Génération Jaune – Génération 3 – Chapitre 20
Dès que le temps et l’installation nous l’ont permis, nous décidons d’inviter notre proche famille à la maison pour fêter notre emménagement à Oasis Springs, ainsi que ma grossesse. Nous sommes en comité assez restreint, puisque seuls Maman, Paul, Celian et Sarah sont présents aujourd’hui. Kalpita vient de prendre sa retraite et elle et Papa sont en train d’organiser leur déménagement ici. D’après Papa, ils devraient pouvoir déménager peu avant la naissance de mon bébé.
Cédric s’est démené toute la matinée dans la cuisine pour que le repas puisse être prêt pour le déjeuner. Il est un peu nerveux car il tient à faire quelque chose de bon, sans que ce soit trop simple, pour ma mère et mon beau-père. J’ai passé mon temps à le rassurer : Cédric est un véritable cordon-bleu.
En attendant que le déjeuner finisse de cuire, nous faisons visiter la maison à nos proches, y compris la chambre du futur bébé même si elle n’est pas encore terminée. Une fois le tour terminé, nous retournons au salon où chacun discute confortablement installé sur le canapé et le fauteuil. Cédric reste avec nos invités pendant que je mets la table.
-Vous avez vraiment bien choisi, c’est une belle maison que vous avez là ! Complimente Maman pendant que Paul, Celian et Sarah sont obnubilés par la télévision. Vous vous perdez pas trop dedans ? Elle est immense !
-Non ça va, on a fini par s’y faire. Assure Cédric sur un ton amusé. Et avec le bébé qui arrive, elle va nous sembler moins grande je pense !
-Ou au contraire, elle va te sembler trop grande, tellement tu vas passer de temps à lui courir après pour vérifier qu’il ne se cogne pas quelque part. Plaisante aussitôt Celian, ne manquant pas de faire rire ma mère et mon beau-père. Bizarrement, Cédric semble perdre un peu son sens de l’humour à l’évocation de cette hypothèse.
-N’empêche, c’est assez rigolo quand j’y pense que vous ayez choisi cette maison. Ajoute Maman alors que Cédric part en cuisine pour vérifier la cuisson du plat et pendant que je termine de mettre la table. Il revient rapidement ensuite, avec le plat et tout le monde commence à se servir.
-Pourquoi cela ? Ne tardé-je pas à l’interroger, intriguée par son affirmation.
-Tu sais que tes grands-parents a vécu à Oasis Springs par le passé, avant d’emménager à Willow Creek ?
-Oui, Papy m’en a déjà parlé. Confirmé-je, ne voyant pas où elle voulait en venir.
-La maison voisine, de l’autre côté de la route, c’était celle de ta grand-mère. Celle d’en face, celle de ton grand-père, avant qu’ils emménagent ensemble. M’informe-t-elle avec un sourire amusé.
-Mais non, t’es sûre ? M’exclamé-je, surprise. C’est un hasard assez fou, tellement fou que j’ai du mal à y croire. Maman n’a jamais vécu à Oasis Springs, mes grands-parents ayant déménagé avant sa naissance, elle peut se tromper !
-Bien sûr que je suis sûre ! J’ai déjà vu la maison en photo et je l’ai aussitôt reconnu en arrivant ici !
-C’est fou ! Le monde est petit !
Pendant que Maman continue de me parler de la maison de Mamie, Celian va rejoindre son frère pour lui donner un coup de main pour le service et discuter tranquillement avec lui.
-En tout cas, je comprends que tu ais voulu déménager. Ta maison est vraiment top ! Bien mieux que la nôtre, je vais finir par être jaloux !
-Tu n’as pas à l’être, notre maison était très bien aussi. Le rassure Cédric en réponse. Et elle doit être encore mieux maintenant que Sarah y vit aussi.
-Je suis pas sûr… Je ne sais pas si tu l’as constaté ici aussi, mais à la maison… La salle de bain est envahie de trucs de fille non identifiés … Lui avoue-t-il sur le ton de la confiance, en faisant mine d’être horrifié. Cédric ne peut retenir son hilarité. Non plus sérieusement, c’est chouette qu’elle soit là. Et au fait, félicitations pour le futur bébé. Vous savez si c’est un p’tit mec ou une fille ?
-Non et on veut garder la surprise.
-Quelle idée ! Dans tous les cas, super Tonton lui apprendra à jouer au foot, il ne passera pas à côté, y’a pas moyen ! Promet Celian, faisant sourire son frère.
Petit à petit, tout le monde se sert du plat préparé par Cédric. Délaissant finalement la table, nous préférons nous installer dans le salon. C’est avec soulagement que je m’installe enfin dans le canapé, ravie de n’avoir plus rien à faire pendant quelques minutes. Cédric m’a pourtant bien dit de rester tranquille et qu’il allait se débrouiller, rapidement soutenu par Maman quand elle est arrivée, mais il était hors de question qu’il fasse tout, tout seul. Ni que ma mère fasse quoi que ce soit alors qu’elle est une invitée. Je suis enceinte, et non handicapée, et je n’en suis qu’au début de ma grossesse. Je suis encore tout à fait capable de continuer à m’occuper de ma maison aux côtés de Cédric et je n’ai pas envie de me laisser aller à la moindre occasion.
