Génération Jaune – Génération 3 – Chapitre 56

Grace

-Je peux te parler une minute ? Me demande Maman après être entrée dans ma chambre – sans frapper, comme d’habitude. Grace ! C’est quoi ce bazar ?! Je t’avais demandé de ranger ta chambre ! S’agace-t-elle ensuite quand son regard a balayé l’ensemble de la pièce.
Je lève les yeux au ciel. Je rentre à peine d’un entrainement avec Arthur, et il faut déjà qu’elle me prenne le chou. Et à quoi bon ranger, si j’ai besoin de quelque chose juste après ? Au moins, tout est à portée de main, et j’ai pas à chercher pendant trois plombs dans les placards. C’est un désordre organisé, si on veut.
Et puis, j’ai autre chose à faire dans ma vie que de ranger ma chambre. Je passe plus de temps dehors, alors ça sert à rien de perdre du temps sur du rangement alors que j’en vois pas l’utilité.

-C’est de ma chambre dont tu veux me parler ? Lui réponds-je avec un air suspicieux. C’est pas son genre d’avoir des discussions sérieuses avec moi. Elle sait très bien que j’ai tendance à l’envoyer sur les roses.
-Non, du tout. Viens t’asseoir. M’assure-t-elle avant de s’asseoir sur mon lit.

Ma méfiance a son égard ne fait qu’augmenter, car je me demande bien de quoi elle veut me parler. Je la rejoins sur mon lit avec prudence, alors que j’énumère dans ma tête tous les sujets de discussion possible. Au fond, je sais que la seule chose dont elle pourrait me parler, c’est de mon plan avec Gideon. J’espère que Grégory n’a pas été mouchardé, sinon ça ira mal pour lui !
-Grace, par où commencer… Semble-t-elle hésiter tout d’un coup. J’hausse un sourcil intrigué. Si elle était au courant de mon plan, elle ne serait pas hésitante, mais en colère ou dépitée. Bref, elle me dirait le fond de sa pensée sans prendre de gant.
-Par le début ? Suggéré-je alors, alors que Maman me lance un regard blasé suite à ma réflexion très premier degré.
-Très drôle…. Grace, je t’ai vu ce midi, avec ce garçon… Gideon, je crois ? Commence-t-elle, alors que je l’écoute avec attention. Dans ma tête, j’essaie de me remémorer ce que j’ai bien pu faire ce midi.
-Tu m’espionnes maintenant ? Froncé-je les sourcils, espérant qu’elle n’est pas descendue aussi bas. Maman a toujours été une mère poule, mais je ne préfère pas imaginer qu’elle en soit venue à espionner ses enfants pour veiller à ce qu’ils n’aient pas un bobo.
Non ! Bien sûr que non ! Se défend-t-elle aussitôt, surprise par ma remarque. Tu sais que je passe devant ton lycée pour aller faire les courses. Ajoute-t-elle alors que je reste dubitative.
Mouais, et donc ?

-Et bien, Gideon n’était pas un ami ? Me demande-t-elle prudemment, comme si elle marchait sur des œufs. Je lui fais si peur que ça à ma mère pour qu’elle n’ose pas me parler franchement ?
Les choses peuvent changer. Me contenté-je simplement de répondre dans un haussement d’épaules. Je ne vais pas nier ce qu’elle a pu voir, et encore moins lui avouer que ce n’est que de la comédie. Elle ne pourrait pas comprendre. Elle a passé sa lointaine adolescence le nez dans ses bouquins, les subtilités de la vie sociale des jeunes de mon âge ne pourrait que la dépasser.
-Je vois… Et.. c’est sérieux entre.. vous ? M’interroge-t-elle ensuite, mal à l’aise (et encore, c’est un euphémisme). J’hausse un sourcil, incrédule. Où est-ce qu’elle veut en venir ?
-J’en sais rien, on verra, pourquoi ?
-Parce que… Tu es une fille …
-Merci du scoop.
-Grace, ce que je veux dire c’est que… Tu es en âge de … Voilà … Et faut faire attention … Me baragouine-t-elle alors que je ne comprends strictement rien à ce qu’elle essaie de me dire. Je crois que je vais devoir envisager d’investir dans un décodeur spécial langage de Maman. Car un accident est vite arrivé et… voilà. Et puis, sache que … euh… tu as le droit de dire non et que ce… soit respecté… Voilà… Continue-t-elle alors que j’essaie de lire entre les lignes, de décrypter ses paroles pour en comprendre le sens… Avant qu’un éclair de génie me frappe.
-Maman… Je rêve ou tu essaies de me parler de crac-crac ?
-Euh … Oui.

J’éclate aussitôt de rire suite à son aveu. Je ne devrais pas faire ça, mais c’est plus fort que moi ! Déjà, parce que sa tentative de conversation mère/fille fait peine à voir, mais également parce qu’elle est totalement inutile.
Je fais mon possible pour essayer de me calmer, mais lorsque j’aperçois l’expression déconfite de Maman, mon fou rire repart de plus bel sans que je ne puisse m’en empêcher.
-Oh Maman, vraiment, tu n’as pas à t’en faire ! M’exclamé-je en riant de plus belle.
-Ma puce, c’est important tu sais. Je ne voudrais pas qu’un garçon te fasse du mal ou que tu te retrouves enceinte à ton âge… Tente-t-elle de se justifier, alors qu’elle ne comprend pas ce qui peut bien me faire rire.
-Je t’assure, vraiment, tu n’as pas à t’inquiéter. Mais genre, vraiment. Lui affirmé-je alors que je peine à calmer mon fou rire. Si elle savait ! Il faudra que je raconte ça à Gideon, il va être mort de rire !

Suite à notre conversation foireuse, Maman n’a pas osé me regarder dans les yeux pendant plusieurs jours. Me retenir de rire n’était pas une mince à faire.
Mais avec tout ça, le Nouvel An est vite arrivé. Je n’ai absolument pas vu le temps passé, c’est fou ! Du coup, pour fêter ça, nous sommes allés en boite de nuit. Grégory boude toujours à l’idée d’aller danser, mais Alice a un don pour réussir à le dérider. J’aurais préféré aller dans un bar karaoké à San Myshuno mais c’est trop loin et il n’y a plus de transport en commun après minuit !
Mais contrairement à mon frangin, je ne rechigne pas à aller en boite de nuit. Tant que je suis avec mes amis, moi, tout me va !

-Hey ! Prête à faire la fête jusqu’au bout de la nuit ? M’interpelle soudainement Will avec son ton jovial habituel.

-Toujours ! Affirmé-je avec enthousiasme. Et toi ? Tu as l’autorisation de dépasser minuit de la part de ton vieux ? Lui demandé-je avec un brin de taquinerie.
-Comme si je lui laissais le choix. Me répond-t-il en riant.
Je souris à sa remarque. Je sais que c’est toujours compliqué avec son père, malgré le temps qui passe. En fait, surtout avec le temps qui passe, je devrais dire. Plus Will approche de la fin du lycée, plus son père le pousse à poursuivre avec des études de droit, pour qu’il puisse travailler et reprendre son cabinet d’avocat plus tard. Will ne sait pas trop quoi faire de sa vie, mais cela le pèse de voir le pousser vers une voie dont il n’est pas sûr qu’elle soit faite pour lui.
Il en parle peu car il veut profiter des instants hors de chez lui pour penser à autre chose, mais je sais que cela peut parfois lui miner le moral.

Plus loin dans la boite de nuit, j’aperçois Olive en compagnie d’Elodie. Je soupire en les voyant, surtout en remarquant le regard haineux d’Olive à mon égard. Elle aussi, elle m’a vu. Et visiblement, elle non plus n’est pas ravie de me voir ici.
Honnêtement, je m’en serai bien passée. Elle est toujours aussi mauvaise envers moi ou Gideon, et tente toujours de faire les yeux doux à Will pour essayer d’attirer ses faveurs. Elle est absolument ridicule, d’autant plus que de plus en plus de monde commence à comprendre son petit manège. Elle qui veut être populaire en sortant avec Will, elle est en train de provoquer l’exact inverse de l’effet recherché !
Néanmoins, un sourire narquois apparait sur mes lèvres. Je lance un regard à Gideon qui a également vu Olive. Il sourit également, comme s’il lisait dans mes pensées, et hoche légèrement la tête de bas en haut.

Alors qu’Olive passe justement devant nous, je m’approche aussitôt de Gideon et je m’empresse de le prendre dans mes bras pour l’embrasser fougueusement. Il répond à mon baiser sans attendre, et se prête au jeu du couple qui profite du Nouvel An et de l’ambiance festive. Ca me fait toujours drôle d’embrasser mon meilleur ami, car c’est pas franchement ce qu’on fait normalement entre amis, mais je préfère en rire en imaginant la tête déconfite d’Olive et à quel point ça doit la faire péter.

-Il y a des hôtels pour ça. Grommelle-t-elle alors qu’elle passe juste à côté de nous.
Ce n’est pas facile pour nous de nous retenir de rire alors que l’on s’embrasse, mais nous parvenons tout de même à rester dans notre rôle. Franchement, nous mériterions un Oscar, rien que pour notre prestation de ce soir.
Je finis par lâcher les lèvres de Gideon, qui s’empresse de rigoler en voyant la mine enragée d’Olive, qui nous lance des regards noirs. C’est tellement drôle de la faire réagir ainsi !

Sans plus nous intéresser à elle, nous nous empressons de rejoindre nos amis, où j’essaie d’ignorer le regard désapprobateur de mon frère. Il n’approuve toujours pas notre petit manège mais il tente bon gré mal gré de faire avec. Il sait que, de toute façon, il n’arrivera pas à me faire changer d’avis. Cela nous amuse avec Gideon et cela ne nous engage à rien.
J’observe Alice et Gabriel, qui font comme si de rien n’était. Je pense qu’Alice doit être au courant que c’est de la comédie -Grégory a du lui dire- mais elle ne fait aucune remarque et fait comme si tout était normal. Gabriel, je pense qu’il s’en fiche de ce que nous pouvons faire. Tant mieux, j’ai pas besoin d’avoir davantage de remarques !
Quant à Will… Je ne le vois pas avec les autres. Tiens, cela m’intrigue car il se met rarement à l’écart du groupe.

