veut en venir.
-Mais pas dans un cimetière, enfin ! Un peu de respect pour les personnes qui reposent ici !
-Bah, si ça se trouve, elles seraient ravies d’être sur Simbook et Simstagram !
-Tu me désespères, Grace ! Soupire Maman de dépit, alors que je vois Papa et Grégory faire de leur mieux pour se retenir de rire.

Je finis par avouer à Maman que je plaisante et que jamais je ne ferai de photo dans un cimetière et nous continuons à suivre le sentier de randonnée. Je vois bien que Maman est soulagée de mon aveu, mais je vois aussi Papa et Grégory se lancer des regards rieurs. Je fais tourner Maman en bourrique, et cela amuse bien Papa et Grégory ! Mon humour ne laisse personne indifférent visiblement !
Au bout d’un quart d’heure de marche, nous arrivons au pied d’un immense temple traditionnel, blanc et rouge, et absolument magnifique. Je reste totalement bouche-bée devant, tellement que l’édifice est impressionnant. Je me sens toute petite à côté ! Là, ok, je m’incline ! Rien que pour ça, ça valait le coup de venir !
Quand on approche de la fin de la balade, le soleil commence à se coucher. Maman commence à nous dire de nous dépêcher et opte pour une marche plus rapide. Il faut dire qu’il commence à faire sacrément froid et Maman a toujours été frileuse. Elle doit avoir hâte de rentrer pour être au chaud ! Cela me fait rire : il n’y a plus personne pour dire de profiter du paysage, malgré le couché de soleil !

Sur le chemin du retour à la maison de location, les vieux décident de s’arrêter dans un magasin. Ils reviennent un peu plus tard, et nous annoncent que nous allons tester une spécialité locale ce soir : une fondue japonaise ! J’ai totalement oublié le nom exact, mais cela sent drôlement bon quand la préparation commence à chauffer.
On s’installe tous autour du kotatsu, et lorsque c’est cuit, on se sert tous un bol de fondue japonaise. Je m’empresse de goûter, et qu’est-ce que c’est bon !
Je dois avouer que nous passons tous un bon moment pendant qu’on mange, je m’amuse à mettre Maman en boite en plaisantant sur notre sortie de cette après-midi.
Je n’ai même pas regardé mon téléphone du repas, de peur d’avoir le moral miné par une information déplaisante. Je n’ai pas envie d’avoir l’esprit ailleurs ce soir ! Ce sont les vacances, après tout !

Génération Jaune – Génération 3 – Chapitre 51

L’automne laisse rapidement sa place à l’hiver, et les vacances arrivent tout aussi vite. Pour l’occasion, avec Cédric, nous décidons de partir en voyage en famille. Cela fait longtemps que nous ne sommes pas partis, et ce sera l’occasion de passer des moments tous les quatre, loin de notre quotidien.
Nous avons jeté notre dévolu sur le Mont Komorebi. Ce qui a surpris tout le monde, étant donné que je n’aime pas le froid. Mais j’aime aussi découvrir de nouveaux décors et de nouvelles cultures, et cela fait du bien de ne pas devoir monter dans une fusée et partir dans l’espace pour y parvenir.

Nous louons donc une maison dans les hauteurs de la montagne, non loin des pistes de ski. En les voyant, Grace a aussitôt les yeux qui pétillent et ne tient plus en place : elle meurt d’envie de dévaler la montagne ! Je ne suis pas tellement rassurée car il est aisé de se blesser avec les sports d’hiver… Mais retenir Grace a la maison est également mission impossible et je n’ai pas eu le temps de dire ouf qu’elle est déjà partie prendre le télésiège avec un snowboard sous le bras. J’espère seulement qu’elle fera attention et qu’elle ne prendra pas de risques inconsidérés. Grace peut tellement être casse cou et inconsciente des dangers !

D’autant plus qu’elle n’a jamais fait ni de ski, ni de snowboard par le passé et qu’elle est totalement novice. Elle a tendance à penser qu’elle est naturellement douée pour les activités sportives, mais certaines choses s’apprennent avant de pouvoir les maîtriser sans se blesser. Donc, j’avoue, je ne suis pas vraiment sereine à l’idée de laisser Grace faire du snowboard sans surveillance. J’ai peur qu’elle revienne avec un bras ou une jambe tordu, nous obligeant à foncer directement aux urgences d’un pays qui nous est inconnu !
Au moins, j’essaie de me rassurer en me disant qu’elle n’a pas encore eu l’idée saugrenue d’escalader la montagne !