-En tout cas, tu es magnifique ma puce, la grossesse te va bien ! Me complimente Maman après que nous ayons fini de manger. Tu es rayonnante !
-Merci Maman ! Ce n’est que le début, mais j’ai hâte de découvrir sa bouille et de faire sa connaissance !
-Tu as un joli ventre rond quand même… Tu es sûre qu’il n’y en a pas plusieurs là-dedans ? Plaisante-t-elle ensuite avec amusement. Après tout, les grossesses multiples sont presque la norme dans la famille ! Ajoute-t-elle ensuite, alors que Cédric manque de s’étouffer à cette évocation.
-Très drôle mais non ! Le médecin nous a assuré qu’il n’y a bien qu’un seul bébé !
-En même temps, les grossesses gémellaires sont plus dans les gênes Lothario. Alors, Joy, comme tu n’as pas de sang Lothario, tu devrais être tranquille ! Renchérit Paul avec un sourire amusé.
-Bon bah, Sarah, désolée, je compatis sincèrement. Taquiné-je alors ma cousine qui ne manque pas de rire à son tour alors que Celian fait mine de s’évanouir.
-Et ça va, tu n’as pas trop de désagrément dû à la grossesse ? M’interroge Sarah en venant s’installer à côté de moi sur le canapé.
-Pour l’instant, je dois avouer que ça va. Je m’estime chanceuse pour le moment.
-Ahaha, parle pas trop vite ma fille, ça peut mettre du temps à arriver ! Me met en garde Maman sur un ton amusé. J’ai eu des nausées tard que j’étais enceinte de toi !
-Maman, tu as fait un déni de grossesse.
-Et alors ? J’aurais pu avoir des nausées plus tôt et mettre ça sur le dos d’une bonne indigestion ! Réplique-t-elle alors que je lève les yeux au ciel.
-Je t’avoue que je t’envie. Ajoute Sarah sur le ton de la confidence. Pour être honnête, je commence à y penser, à devenir mère. Mais Celian ne semble pas très motivé, même si je suis certaine qu’il fera un père génial.
-Peut-être que prendre son neveu ou sa nièce dans les bras réveillera son instinct paternel et lui donnera envie. Supposé-je, compréhensive.
-Peut-être, j’espère. Il n’est pas contre l’idée, mais il a tendance à repousser le projet. Mais j’aimerais bien devenir mère avant de fêter mes 40 ans.
-Vous parlez de quoi ? Nous interrompt brusquement Celian, qui revient au salon avec Cédric après avoir débarrassé la table.
-De Sarah qui attend que tu te décides à lui mettre un polichinelle dans le tiroir ! Ne tarde pas à répondre Maman sans la moindre gêne, alors que nous lui faisons les gros yeux de surprise avec Sarah, et que Cédric retient un fou rire.
-Quand je serai sûr de ne pas tomber dans les pommes à l’idée d’avoir des jumeaux ou pire, des triplés ! Ne se démonte pas Celian sur le ton de l’humour, ne manquant pas de faire rire tout le monde.
Au fil du temps, comme l’a supposé Maman, les effets indésirables de la grossesse finissent par se faire sentir. Très vite, les nausées font leur apparition, et à n’importe quel moment de la journée. Je m’en passerais bien et, même si je suis heureuse d’attendre un heureux événement, ce n’est pas spécialement agréable et il m’arrive de me surprendre à maudire mon état.
-Ca va Chaton ? Me demande Cédric une nuit, alors que je viens de me réveiller à cause d’une nouvelle nausée.
-Je.. Je crois que… Soufflé-je avant de filer vers la salle de bain.
Une fois à l’intérieur, je me penche aussitôt vers la cuvette des toilettes pour vomir. Je me sens mal et je prie intérieurement pour cela passe vite pour que je puisse retourner me coucher. Cédric me rejoint rapidement dans la salle de bain pour s’assurer que je vais bien. Lorsque mes vomissements cessent, il s’approche de moi avec un verre d’eau pour que je puisse me rincer la gorge.
Je crois que j’ai le meilleur mari du monde.
Cédric est aux petits soins avec moi. Il fait tout son possible pour m’aider dans ma grossesse et veiller à ce que les désagréments ne soient pas trop pénible. Malgré les effets indésirables, j’aborde ma grossesse avec plus de sérénité avec lui à mes côtés. Je ne sais pas comment j’aurais fait sans lui.
-Ce n’est pas bon ? S’inquiète Cédric, après m’avoir préparé un petit déjeuner de roi et absolument délicieux, alors que je fais la grimace.