J’observe alors les alentours pour repérer où se trouve Will. Je finis par le voir proche de la cabine de DJ … Et Olive n’est pas loin de lui, et tente de faire sa belle et d’attirer son attention. Elle lui lance même des confettis en lui faisant des grands sourires. Je vois bien que Will l’ignore et se contente de danser sur la musique, mais ses tentatives m’agacent. Je ne comprends pas pourquoi elle s’acharne autant et pourquoi elle ne le laisse pas tranquille. Il a tellement de problèmes avec son père qu’il n’a pas besoin qu’une fille le colle aux baskets pour se servir de lui !

Je meurs d’envie de lui entrer dans le lard, mais je n’ai pas envie de créer un scandale dans la boîte de nuit au moment du Nouvel An.
Alors, je m’empresse de quitter la piste de danse pour m’éloigner de ce spectacle qui m’horripile. Je me dépêche d’aller au bar pour me commander un soda, tout en maudissant Olive sur 10 générations. Désolée pour sa descendance, mais si ladite descendance a le même caractère qu’Olive, alors ce n’est pas dramatique.
Enfin, il faudrait déjà qu’elle parvienne à trouver un abruti pour la mettre en cloque. Ou qu’elle fasse appel aux miracles de la médecine moderne.
-Dis, tu peux m’expliquer ce que vous fabriquez avec Gideon ? M’interpelle soudainement Will, me faisant sursauter. Je ne m’attendais absolument pas à ce qu’il me rejoigne.
-Tiens, tu t’es débarrassé d’Olive et de ses mièvreries ? Bougonné-je, encore agacée par l’attitude de cette peste.

-Je ne vois pas pourquoi tu me parles d’elle. Me répond alors Will tout en s’installant à côté de moi au bar. On s’en fiche et tu sais bien que je l’ignore.
-Ouais, mais son attitude me soûle ! Raillé-je, énervée. Cette peste va encore réussir à gâcher ma soirée !
-Laisse couler, si elle aime se prendre des vents, c’est son problème. Soupire Will, avant de revenir à son sujet initial. Sinon, vous faites quoi avec Gideon ? C’est n’importe quoi votre histoire !
-Je crois que nous sommes suffisamment grands pour décider de ce qui est n’importe quoi ou non. Répliqué-je en fronçant les sourcils. Depuis quand il juge ce que je peux bien faire ?
-Arrête, c’est étrange vous deux. Personne n’a rien vu venir.
-Parce qu’il aurait fallu qu’on vous envoie un SMS ? M’agacé-je, car je n’aime pas le ton qu’il emploie. Ou peut-être que ma colère contre Olive m’empêche de réfléchir.
Je pourrai aussi lui dire la vérité, mais Olive pourrait entendre et vu le ton qu’il emploie actuellement, je n’ai pas envie que Will me fasse une leçon de moral.
-C’est pas ça, mais vous donnez l’impression de forcer, c’est chelou. Est-ce que ça vaut le coup de prendre le risque de briser votre amitié et de déstabiliser le groupe ?
-Mais qui a dit que c’est ce qu’il allait se passer ? Soupiré-je d’exaspération en levant les yeux au ciel. Et puis, en quoi ça te regarde ?
-Je me fais juste du soucis pour toi Grace. M’avoue-t-il ensuite, avec un air étonné. Comme surpris que je réagisse aussi vivement.

-Tout va très bien Will, tu n’as pas à t’en faire. Marmonné-je en buvant une gorgée de mon soda pour éviter de me mettre à lui crier dessus. Je sais que je le regretterais aussitôt, alors j’essaie de me canaliser. Will n’a pas à être un dommage collatéral de mon énervement. Je gère parfaitement la situation, et ce n’est pas parce que tu veux rester tout seul que tout le monde doit faire pareil.
-Hein ? Mais j’ai jamais dit ça !
-Peut-être, je sais plus.
-Tu es sûre qu’il n’y a que du soda là-dedans ?
-Mais oui ! Je suis toujours en colère contre Olive, c’est pas le moment de me prendre la tête. Soupiré-je en terminant mon verre, avant de me lever pour retourner danser et essayer de me vider la tête. Je m’en veux de m’en être prise à Will qui n’a pas du comprendre ma réaction. Je verrai plus tard pour m’excuser, mais ce n’était vraiment pas le moment de m’embêter !

Génération Jaune – Génération 3 – Chapitre 55

Grace

-Grace ! Faut qu’on parle ! Entre subitement dans ma chambre Grégory, visiblement agacé.
Je sursaute, surprise par son arrivée soudaine alors que j’étais en train de paresser tranquillement sur mon lit, à jubiler avec Gideon suite à la mise en œuvre de notre plan.
Nous sommes quelques jours après la rentrée, et nous avons mis notre plan à exécution avec Gideon. Nous avons eu l’occasion d’apercevoir la tête d’Olive aujourd’hui, et c’était assez drôle. C’était difficile de ne pas éclater de rire et d’essayer de rester naturel pour ne pas tout gâcher, mais je pense qu’on a réussi à berner notre monde.

-Qu’est-ce qui t’arrive encore ? Demandé-je alors à mon frère, loin de me laisser perturber par ses jérémiades, tout en m’asseyant sur le bord de mon lit.
-C’est quoi ce bordel avec Gideon ? Me demande-t-il, les sourcils froncés. Si je ne connaissais pas Grégory, j’aurais presque peur.
Presque.
Pour le moment j’ai juste envie de rire.

-De quoi tu parles ? Ajouté-je, faisant mine de ne pas voir de quoi il peut bien parler.

-Me prends pas pour un idiot ! S’agace-t-il en venant s’asseoir à côté de moi. Je vous ai vu tous à l’heure dans la cour ! Vous jouez à quoi tous les deux ?
-Si tu nous as vu pendant la pause, je pense que c’est assez clair, non ? Répliqué-je, en me mordant la joue pour m’empêcher de rire. Je suis curieuse de voir à quel point nous sommes crédibles avec Gideon et où cette conversation va nous mener.
-Ca dure depuis combien de temps entre vous ? Finit-il par soupirer, la mâchoire crispée, après un silence. Je vois qu’il essaie de faire un effort, mais ce qu’il a vu ne lui plait pas. Franchement, vous croyez que c’est une bonne idée ? Et si ça marche pas, vous deux ? Je sais que les sentiments, ça se maîtrise pas, mais quand même… Vous avez surpris tout le monde. C’est tellement bizarre, personne n’a rien vu venir et j’espère que c’est pas sur un coup de tête et que tu finisses par y perdre des plumes et …
-Déstresse Grégory ! Le coupé-je, ne pouvant m’empêcher de rire. Il va falloir que je raconte à Gideon que notre couple bidon parait bien crédible pour que Grégory entre dans son mode « grand frère protecteur » ! Mon hilarité augmente quand je vois l’air ahuri de mon frère. C’est pour de faux, on n’est absolument pas ensemble avec Gideon !
-Hein ? Mais c’est quoi encore que cette histoire ? Je vous ai vu vous embrasser !

-Il n’y a rien de compliqué à comprendre pourtant. Lui réponds-je alors dans un haussement d’épaules. On fait semblant d’être en couple en public, c’est tout. Donc oui, on s’est embrassé pour que ce soit crédible, mais ça veut rien dire. On s’en fout, c’est juste un bisou.
-Mais… C’est… Pourquoi ?
-Pour embêter Olive ! Lui dis-je franchement, sans la moindre hésitation. A son regard, je devine qu’il ne voit absolument pas le rapport avec elle. Elle n’arrête pas de nous chercher avec Gideon ! Elle passe son temps à vouloir me rabaisser, tout ça pour essayer de se faire bien voir des autres, et surtout, se faire bien voir de Will !
-Grace, on t’a déjà dit de passer outre son attitude. Me soupire mon frère sans me laisser finir. Et tout le monde sait qu’elle veut sortir avec Will, même lui, et tu sais bien que ses tentatives ne lui font ni chaud ni froid.
-Bah excuse-moi, mais il ne doit pas être suffisamment clair car elle n’arrête pas ! Grincé-je aussitôt des dents. Et j’ai bien essayé de laisser couler, mais elle me met en rogne et elle n’a pas l’air de vouloir se calmer ! C’est pour ça qu’on veut lui donner une petite leçon avec Gideon !
-En faisant semblant de sortir ensemble ? Souligne mon frère, ne comprenant pas la logique de notre plan. En même temps, il comprendrait mieux s’il me laissait parler ! En plus d’être complètement idiot, ce n’est absolument pas logique ! Si tu voulais tant l’embêter, pourquoi ne pas avoir demander à Will de se lancer dans ce plan débile ?
-Parce que tu crois qu’il aurait accepté ? Répliqué-je, avec un air sceptique sur le visage, connaissant bien entendu la réponse.
-Bien sûr que non, c’est complètement stupide comme idée !
-Bah voilà pourquoi. En plus ça aurait été trop bizarre ! Et, lui ou Gideon, c’est du pareil au même. En vrai, Olive se fiche royalement de Will ! Tout ce qu’elle veut, c’est être populaire au bahut, c’est tout ! Gideon l’a entendu le dire pendant les vacances !
-Grace, je ne comprends absolument rien à ce que tu me chantes ! C’est quoi le rapport encore ?
-Olive est persuadée que pour être populaire auprès des autres, il faut être en couple. Dans sa tête, si tu n’as jamais été en couple, tu es un loseur car ça montre que tu n’intéresses personne et tu n’es pas foutu de trouver quelqu’un. C’est complètement débile comme logique, mais c’est celle d’Olive, alors je ne préfère pas chercher à comprendre perso, vu que ça vole pas haut dans sa tête. Bref, vu que madame veut être populaire pour être la reine du bahut, elle s’est mise en tête de courir après Will, non seulement pour pouvoir mettre son statut « en couple » sur les réseaux sociaux, mais aussi parce que Will est un gars apprécié de tout le monde. Être avec lui, c’est comme si elle obtenait son pass vers les sommets de la popularité. Elle veut juste se servir de lui pour des stupidités et ça, ça me gonfle. D’autant plus qu’elle s’amuse à écraser tout le monde qui pourrait l’éloigner de Will et de la popularité pour pouvoir se faire bien voir, et se donner de l’importance. Quelle blague franchement !
-Ca me donne mal au crâne vos histoires. C’est quoi le rapport avec Gideon ?