Et puis, je me rassure également en me rappelant qu’elle n’est pas toute seule : son frère est avec elle. Grégory a toujours été plus mesuré et prudent que sa sœur. J’espère qu’il parviendra à la convaincre de faire attention et qu’il veillera à ce qu’elle rentre à la maison en un seul morceau !
D’une manière générale, je me fais également moins de soucis pour lui. Je sais qu’il ne prendra pas de risques inutiles et qu’il fera attention à lui. Enfin, j’essaie de m’en convaincre du moins !

Avec Cédric, de notre côté, nous avons opté pour une randonnée. Ce n’est plus tellement de l’âge de Cédric de dévaler les pistes, et il n’a pas tellement confiance en lui pour être certain de descendre de la montagne en un seul morceau. A son âge, ses os ne sont plus aussi solides pour supporter correctement une chute !
Nous séparer chacun de notre côté m’a chagriné au début. Bonjour les vacances en famille si chacun vaque à ses occupations ! Mais Cédric m’a rassuré en me rappelant que nous sommes ici pour plusieurs jours : nous aurons d’autres occasions pour passer des moments tous ensemble ! Et puis, cela fait plaisir aux enfants d’aller faire du snowboard, et ce serait dommage de les en empêcher. Eux aussi ont le droit de profiter de leurs vacances !

Néanmoins, j’ai du mal à me vider l’esprit durant notre balade. Les paysages sont magnifiques et totalement dépaysants, mais je ne peux m’empêcher de m’inquiéter pour mes enfants. Je scrute mon portable, et je vois bien que le réseau n’est pas au top. Et s’il leur était arrivé quelque chose, sans que personne ne puisse nous prévenir ?
Ou s’il nous arrivait quelque chose sans qu’ils ne puissent le savoir ?
-Dis, tu crois qu’il y a des ours dans le coin ? Demandé-je à Cédric en croyant voir des traces suspectes dans la neige.
-Non, je crois pas. Et puis, ce sont des sentiers fréquemment fréquentés par les touristes et les promeneurs. S’il y a des ours, ils ont du s’installer plus loin pour éviter cet endroit et toute activité humaine. Se montre pragmatique Cédric, nullement inquiet par rapport à la faune locale.
-Et des loups ?
-Même réponse … Mais je ne comprends pas très bien comment tu peux passer d’un ours à un loup… Ajoute-t-il avec un sourire taquin sur les lèvres, alors que je continue de fixer les traces. Je lève les yeux vers mon mari, et je fais mine de lui lancer un regard noir -qui n’est absolument pas crédible.

-Dis, tu crois que ça va aller pour les enfants ? Demandé-je à Cédric un peu plus tard alors que nous admirons les paysages montagneux.
-J’en suis sûr. Tu n’as pas à t’en faire. Ils sont grands maintenant, il faut leur faire confiance. Me répond Cédric, confiant, loin de s’en faire pour eux.
-Mais quand même … Je pense surtout à Grace. Elle n’est pas du genre à faire attention. Surtout quand elle trouve une nouvelle activité à faire et qu’elle fait tout pour démontrer qu’elle est la meilleure.
-Il n’y a personne pour la défier et l’inciter à se surpasser, ça devrait aller. S’en amuse Cédric, en faisant référence à notre neveu qui prend toujours un malin plaisir à lancer des défis à sa cousine. Heureusement que Sarah et Celian avaient autre chose de prévu pour les vacances et qu’ils n’ont pas pu nous accompagner en fin de compte !
-Très drôle. Mais Grace peut avoir le chic de prendre des risques, juste pour amuser la galerie.
-Ne t’inquiète pas, tout va bien. Tente de me rassurer mon époux, en me prenant dans ses bras. Respire un grand coup. Tout se passe bien, et nous n’avons pas à nous en faire, d’accord ? Grace est forte et à de la ressource, ne t’inquiète pas…

-Et puis, rappelle toi que Grégory est avec elle, et qu’il veillera à ce qu’elle fasse attention. Ajoute-t-il ensuite, alors que je me détends petit à petit dans ses bras.
J’ai beau avoir fait un gros travail sur moi-même depuis la naissance de Grace, parfois, mes peurs irrationnelles refont surface. Dans ces moments-là, je n’ai qu’une envie : garder mes enfants auprès de moi. Heureusement que Cédric est là, et m’aide à me calmer et m’apaiser. Cela n’arrive pas souvent, mais ce n’est jamais amusant quand cela arrive.

