Génération Jaune – Génération 3 – Chapitre 43
Grégory
-Pourquoi tu voulais pas que je vienne ? M’interroge Grace alors que nous attendons nos amis sur un banc, dans le parc d’Oasis Springs.
Je soupire à sa question et je lève les yeux au ciel. Je maudis encore les parents de m’avoir imposé ma petite sœur, me forçant à me cacher dans ma chambre pour appeler mes amis en 4e vitesse pour leur proposer de venir nous rejoindre au parc.
J’adore ma sœur, mais disons que sa présence contrarie mes plans d’origine.
-Pour rien, laisse tomber. Bougonné-je alors qu’elle me jette un regard suspicieux. Elle voit bien que je lui cache quelque chose, notamment parce que je fais la tête depuis que nous sommes partis de la maison. Mais je la connais, si je lui dis la vérité, elle va s’empresser de le crier sur tous les toits. S’il y a une chose pour laquelle elle n’est pas douée : c’est bien de garder un secret !
-C’est parce que vous êtes tous devenus grands ? Vous avez plus envie de vous encombrer d’un bébé ? Demande-t-elle, avachie sur le banc et en croisant les bras contre elle avec un air boudeur.
-Mais non, raconte pas n’importe quoi. Soupiré-je en essayant de me radoucir. Après tout, elle n’y est pour rien. Ce n’est pas elle qui a cherché à s’imposer et elle n’a pas à subir ma mauvaise humeur. Tu sais bien que la différence d’âge n’a jamais gêné personne.
-Pourquoi tu fais la tête alors ?
-Parce que…
-Hey salut ! Nous interpelle subitement une voix que je reconnais sans peine et qui me fait tressaillir. Quant à Grace, je vois soudain son regard s’illuminer.
-Sa-salut Alice. Salué-je la nouvelle arrivante, en me levant nerveusement du banc. J’ai l’impression de perdre toute contenance, d’autant plus que je vois un immense sourire s’afficher sur le visage de ma sœur. Visiblement, l’apparition soudaine d’Alice a répondu à toutes ses questions.
-Tu es venu avec ta sœur ? S’étonne-t-elle en observant Grace, toujours assise sur le banc et qui doit prendre un malin plaisir à nous observer avec intérêt.
-Euh oui, elle fait partie de la bande, tu vois. Lui bredouillé-je, en essayant d’afficher un sourire qui ne soit pas trop bizarre. Sois naturel, Greg! Les autres vont pas tarder à nous rejoindre… Euh, du coup, je te présente…
-Salut, moi c’est Grace ! S’exclame-t-elle sans attendre, se décidant à prendre la parole. C’est toi la copine de mon frère ? Ne tarde-t-elle à demander sans détour alors que je manque de m’étouffer. Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter une sœur pareille ? Bonjour la honte !
-Grace ! La grondé-je en piquant un fard alors qu’elle se retient de rire, fière de sa blague.
-Enchantée Grace, je suis Alice. Répond-t-elle avec un sourire amusée, loin de se laisser perturber par la tornade qu’est ma frangine. Euh, c’est une bonne ou une mauvaise chose ? Et je dirai plutôt que je suis une amie de ton frère. Rectifie-t-elle avec gentillesse. Je ne sais pas comment le prendre non plus…
-Je vois. En tout cas, tu es très belle ! Je comprends pourquoi il t’aime bien ! S’empresse d’enfoncer le clou Grace alors que j’ai de plus en plus envie de la noyer dans l’étang.
-Salut les moches ! Arrive en courant Gabriel, et je vois les autres arriver au loin. Dieu merci, les renforts arrivent et je devrais m’en sortir sans trop perdre de plumes !
-C’est toi le laideron ! Réplique sans attendre Grace, qui retrouve sa cible préférée. Ca tombe bien, ça me fera des vacances !
-Regarde Gaby, Grégory a proposé à sa copine de venir ! S’empresse-t-elle d’ajouter, faisant éclater de rire notre cousin. Visiblement, c’est bien plus drôle de m’embêter aujourd’hui. S’ils s’y mettent tous les deux, la seule option qui me restera sera de faire l’autruche : mettre ma tête dans le sable et attendre que les deux monstres se lassent et s’en aillent.
-Y’a de l’amouuuur dans l’air !!! Commence à s’y mettre Gabriel. Je me contente de leur lancer des regards noirs, n’osant même plus regarder Alice. Que va-t-elle penser maintenant ? A tous les coups, elle va croire que je suis bizarre, que j’ai été raconté que nous sommes ensemble à ma sœur et mon cousin, et partir pour ne plus jamais me reparler.