-Tu comprends toujours pas ? On entre simplement dans son jeu. Elle veut être populaire, et elle est persuadée qu’être en couple est indispensable ? Elle a peur d’être une loseuse en étant la dernière à trouver quelqu’un ? Eh bien, on lui montre que oui, c’est une loseuse, et on fait semblant d’être ensemble avec Gideon pour l’embêter ! Ca doit bien la faire péter de voir qu’on est en couple avant elle, alors qu’elle passe son temps à nous enfoncer !
-C’est complètement insensé !
-Peut-être, mais ça marche vu la tête qu’elle a fait quand elle nous a vu cette après-midi ! Ricané-je en y repensant, fière de mon coup. Par contre, je te fais confiance ! Tu gardes ça pour toi !
-J’arriverais même pas à réexpliquer la logique de votre délire. Soupire mon frère, complètement dépité. Mais vous êtes sûrs de ce que vous faites ? Ce genre de truc peut vite se retourner contre vous ! Il va se passer quoi si l’un de vous finit par développer des sentiments à force de faire semblant ?
-Moh, tu es mignon à t’inquiéter ! Mais arrête de regarder des comédies romantiques, car ça ne risque pas d’arriver ! Lui affirmé-je, sûre de moi, alors que je vois bien qu’il est complètement désespéré par ma désinvolture.
Mais il sait aussi qu’il n’arrivera pas à me faire changer d’avis, alors il va faire de son mieux pour essayer d’ignorer notre petit manège. De toute façon, le but n’est pas que ça dure 107ans. Juste le temps de s’amuser un peu aux dépens d’Olive. Ou jusqu’à ce qu’elle nous laisse tranquille.
On verra bien quelle option s’offrira à nous en premier.

Avec la rentrée des classes est arrivé les sélections pour entrer dans l’équipe de basket du lycée. Et sans surprise, j’ai survolé les sélections et j’ai été prise dans l’équipe féminine sans le moindre problème ! En vrai, je suis parfaitement capable de jouer avec et contre les garçons, mais le système est ainsi fait. Tant que je peux jouer au basket, tout me va !
Mais, autant les autres filles sont sympas, autant ce ne sont pas forcément des flèches en basket. Du coup, je m’ennuie vite lors des entrainements. Je suis plus forte qu’elles et, autant je leur apporte beaucoup sur le terrain et pour les aider à s’améliorer, autant mon niveau stagne et ça me frustre car je sais que je suis capable de m’améliorer ! L’entraineur l’a bien vu, et il m’a proposé de rencontrer le capitaine de l’équipe masculine afin que nous nous entrainions ensemble, dans le but que j’ai un adversaire plus à ma taille. On vit dans une société pourrie, ce qui fait que le lycée accorde plus de moyens pour faire prospérer l’équipe de basket masculine que féminine, ce qui fait que les garçons ont un meilleur niveau que les filles. C’est totalement nul, l’entraineur est d’accord là-dessus, mais le pauvre ne peut pas y faire grand chose. Me mettre en contact avec le meilleur joueur de l’équipe de basket masculine du lycée est la seule chose qu’il peut faire pour m’aider à m’améliorer, car il sait que j’ai un énorme potentiel.

Pas longtemps après, le coach m’a présenté à Arthur. J’ai eu un hoquet de surprise en le voyant pour la première fois. On ne va pas se mentir, il est sacrément canon et cela se voit sans problème qu’il passe beaucoup de temps à s’entrainer et à faire du sport.
Mais je sais rester professionnelle alors j’ai fait mine de rien, même si c’est difficile de résister au plaisir des yeux.
Convaincre Arthur de s’entrainer avec moi n’a pas été compliqué, car il a toute suite accepté. Il a été un peu surpris, car ça doit pas être souvent que l’entraineur fasse ce genre de demande, mais il a dit oui.
Du coup, après s’être échangé nos numéros, nous nous retrouvons plusieurs fois par semaine en dehors des cours pour jouer au basket. En plus d’avoir enfin un adversaire à ma taille, c’est un véritable plaisir de jouer avec lui ! Parce qu’en plus d’être un bon joueur, il est super sympa !
-Hey ! Regarde ce que je sais faire ! M’exclamé-je en faisant tourner mon ballon, en équilibre sur un doigt. Juste pour me vanter. Ou pour l’impressionner peut-être. Je ne me suis pas décidée encore.
-Tu veux être jongleuse ou basketteuse ? M’interroge en réponse Arthur, avec un air amusé sur le visage. Il ne se laisse pas facilement impressionné le bougre !
-Très drôle ! Tu vas voir flou quand je vais te mettre la pâtée de ta vie !
-J’aimerais bien voir ça, tiens ! Me nargue-t-il en réponse, ne croyant absolument pas en mes chances de le battre. On va voir qui met le plus de panier en 10 minutes ! On va voir si tu continues à faire la maligne !
-Même pas peur ! Accepté-je le défi sans hésiter, alors qu’il s’empresse de lancer un minuteur sur son téléphone.

Sans attendre, chacun avec son ballon, nous faisons des paniers le plus rapidement possible pour en comptabiliser un maximum. Il m’arrive d’en manquer. Par contre, j’ai l’impression qu’Arthur ne manque aucun panier, et cela m’agace rapidement. Ce n’est pas un scoop, je n’aime pas perdre ! Alors, je redouble d’efforts pour ne pas me laisser démonter !
J’ai une réputation à tenir !
Je commence, avec jubilation, à l’attendre râler. Mon ballon percute régulièrement le sien et le pousse en-dehors du panier, alors que le mien traverse sans problème le filet. Je ne veux pas crier victoire trop vite, mais j’avoue que j’adore ce retournement de situation !

Puis, le téléphone d’Arthur sonne, mettant fin à notre petit duel amical. Je regarde Arthur avec un air fier, donnant mon score sans aucune honte. Avec un sourire narquois, il me donne le sien. Seulement un panier de différence, en ma faveur.
Ce n’est pas la pâtée du siècle, mais j’ai quand même gagné !
-Quand je dis que je suis la meilleure ! M’exclamé-je, fière de ma victoire. Alors, pas trop la honte de perdre contre une fille ?
-Ne fais pas trop la maligne, il n’y a qu’un point de différence entre nous deux ! Elle est où la pâtée que tu m’avais promise ?
-Ce n’est qu’un détail ça ! J’ai quand même gagné ! M’exclamé-je avec un grand sourire. Et puis, il faut quand même souligner que j’ai réussi à gagner sans être déconcentrée par Arthur, qui a la fâcheuse manie de s’entrainer torse nu. Un plaisir pour les yeux, moins pour le basket.
-Plus sérieusement, veille à gérer ta frustration en jeu. Tu as la gagne dans le sang, et c’est cool. Mais sur le terrain, tu peux tomber sur plus forts que toi et ça serait bête que tu gâches tes chances de mener le jeu en t’énervant dès que l’équipe adverse met un panier.

-T’inquiète, je gère ! Bon, si toutes les équipes sont comme la nôtre, j’ai pas trop de soucis à me faire à ce niveau ! Soupiré-je, dépitée par le niveau sportif de mon équipe de basket. Honnêtement, je m’attendais à mieux ! Ce n’est pas notre équipe qui va attirer les recruteurs! Sérieusement, regarde un peu ça ! Ajouté-je ensuite en sortant mon téléphone pour lui montrer des vidéos des entrainements de l’équipe féminine de basket.
Le but n’est évidemment pas de se moquer, car les pauvres n’y peuvent rien si on a peu de créneaux d’entrainement par rapport aux garçons. Il s’agit juste de montrer le niveau affligeant de l’équipe, et que ce n’est pas surprenant qu’elle n’ait jamais gagné un seul match.
-Ah oui effectivement ! Mais vous avez combien d’entraînement par semaine ? M’interroge Arthur, comprenant mieux pourquoi le coach lui a demandé de s’entrainer avec moi. Ce n’est pas avec le niveau de l’équipe que je vais pouvoir m’épanouir pleinement !
-Un seul..
-Sérieux ? Nous, on a 4 entrainements dans la semaine ! Semble-t-il surpris.
-C’est abusé. Mais le lycée nous accorde peu de moyen à nous. Votre équipe envoie plus de rêves que la nôtre. Quand on pense basket, on pense aux basketteurs, pas aux basketteuses. Une bonne équipe de mecs, ça donne une meilleure image au lycée. Soupiré-je, agacée par cet état de fait. C’est vraiment injuste !
-C’est clair ! Faudrait que je vois avec les gars, mais on pourrait proposer au coach de faire des sessions d’entrainement regroupés. Ca change rien à son nombre d’entrainements hebdomadaires, mais ça vous permettrait de vous entrainer davantage. Je suis sûr qu’il y a moyen que ça se fasse !

-Genre ! Vous les mecs, vous accepteriez de partager un peu de votre précieux temps d’entrainements pour jouer avec des filles ? Le taquiné-je aussitôt, alors qu’au fond, je suis touchée qu’il fasse cette proposition ! Les basketteurs sont de véritables stars au lycée, on pourrait s’attendre qu’ils ne veulent pas faire quoique ce soit qui pourrait mettre ce statut en péril.
-Hey, t’as cru quoi ? Que parce que nous sommes des sportifs super balèzes, on serait aussi de gros machos ? Plaisante-t-il à son tour, amusé par ma réflexion.
-Super balèzes, tu dis ? Ca va les chevilles ? Levé-je les yeux au ciel, bien que je ne peux m’empêcher de sourire d’amusement.
-Franchement, je pense que ça pourrait être cool. Et puis, ça montrerait au lycée que, filles ou garçons, faut pas faire de différences hein. Faites une bonne saison, gagner des matchs, ce sera le meilleur moyen de leur montrer qu’ils ont torts ! Là, tes coéquipières ont juste besoin de plus d’entrainements, mais il y a grave moyen que votre équipe fasse des étincelles sur le terrain !
-Ca serait tellement top !