-Oui, c’est vrai que Grégory est plus prudent. Tu as raison, tout va bien, je n’ai pas à m’inquiéter. Si je m’inquiète pour une simple piste de ski, je n’ai pas fini de m’en faire quand ils finiront par quitter la maison. Soupiré-je ensuite, alors que nous restons ainsi pendant encore quelques minutes, avant de finalement reprendre notre balade.

La nuit commence à tomber quand nous terminons notre randonnée. Nous rejoignons la station, et nous croisons rapidement Grégory qui vient de terminer une descente. Il nous confirme que tout va bien, et que lui et sa sœur continuent à descendre les pistes. Apparemment, Grace s’amuse comme une folle et n’a pas particulièrement envie d’arrêter pour le moment !
Comme il ne fait pas encore totalement nuit, nous les laissons faire encore quelques descentes mais, dès que Grace nous rejoint, nous leur rappelons qu’il va bientôt falloir arrêter pour que nous rentrions ensemble à la maison.
Puis, pour passer le temps, je décide d’essayer le ski. J’emprunte une paire de ski et je file au télésiège pour aller en haut de la piste. Les skis au pied, et prête à descendre, je ne suis pas tellement rassurée. J’ai beau être allée dans l’espace, descendre une piste en ski ne me rassure pas du tout !
Mais, je respire un grand coup, donne un grand coup de bâton dans la neige et je me lance sur la piste.

Je ne suis pas très à l’aise sur mes appuies, et j’ai peur de tomber à chaque instant pendant ma descente. Ca glisse beaucoup sur la neige, je n’aurais jamais cru ! Je manque clairement de souplesse et je suis très rigide sur mes skis.
Puis, au fur et à mesure que le bas de la piste se rapproche, je commence à m’inquiéter. Comment je fais pour freiner et m’arrêter ? J’avoue ne pas y avoir réfléchi avant, et maintenant que j’arrive en bas, je commence à avoir peur.
Alors, je tente des choses, j’essaie de tout faire pour freiner et m’arrêter. Mais, je me loupe, je glisse, je tombe et mes skis se font la malle.
J’ai mal partout et je crois que le ski, ce n’est vraiment pas pour moi.

Pendant ce temps-là, Grégory décide de rester avec son père pour ne pas le laisser seul. En attendant que nous terminions de descendre les pistes avec Grace, Cédric se lance dans la confection d’un bonhomme de neige. Grégory ne semble pas convaincu, et commence à trouver le temps long. Grace finit par les rejoindre, à la fois fatiguée et déçue de devoir arrêter de dévaler la piste.
Puis, pour diner, nous décidons de prendre à manger dans les stands de nourriture installés sur la place devant la station de télésiège, histoire de profiter des plats locaux et des décors.

Car ce soir, c’est le festival de la neige ! D’immenses structures de glaces ont été installées dans la journée et, dès la nuit totalement tombée, sont illuminées. C’est original, et également splendides. Nous avons les yeux qui pétillent en les observant, et je m’amuse de voir des enfants jouer dans des jeux en neige.
J’observe Cédric et les enfants, et je vois également leur regard pétillé d’admiration en observant les structures en glace. Vraiment, il n’y avait rien de mieux pour terminer cette merveilleuse journée !

Grégory

Je suis éreinté. Avec Grace, nous n’avons pas arrêté de faire du snowboard cette après-midi, et j’ai mal partout à force d’être tombé.
Mais le pire, c’est que j’ai hâte d’être demain pour recommencer.
Avec ma sœur, on est obligé de partager la même chambre. Je n’ai qu’une envie : glisser sous ma couette et dormir. Mais Grace est concentrée sur son téléphone et ne semble pas faire attention à moi. Je ne sais pas si je dois être vexé ou inquiet. Elle est scotchée sur son portable depuis qu’elle a arrêté de faire du snowboard et quand elle ne tapote pas dessus frénétiquement, son esprit semble être ailleurs. Par moment, je vois ses lèvres se pincer comme si elle se retenait de dire quelque chose.
Je la connais par cœur, je vois bien qu’elle est contrariée et cela m’inquiète.
-A qui tu parles ? Lui demandé-je, l’air de rien.
-A Gideon. Me répond-t-elle simplement, ne semblant pas vouloir m’en dire plus.