-Si si, je ne me sens pas bien c’est tout. Soupiré-je alors que mon époux me lance un regard compatissant. J’adore le goût, mais l’odeur des œufs…
-Tu veux que je te prépare autre chose ?
-Mais non, t’embête pas pour ça, ça va aller.
-Ca ne m’embête pas et il faut bien que tu manges. Vu ta tête, tu ne vas pas garder le contenu de ton assiette si tu te forces. Aller dis-moi, tu as envie de quelque chose en particulier ? Je peux te faire du pain perdu si tu veux.
-Avec du chocolat ? Lui demandé-je alors que ma gourmandise se réveille. A son sourire, je devine que ma réponse l’amuse et il ne tarde pas à se lever pour retourner en cuisine.
Par moment, mes nausées me gâchent la vie mais lorsqu’elle me laisse tranquille, j’ai l’impression de revivre. J’ai comme un regain d’énergie et j’en profite pour m’activer et ne plus rester avachie dans le canapé. J’ai envie de faire plein de choses et il est hors de question que je n’en profite pas pour les faire.
Notamment quand il s’agit de travailler sur ma fusée. J’ai tellement hâte d’aller dans l’espace avec que je fais mon possible pour travailler le plus possible dessus et avancer dans les améliorations à apporter.
-Tu te sens mieux ? Me demande Cédric en venant me rejoindre pendant que je suis en train de bricoler.
-Oui, beaucoup mieux. Du coup, j’en profite pour avancer dessus !
-Tu es sûre que tu ne devrais pas te reposer un peu ? S’inquiète mon homme, pas rassuré de me voir travailler autant.
-Oui je suis sûre. Je n’ai aucune envie de rester à rien faire. Déjà qu’au travail, ils me prennent pour une petite chose fragile et que j’ai le droit de ne rien faire. Répliqué-je, un brin irritée, tout en frappant plus fort avec mon manteau.
-Euh, bien. Je suppose donc que tu préfères que je te laisse tranquille ?
-Tu supposes bien. Confirmé-je alors qu’il n’attend pas davantage pour prendre la poudre d’escampette.
Quand je ne bricole pas sur ma fusée, j’entretiens ma forme physique sur le tapis de course, que nous avons installé sur le balcon de l’étage. Nous n’allons pas souvent au premier, puisque l’étage ne contient que deux chambres presque vide et une salle de bain, mais le balcon est très agréable. Même si je ne suis pas forcément très à l’aise sur un tapis de course, j’apprécie beaucoup de courir ici.
-Tu es sûre que c’est bien raisonnable de courir sur le tapis dans ton état ? S’inquiète une nouvelle fois Cédric, dubitatif devant mon choix de continuer à faire de l’exercice physique.
-Mais oui. J’en profite avant que mon ventre soit trop gros pour que je puisse faire quoi que ce soit ! Il faut bien que je garde la forme pour mon travail !
-Certes, je comprends bien, mais tu pourras reprendre le sport sans problème quand le bébé sera né.
-Je finirais par arrêter le sport, promis. Le rassuré-je avec bienveillance. J’en profite tant que je le peux c’est tout ! Et regarde la vue que l’on a d’ici, ce sera dommage de ne pas en profiter !
-On peut installer un fauteuil, si tu veux profiter de la vue… Propose Cédric, avec un sourire amusé.
-Arrête de t’en faire, Papa Poule. Le taquiné-je en arrêtant la machine. Je descends alors du tapis, au grand soulagement de Cédric. Je lui souris, tout en passant mes mains sur mon ventre arrondi. Ne t’inquiète pas, Bébé va bien. Il est bien au chaud et en sécurité dans mon ventre, ça va aller.
-Je me méfie juste de ta maladresse légendaire. Ne tarde pas à me répondre Cédric, un sourire taquin sur le coin des lèvres.
-Ahah quel humour ! Répliqué-je, alors que Cédric pose à son tour ses mains sur mon ventre.
Je l’observe faire, attendrie par ses gestes et son regard. J’aime son air émerveillé face à mon ventre qui grossit et s’arrondit au fil des semaines. Comme s’il a du mal à réaliser qu’il va devenir père dans quelques mois, et que la taille de mon ventre l’aide à prendre conscience que notre bébé va bientôt venir agrandir notre famille. J’ai la chance de pouvoir sentir notre enfant se développer dans mon ventre, et je n’imagine pas ce que doit ressentir Cédric en tant que témoin extérieur de son évolution.
Néanmoins, je le vois bien, il aime déjà notre enfant. Notre bébé n’est pas encore là, avec nous, mais il l’aime tout autant que moi. Nous sommes en train de créer notre famille et, même si ce n’est pas toujours facile, je n’ai jamais été aussi heureuse.








































































