-Arrêtez les morveux avec vos conneries ! Grincé-je, au comble de la gêne.
-Hey beh ! Il y a de l’ambiance ici ! Débarque Will qui observe la scène avec un air dubitatif. Pour une fois, il a pu sortir et il a décidément bien choisi son jour ! S’il y a en a un qui parvient à canaliser ces deux monstres -et surtout Grace-, c’est bien lui !
-M’en parle pas. Soupiré-je alors que Grace et Gabriel continuent sur leur lancée. Tu n’as pas eu de problème pour venir ? Lui demandé-je, en faisant évidemment référence à son père.
-Tu crois sérieusement que je lui ai demandé son avis, à mon vieux ? Me répond-t-il en levant les yeux au ciel. Effectivement, depuis son anniversaire, Will a gagné en assurance et prend maintenant un malin plaisir à faire tourner son père en bourrique. Nous, on va pas se plaindre, ça nous permet de le voir plus souvent qu’avant.
Très rapidement, Olive et Gideon viennent nous rejoindre. De loin, nous avons pu entendre Olive râler qu’Elodie n’ait pas voulu faire le chemin avec eux, et qu’elle viendra nous rejoindre un peu plus tard. A la tête que fait Gideon, je crois qu’Olive lui tape sur le système. Il faut dire qu’elle n’est pas toujours facile à vivre et nous fait bien savoir que nous l’ennuyons la majorité du temps, mais pour une raison que j’ignore, elle est toujours collée à nos baskets.
Enfin, ce n’est pas tout à fait vrai, nous avons tous notre petite idée sur la question et c’est bien parce que cela nous amuse que nous la tolérons parmi nous.
-Sérieux, ils sont là les minus ? Commence-t-elle à s’agacer en apercevant Grace et Gabriel.
-Je te signale qu’ils ont le même âge que ta chère Elodie. Lui fait remarquer Gideon en soupirant d’exaspération.
-Elodie, elle est mature, elle.
-Arrête de geindre Olive, tu fatigues. Rétorque sans attendre Will, tout en jetant un coup d’œil sur son téléphone.
-Genre, t’es là, toi ? Ton père t’a quand même laissé sortir malgré ton nouveau tatouage ? Lui demande-t-elle d’un ton dédaigneux en désignant son tatouage sur le torse. Je ne peux m’empêcher de sourire en imaginant la tête du père de Will quand il l’a vu revenir à la maison la première fois qu’il s’est fait tatoué. Apparemment, Will a eu l’impression que sa tête allait exploser tellement il était en colère.
-Ouais, genre je suis là. Et maintenant, il est vacciné par mes tatouages, ce n’est même plus drôle. Mais t’inquiète, il trouve toujours de nouvelles raisons de faire sa crise.
-C’est trop cool que tu sois là ! C’est moins drôle quand tu es coincé chez toi ! S’exclame soudainement Grace, comme pour s’imposer dans la conversation. Elle a beau être dans mon dos, je devine les éclairs que doit envoyer Olive du regard.
-Tu ne diras peut-être pas la même chose quand je te mettrais ta pâtée au basket ! Lui réponds sans attendre Will avec amusement, et je ne peux m’empêcher de rire intérieurement, car Will doit bien être le seul à réussir à gagner contre ma sœur. Et je le remercie également par la pensée, car je sais qu’il vient -volontairement- de réveiller l’esprit de compétition de Grace et qu’elle va, en toute logique, me laisser tranquille.
-C’est beau de rêver ! Je suis la meilleure !
-Arrête de te la péter, tu fais que de perdre face à Will. S’empresse de la casser Olive avec agacement. Je ne peux retenir un soupir d’exaspération et je vois Grace lui lancer un regard de colère.
-Laisse-la tranquille Olive, t’es reloue ! Rétorque Gideon pour défendre Grace -bien qu’à mon avis, elle est bien capable de se défendre toute seule.
–Laisse Gideon, elle fait genre elle est intéressante ! Réplique Grace avec un sourire narquois.
–Bon, et si au lieu de se chercher des poux, on allait se changer et jouer ? Je jouerai avec une main dans le dos pour laisser une chance à la crevette ! Propose sans attendre Will, essayant de tempérer la situation.
–Je ne suis pas une crevette !