-Il va bien ? Ajouté-je, espérant réussir à tenir une conversation avec ma sœur.
-Ouais. Se contente-t-elle de me répondre, les yeux fixés sur son téléphone. Clairement, je pourrai lui raconter n’importe quoi que cela lui ferait ni chaud ni froid.
-Grace, quelque chose ne va pas ? L’interrogé-je directement, puisque les moyens détournés ne semblent pas fonctionner pour la faire parler. Pour toute réponse, elle se contente de soupirer. Grace, tu peux tout me dire, tu sais. Je suis ton frère, si tu as un soucis, je peux peut-être t’aider.
-Arrête de t’en faire, ça va. Commence-t-elle à râler, visiblement pas décidée à se confier. Je vois qu’il y a quelque chose, mais elle s’entête à garder ça pour elle.

-Tu me le dirais si ça n’allait pas ? Tenté-je une dernière fois, alors qu’elle lève les yeux au ciel.
-Mais oui. Mais t’inquiète pas, vraiment. J’avais un soucis, mais Gideon va m’aider à le résoudre. M’assure-t-elle avec un sourire qui ne me rassure pas vraiment.
Je la regarde avec perplexité, mais elle n’est pas d’humeur à se confier. Je soupire, puis je glisse sous la couette pour aller dormir. Tant qu’elle n’est pas décidée, je sais très bien que ce n’est pas la peine d’insister. Et puis, elle semble avoir trouvé de l’aide auprès de Gideon, donc cela veut dire qu’elle ne garde pas ses tracas pour elle.
-Bon, j’espère que tu ne prévois pas de faire des bêtises. Ajouté-je alors qu’elle hausse simplement les épaules. Mais, s’il te plait, lâche ton téléphone. Je suis crevé et j’aimerais dormir. Ca peut attendre notre retour à la maison je pense, non ?
-Peut-être. Souffle-t-elle, se résignant à, enfin, poser son téléphone pour la nuit quand, de mon côté, j’essaie de ne pas me poser trop de questions sur ce qu’elle peut bien préparer.

Génération Jaune – Génération 3 – Chapitre 50

Grace

Ce soir, c’est Halloween. On a eu la permission des vieux pour le fêter, et en extérieur. Ce qui est plutôt cool, car au moins, on n’a pas les vieux sur le dos.
Le côté moins cool : c’est que personnellement, les déguisements et moi, ça fait deux. J’avais pas tellement d’idées et Maman, qui a eu pitié de moi, m’a proposé de me prêter sa tenue de travail. Pour le coup, il faut avouer que ça en jette !
Grégory, il a opté pour un classique, un costume de pirate, mais néanmoins efficace. Sur le chemin pour aller à Windenburg, on s’est arrêté pour aller chercher Gabriel, qui est déguisé en méchant alien chelou, avec un masque rouge et des cornes sur la tête. Il y a vraiment que lui pour avoir des idées aussi bizarre.
Une fois arrivés à la boite de nuit, nous rejoignons Gideon, qui est le premier arrivé. Cela n’a pas été facile de le reconnaitre avec son casque… En vrai, on ne savait pas que c’était lui. Heureusement qu’il nous a appelé et qu’on a reconnu sa voix.
En attendant les autres, on s’est installé à l’intérieur. Grégory est collé à son téléphone, espérant voir apparaitre un message d’Alice. J’espère qu’il n’y a pas encore de l’eau dans le gaz entre eux, je n’ai pas envie de l’entendre geindre toute la journée !

-Mais, t’es déguisé en quoi au juste ? Demandé-je à Gideon, une fois à l’intérieur de la boite de nuit.
-En super guerrier ! S’exclame-t-il avec enthousiasme, alors que je l’observe avec perplexité. Guerrier, peut-être. Super, j’ai un doute.
-Bonjour la dégaine ! Comme je suis méchant, je vais être obligé d’abréger tes souffrances suite à la honte que tu dois subir avec ce costume ! Réagit sans attendre Gabriel. Et qu’est-ce que tu fous à être tout le temps sur ton téléphone ? Ajoute-t-il en direction de Grégory.
-Alice est en retard, et elle s’est perdue en plus.
-Elle devrait appeler Will, il doit être en chemin aussi et il a un bon sens de l’orientation. Proposé-je ensuite, histoire qu’il ne se prenne pas la tête trop longtemps. Je le connais mon frangin : il lui suffit d’un rien pour que ses neurones tergiversent toute la soirée !