-T’inquiète, il y a moyen. Surtout que l’équipe compte un atout de taille !
-Ah oui ? Lequel ? Lui demandé-je, intriguée.
-Oui. Toi. M’affirme-t-il, avec un air charmeur sur le visage.
Boum.
Je reste bouche-bée par sa remarque. Réduite au silence, ça arrive tellement peu souvent qu’il faut le souligner. Je ne sais pas quoi répliquer, tandis que je me perds dans son regard bleu.
Soudain, je me sens un peu bête. Je secoue la tête et je reprends mes esprits. Je ne suis pas une midinette qui succombe à un pauvre sourire et à un regard charmeur, ni comme toutes les filles qui craquent pour le capitaine de l’équipe star du lycée !
-Non mais ça va le dragueur du dimanche ? Et puis, je sais bien que je suis la meilleure en basket ! La preuve, je t’ai battu ! M’exclamé-je en riant nerveusement, alors que ma réaction semble l’amuser.
-D’un seul point ! Souligne-t-il ensuite, sans perdre son sourire.
-J’ai gagné quand même ! Dis-je avec plus d’assurance. Aller, prends un ballon. On fait un un-contre-un et tu vas voir que je vais te battre sans problème !
-J’aimerais bien voir ça, tiens ! S’en amuse-t-il, loin d’être effrayé par le défi qui s’annonce, alors que je fais tout pour cacher mon trouble.

Génération Jaune – Génération 3 – Chapitre 54

Après notre retour de vacances, Noël arrive vite, ainsi que toutes les festivités qui vont avec. Nous nous sommes bien reposés au Mont Komorebi, il est maintenant tant de courir partout pour que tout soit prêt pour aujourd’hui.
Le jour J, en matinée, nous installons le sapin tous ensemble. J’ai du convaincre Grace de nous rejoindre afin de décorer le sapin en famille. Elle était au téléphone, et elle m’a bien fait comprendre que je la dérangeais. Elle a bien fini par raccrocher pour me suivre jusqu’au salon, non sans ronchonner au passage.
Je me demande bien ce qui lui arrive en ce moment. Elle a souvent la tête ailleurs, et lorsqu’elle est avec nous, elle passe son temps à râler. Cédric relativise en disant que cela fait partie des joies de l’adolescence, mais je ne peux m’empêcher de m’inquiéter pour ma fille.

Le seul envers qui elle ne se montre pas distante, c’est Grégory. Elle est même agréable avec lui et plaisante sans hésiter avec son frère. Alors, d’un côté, cela me fait plaisir qu’ils s’entendent si bien tous les deux. Ils passent même beaucoup de temps ensemble et ont le même groupe d’amis. Je ne pouvais pas rêver mieux pour mes enfants. De l’autre, cela m’interroge. Est-ce que Grégory est au courant de quelque chose à propos de sa sœur ? Est-ce que Grace a un problème avec son père et moi ? Essaie-t-elle de nous mettre à distance ?
Cédric dit que je me prends trop la tête. Il juge qu’elle est simplement proche de son frère et que c’est normal pour une ado de râler contre ses parents et les figures d’autorité.
Je ne peux pas m’empêcher d’être sceptique.

Bien décidée à en savoir plus sans pour autant me faire envoyer sur les roses par ma fille, je me dis que je peux essayer d’en savoir plus auprès de mon fils. Peut-être est-il au courant de quelque chose ?
Du coup, après que nous ayons terminé de décorer le sapin et que tout le monde est parti vaquer à ses occupations, je vais voir mon aîné dans sa chambre. Comme à son habitude -quand il n’est pas au téléphone avec sa copine ou qu’il ne cuisine pas-, il joue à sa console. Enfin, je crois, mais je ne vois aucune manette dans ses mains.
-Je te dérange pas ? Lui demandé-je, prudente.
-Non, je regardais juste des streams. Me répond-t-il en sortant son portable pour couper la connexion.
-Je peux te poser une question ? Ajouté-je ensuite tout en m’installant à côté de lui sur son canapé alors qu’il hoche la question avec un air intrigué sur le visage.

-Je voudrai te parler de ta sœur. Lui dis-je directement, sans passer par quatre chemins. Aussitôt, il me jette un regard perplexe, voire méfiant. Il doit se demander de quoi je dois bien vouloir lui parler. Dis-moi… Tu ne la trouves pas étrange, en ce moment ?
-Pas plus que d’habitude. Se contente-t-il de me répondre dans un haussement d’épaules désinvolte. Me voilà bien avancée. Mais si tu me demandais directement ce qui te tracasse. Ajoute-t-il ensuite, loin d’être dupe face à ma démarche.
-Grace a souvent la tête ailleurs en ce moment, et elle râle dès qu’on lui parle, ton père ou moi.
-Elle aime juste faire ce qu’elle veut, quand elle veut, Maman. Ne tarde pas à lever les yeux au ciel Grégory, comme s’il pensait que j’exagérais avec mes inquiétudes.
-Certes, mais quelque chose me tracasse. Mon instinct me dit qu’il y a autre chose.
-L’instinct maternel ? Me taquine aussitôt mon fils avec un sourire narquois.

-Grégory, sois sérieux. Elle t’aurait dit quelque chose ? Elle a des problèmes au lycée ?
Le sourire de mon fils disparait aussitôt. Il fait mine de réfléchir, mais je vois bien que j’ai fait mouche. Mon instinct de mère ne se trompe pas : il se passe quelque chose et mon fils est au courant !
-Je ne sais pas, Maman, désolé.
-Tu peux tout me dire, tu sais. J’ai bien vu ton visage changer quand j’ai parlé de problèmes au lycée !
-Maman, Grace ne m’a rien dit, et si c’était le cas, je ne trahirais pas sa confiance. Me dit-il avec une moue désolée. Cela me fait plaisir de constater que mes enfants sont solidaires entre eux, mais si l’un d’eux a des problèmes, j’aimerais bien être au courant ! Et puis, si tu veux savoir quelque chose à propos de Grace, le mieux serait de lui en parler directement, non ?
-Tu crois qu’elle va me répondre ?
-Non. Me répond-t-il avec franchise. Mais ça serait plus correct. Si elle savait que tu as essayé de passer par moi pour avoir des infos, tu sais bien qu’elle serait en pétard.
-C’est pas faux. Soupiré-je, désabusée. Je finis par me lever pour laisser Grégory tranquille, pas plus avancée que tout à l’heure quant aux éventuels soucis de ma fille.
-Maman ? M’arrête subitement Grégory. Ne t’inquiète pas trop pour Grace, elle a de la ressource et suffisamment de caractère pour ne pas se laisser marcher sur les pieds.
-C’est gentil Grégory, mais ça fait partie de mon boulot de mère de m’inquiéter pour vous.

Un peu plus tard dans la journée, après que j’ai essayé de parler à Grace qui m’a bien entendu envoyé paître, Grégory sort de sa chambre pour se mettre aux fourneaux. Il a demandé à préparer la dinde pour le repas de ce soir, et Cédric n’y voit pas d’inconvénients. Je crois que cela le soulage que notre fils prenne la relève en cuisine, notamment sur les grosses préparations. Il a du mal à rester debout pendant des heures, surtout à piétiner derrière les comptoirs de cuisine. Il est toujours présent pour donner des conseils à notre fils, mais ce dernier se débrouille de mieux en mieux tout seul.
Quant à Grace, elle participe également à la préparation du diner… Enfin, à sa manière, en mettant la table. Cette fois-ci, nous pensons bien à ajouter une chaise supplémentaire, afin que toute la famille puisse s’asseoir confortablement autour de la table de la salle à manger.

Une fois les préparatifs terminés, nous nous dépêchons d’aller nous changer, pour nous faire beau pour fêter Noël. Nous sommes loin du décor traditionnel et enneigé, mais ce n’est pas parce que nous vivons dans le désert que nous ne pouvons pas nous vêtir d’une tenue de fête.
Peu de temps après que nous soyons prêts, la sonnette retentit. Sarah, Celian et Gabriel sont là, pour venir fêter Noël avec nous, comme chaque année. Les frères de Sarah ne sont pas là, trop occupés de leurs côtés. En attendant l’heure du diner, nous installons tous au salon, même Comète qui dort sagement sur le canapé à côté de Gabriel !

Grace se retrouve donc au milieu de son oncle et de sa tante. La connaissant, je pense qu’elle aurait préféré être avec son frère et son cousin, elle fait bonne figure.
Ce qui n’est pas bien compliqué car Celian a toujours su comment parler à sa nièce.
-Alors ma grande, tu t’améliores en basket ? Ne tarde-t-il à lui demander, alors que je ne peux m’empêcher de sourire. S’ils ont bien un point commun tous les deux, c’est bien le sport.
-Ouais trop ! J’aimerai être prise dans l’équipe du lycée, alors dès que je peux, je m’entraine !
-C’est quand les sélections ?
-Dès le jour de la rentrée ! Dis, tu voudras bien que je te montre ce que je sais faire tout à l’heure ? Si tu as encore des conseils à me donner !
-Grace, c’est Noël ! Lui signalé-je alors, pour lui faire comprendre que ce n’est pas forcément le moment de filer dehors pour faire du basket toute la soirée.
-Oui, et alors ? Je vais passer du temps avec Tonton, pas toute seule dans mon coin !
-Et cela me gêne pas Joy. M’assure Celian avec amusement. Je peux bien consacrer dix minutes à ma nièce pour l’aider au basket. Mais après manger veux-tu. Précise-t-il tout de même, alors que Grace est déjà excitée comme une puce à l’idée de montrer ses prouesses à son oncle.