-Euh, je ne savais pas qu’on pourrait jouer au basket… Bredouille timidement Alice, qui n’est soudainement pas à son aise au milieu de notre groupe. Je comprends son malaise, elle n’est effectivement pas habillée pour affronter les autres en sport.
-Grég, va rester avec toi. Propose Will en me donnant une tape dans le dos et en me lançant un regard complice. De toute façon, tu t’étais pas fait mal l’autre jour en sport ?
-Euh oui…
-Et bien voilà ! Tout s’arrange ! Vous pourrez m’admirer en train de mettre une raclée à Grace !
-C’est pas vrai ! C’est moi qui vais gagner !
-C’est beau de rêver !
Tout le groupe file vers les vestiaires et reviennent quelques minutes plus tard avec des ballons sous le bras. Je remarque rapidement qu’Elodie est arrivée et s’est empressée de se joindre à eux. Je ne suis même pas sûr qu’elle nous a remarqué, Alice et moi. Grace est motivée pour montrer ses prouesses sportives, et Olive ne manque pas l’occasion pour essayer de la descendre, se sentant d’autant plus soutenue par Elodie. Grace ne manque pas de répartie, Gabriel renchérit pour soutenir Grace et Gideon ne cache pas son agacement face à l’attitude d’Olive. Will, comme à son habitude, cherche davantage à détourner l’attention pour détendre l’atmosphère, plutôt qu’à entrer dans le conflit en prenant partie.
Petit à petit, des petits groupes se forment et se contentent de s’ignorer. Olive essaie d’attirer l’attention de Will, de façon plutôt grotesque, mais il n’y prête pas attention. Il est bien trop occupé à titiller l’esprit de compétition de Grace, ce qui l’amuse bien plus que les vaines tentatives d’Olive !
-Alors ? Tu as fini de t’échauffer ? Je vais te montrer qui est une pro ! S’exclame Grace, prête à découdre contre Will, bien qu’il fasse facilement 5 têtes de plus qu’elle !
–Mais je suis toujours prêt pour te mettre une dérouillée ! Lui affirme Will.
–En même temps, tu ne prends pas trop de risque. Attends qu’elle ait une poussée de croissance, tu vas moins faire le malin ! Lui signale Gideon, amusé par la situation.
–Ce n’est pas une question de taille ! J’ai suffisamment de talents pour le battre ! Affirme Grace, sûre d’elle.
-Tu vois Gideon, c’est pas la taille qui compte ! Ajoute Will avec un sourire amusé, alors qu’en réponse, Gideon s’empresse de leur piquer le ballon pour les embêter.
Pendant que les autres jouent sur le terrain de basket, nous restons tous les deux sur le banc avec Alice. Nous observons les autres en silence, et je me sens terriblement mal à l’aise de ne pas savoir quoi dire pour faire la conversation.
Je dois avouer que je me sens un peu intimidé face à Alice. Il y a de quoi en même temps.
Alice, elle vient d’arriver dans notre lycée. Et elle est devenue sans le vouloir la plus belle fille du bahut. Tous les mecs lui tournent autour mais elle ignore la grosse majorité d’entre eux. Quant à moi… J’ai un peu honte d’être comme les autres mecs, mais jusqu’ici, je me contentais de l’admirer à distance. Nous avons beau être dans la même classe, je n’ai jamais osé lui parler. Will passe son temps à me traiter de boulet mais, déjà que je suis comme tous les mecs à fondre devant la beauté d’une fille, je n’ai pas envie d’avoir l’air d’un gros lourd. Donc autant rien dire et ne rien faire, c’est plus sûr pour tout le monde.
Enfin, ça, c’était avant que la prof d’histoire décrète qu’on fasse des exposés en binômes… Binômes qu’elle a elle-même composés. Incroyable hasard, ou coup de pouce du destin d’après Will, je me suis retrouvé en binôme avec Alice. Et Alice n’est pas qu’une jolie fille, elle est aussi incroyablement intelligente et gentille. Elle s’est donnée à fond pour notre exposé et j’aurais pu l’écouter parler pendant des heures tellement elle arrivait à dénicher toutes les informations intéressantes dont nous avions besoin. De fil en aiguille, nous avons fini par sympathiser, et ce n’est plus seulement ses beaux yeux verts qui m’ont charmé. Nous nous sommes échangés nos numéros, et même maintenant que l’exposé est terminé, nous continuons de parler, et de nous voir au lycée. Petit à petit, elle s’intègre à notre groupe d’amis et passe du temps avec nous tous.