Un quart d’heure plus tard, tout le monde est là, et notre bande est au complet ! Alice a finalement appelé Will, qui l’a retrouvé en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, et ils ont pu arriver à destination sans le moindre problème. Will fait le fier en disant qu’il a sauvé la soirée et affiche fièrement son costume de gladiateur. Gabriel ne tarde pas à le charrier en disant qu’il est venu en jupette. Alice a une mine plus déconfite, même si elle essaie de faire bonne figure. A mon avis, être déguisée en livreuse de pizza ne doit pas l’enchanter. Je crois avoir entendu qu’elle n’a pas eu trop le choix concernant son déguisement.
Pour essayer de nous mettre dans l’ambiance, nous allons sur la piste de danse. Grégory n’est pas très enchanté -la danse, c’est pas son truc- mais il fait quand même un effort. William et Gabriel restent dans leur coin, et j’ai perdu Gideon de vue.
Elle promet cette soirée d’Halloween.

Puis, je vois Gideon revenir et commencer à discuter avec Will et Gabriel en essayant de danser. Avec son costume, ça doit pas être évident, mais Gideon n’est pas un grand danseur de base. Donc, je pense qu’il s’en fiche.
Puis, je remarque que mon frère s’est rapproché de sa copine. Ah, pour être plus précise, il l’embrasse. Il s’est peut-être enfin détendu et va enfin pouvoir profiter de la soirée. De toute façon, dès qu’Alice est dans le coin, il ne reste jamais bougon bien longtemps.
-Décidément, ils ne peuvent pas rester 5 minutes dans la même pièce sans s’embrasser ces deux-là ! Plaisante sans attendre William, ce qui ne manque pas de faire rire Gideon et Gabriel.
-Et encore, tu ne l’entends pas lui parler au téléphone à longueur de soirée ! Ajouté-je en faisant référence à mon frère et à ses conversations mielleuses qu’il entretient avec Alice le soir quand ils n’ont pas rendez-vous. Beurk !
Soudain, je sens mon portable vibrer dans ma poche, et je ne tarde pas à le sortir pour regarder la notification.

-Tu es sûre que ça va ? Interroge Grégory, inquiet pour sa petite amie qui fait la tête depuis qu’elle est arrivée.
-Oui oui ça va… Je me sens juste stupide de débarquer avec un costume livreuse de pizza alors que vous avez tous des déguisements super cool !
-Tu n’es pas stupide… Et moi, j’achèterai plein de pizzas juste pour que tu viennes les livrer chez moi !
-Pff, t’es bête ! Glousse-t-elle face à la bêtise de son petit-ami. Blague à part, j’ai vraiment été débile. J’ai pas fait attention à la date, donc j’ai pas percuté que la soirée était déguisée…
-Ne t’inquiète pas, tout le monde s’est fiche. Même Grace, qui n’est pourtant pas la dernière à embêter son monde, n’a rien dit à ce sujet. Alors, profite juste de la soirée.
-Avec toi, je ne vois pas comment je pourrai faire autrement.
-AH LA FLÛTE* ! M’exclamé-je brusquement, en faisant sursauter mon entourage. Alice lance un regard interrogateur à Grégory, qui lui fait signe de ne pas y prêter attention.

-Qu’est-ce qui t’arrive ? Ne tarde pas à m’interroger William alors que je bouillonne de rage.
-Regarde ce qu’elle a posté cette lutin ! Lui montré-je en désignant mon téléphone.
Sur le moment, il ne dit rien et se contente de regarder ce qui s’affiche sur mon écran. Une photo d’Olive, à sa propre soirée d’Halloween.
Sur le papier, cela n’a rien d’extraordinaire, et habituellement, je me fiche bien de ce qu’elle peut bien faire de son côté.
Mais là, sur un simple cliché, elle se paie ouvertement de ma tête. Sa soirée est sur le thème des « loseurs » et son affreuse perruque grise et son look sportif ne laisse pas de doute sur l’identité de la personne qu’elle vise. Cerise sur le gâteau, elle a identifié des personnes en description, dont Will, en disant que c’était « trop dommage qu’ils n’aient pas venus à sa merveilleuse fête trop cool » et qu’elle espère « les revoir bientôt ». Lèche-botte qui essaie de se faire bien voir.
C’est sûr que c’est pas cool. Finit par répondre Will en fronçant les sourcils.