Une fois la dinde prête, Grégory s’empresse d’aller la chercher pendant que nous nous installons tous à table. Il fait de son mieux pour servir tout le monde, refusant l’aide de son père pour le découpage de la dinde, mais il se débrouille comme un chef. Je le sens nerveux, mais nous le rassurons tous : son repas est réussi et la dinde est absolument délicieuse ! Dès que les compliments fusent, je vois mon fils se détendre. Il adore cuisiner, mais je crois que la peur de nous servir quelque chose de mauvais le stressera toujours.

-Tu n’as pas à t’inquiéter Grégory, tu ne pourras jamais faire pire que ton père ! Lui assure d’ailleurs Celian, alors que Cédric fait mine de ne pas voir où il veut en venir. Fais pas cette tête, tu sais très bien de quoi je veux parler !
-Du tout ! Je dois avoir un trou de mémoire ! Nie-t-il aussitôt, en faisant bien attention à éviter le regard de son frère. Je dois avouer que cette histoire m’intrigue, car elle ne me dit rien. Voilà quelque chose qu’il s’est bien gardé de me raconter durant toutes ces années !
-Ca t’arrange bien !
-Vas-y Tonton, raconte ! L’encourage Grace, ravie de connaitre une anecdote sur son père -et une nouvelle occasion de le chambrer.
-Eh bien, dis toi que la première fois que ton père a cuisiné, au lieu de se contenter de faire un plat de pâtes tout simple, il a de suite voulu faire quelque chose de plus élaboré ! Il a trouvé sur internet une soidisante super recette de gnocchis à la courge, ultra simple, d’après lui ! Commence à raconter Celian tout en lançant un regard plein de reproches à Cédric, alors que tout le monde l’écoute avec attention.
-Je sens que tu vas tout exagérer !
-J’exagère rien du tout ! Réplique sans attendre Celian, ménageant son suspense. Bref, Monsieur veut bien faire les choses alors il va faire les courses et s’attache à acheter des produits frais. Il s’est même mis en tête de faire ses gnocchis lui-même !
-Le fait maison, c’est toujours meilleur !
-La pire bouffe industrielle serait 1000 fois meilleure que ce que tu nous as servi ce soir-là ! Réfute aussi sec Celian. Je ne sais pas comment tu t’es débrouillé, mais c’était immangeable ! Tu aurais pu tuer quelqu’un avec tes gnocchis tellement ils étaient durs ! D’ailleurs, tu as bien failli: Papa a été malade comme un chien toute la nuit qui a suivi. Maman a bien cru être obligée de l’emmener aux urgences !
-Roh tu exagères !
-Mais non ! Heureusement que Maman avait racheté du PQ, sinon je raconte pas le bazar que ça aurait été ! Plus personne n’a voulu manger ce que tu cuisinais pendant au moins 2 ans tellement tes gnocchis nous ont traumatisé !
-Je t’ai jamais vu manger de gnocchis d’ailleurs. Ni de courges. Commente Sarah, l’air ailleurs, comme si elle était en train de réfléchir, alors que je constate que les adolescents présents essaient de ne pas éclater de rire pendant que Cédric nie toute tentative d’empoisonnement lors de ce fameux repas.

-En attendant, j’entends personne se plaindre de ma cuisine. Bougonne Cédric, faisant mine d’être vexé par les moqueries qui fusent suite à cette histoire.
-Parce que tu t’es amélioré depuis, heureusement ! Sinon, nous ne serions même pas ici autour de cette table pour en parler ! Joy aurait pris la fuite en courant après avoir goûté ta cuisine ! Ne tarde pas à plaisanter Celian pour en rajouter une couche.
-Je comprends mieux pourquoi Grégory ne faisait que des pâtes quand il a commencé à s’intéresser à la cuisine. Intervient ensuite Grace en jetant un regard à son frère. Papa avait juste peur d’être empoisonné par Grégory. On sait jamais, que les boulettes en cuisine soit héréditaires.
-Par chance, ton frère est bien plus doué en cuisine que ton père ! Renchérit Celian, ne manquant pas de faire rire tout le monde.
-C’est bon, vous avez fini ? Soupire de lassitude Cédric, alors que je m’empresse de lui prendre la main pour lui assurer de mon soutien sans faille. Et puis, je te signale que tu ne sais même pas cuire un œuf !
-Et c’est bien pour ça que je ne mets pas un pied en cuisine !

Après moultes joutes verbales et une fois le repas terminé -où par chance, personne n’a été empoisonné-, il est maintenant tant d’ouvrir les cadeaux. Tout le monde s’approche du sapin, et chacun notre tour, nous ouvrons nos cadeaux. Dans la joie et la bonne humeur, tous ensemble, en famille.

Pendant l’ouverture des cadeaux, je vois Gabriel et Grégory en train de discuter, sur le ton de la confidence. Je ne peux m’empêcher de les observer avec curiosité. Je me demande bien ce qu’ils peuvent se raconter tous les deux. Et d’après l’expression de Cédric, je constate que lui aussi s’interroge sur leurs manigances. Gabriel aurait-il trouvé un moyen de battre Grace en sport ? Grégory serait-il son complice ?
Doucement, je vois Cédric s’approcher d’eux, pendant que Gabriel montre quelque chose à Grégory sur son téléphone. Il essaie de se pencher, l’air de rien, de façon à voir ce qu’il y a sur l’écran de téléphone.
-Qu’est-ce que tu fais Tonton ? L’interroge Gabriel avec incrédulité.
-Oh rien, je m’étire juste ! J’ai mal au dos en ce moment ! Se justifie-t-il sans attendre en faisant mine de se masser le bas du dos. Quel jeu d’acteur il a ! Mais au vue du regard que lui lance Grégory, je ne suis pas sûre qu’il ait réussi à duper son fils.

Grace

Après l’ouverture des cadeaux, j’ai réussi à convaincre Maman de me laisser me changer pour que je montre mes progrès en basket à Tonton. Je sais qu’elle préfèrerait qu’on reste tout ensemble à la maison pour Noël, mais je suis incapable de rester en place. Et puis, personne n’a dit qu’à Noël, tout le monde devait absolument rester sagement assis à une table ou sur un canapé avec l’ensemble de sa famille. Je vois pas le problème de faire du basket avec mon oncle !
Du coup, dès que j’ai l’autorisation, je me dépêche d’aller me changer et de récupérer mon ballon de basket. Sans attendre davantage, j’entraine mon oncle à l’extérieur, qui n’attend pas pour râler qu’il n’a plus 20 ans et qu’il n’est plus capable de trottiner aussi rapidement que moi.
Une fois au panier de basket, à l’autre bout du jardin, je m’empresse de montrer à mon oncle que j’ai bien appliqué l’ensemble de ses conseils et que je me suis nettement améliorée en basket !

-Et bien bravo ma grande, on peut dire que tu es douée ! Me félicite Tonton avec fierté alors que je saute et marque un panier sans le moindre problème. Ce n’est pas le premier, et je n’ai loupé aucun panier que j’ai voulu marquer.

-Merci ! Tu penses que j’ai mes chances pour les sélections ? Lui demandé-je sans attendre.
-S’ils te prennent pas, c’est qu’ils ont du boudin dans les yeux. M’affirme Tonton. Et je ne dis pas ça parce que tu es ma nièce. Je ne vois même pas ce que je pourrais te donner comme conseil pour réussir tes sélections. Tu réussis tes paniers, tu es réactive, tu cours vite et tu es endurante. Si tu arrives à écouter sagement les consignes de l’entraineur, c’est dans la poche. M’assure-t-il ensuite, avec un sourire en coin. Il sait bien que moi, et les figures d’autorité, ça fait deux. Mais il va bien falloir que je mette de l’eau dans mon vin si je veux rester et réussir dans une équipe. Bon, allez viens, on rentre avant que ta mère nous fasse une crise. Conclut-il en tournant les talons, alors que Comète s’empresse de m’aboyer joyeusement dessus. Comme si, elle aussi, me félicite pour mes prouesses en basket.
Il n’y a plus qu’à croiser les doigts que je parvienne à convaincre l’entraineur et le capitaine de l’équipe à la rentrée !

Génération Jaune – Génération 3 – Chapitre 53

Grace

Les vacances avancent avec une vitesse folle, mais j’en profite à fond pour m’améliorer en snowboard. Entre deux visites de la ville, les vieux nous laissent faire ce que l’on veut, alors je fonce directement vers les pistes. Je m’éclate à les dévaler à toute vitesse et, petit à petit, je gagne en équilibre et en aisance. La vitesse ne me fait plus peur et je m’amuse comme une folle !

Petit à petit, je commence à me sentir pousser des ailes. Je ne me contente pas de glisser sagement sur la poudreuse, mais je tente aussi de faire des figures. Je suis moins raide sur le snowboard et je prends plus de risque pour tenter de faire quelque chose de plus stylé ! Je me suis loupée plusieurs fois, mais j’ai des os solides, alors je remonte sur mon snow sans le moindre problème ! Et puis, c’est en essayant encore et encore qu’on finit par y arriver.
Grégory dit que je me la pète avec mes figures, mais c’est juste qu’il est jaloux car il n’arrive pas à faire la même chose. En vrai, je vois bien qu’il est admiratif de ce que j’arrive à faire en l’espace de quelques jours.
Il faut dire que je m’en donne les moyens. Dès que les vieux nous accordent du temps libre, je l’occupe sur les pistes, jusqu’à la tombée de la nuit. Je veux être la meilleure en snowboard, et j’adore les sensations que cela procure ! J’ai l’impression d’être libre et d’être capable de tout faire quand je m’envole pour faire une figure !

La fin des vacances finit par arriver, et je profite à fond des derniers instants qui nous restent au Mont Komorebi. Du coup, je ne reste pas sagement sur les pistes pour débutant et je m’aventure sur des pistes plus risquées mais qui procurent davantage d’adrénalines ! Un gros rocher sur le chemin ? Même pas peur ! Je glisse, et je m’envole en réalisant fièrement une figure ! Je ne fais pas attention au vide qu’il y a sous moi et je profite de l’instant présent ! C’est tout bonnement incroyable !