-Tu peux aller les rejoindre si tu veux. Me sort subitement de mes pensées, Alice.
-Hein quoi ? Non t’inquiète, j’en ai pas spécialement envie. Lui réponds-je en hâte après avoir sursauté.
-Tu n’es pas obligé de rester avec moi, hein. Je suis suffisamment grande pour vous regarder jouer toute seule. M’assure-t-elle en affichant une moue dubitative.
-Je ne m’oblige à rien, qu’est-ce qui… Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
-Je sais pas… Tu parles pas et tu as l’air ailleurs. J’ai l’impression que tu t’ennuies.
-Je ne m’ennuie pas du tout, rassure toi ! Réagis-je rapidement, un peu stressé qu’elle puisse penser que je n’ai pas envie de lui tenir compagnie. Mon cœur tambourine à vive allure alors qu’elle me lance un regard peu convaincu. Je… je suis juste préoccupé par le contrôle d’anglais de mardi, c’est tout ! Tenté-je de me rattraper en trouvant la première excuse venue.
J’ai les mains moites, je me les frotte contre mes cuisses. C’est terrible d’être aussi nerveux ! Dire que si je n’avais pas écouté Will, je ne serai pas dans cette situation !
Ca fait des jours qu’il me répète que je devrais inviter Alice à sortir, histoire que nous passions du temps tous les deux, et pas seulement tous ensemble avec le groupe. A force d’insister, j’ai fini par céder mais inviter une fille à sortir, ce n’est pas vraiment dans mes gênes. Alors, j’ai juste dit à Alice que le groupe avait prévu de se retrouver au parc d’Oasis, aujourd’hui. Ce qui était faux, mais j’aurais bien trouvé une excuse. Je me serais trompé de date, ou ils auraient eu un empêchement. Will s’est bien foutu de moi en affirmant que je serai grillé à 10 kms, car aucune de mes excuses n’est crédible. Sans doute… Mais au moment d’inviter Alice, j’ai paniqué, donc j’aurais bien été obligé d’improviser.
Enfin, ça, c’était avant de savoir que mes parents m’imposeraient ma petite sœur aujourd’hui. Il a bien fallu que j’improvise, mais pour transformer mon petit mensonge en une vérité. Will n’a pas fini de me charrier là-dessus, mais je dois avouer qu’il gère bien son rôle de meilleur ami. En l’espace de 5 minutes, il a réussi à se débrouiller pour que nous soyons que tous les deux avec Alice. Mais comme je suis un boulet fini, je suis en train de tout gâcher.
-Oh mais ne t’inquiète pas, ça va aller ! S’exclame tout à coup Alice, en m’affichant un grand -et magnifique- sourire rassurant. Je me sens tout d’un coup plus léger. La prof est un peu pète-sec, mais tu vas gérer, j’en suis sûre !
-C’est gentil ce que tu dis. Lui réponds-je en essayant de lui sourire à mon tour… mais j’ai davantage l’impression d’afficher une sorte de grimace malaisante. Mais j’en suis pas convaincu. Moi et l’anglais, ça fait deux. Voire trois.
-Je peux t’aider si tu veux. Lundi, on a deux heures de perm’ donc on pourra réviser ensemble. Je suis plutôt forte en langue, ça serait avec plaisir d’essayer de t’aider ! Propose-t-elle alors que je manque de m’étouffer suite à sa dernière phrase. Pourquoi faut-il que mon cerveau déraille à des moments pareils ?
-Mh, je veux bien merci. C’est gentil à toi. Finis-je par accepter après m’être râclé la gorge pour essayer de retrouver une contenance.
-C’est normal. Me sourit-elle alors que son regard se pose sur le terrain de basket pour regarder les autres jouer. Je crois que Will est en train de gagner contre ta sœur.
-Comme d’hab. Il est bien le seul à y parvenir.
-Elle est forte en sport ?
-C’est un euphémisme. Je suis presque sûr qu’elle est née avec un ballon dans les mains. Lui dis-je alors qu’elle laisse échapper un rire. Avec Gabriel, notre cousin, ils arrêtent pas de se chercher des poux. Il espère pouvoir gagner contre elle un jour, mais c’est peine perdu.
-Elle doit avoir envie de battre Will alors.