-Pas cool ? C’est tout ce que tu trouves à dire ? Répliqué-je, un peu vexée par sa réponse qui laisse à désirer.
-C’est méchant, puéril et pathétique. Précise-t-il ensuite. Mais pas surprenant de sa part. Franchement, laisse tomber. Elle mérite pas qu’on s’y intéresse. Ca serait lui accorder du crédit.
-Elle se paie ouvertement de ma tête et je devrais laisser couler ?
-Exactement. On passe une bonne soirée, la laisse pas te la gâcher. T’es plus intelligente qu’elle.
-Je veux bien si c’était la première fois, mais elle n’arrête pas de me chercher. Tout ça pour me discréditer auprès de tout le monde et de se faire bien voir !
-Tout le monde s’en fiche d’Olive.
-Vu le nombre de like qu’elle a sous sa publication, laisse-moi en douter ! Mais bon, toi tu t’en fiches vu qu’elle est toujours toute gentille et toute mielleuse avec toi !

-Je ne m’en fiche pas, je me contente de l’ignorer, c’est tout. Me répond-t-il avec nonchalance. Franchement, à côté de mon père, Olive c’est rien du tout.
-D’ailleurs, tu ne m’avais pas dit qu’elle t’avait invité à sa soirée ! Relevé-je ensuite, un peu perplexe face aux réponses de Will.
-Parce que j’ai refusé et qu’on s’en fout. Ecoute, ce n’est pas cool ce qu’elle a posté et je n’approuve pas du tout. Si tu veux, vu que moi, elle m’écoute un minimum, j’irai lui parler lundi pour lui dire d’arrêter son petit manège. Ca te va comme ça ?
-Parce que tu crois que je ne suis pas capable de me défendre toute seule ?
-Oh que si tu en es capable ! Je n’ai juste pas envie que ça dégénère. Te connaissant, tu vas finir par avoir des ennuies parce que tu lui as pété le nez. Ajoute-t-il en essayant d’ajouter une note d’humour. Sauf que moi, je n’ai absolument pas envie de rire. Aller, laisse tomber, et profite de la soirée. On est tous ensemble, c’est le principal. Me souffle-t-il, tout en me prenant par les épaules après m’avoir déposé un baiser sur la joue pour m’inviter à retourner sur la piste de danse.

Sauf que laisser couler, ce n’est absolument pas dans mon caractère ! Je n’arrête pas de ruminer dans mon coin ! Et Will est bien naïf s’il croit que de simplement demander à Olive d’arrêter de me rabaisser va suffire à la calmer !
Après tout, ce n’est pas la première fois qu’on lui dit d’arrêter, et elle continue cette flûte !
-On dirait que tu vas tuer quelqu’un. Me signale Gideon alors que j’ai du mal à me remettre dans l’ambiance de la fête.
-C’est cette flûte d’Olive qui me casse les pieds. Soupiré-je, agacée, avant de lui expliquer toute l’histoire ainsi que ma conversation avec Will.
-Il n’a pas conscience qu’il va l’encourager en allant lui parler ? Me demande Gideon, dépité, après que j’ai terminé de lui résumer la situation.
-J’crois pas. Je ne suis pas sûre qu’il ait capté qu’elle fait ça pour attirer ses faveurs et sortir avec lui. Alors qu’au fond de moi, je suis sûre qu’elle s’en fiche de Will ! Et ça me met encore plus en rogne !
-T’inquiète, on va trouver une solution ! Faut juste trouver comment la faire enrager pour lui montrer qu’elle ne peut pas lutter !
-J’pense qu’il faudrait essayer de savoir pourquoi elle veut sortir avec Will alors qu’elle ne l’aime pas spécialement. Mais j’ai aucune preuve de ça, c’est juste mon intuition… Alors, je vois pas trop où on pourrait chercher pour avoir cette info…
-Tu as un bon instinct Grace, donc je te fais confiance là-dessus ! Mais t’inquiète pas, on va finir par trouver ! M’assure Gideon avec confiance. Mais Will a un raison sur un point : essaie de penser à autre chose et amuse toi ce soir ! De toute façon, on ne trouvera pas la solution toute suite, alors autant profiter de la soirée.
-Mouais, t’as pas tort. Maugréé-je, moyennement convaincue.