Après cet instant, je ne tarde pas à me mettre en position pour atterrir le mieux possible sur le sol -et sans me casser la figure de préférence. J’y arrive sans problème et je continue de glisser le long de la piste avec plaisir. Cette piste est davantage arborée par rapport à celles que j’ai pu faire, et cela rend rend la vue plus agréable ! Bye bye la vue de la remontée mécanique, bonjour celle sur les sapins enneigés !

Je prends de plus en plus confiance en moi, et je tente des trucs que jamais je n’aurais cru être capable de faire. Comme m’élancer le plus rapidement possible sur un rocher pour faire une pirouette dans les airs. C’est un truc de malade, complètement délirant, et pourtant, je le fais sans la moindre hésitation. Pendant que je suis dans les airs, j’ai l’impression d’être un oiseau ! Et le plus impressionnant dans tout ça, c’est que j’arrive à retomber sur mes deux jambes sans me faire mal ! Il n’y a pas à dire, je suis vraiment douée en snowboard !
Heureusement que Maman ne me voit pas faire, sinon elle ferait une syncope !
Il n’y a vraiment pas de quoi en plus. Je suis sage la plupart du temps !

Et puis, de toute façon, les vieux ne sont même pas là et ne profitent quasiment pas des pistes. Papa, ça se comprend. A son âge, il vaut mieux éviter tout risque de fracture du col de fémur. Et Maman, je crois que c’est pas son truc. Je l’ai vu sur des skis, c’est pas beau à voir. L’avantage, c’est que je ne les ai pas sur mon dos ! Sinon, je ne pourrais absolument rien faire et j’aurais l’impression d’être une enfant de 5 ans !
Pour le dernier jour des vacances, je crois qu’ils ont enfin décidé de se poser. Ils ont dit qu’ils iraient à l’onsen, machin chose. Il y a une source chaude je crois là-bas. C’est pour se détendre. Si ça pouvait détendre suffisamment Maman pour qu’elle s’inquiète moins, ça serait vraiment top ! Et puis, ça peut pas leur faire de mal d’être juste tous les deux, sans Grégory et moi sur leur dos. Ils ont le droit aussi de s’accorder du temps pour eux quand même -et ça nous fait des vacances, à nous aussi.

*   *   *

Aujourd’hui, les vacances se terminent. Nous rangeons nos affaires, les vieux rendent les clés de la maison et direction l’aéroport pour rentrer à la maison. Lorsque nous atterrissons à Oasis Springs, la différence de température est flagrante ! Nous avons beau être en hiver, il y fait toujours aussi chaud ! C’est l’idéal pour Maman, mais la neige commence déjà à me manquer !
Avant de rentrer à la maison, nous nous arrêtons chez Tonton et Tata. Les vieux leur ont acheté des cadeaux, pour leur faire plaisir et aussi pour les remercier d’avoir gardé Comète pendant notre absence. Elle nous fait une fête pas possible dès qu’elle nous voit, on dirait qu’elle nous a pas vu depuis 2 mois ! Elle nous aboie joyeusement dessus, et nous saute dessus avec enthousiasme. Elle est vraiment trop adorable !
Quand on rentre enfin à la maison, Comète ne nous lâche pas d’une semelle, comme si elle avait peur que nous l’abandonnions à nouveau. Du coup, je prends le temps de jouer un peu avec elle, histoire de lui faire plaisir et de la fatiguer un peu.

Maintenant que nous sommes rentrés, il faut que j’occupe mon temps autrement. Fini les pistes enneigées, bonjour le panier de basket ! Les sélections pour intégrer l’équipe de basket du lycée ont lieu juste après les vacances scolaires, et je veux absolument entrer dans l’équipe !
Et pour cela, il n’y a pas 36 milles solutions : il faut que je m’entraine !
Souvent, Tonton vient à la maison et il me donne quelques conseils. Il fait du mieux qu’il peut étant donné qu’il était footballer et non basketteur, mais je prends tout ce qui peut m’être utile pour m’améliorer et atteindre le plus haut niveau !

Je me donne à fond pour ça. Je suis incapable de tenir en place, et intégrer l’équipe de basket du lycée serait une bonne opportunité pour moi. Si je parviens à briller suffisamment durant les matchs et montrer de quoi je suis capable, peut-être que je parviendrais à attirer l’attention d’un entraineur professionnel, qui sait ?
Mais pour le savoir, je dois absolument être la meilleure, et montrer que je suis indispensable pour l’équipe pour pouvoir gagner les futurs matchs de la saison.
Maman râle car elle estime que je passe trop de temps à jouer au basket par rapport à mes devoirs. Mais je m’en fiche, ce n’est pas en faisant mes devoirs de maths que je vais devenir une championne de basket !

Mais je prends quand même le temps de me reposer le soir. Par moment, j’aime bien me tenir tranquille dans ma chambre, sans jouer et sans que l’on vienne m’embêter.
Ou alors, j’adore squatter la chambre de mon frère pour jouer à la console avec lui.
Ce soir, il est au téléphone avec Alice. Elle est à Del Sol Valley pour passer du temps avec sa sœur pendant les vacances, et ils s’appellent quasiment tous les soirs. Par moment, j’entends quelques mièvreries à travers la porte, et je rigole toute seule. Je ne dis rien car ils sont quand même mignons tous les deux, mais ça me fait rire.
Quand je rentre dans ma chambre après avoir pris ma douche, je vois que j’ai un appel manqué sur mon portable. Je m’empresse de regarder et je rappelle Gideon dans la foulée. Je pense savoir de quoi il veut me parler ! Ou plutôt de qui !
-Tu vois, je te l’avais dit qu’elle en avait rien à péter de Will en vérité ! M’exclamé-je quelques minutes plus tard, après que Gideon m’ait raconté ce qu’il a entendu dans l’après-midi. C’est que du flan !
-C’est surtout complètement débile. Soupire en réponse Gideon, alors qu’Olive m’agace de plus en plus. Sérieux, on dirait une gamine.
-Ca, je te le ferai pas dire !
-Tu veux toujours mettre notre plan en application ? Me demande-t-il ensuite, sur un ton prudent. Je fais mine de réfléchir un instant. Notre plan, nous l’avons mis au point pendant que j’étais au Mont Komorebi. En soi, c’est tout aussi débile que l’attitude d’Olive -et c’est d’ailleurs pour cela que nous n’en parlons à personne- mais il faut bien jouer selon ses propres règles pour lui faire manger la poussière !
-Bien sûr ! Dès la rentrée, on exécute notre plan ! Et toi, tu es sûr que ça va aller ? Je sais bien que tu ne fais pas ça juste pour embêter Olive …
-Ca va aller, t’inquiète pas. C’était mon idée.
-Ouais, ‘fin, quand même…
-T’inquiète. Bon, je vais te laisser. Je t’appelle si j’ai du nouveau.
-Ok, pas de soucis, bye. Lui dis-je avant de raccrocher.

Génération Jaune – Génération 3 – Chapitre 52

Grace

Ces vacances au Mont Komorebi sont vraiment les meilleures qui puissent exister ! J’adore dévaler les pistes à toute vitesse, même si je dois me casser la figure à la fin ! Ca fait mal sur le coup, mais cela ne m’empêche pas de remonter dans les télésièges pour redescendre la piste une nouvelle fois !
Bon, je vois bien que cela fait flipper Maman, mais j’ai bien le droit de m’amuser !
Un matin, je me dépêche de descendre prendre mon petit déjeuner, prête à repartir vagabonder dehors. Mais là, j’entends Grégory et Papa discuter du programme de la journée.

-Il y a quoi de prévu aujourd’hui ? Demande mon frère en se servant du pain perdu.
-Oh ce matin c’est tranquille. Mais on part tous visiter un peu cette après-midi. On va aller au centre-ville, et pourquoi pas aller faire un tour. Il y a des sentiers de randonnées par là-bas d’après ce que j’ai lu.
-Oh non ? On peut pas rester faire du snow plutôt ? Réagis-je aussitôt, n’ayant aucune envie de partir en ballade je-ne-sais-où.
-On vous a laissé faire ce que vous voulez hier. Et puis, à la base, ce sont des vacances en famille, donc le but est également de passer du temps tous ensemble. Me répond Papa, nullement perturbé par ma protestation.
-Oh relou !
-C’est toujours un plaisir de voir à quel point tu es heureuse de passer du temps en famille. Plaisante Papa, ne manquant pas de faire rire Grégory alors que je lève les yeux au ciel. Elle n’est même pas drôle sa blague !

Bien décidée de profiter de ma matinée de liberté, je parviens à convaincre mon frère de venir sur les pistes avec moi. Pour le fun, et pour tester, on emprunte une luge pour faire une petite descente tous les deux. Enfin, c’est surtout Grégory qui a insisté, car perso, je sens que les sensations ne seront pas folles ! La descente est toute petite et c’est clairement un truc pour enfants !
En plus, il insiste pour être devant. Je peste mais je laisse couler pour lui faire plaisir. Alors, on s’installe dans la luge, et nous la poussons pour glisser sur la piste. On avance en ligne droite, sans aucun obstacle devant nous. On prend petit à petit de la vitesse, mais rien de bien fou comparé au snowboard sur les pistes à côté !

Wouhou ! Quelle sensation de fifou ! Plaisante Grégory dès que nous arrivons en bas… soit à peine une minute après que nous ayons commencé à descendre.
-Et tu n’imagines même pas comment c’est à l’arrière, avec une magnifique vue sur ton bonnet ! Ajouté-je en laissant échapper un rire. Aller, tu veux bien qu’on reprenne des snow et qu’on aille à côté ?
-Roh, ça t’a pas plu la luge ?
-C’est rigolo, mais ça va bien 5 minutes !
-Aller, viens, on va aller faire l’échange avant que tu deviennes miss-rochon ! Me taquine-t-il en se levant de la luge. Je me contente de hausser les épaules en réponse, feignant ne pas savoir de quoi il veut parler. Je ne suis jamais rochon, voyons !