-Oh oui, et je suis sûr qu’elle va y arriver un jour. Mais pour le moment, ce n’est pas plus mal qu’elle perde face à Will. Ses chevilles risqueraient d’enfler sinon ! Et toi, tu as des frères et sœurs ? Finis-je par lui demander, curieux d’en savoir plus sur elle. Alice écoute beaucoup, s’intéresse à nos conversations, mais au final, elle ne parle pas beaucoup d’elle.
Suite à ma question, elle me regarde d’un air surpris, comme si elle ne s’attendait pas à ce que je la lui pose. Je ne peux m’empêcher de m’interroger: elle est bizarre, ma question ? Depuis quand ça se fait pas de demander à une fille si elle a des frères ou des sœurs ? C’est pas possible d’être aussi nul !
Finalement, une fois la surprise passée, elle me sourit.
-J’ai une sœur, oui. Me confirme-t-elle après un instant d’hésitation. Une grande.. sœur. Mais on a 16 ans de différence donc je ne suis pas aussi proche d’elle que tu peux l’être de la tienne. Ajoute-t-elle avant de rire face à ma réaction. Je suis bouche-bée ! Seize ans, c’est énorme !
-Mais comment ça se fait ? Laissé-je échapper, avant de me maudire intérieurement. J’ai vraiment le chic pour poser des questions débiles !
-Mes mamans ont mis des années avant de réussir à m’avoir. Me répond-t-elle, sans hésitation cette fois-ci. Pour ma sœur, elles n’ont pas eu de problème, mais pour moi, ça a été une vraie galère. Elles étaient à deux doigts d’abandonner quand j’ai finalement pointé le bout de mon nez.
-Elles ont du être ravies !
-Elles l’étaient, oui. Me confirme-t-elle alors que son regard se perd dans le vague. Mon cœur se serre par son emploi du passé. Et elles doivent toujours l’être de là où elles sont. C’est pour ça que je suis venue ici en fait. Ma sœur n’a pas le temps de m’accueillir et il n’y avait pas d’internat dans mon ancien lycée. Du coup, je suis venue ici, car ce n’est pas très loin de chez ma sœur et je vis dans un internat où je ne suis jamais toute seule.
-Tu ne la vois jamais ta sœur ?
-Si, je vais chez elle certains week-ends et pendant les vacances. Me répond-t-elle avant d’ajouter avec un sourire rassurant. Hey ! Me regarde pas comme ça, ça me convient très bien !
-Mais je te regarde normalement ! Me défendis-je aussitôt.
-Mon œil ! Mais je suis sérieuse : je ne suis pas à plaindre. C’est la vie et celle que j’ai me convient très bien.
-Je veux bien te croire…
-Ca me soûle ! Tu es plus grand en plus, c’est de la triche ! S’exclame brusquement Grace en sortant du terrain de basket. Le match vient de se terminer et visiblement, Will a gagné, comme toujours.
-Je croyais que c’était le talent qui comptait, pas la taille ? S’empresse de la taquiner Will, alors que j’aperçois Olive jubiler un peu plus loin.
-J’ai jamais dit ça ! Nie-t-elle avec une moue boudeuse, et avec mauvaise foi. Ce qui ne manque pas de faire rire Will, ainsi que Gideon et Gabriel.
-C’est ça de vouloir jouer dans la cours des grands alors qu’on est un bébé. La nargue Olive sans attendre.
-C’est comme ça qu’on s’améliore ! Affirme Will alors que Grace préparait déjà sa répartie. Les gens, ça vous dit qu’on aille manger une glace ? J’ai les crocs ! Grace, je te l’offre, pour te remettre de ta défaite !
-J’ai pas besoin d’une consolation !
-Contente toi de dire merci, ça suffira ! Préfère en rire Will alors que j’admire sa patience parfois.
-Je suis vraiment heureuse de tous vous avoir rencontré ! Il n’y a à dire, on n’a pas le temps de s’ennuyer avec vous ! S’exclame avec enthousiasme Alice, pendant que les autres sont retournés aux vestiaires pour se changer.
–Ahah, c’est clair ! Ne puis-je m’empêcher de rire nerveusement, déçu que leur match de basket n’ait pas duré plus longtemps. C’était agréable de pouvoir parler seul à seule avec Alice, et elle a même commencé à s’ouvrir un peu à moi !
…
Si seulement mes parents ne m’avaient pas imposé Grace !











