* Grace ne parle pas aussi bien que sa maman, et risque d’avoir un langage… plus fleuri on va dire. 😀 Du coup, comme l’histoire était à l’origine publiée sur le Forum des Sims et qu’il fallait bien respecter les règles, les gros mots et les insultes ont été remplacés par d’autres mots aux sonorités proches (un peu à la manière de la série The good place, pour ceux qui connaissent 😀). Ca sera un peu plus rigolo 😀

Génération Jaune – Génération 3 – Chapitre 49

Grace

Aujourd’hui, c’est la Fête des Récoltes. Une journée un peu relou, car nous sommes obligés de rester bien sagement à la maison, mais qui est quand même cool car c’est un jour férié. Et qui dit jour férié, dit pas d’école.
Et ce n’est certainement pas moi qui vais m’en plaindre.
Cette fois-ci, c’est Papa qui se colle à la cuisine. Il a passé sa journée aux fourneaux. Grégory n’a pas voulu l’aider. Il dit qu’il avait du travail pour le lycée. Perso, je pense plus qu’il avait la flemme et qu’il ne voulait pas rester coincé en cuisine alors qu’avec Gabriel, nous vivons notre vie dehors. Il fait encore beau, alors on en profite et hors de question de rester à l’intérieur avec les vieux, qui ne font que parler de trucs bien ennuyeux, comme le boulot, les cours, et notre avenir. Des fois ils parlent météo, ou de leur jeunesse qui date de l’époque des dinosaures, et ça donne juste envie de s’enfuir en courant de la maison.

Du coup, pour éviter les vieux et leur conversation aussi passionnante que regarder l’herbe pousser, nous trainons dehors avec Grégory et Gabriel. Les vieux ont investi dans une table de ping-pong et bien entendu, Gab croit dur comme fer qu’il est capable de me battre.
C’est beau de rêver !
Tout le monde sait que je suis la meilleure en sport ! Même Grégory, avec son regard à la fois blasé et amusé, sait que c’est perdu d’avance pour Gabriel !
Mais je ne refuse jamais un défi, alors nous sortons les raquettes et la balle de ping-pong et nous nous affrontons sans hésitation. Pour éviter tout risque de triche et de bidouillage du score, c’est Grégory qui fait l’arbitre. Il n’y a pas plus impartial que lui ! Impossible de le corrompre avec quoi que ce soit (et non, je ne dis pas ça parce que j’aurais éventuellement essayé, je tiens ça d’une source sûre) !

La balle file à vive allure de chaque côté de la table, et ni l’un ni l’autre ne veut laisser l’autre gagner. Encore heureux d’ailleurs, la victoire est plus belle quand il faut lutter ! Je dois avouer que, par moment, je laisse croire à Gabriel qu’il a une petite chance de gagner et je fais mine de flancher. Mais ce n’est qu’une feinte pour lui laisser prendre la confiance, car, généralement, c’est à ce moment-là qu’il fait moins attention.
A force d’affronter mon cousin sur tout et n’importe quoi, je finis par connaitre ses points faibles !
Alors, je n’hésite pas une seconde ! Je le laisse prendre confiance, et paf ! Je lance directement la balle sur son revers ! Et hop, un point facilement de gagner !

Et évidemment, au moment où les vieux nous appellent pour venir à table, je marque le point décisif. Le résultat n’a rien de surprenant : j’ai gagné ! Gabriel n’a réussi à marquer qu’un petit point, juste histoire de sauver l’honneur ! Autant dire que je l’ai battu à plate couture !
-Et c’est qui la meilleure encore une fois ? C’est bibi ! M’empressé-je de m’en vanter, fière de ma victoire écrasante contre mon cousin.
-Roh ça va, c’était qu’un petit match en 4 points, il n’y a pas de quoi être fière. Bougonne-t-il, comme à chaque fois qu’il perd contre moi. Je suis sûr que si on avait eu plus de temps, je serai remonté au score!
-C’est beau de rêver ! Admets-le, je suis la meilleure, et je suis plus forte que toi !
-Là, c’est toi qui rêve !

Maintenant que j’ai montré à Gabriel -une nouvelle fois- que je suis la meilleure, nous devons rentrer pour passer à table avec les vieux. Encore une fois, on a oublié d’ajouter des chaises et tout le monde ne peut pas s’asseoir autour de la table. Je ne sais pas à quoi pensent les parents, mais ils ont tendance à les oublier, ces fichues chaises.
Du coup, comme Gab a décidé de bouder suite à sa défaite écrasante, il part manger dehors. Pour sauver la face, il dit que c’est pour profiter de l’air extérieur. Mon œil ouais ! C’est juste qu’il a honte d’avoir perdu face à une fille !
Mais pour éviter qu’il mange seul comme un paria, Papa le rejoint dehors. Bonjour l’ambiance !
-Pourquoi il boude Gabriel ? Ne tarde pas à demander Tonton, loin d’être dupe face à l’attitude de son fils.
-Il boude pas, il profite de l’air extérieur. Toi aussi tu aimes passer du temps dehors, ce n’est pas pour autant que tu fais la tête. Signale Tata, alors que je lève les yeux au ciel.
Je connais mon fils quand même !
-Il a perdu au ping-pong face à Grace. Se contente de répondre Grégory, mettant fin au débat. Dommage, ça aurait pu être rigolo de voir Tonton et Tata se chamailler. Encore.
Tu ne peux pas le laisser gagner un peu ? Me demande Maman, avec un sourire amusé, qui montre bien qu’elle n’est pas sérieuse avec sa question.