Nous nous dépêchons donc d’aller emprunter des snowboards, et nous montons ensemble dans le télésiège. On observe le paysage enneigé et les massifs montagneux avec plaisir. Puis, très vite, nous plaisantons sur nos talents en snowboard. Très rapidement, j’affirme que j’arriverai plus vite que lui en bas ! Il jure que non, plus pour m’embêter que par réelle conviction à mon avis. Très vite, dès que l’on pose nos pieds sur la neige, on décide d’aller sur deux pistes différentes pour savoir qui arrivera en bas premier.
-Tu es sûr de vouloir continuer ? Tu sais très bien que je vais avoir raison ! Le taquiné-je alors qu’il s’approche de sa piste.
-Certain ! Tu vas voir ! Tu n’auras pas le temps de dire ouf que je serai déjà en bas !
-C’est beau de rêver ! Rié-je, alors que je m’installe sur le snowboard et, après que nous ayons compté jusqu’à 3, je m’empresse de partir dévaler la piste !

Je fais la maline, mais lorsque je m’élance, je sais très bien que je ne suis pas encore très stable sur mon snowboard. Je manque de souplesse et je ne suis pas très à l’aise sur mes appuies. Cela n’empêche pas que les sensations sont grisantes et que j’adore faire du snowboard !
Et malgré mon instabilité sur mon snow, je n’ai pas peur de prendre des risques ! A la moindre occasion, je n’hésite pas une seconde à tenter des figures ! Rien de bien impressionnant, je dois donner l’impression que je vais m’éclater la figure dès la fin de mon saut et Maman ferait probablement une crise cardiaque si elle me voyait, mais j’adore ça ! Durant ces quelques secondes dans les airs, j’ai l’impression de voler !

Cependant, à force de faire des pirouettes, j’en viens à oublier que la piste a une fin. Forcément, je n’anticipe pas le freinage, je perds l’équilibre et je finis par tomber au pied de la piste. J’en perds même le snowboard qui s’envole un peu plus loin. Je râle, je peste et j’ai mal aux fesses.
-Grace ! Ca va ? S’empresse de me rejoindre mon frère qui a du me voir tomber en terminant sa descente.
-T’as vu, je suis arrivée première ! Ne puis-je m’empêcher de signaler, avec un sourire en coin.
-Tu perds pas le nord ! S’en amuse Grégory en me tendant la main pour m’aider à me relever.

A la fin de la matinée, alors que nous venons de rendre nos snowboards -à mon plus grand désarroi-, j’essaie de grapiller quelques minutes supplémentaires avant de devoir rentrer à la maison de location pour manger avec nos vieux. Je sais très bien que l’après-midi sera relou alors que je me sens si bien ici !
Je crois que mon attitude amuse mon frère, mais il est également la voix de la raison. Il me rappelle que nous devons rentrer sinon les vieux ne nous laisserons jamais repartir seuls. Je finis par abdiquer, tout en réussissant à négocier une photo avec mon frère, en souvenir de cette matinée géniale!

Après manger, comme annoncé par Papa ce matin, nous allons tous ensemble dans le quartier de Senbamachi. Au fur et à mesure de notre descente vers ce centre-ville, plutôt ancien, plus je voyais la neige disparaitre du paysage, plus je faisais la tête.
Néanmoins, lorsque nous arrivons, je dois bien admettre que le quartier est magnifique. Les maisons anciennes sont dépaysantes par rapport à celles que l’on peut observer chez nous. Et ce doit être très agréable de faire un jogging le long du canal ! Je retrouve un peu le sourire, mais cela me manque toujours de faire du snowboard !

Après avoir fait un tour du quartier, les vieux décident rapidement d’aller se balader dans la forêt de bambous. Je lève les yeux au ciel, et je ne peux m’empêcher de râler. Sérieux, il y a quoi de si extraordinaire à aller voir des bambous ? Il suffit d’aller dans une jardinerie et on trouve facilement des pots avec du bambou !
-Arrête de râler Grace, et profite du paysage. Ca change par rapport à chez nous ! Tente de positiver Maman, qui essaie de garder son calme face à ma mauvaise humeur.
-En même temps, on vit dans un désert. On peut pas faire plus différent. Signalé-je alors que j’entends Grégory laisser échapper un rire et que je vois bien que Papa essaie de se retenir de rire aussi.
-Très drôle. Je sais que tu aurais préféré rester dans la montagne, mais ça fait du bien aussi de découvrir les alentours. C’est un autre pays, d’autres décors. Profites-en pour te créer des souvenirs et observer ce que l’on a pas l’habitude d’observer. Me répond Maman, alors que je suis subitement sceptique lorsque nous arrivons dans un cimetière.
-C’est sûr que ce n’est pas tous les jours qu’on va se balader dans un cimetière.
-Cédric, tu ne veux pas me donner un coup de main ? Désespère Maman alors que je me retiens de rire.
-Avoue quand même qu’elle n’a pas tout à fait tort. Avoue-t-il en riant alors que Maman lève les yeux au ciel.

Grace ? Mais qu’est-ce que tu fais ? S’exclame-t-elle alors que je fais semblant de faire un selfie. C’est juste pour embêter ma mère, et plaisanter un peu, car j’ai aucune envie d’avoir une photo d’un cimetière. Plus glauque, tu meurs !
-Bah quoi ? Tu veux que je joue les touristes et que je me crée des souvenirs des lieux qu’on n’a pas l’habitude de visiter ! Fais-je aussitôt l’innocente, faisait semblant de ne pas voir où elle veut en venir.
-Mais pas dans un cimetière, enfin ! Un peu de respect pour les personnes qui reposent ici !
-Bah, si ça se trouve, elles seraient ravies d’être sur Simbook et Simstagram !
-Tu me désespères, Grace ! Soupire Maman de dépit, alors que je vois Papa et Grégory faire de leur mieux pour se retenir de rire.

Je finis par avouer à Maman que je plaisante et que jamais je ne ferai de photo dans un cimetière et nous continuons à suivre le sentier de randonnée. Je vois bien que Maman est soulagée de mon aveu, mais je vois aussi Papa et Grégory se lancer des regards rieurs. Je fais tourner Maman en bourrique, et cela amuse bien Papa et Grégory ! Mon humour ne laisse personne indifférent visiblement !
Au bout d’un quart d’heure de marche, nous arrivons au pied d’un immense temple traditionnel, blanc et rouge, et absolument magnifique. Je reste totalement bouche-bée devant, tellement que l’édifice est impressionnant. Je me sens toute petite à côté ! Là, ok, je m’incline ! Rien que pour ça, ça valait le coup de venir !
Quand on approche de la fin de la balade, le soleil commence à se coucher. Maman commence à nous dire de nous dépêcher et opte pour une marche plus rapide. Il faut dire qu’il commence à faire sacrément froid et Maman a toujours été frileuse. Elle doit avoir hâte de rentrer pour être au chaud ! Cela me fait rire : il n’y a plus personne pour dire de profiter du paysage, malgré le couché de soleil !

Sur le chemin du retour à la maison de location, les vieux décident de s’arrêter dans un magasin. Ils reviennent un peu plus tard, et nous annoncent que nous allons tester une spécialité locale ce soir : une fondue japonaise ! J’ai totalement oublié le nom exact, mais cela sent drôlement bon quand la préparation commence à chauffer.
On s’installe tous autour du kotatsu, et lorsque c’est cuit, on se sert tous un bol de fondue japonaise. Je m’empresse de goûter, et qu’est-ce que c’est bon !
Je dois avouer que nous passons tous un bon moment pendant qu’on mange, je m’amuse à mettre Maman en boite en plaisantant sur notre sortie de cette après-midi.
Je n’ai même pas regardé mon téléphone du repas, de peur d’avoir le moral miné par une information déplaisante. Je n’ai pas envie d’avoir l’esprit ailleurs ce soir ! Ce sont les vacances, après tout !

Génération Jaune – Génération 3 – Chapitre 51

L’automne laisse rapidement sa place à l’hiver, et les vacances arrivent tout aussi vite. Pour l’occasion, avec Cédric, nous décidons de partir en voyage en famille. Cela fait longtemps que nous ne sommes pas partis, et ce sera l’occasion de passer des moments tous les quatre, loin de notre quotidien.
Nous avons jeté notre dévolu sur le Mont Komorebi. Ce qui a surpris tout le monde, étant donné que je n’aime pas le froid. Mais j’aime aussi découvrir de nouveaux décors et de nouvelles cultures, et cela fait du bien de ne pas devoir monter dans une fusée et partir dans l’espace pour y parvenir.

Nous louons donc une maison dans les hauteurs de la montagne, non loin des pistes de ski. En les voyant, Grace a aussitôt les yeux qui pétillent et ne tient plus en place : elle meurt d’envie de dévaler la montagne ! Je ne suis pas tellement rassurée car il est aisé de se blesser avec les sports d’hiver… Mais retenir Grace a la maison est également mission impossible et je n’ai pas eu le temps de dire ouf qu’elle est déjà partie prendre le télésiège avec un snowboard sous le bras. J’espère seulement qu’elle fera attention et qu’elle ne prendra pas de risques inconsidérés. Grace peut tellement être casse cou et inconsciente des dangers !

D’autant plus qu’elle n’a jamais fait ni de ski, ni de snowboard par le passé et qu’elle est totalement novice. Elle a tendance à penser qu’elle est naturellement douée pour les activités sportives, mais certaines choses s’apprennent avant de pouvoir les maîtriser sans se blesser. Donc, j’avoue, je ne suis pas vraiment sereine à l’idée de laisser Grace faire du snowboard sans surveillance. J’ai peur qu’elle revienne avec un bras ou une jambe tordu, nous obligeant à foncer directement aux urgences d’un pays qui nous est inconnu !
Au moins, j’essaie de me rassurer en me disant qu’elle n’a pas encore eu l’idée saugrenue d’escalader la montagne !

Et puis, je me rassure également en me rappelant qu’elle n’est pas toute seule : son frère est avec elle. Grégory a toujours été plus mesuré et prudent que sa sœur. J’espère qu’il parviendra à la convaincre de faire attention et qu’il veillera à ce qu’elle rentre à la maison en un seul morceau !
D’une manière générale, je me fais également moins de soucis pour lui. Je sais qu’il ne prendra pas de risques inutiles et qu’il fera attention à lui. Enfin, j’essaie de m’en convaincre du moins !

Avec Cédric, de notre côté, nous avons opté pour une randonnée. Ce n’est plus tellement de l’âge de Cédric de dévaler les pistes, et il n’a pas tellement confiance en lui pour être certain de descendre de la montagne en un seul morceau. A son âge, ses os ne sont plus aussi solides pour supporter correctement une chute !
Nous séparer chacun de notre côté m’a chagriné au début. Bonjour les vacances en famille si chacun vaque à ses occupations ! Mais Cédric m’a rassuré en me rappelant que nous sommes ici pour plusieurs jours : nous aurons d’autres occasions pour passer des moments tous ensemble ! Et puis, cela fait plaisir aux enfants d’aller faire du snowboard, et ce serait dommage de les en empêcher. Eux aussi ont le droit de profiter de leurs vacances !

Néanmoins, j’ai du mal à me vider l’esprit durant notre balade. Les paysages sont magnifiques et totalement dépaysants, mais je ne peux m’empêcher de m’inquiéter pour mes enfants. Je scrute mon portable, et je vois bien que le réseau n’est pas au top. Et s’il leur était arrivé quelque chose, sans que personne ne puisse nous prévenir ?
Ou s’il nous arrivait quelque chose sans qu’ils ne puissent le savoir ?
-Dis, tu crois qu’il y a des ours dans le coin ? Demandé-je à Cédric en croyant voir des traces suspectes dans la neige.
-Non, je crois pas. Et puis, ce sont des sentiers fréquemment fréquentés par les touristes et les promeneurs. S’il y a des ours, ils ont du s’installer plus loin pour éviter cet endroit et toute activité humaine. Se montre pragmatique Cédric, nullement inquiet par rapport à la faune locale.
-Et des loups ?
-Même réponse … Mais je ne comprends pas très bien comment tu peux passer d’un ours à un loup… Ajoute-t-il avec un sourire taquin sur les lèvres, alors que je continue de fixer les traces. Je lève les yeux vers mon mari, et je fais mine de lui lancer un regard noir -qui n’est absolument pas crédible.

-Dis, tu crois que ça va aller pour les enfants ? Demandé-je à Cédric un peu plus tard alors que nous admirons les paysages montagneux.
-J’en suis sûr. Tu n’as pas à t’en faire. Ils sont grands maintenant, il faut leur faire confiance. Me répond Cédric, confiant, loin de s’en faire pour eux.
-Mais quand même … Je pense surtout à Grace. Elle n’est pas du genre à faire attention. Surtout quand elle trouve une nouvelle activité à faire et qu’elle fait tout pour démontrer qu’elle est la meilleure.
-Il n’y a personne pour la défier et l’inciter à se surpasser, ça devrait aller. S’en amuse Cédric, en faisant référence à notre neveu qui prend toujours un malin plaisir à lancer des défis à sa cousine. Heureusement que Sarah et Celian avaient autre chose de prévu pour les vacances et qu’ils n’ont pas pu nous accompagner en fin de compte !
-Très drôle. Mais Grace peut avoir le chic de prendre des risques, juste pour amuser la galerie.
-Ne t’inquiète pas, tout va bien. Tente de me rassurer mon époux, en me prenant dans ses bras. Respire un grand coup. Tout se passe bien, et nous n’avons pas à nous en faire, d’accord ? Grace est forte et à de la ressource, ne t’inquiète pas…

-Et puis, rappelle toi que Grégory est avec elle, et qu’il veillera à ce qu’elle fasse attention. Ajoute-t-il ensuite, alors que je me détends petit à petit dans ses bras.
J’ai beau avoir fait un gros travail sur moi-même depuis la naissance de Grace, parfois, mes peurs irrationnelles refont surface. Dans ces moments-là, je n’ai qu’une envie : garder mes enfants auprès de moi. Heureusement que Cédric est là, et m’aide à me calmer et m’apaiser. Cela n’arrive pas souvent, mais ce n’est jamais amusant quand cela arrive.

-Oui, c’est vrai que Grégory est plus prudent. Tu as raison, tout va bien, je n’ai pas à m’inquiéter. Si je m’inquiète pour une simple piste de ski, je n’ai pas fini de m’en faire quand ils finiront par quitter la maison. Soupiré-je ensuite, alors que nous restons ainsi pendant encore quelques minutes, avant de finalement reprendre notre balade.

La nuit commence à tomber quand nous terminons notre randonnée. Nous rejoignons la station, et nous croisons rapidement Grégory qui vient de terminer une descente. Il nous confirme que tout va bien, et que lui et sa sœur continuent à descendre les pistes. Apparemment, Grace s’amuse comme une folle et n’a pas particulièrement envie d’arrêter pour le moment !
Comme il ne fait pas encore totalement nuit, nous les laissons faire encore quelques descentes mais, dès que Grace nous rejoint, nous leur rappelons qu’il va bientôt falloir arrêter pour que nous rentrions ensemble à la maison.
Puis, pour passer le temps, je décide d’essayer le ski. J’emprunte une paire de ski et je file au télésiège pour aller en haut de la piste. Les skis au pied, et prête à descendre, je ne suis pas tellement rassurée. J’ai beau être allée dans l’espace, descendre une piste en ski ne me rassure pas du tout !
Mais, je respire un grand coup, donne un grand coup de bâton dans la neige et je me lance sur la piste.

Je ne suis pas très à l’aise sur mes appuies, et j’ai peur de tomber à chaque instant pendant ma descente. Ca glisse beaucoup sur la neige, je n’aurais jamais cru ! Je manque clairement de souplesse et je suis très rigide sur mes skis.
Puis, au fur et à mesure que le bas de la piste se rapproche, je commence à m’inquiéter. Comment je fais pour freiner et m’arrêter ? J’avoue ne pas y avoir réfléchi avant, et maintenant que j’arrive en bas, je commence à avoir peur.
Alors, je tente des choses, j’essaie de tout faire pour freiner et m’arrêter. Mais, je me loupe, je glisse, je tombe et mes skis se font la malle.
J’ai mal partout et je crois que le ski, ce n’est vraiment pas pour moi.

Pendant ce temps-là, Grégory décide de rester avec son père pour ne pas le laisser seul. En attendant que nous terminions de descendre les pistes avec Grace, Cédric se lance dans la confection d’un bonhomme de neige. Grégory ne semble pas convaincu, et commence à trouver le temps long. Grace finit par les rejoindre, à la fois fatiguée et déçue de devoir arrêter de dévaler la piste.
Puis, pour diner, nous décidons de prendre à manger dans les stands de nourriture installés sur la place devant la station de télésiège, histoire de profiter des plats locaux et des décors.

Car ce soir, c’est le festival de la neige ! D’immenses structures de glaces ont été installées dans la journée et, dès la nuit totalement tombée, sont illuminées. C’est original, et également splendides. Nous avons les yeux qui pétillent en les observant, et je m’amuse de voir des enfants jouer dans des jeux en neige.
J’observe Cédric et les enfants, et je vois également leur regard pétillé d’admiration en observant les structures en glace. Vraiment, il n’y avait rien de mieux pour terminer cette merveilleuse journée !

Grégory

Je suis éreinté. Avec Grace, nous n’avons pas arrêté de faire du snowboard cette après-midi, et j’ai mal partout à force d’être tombé.
Mais le pire, c’est que j’ai hâte d’être demain pour recommencer.
Avec ma sœur, on est obligé de partager la même chambre. Je n’ai qu’une envie : glisser sous ma couette et dormir. Mais Grace est concentrée sur son téléphone et ne semble pas faire attention à moi. Je ne sais pas si je dois être vexé ou inquiet. Elle est scotchée sur son portable depuis qu’elle a arrêté de faire du snowboard et quand elle ne tapote pas dessus frénétiquement, son esprit semble être ailleurs. Par moment, je vois ses lèvres se pincer comme si elle se retenait de dire quelque chose.
Je la connais par cœur, je vois bien qu’elle est contrariée et cela m’inquiète.
-A qui tu parles ? Lui demandé-je, l’air de rien.
-A Gideon. Me répond-t-elle simplement, ne semblant pas vouloir m’en dire plus.

-Il va bien ? Ajouté-je, espérant réussir à tenir une conversation avec ma sœur.
-Ouais. Se contente-t-elle de me répondre, les yeux fixés sur son téléphone. Clairement, je pourrai lui raconter n’importe quoi que cela lui ferait ni chaud ni froid.
-Grace, quelque chose ne va pas ? L’interrogé-je directement, puisque les moyens détournés ne semblent pas fonctionner pour la faire parler. Pour toute réponse, elle se contente de soupirer. Grace, tu peux tout me dire, tu sais. Je suis ton frère, si tu as un soucis, je peux peut-être t’aider.
-Arrête de t’en faire, ça va. Commence-t-elle à râler, visiblement pas décidée à se confier. Je vois qu’il y a quelque chose, mais elle s’entête à garder ça pour elle.

-Tu me le dirais si ça n’allait pas ? Tenté-je une dernière fois, alors qu’elle lève les yeux au ciel.
-Mais oui. Mais t’inquiète pas, vraiment. J’avais un soucis, mais Gideon va m’aider à le résoudre. M’assure-t-elle avec un sourire qui ne me rassure pas vraiment.
Je la regarde avec perplexité, mais elle n’est pas d’humeur à se confier. Je soupire, puis je glisse sous la couette pour aller dormir. Tant qu’elle n’est pas décidée, je sais très bien que ce n’est pas la peine d’insister. Et puis, elle semble avoir trouvé de l’aide auprès de Gideon, donc cela veut dire qu’elle ne garde pas ses tracas pour elle.
-Bon, j’espère que tu ne prévois pas de faire des bêtises. Ajouté-je alors qu’elle hausse simplement les épaules. Mais, s’il te plait, lâche ton téléphone. Je suis crevé et j’aimerais dormir. Ca peut attendre notre retour à la maison je pense, non ?
-Peut-être. Souffle-t-elle, se résignant à, enfin, poser son téléphone pour la nuit quand, de mon côté, j’essaie de ne pas me poser trop de questions sur ce qu’elle peut bien préparer.