-Et puis quoi encore ? J’y peux rien si je suis meilleure que lui ! C’est lui qui n’arrête pas de me lancer des défis ! Je ne fais que lui rappeler la triste réalité ! Me défends-je avec fierté.
-Mon pauvre garçon ! Mais c’est bien Grace, il ne te faut pas te laisser faire face aux bonhommes ! M’encourage Tonton alors que j’affiche un grand sourire.
-C’est moi ou tu l’encourages à continuer à battre ton fils à plate couture ? S’étonne Tata, bien que la situation l’amuse aussi.
Pourquoi je ne le ferai pas ? Et puis s’il veut, je peux entrainer Gabriel pour qu’il soit meilleur en sport et l’aider à gagner face à sa cousine ! Et puis sois réaliste, Grace est une compétitrice née ! Même si je lui demandais d’être gentille et de laisser gagner son cousin, elle refuserait !
-De toute façon, ça n’aiderait pas Gabriel qui finirait bien par comprendre que Grace l’a laissé gagner. Ajoute Maman.
-Exactement ! A force de perdre face à sa cousine, cela lui apprend qu’il faut se bouger dans la vie !
-Promis Tonton, je me ferai un plaisir de gagner contre lui à chaque fois pour qu’il apprenne bien cette leçon ! Affirmé-je, un brin moqueuse. Je l’aime bien mon cousin, et j’adore également le charrier !

Après le dîner, Tonton propose que nous testions le panier de basket dehors. Papa, Maman et Tata ne sont pas trop chauds, mais avec mon frère et mon cousin, on est grave partants ! Du coup, on se change pour une tenue plus adaptée et on va dehors.
Tonton nous donne quelques conseils pour que le ballon aille bien dans le panier, même si on est loin. Grégory se lance en premier, et le ballon finit directement dans le panier !
Et bien, il est pas peu fier Grégory !

-Eheheh, c’est qui le boss ? S’exclame-t-il alors que Tonton récupère le ballon.
-Fais pas trop le malin ! C’est la chance du débutant ! Lui assuré-je, narquoise.
-Tu dis ça parce que tu crois que tu es la meilleure ? Ajoute Gabriel, qui me connait bien -à force de perdre contre moi.
-Bien sûr !
-Vous serez tous des boss une fois que Super Tonton vous aura entrainer ! Affirme-t-il, comme pour mettre tout le monde d’accord.
-Mais Papa, tu n’étais pas footballeur avant ?
-Le principe est de mettre un ballon dans un filet ! C’est pareil !
-Pas vraiment …
-Non mais dis donc ! Sache que quand ta cousine te mettra une déculottée, il faudra pas venir pleurer !
-Hey ! Pourquoi ce serait forcément elle qui gagnerait ? Proteste aussitôt Gabriel alors qu’on ne peut s’empêcher de rire avec Grégory.
-Continue de me contredire et tu découvriras la réponse ! Ne se laisse pas démonter Tonton.

On lance tour à tour le ballon. Il y a des loupés, pour moi aussi, et ça m’agace. D’autant plus que dès que je me loupe, Gabriel ne manque pas l’occasion de me chambrer. Non mais il va voir lui ! Surtout qu’il n’est pas spécialement plus doué que moi, bien au contraire !
Et évidemment, je ne manque pas de le lui rappeler !
Mais je ne lâche pas, et je continue de lancer le ballon pour qu’il aille directement dans le panier ! Au bout d’un moment, dès que j’ai le ballon, il finit directement dans le panier pour ma plus grande joie !
-Bravo Grace ! Ne tarde pas à me féliciter Tonton. Il faudra juste que tu revois ta posture pour être plus stable sur tes appuies et que tu puisses lancer plus efficacement le ballon, et ce sera parfait !
-Merci Tonton ! Dis… Tu pourras m’entrainer pour que je sois meilleure ?
-Je ferai de mon mieux, mais bien sûr ! Tu peux compter sur Super Tonton !